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EAN : 9782070378760
346 pages
Éditeur : Gallimard (22/10/1987)
4.05/5   202 notes
Résumé :
Membre d'une communauté civile d'essarteurs (défricheurs de forêts) du Pays éduen - en Bourgogne du Sud Morvan -, Jehan le Tonnerre sort de sa forêt natale, s'approche du chantier de construction d'une abbaye cistercienne. Sa curiosité lui vaut d'être bientôt enrôlé dans l'équipe des Compagnons constructeurs : les mystérieux « Enfants de Maîtres Jacques » et les non moins étranges « Pédauques ». Il va petit à petit, par une initiation théorique et pratique, devenir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Kyuss
  01 août 2015
J'ai mis longtemps avant de me décider à lire ce livre qui prenait la poussière sur mon étagère depuis quelques années, et je ne regrette pas, car entre temps j'ai moi-même été initié à l'histoire de l'art religieux médiéval, ce qui m'a permis de goûter pleinement cette aventure.
Ce livre m'a réconcilié avec les romans historiques suite à quelques mauvaises expériences un peu trop rapprochées dans le temps. Il s'agit d'un roman d'initiation narrant le destin de Jehan le Tonnerre, un jeune homme destiné à poursuivre l'oeuvre de défrichement de ses parents mais qui, un beau jour, se trouve happé par l'érection d'un monastère cistercien près de chez lui. Jehan décide donc de défier le destin et de se lancer dans l'apprentissage de l'art de la charpente auprès des compagnons, et d'un hurluberlu appelé le "prophète", baigné de culture celtique. Cet apprentissage le mènera dans un second temps sur les voies de la Connaissance : le pèlerinage vers le tombeau de Saint Jacques à Compostelle, épreuve spirituel où s'acquiert la sagesse, et la force, par le dépassement de soi.
La trame du roman repose sur une théorie de l'auteur selon laquelle il y aurait une forme de syncrétisme dans l'art religieux médiéval entre croyances celtiques et christianisme (qui serait le fondement de la franc-maçonnerie?). Les compagnons étant les garants de la transmission de la maîtrise de l'algèbre et de la géométrie, visant à forger des édifices s'intégrant au "cosmos", mettant ainsi les hommes en contact avec les vibrations de la terre, et tout ça sous couvert de l'autel et des idoles sculptées de l'église chrétiennes, en apparence. C'est complexe, et je n'ai pas tout compris pour être franc. Je ne sais pas si cette idée sort tout droit de l'imaginaire de l'auteur ou s'il se base sur une documentation particulière, il n'empêche que ça fait réfléchir, et c'est le but avoué par l'auteur dans sa post-face. De fait, j'ai apprécié le roman dans ses dimensions les plus techniques, notamment en ce qui concerne le vocabulaire de l'architecture, car l'érudition d'Henri Vincenot apparaît dans la richesse des connaissances qui transparait dans ce récit.
Mais tout cela ne serait rien sans l'écriture, car si le livre pouvait se rattacher à la figure de l'église, l'écriture en serait le fondement. Or, Vincenot nous raconte les aventures de Jehan avec une plume coquette, teintée du parler de sa chère Bourgogne, dont il nous donne à voir les paysages, à ressentir la richesse aux travers des ballades au contact d'une nature charmante, nourricière, mais indomptée. C'est tout l'amour de son pays que Vincenot partage avec nous. Car il le dit lui même, les aventures qu'il nous raconte, il les a "vécues" et ne peut s'absenter du récit. C'est ainsi qu'il réapparaît de temps à autre dans des disgréssions qui ne gênent en rien le déroulement de l'histoire, et qui m'ont d'autant plus attaché aux personnages et à cette ambiance.
Enfin bref, j'ai adoré ce roman poétique, riche et mystérieux à la fois, qui nous fait voyager. C'est une expérience sensitive et spirituelle à la fois, car il n'y a qu'amour et douceur dans cette histoire.
