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EAN : 9782413013518
Delcourt (01/10/2019)
3.91/5   261 notes
Résumé :
À l'aube des temps, Penss, piètre chasseur, passe ses journées à contempler la beauté de la nature. Rejeté par son clan, il est contraint à la survie en solitaire et promis à une mort certaine. Mais au printemps, il arrache à la terre son plus grand secret : tout dans le monde se déplie inéluctablement.

Une nouvelle vie commence pour Penss et, il en est certain, un nouvel avenir pour l'humanité...
Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  07 juin 2020
Penss est un doux rêveur. Il passe souvent ses journées à rêvasser au bord de l'eau, contemplant ici et là les profondeurs marines ou bien les nuages. Au grand dam de sa mère qui le souhaiterait voir chasser ou pêcher, comme le font tous les hommes du clan. Ces derniers, las, en ont d'ailleurs marre de le nourrir, lui qui ne donne jamais rien. Même pas un merci ou un geste d'affection. Au cours d'une partie de chasse, Penss est projeté vers le troupeau de bouquetins. Malheureusement, un lion des cavernes le prend en chasse et voilà Penss coincé sur un promontoire, à flanc de falaise. Après deux nuits à patienter, l'animal finit par attraper un bouquetin, libérant par là même le jeune garçon. Mais, lorsque celui-ci retourne au camp, il n'y retrouve que sa mère, les autres membres ayant quitté les hauteurs et le vent glacé qui se lève pour se réfugier dans la vallée. Penss décide alors d'affronter seul l'hiver, certain que la terre pourra le nourrir...
Piètre chasseur au tempérament rêveur, en ces temps préhistoriques, Penss, isolé de son clan, a une toute autre vision de ce que la terre nourricière pourrait lui apporter. Observant ce que la nature est capable de faire, autrement dit l'ensemencement naturel, il se met en tête de créer un nouveau monde, une forêt nourricière. Pour cela, il devra s'armer de patience et surmonter nombre d'obstacles et d'imprévus. Dans cet album foisonnant, Jérémie Moreau dresse le portrait d'un jeune garçon attachant et visionnaire qui rêve d'une tout autre forme de vie et de changement dans la relation unissant l'Homme et la Nature. Ce conte préhistorique, quoique intemporel, à la fois émouvant et d'une grande force, questionne sur notre relation avec la Nature. Graphiquement, Jérémie Moreau joue admirablement avec la mise en page, nous offrant aussi bien des pleines pages que des planches aux multiples vignettes. Sa palette de couleurs printanière, son trait expressif, son sens du mouvement donnent vie et force à cet album initiatique et intelligent ...
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Presence
  20 juin 2022
La beauté d'une fleur m'a sauvé, maman.
-
Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre qui n'appelle pas de suite. La première édition date de 2019. Il s'agit d'une bande dessinée en couleurs, entièrement réalisée par Jérémie Moreau, pour le scénario, les dessins et les couleurs. Elle comporte environ 230 pages.
L'eau s'écoule avec les reflets changeants du soleil, marquant des lignes de crête des ondulations, faisant comme des points de lumière, montrant les ondes, ou encore une eau assombrie autour des rochers qui affleurent. Ces phénomènes lumineux en surface de l'eau se répètent alternativement, sous les yeux grands écarquillés de Penss, un jeune homme accroupi sur un rocher, fasciné par ce phénomène. Il pense qu'il est le seul à remarquer la beauté du monde, que tous les autres passent leur vie à courir. Sa mère finit le trouver et elle lui reproche d'être en perdu dans sa contemplation, sans même prêter attention aux poissons. Elle ajoute que les hommes de la tribu sont rentrés de la chasse, et qu'Ovie a accouché. Elle et lui n'ont rien à lui offrir. Ils se mettent à marcher pour remonter la pente un peu prononcée et se présenter devant le mari d'Ovie. Les autres se sont mis à la queue-leu-leu pour offrir leurs cadeaux. Vient le tour de la mère de Penss qui s'agenouille et présente une poignée de cailloux. le mari répond qu'elle peut les garder et qu'elle doit expliquer à son fils qu'on ne peut pas passer ses journées à rêvasser. le soir, devant le feu de camp, les chasseurs distribuent des morceaux de viande cuite. Assis en tailleur comme les autres, Penss tend ses mains en avant quand vient son tour, mais un autre récupère le morceau qui lui est destiné et proteste : il n'a jamais ramené un bout de viande ou même quoi que ce soit. Ce garçon ne donne rien d'ailleurs : ni bonjour, ni merci, ni même aucun geste d'affectation pour l'un ou l'autre des membres de la tribu. Tant qu'il voguera seul avec lui-même, cet homme ne voit pas pourquoi Penss mangerait la viande pour laquelle le chasseur risque sa vie.