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meygisan
  10 mai 2013
Un bien joli cadeau de la part de ma dulcinée que ce roman contant le voyage initiatique d'une jeune gars de la campagne morvandaise, sur le chemin de Compostelle. J'ai beaucoup aimé le travail de comparaison entre la religion chrétienne et la religion celtique, le synchrétisme et la reflexion qui peut s'en dégager si l'on fait l'effort de ne pas prendre uniquement ce livre du côté technique très présent et qui sert de support à cette histoire. L'auteur en effet, part d'un point de vue technique, architectural des grandes comme des petites églises et de leur érection, qui jalonnent le parcours de son "héros" Jehan, pour nous amener vers des horizons presque philosophiques et tous cas vers une réflexion sensée, intelligente sur les religions, leur place, leur fonctionnement, et surtout comment une religion peut en remplacer une autre en l'absorbant. Mais c'était également une vision des plus intéressante qu'il nous propose à travers la lecture de ce sont les francs maçons, du fonctionnement de leur corporation, tout cela en faisant le lien avec la religion et les mythes celtiques. C'est également très intelligent de la part de l'auteur de nous offrir le moyen de "lire" la place de la religion chrétienne à travers les yeux d'un "païen", et de la manière dont ces "païens" ont réussi à préserver leurs symboles, leurs cultes et donc le souvenir de cette religion druidique face à l'écrasante machine qu'est le christianisme. Une lecture donc très enrichissante, très formatrice dans le sens où le livre est riche d'informations autant sur l'histoire de la religion que sur le quotidien, que l'on peut choisir d'interpréter comme on le souhaite, et non d'accepter tout ce qui est raconté comme vérité absolue et qui porte à la réflexion. Seul bémol avec la deuxième moitié du roman qui tend presqu'uniquement vers des descriptions techniques, mathématiques, géométriques, trop nombreuses, qui nuisent au récit et l'alourdissent.
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zabeth55
  11 janvier 2014
C'est l'histoire de Jehan le Tonnerre, essarteur, qui, au XIIIème siècle, quitte sa famille et rejoint les Compagnons constructeurs de cathédrales sur la route de Compostelle.
Un roman riche, bien écrit, parfaitement documenté, auquel je n'ai malheureusement pas adhéré.
Un certain ennui tout au long de cette lecture. Peut-être un manque de concentration.
C'est dommage parce que c'est sans aucun doute un livre intéressant, mais à côté duquel je suis passée.
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garanemsa
  29 novembre 2015
Les étoiles de Compostelle
Membre d'une communauté civile d'éssarteurs (défricheurs de forets)du Pays éduen en Bourgogne du sud Morvan, Jehan le Tonnerre sort de sa forêt natale, s'approche du chantier de construction d'une abbaye cistercienne
Sa curiosité lui vaut d'être bientôt enrôlé dans l'équipe des Compagnons constructeurs : les mystérieux enfants de Maître Jacques et les non moins étranges « Pédauques »
Il va petit à petit, par une initiation théorique et pratique devenir un frère constructeur à son tour et s'élancer sur les chantiers de e que sera un jour les grandes cathédrales
Avec une précision hallucinante et un sens profond du merveilleux mystique et poétique, l'auteur restitue dans ce livre et à travers les tribulations de son héros, la foisonnante influence celtique sur l'art roman et gothique et sur le tempérament français, donnant là un prolongement nt inattendu et cosmique à son Pape des Escargots
On peut croire que ce récit a été dicté directement hier à l'auteur à travers plus de sept siècles, par les personnages et surtout par le jeune Jehan
D'ailleur l'auteur lui-même n'a-t-il pas été ce Jehan ? Comment aurait-il recueilli ces réflexions gallicanes et pélagiennes et tracé cet inconcevable itinéraire de Compostelle ?
Voici donc un véritable roman qui ouvre le champs à la fois à l'imagination, à la curiosité scientifique, à la fantaisie et à une profonde réflexion sur le compagnonnage, sur le travail dit manuel et surtout sur l'homme et sur sa planète
(4ème de couverture)
J'ai beaucoup aimé ce livre car en plus on y trouve un tas d'explications et de dessins pour la construction des voûtes et des murs des cathédrales et puis on s'attache à ces personnages d'un autre temps, et d'une autre volonté de vivre et de faire de tellement belles choses
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bonogirl
  03 août 2011
Très enthousiaste à l'idée de lire ce livre, et au debut de celui-ci, je me suis vite lassée... Pourtant les "voyages initiatiques", le moyen-âge, la vie et la philosophie des compagnons et autres charpentiers me passionnent... mais ce roman vraiment pas !
Les passages parlant de Géometrie, de nombre d'or et autre "quadrature du cercle" ont fini par m'ennuyer, à partir de la moitié du récit, ils se multiplient, ralentissent et aloudissent l'histoire... Ces passages sont incompréhensibles, et je ne vois vraiment pas leurs interêts.
Le voyage initiatique vers Compostelle m'a prodigieusement ennuyé, pourtant c'est censé être la partie interressante et principale du récit... trop de lieux, d'églises se succèdent, cela devient trop répétitif et rebarbatif !
Toute personne s'interressant à la réligion et aux symboles celtes devraient lire ce livre, c'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman.
Plus qu'une histoire l'auteur, Henri Vincenot, à voulut nous faire passer un message sur la religion celtique qui ne serait en fait qu'une religion pré-chrétienne. L'Eglise chrétienne l'aurait detournée et réexpliquée, au même titre que tous les symboles celtiques, que l'on retrouve donc dans l'imagerie chrétienne. Idée très interressante et argumentée, dommage que le récit et les personnages ne soit pas à la hauteur de cette grande idée !
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie   19 décembre 2010
Jehan lui dit encore une fois de toutes ses forces.
- Alors ? C'est pour voir ces cailloux que tu m'as fait faire six cent lieues ?
"Tu verras, tu verras !" Et qu'est-ce que je vois ? hein ? "Tu trouveras la Connaissance !" Et qu'est-ce que je trouve ? hein ? Qu'est-ce que je trouve ?
Le prophète transperça Jehan d'un regard qui semblait aller se perdre, à travers lui, puis d'une voix terrible :
- Mais, c'est toi que tu as trouvé, couillon ! Maintenant tu sais que tu peux tout vaincre, le froid, le chaud, la fatigue, l'ignorance et la méchanceté ! Tu n'as qu'à vouloir ! Le courage ! Ton seul courage : la voilà la Révélation ! Et ne compte jamais que sur tes doigts, couillon !
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Florence94Florence94   15 août 2012
Rien de bien ne se fait couché ou assis ! disait l'Oiselet-la-Fraternité. Seul l'homme debout fait du bon travail, et c'est quand il marche qu'il pense droit ! Si tu veux comprendre, débattre sainement, imaginer, organiser ta pensée, concevoir et décider : Marche ! , marche, tu verras !

"Jehan lui dit encore une fois de toutes ses forces :

- Alors ? C'est pour voir ces cailloux que tu m'as fait faire six cents lieues ? Tu verras, tu verras !" Et qu'est-ce que je vois ? hein ? "Tu trouveras la Connaissance! "Et qu'est-ce que je trouve ? hein ? qu'est-ce que je trouve ?

Le Prophète transperça Jehan d'un regard qui semblai se perdre, à travers lui, dans l'horizon atlantique. Longuement, il le fixa ainsi, puis d'une voix terrible :

- Mais, c'est toi que tu as trouvé, couillon !"
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Maya26Maya26   28 décembre 2013
Ils montèrent toute la nef centrale, la redescendirent gravement, prirent le bas-côté nord qu'ils remontèrent, passèrent devant le choeur, ou ils firent une prosternation à deux genoux, redescendirent le bas-coté sud, remontèrent encore une fois la nef centrale, à pas très lents et s'arrêtèrent sur la croisée du transept, les yeux levés vers le fond de l'abside pendant un long instant.
A vrai dire, c'était ainsi qu'ils faisait chaque fois qu'ils visitaient une église. C'était ce qu'ils appelaient "faire le petit labyrinthe". Jehan le fit aussi pour les imiter, et comme chaque fois il ressentit en lui un grand mouvement, comme si quelque chose se détendait, se gonflait dans tout son corps, mais là c'était encore plus fort que jamais. C'était comme à Fontenay, comme à Chapaize, comme à Cluny, comme à Conques. Il en fit part à ses compagnons qui, gravement, mesurant leurs paroles acquiescèrent en disant, au bout d'un silence :
Oui, c'est une de nos meilleures !
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GeoffreyRobGeoffreyRob   28 janvier 2021
- (...) le fluide astral rejoint la Vouivre, leur union relie le Ciel et la Terre. C'est le même fil conducteur. Platon l'a dit, Aristote aussi : la Lumière est une succession de petites parcelles qui se poussent les unes les autres et si on sait les capter... Ah ! coquin, si on sait les capter !...