Penss sort de la caverne et va contempler le ciel étoilé nocturne. Sa mère le rejoint et lui dit sa façon de penser. Elle a peur pour lui, car tout le temps il se trompe. Il se trompe de vie. Il voit les reflets quand il faut regarder les poissons. Il préfère l'obscurité froide des montagnes au feu de son clan. Il regarde la mousse à ses pieds quand il faut voir l'horizon. Demain les chasseurs vont chasser le bouquetin, elle lui demande de les accompagner. Penns reste dehors à regarder les étoiles, en se disant que sa mère ne comprend pas : ces montagnes, ces étoiles sont infiniment plus belles que n'importe quel homme. le lendemain, Penss a pris sa lance et il suit le groupe de chasseurs, en restant bien en arrière. Ils se mettent en position en haut d'une colline et le meneur voit un groupe d'une quinzaine de bouquetins plus bas dans la vallée. Il agrippe la tunique de Penss et le tire pour qu'il dévale la pente. Ce dernier se retrouve devant un bouquetin figé par la peur. Soudain les quadrupèdes fuient en courant, bousculant le jeune homme au passage. Un puma est apparu au sommet d'un rocher et il se précipite vers les animaux, et donc vers Penss.
Ce nouveau récit complet succède à La saga de Grimr (2017) dans la bibliographie de l'auteur. Ce dernier passe ainsi de l'Islande au dix-huitième siècle, à des hommes préhistoriques, dans la phase chasseur. Au cours de ces deux cent trente pages réparties en un prologue et six chapitres, Penss va se séparer de sa tribu, décidant de rester dans la vallée où ils se trouvent, seul avec sa mère âgée, alors que les autres vont de l'avant pour trouver du gibier. En continuant d'observer la nature avec attention et curiosité, il finit par deviner le cycle de reproduction des végétaux au fil des saisons, et par devenir un précurseur de l'agriculture. Lorsqu'une autre tribu arrive dans la zone où il s'est installé, deux points de vue s'opposent entre les chasseurs et les cueilleurs, deux philosophies de vie. le bédéiste maîtrise son récit de bout en bout, en particulier la pagination : il choisit donc de développer des scènes contemplatives, des pages sans mots, sans texte, pour montrer Penss en train d'observer et d'effectuer des déductions, de tester des méthodes de façon empirique. C'est presque paradoxal : alors que le personnage principal prend son temps, le lecteur avance plus vite dans les pages car elles sont dépourvues de texte. Elles sont au nombre de 41 pages silencieuses.