...
- C'est le grand Serpent, celui qui a des ailes lorsqu'il descend du ciel et aussi celui qui n'a pas d'aile lorsqu'il sort de terre. Dans la mythologie de mon pays, il y a un régiment de saints mâles qui promènent en laisse le serpent qu'il ont apprivoisé : Il y a saint Armel, saint Derien, saint Méen, saint Pol, saint Car, saint Curvin, saint Kerneau, saint Mahorn, et même une sainte femelle : sainte Marguerite, qui a passé le licol à ce monstre, qu'on appèle la Vouivre. C'est resté dans la seule légende bretonne, mais ici vous avez des tas de noms de lieux qui nous rappellent cette Vouivre !
Ce serpent est une image, bien sûr, qui symbolise le courant qui relie le ciel et la terre et il faut s'installer convenablement sur son passage si on veut le capter et en faire profiter les hommes ! Et c'est ce que font ces compagnons que tu vois là. Ils font comme "ceux des grosses pierres", ils cherchent à se placer au mieux pour lui tendre un piège et le domestiquer...
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Florence94Florence94   15 août 2012
- On ne connaît rien pourtant de l'organisation du compagnonnage lors de l'occupation romaine ? dit le père abbé.
- Vous ne connaissez peut-être rien, parce que vous n'interrogez que les textes latins. Mais moi, je sais bien par la tradition orale qu'il existait par exemple ici à Autun, chez vous, au bienheureux temps, un ordre des Constructeurs ... Cela venait du fond des temps ... Et cela, mes frères, s'est perpétué jusqu'à nous.
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Videos de Henri Vincenot (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Vincenot
23 juin 1989 1125 vues 01h 22min 21s
Pour cette 676 ème émission, Bernard Pivot a choisi sept invités pour nous inciter à lire quelques romans français et étrangers pendant la période des grandes vacances: - romans anglais, avec Frédéric FERNEY (journaliste, proposant "Le négociateur" de Frédéric Forsythe), et Auberon WAUGH (fils du romancier britannique Evelyn Waugh et romancier lui même, pour "La fin d'une époque" d'Evelyn Waugh et "Bagages enregistrés" d'Aauberon Waugh) - un roman espagnol, avec Olivier ROLIN (pour "La joyeuse bande d'Afzavara" de Manuel Vasquez Montalban) - romans des Etats Unis, avec Philippe LABRO (qui présentent "Dalva" de Jim Morrison et "Privilège" d'Eduard Stenard) et Michaël Korda (pour son roman "La succession Bannerman") - -et des romans français, avec Félicien MARCEAU (pour son dernier titre "Un oiseau dans le ciel") et Claudine VINCENOT-GUIHENEUF (fille d'Henri Vincenot qui a préfacé un ouvrage inédit de son père "Le livre de raison de Claude Bourguignon" et qui conseille la biographie de Jean Louis Pierre intitulée "Vincenot") - Claudine Vincenot-Guiheneuf parle longuement de son père (avec un extrait d' Apostrophes de 1978, où Henri Vincenot parle de son roman "La billebaude"), Philippe LABRO évoque la biographie de Jackie Kennedy Onassis, Michaël Korda (auteur et éditeur) que Bernard Pivot présente comme l'observateur privilégié de la jet society new yorkaise, raconte le sujet de son livre (la vie et la mort d'un milliardaire américain) et exprime son plaisir d'écrire, lui qui est éditeur depuis plus de trente ans; Frédéric Forney présente Frederic FORSYTHE, auteur de best sellers qui adore "fabriquer des histoires" ("Le négociateur" se passe dans un futur proche au cours d'une crise pétrolière menaçant les grandes puissances), tandis que Philippe Labro vante deux écrivains américains mal connus en Europe. Puis Bernard Pivot laisse la parole à Auberon WAUGH en lui confiant: "Après Shakespeare, c'est votre père que j'aurais aimé interviewé" (l'écrivain britannique en profite pour raconter de nombreuses anecdotes sur son père qu'il admirait et redoutait) , puis c'est au tour de Félicien MARCEAU d' expliquer le sujet de son dernier livre, et enfin à Olivier Rolin de disserter sur le roman de Montalban.
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