Le lecteur se laisse bien volontiers porter par cette narration visuelle douce et très facile d'accès. Il est sous le charme dès la première page, avec les reflets changeants sur l'eau, les différentes formes qu'ils peuvent prendre : Penss observe pour lui et il est sous le charme de ces cinq cases, chacune avec une composition de couleurs différentes, tout en décrivant bien un endroit unique. L'enchantement continue sur la deuxième page, et culmine une première fois sur la page 3 : une composition qui relèverait du domaine de l'abstrait si elle n'était pas contextualisée dans sa partie supérieure (environ un cinquième de l'image) par la présence du personnage. Dans le même temps, c'est aussi une belle représentation de l'écoulement de la rivière. Pour cette séquence, l'artiste a choisi de marquer fortement les différents moments de la journée avec les couleurs : un peu brun et gris pour l'après-midi, gris pour la fin de journée, noir avec des teintes orangées pour la nuit et le feu. L'artiste dessine les personnages de manière simple, éloignée de la représentation photographique, lisible par des lecteurs de tout âge, sans pour autant leur infliger un jeunisme généralisé. Leur visage et leur corps sont marqués de petits traits secs attestant la rigueur de leur mode de vie primitif. Il accentue fortement cet effet pour les traits creusés de la mère du personnage principal alors qu'elle vit ses derniers jours.
Il se crée un décalage entre ces personnages à l'aspect simple détouré par un trait de contour encré, et les paysages, le plus souvent en couleur directe, sauf quand le dessinateur a besoin d'être dans un mode descriptif précis pour les végétaux. Les différents environnements apparaissent alors avec le point de vue de l'auteur, dans un registre descriptif, parfois proche de la frontière de l'impressionnisme. Après les reflets sur l'eau, le lecteur en fait l'expérience avec la pente pierreuse, parfois des grosses pierres avec des contours esquissés au pinceau, parfois juste la couleur de la roche et des quelques touffes d'herbe desséchée, avec des motifs abstraits au pinceau pour évoquer la séparation entre les pierres. Dans ces temps préhistoriques, la nature est le personnage qui prend le plus de place, omniprésente, l'être humain n'étant qu'un épiphénomène aux répercussions aussi limitées que fugaces. En outre, le regard de Penss donne également la place principale à la nature. le lecteur éprouve la sensation de prendre un bon bol d'air pur tout du long de sa lecture : une pente rocheuse, un éboulement de pierres, une marche sur une ligne de crête, la vue d'ensemble d'une vallée verdoyante, la richesse et la diversité des arbres fruitiers qui se dressent haut rendant Penss minuscule par comparaison, le gris bleuté de la neige recouvrant tout rendant la vie d'autant plus fragile, etc. Ce mode de représentation permet de glisser sans solution de continuité dans une vision onirique lorsque le jeune homme a mangé des psilocybes sans idée de ce qui va se produire : une hallucination de la page 61 à la page 67, lui permettant de concevoir cette notion des plis du monde.
La lecture est à la fois facile et dépaysante, sans exagération dramatique, tout en transcrivant bien l'état d'esprit des personnages, les tensions, les moments de peur, de colère, d'inquiétude, voire d'angoisse, et le caractère très têtu, obstiné même du personnage principal. le bédéaste sait également jouer sur la composition des cases allant du dessin en double page, à 28 cases dans une même page, alignant des cases rectangulaires dans des bandes bien horizontales, ou parfois passant à des cases en trapèzes avec des bandes inclinées pour accompagner des mouvements, intégrer des inserts avec un effet extraordinaire lors de la première relation sexuelle de Penss (en pages 146 et 147). le lecteur note de ci de là des éléments qui ne sont pas réalistes, à commencer par la tunique en peau de bête toujours identique quelles que soient les saisons. Il y a aussi la capacité de compréhension de Penss qui devient un agriculteur perspicace par la seule force de sa volonté, par des essais et des erreurs, dans un cheminement empirique, mais sans aide d'un autre. le lecteur perçoit inconsciemment que le récit relève plus du conte que du reportage ou de la reconstitution historique. Il prête alors attention aux épreuves que traversent le héros : un voyage initiatique lui permettant de grandir. Des moments universels : la mort de la mère, se repaître de ce qu'elle laisse, ne pas gâcher, être à la merci des éléments, de phénomènes arbitraires sur lesquels on n'a pas de prise, se confronter aux autres, à leur vision du monde, à leur opiniâtreté. Penss n'est pas sans défaut : il estime avoir raison contre tous les autres, en conséquence de quoi il refuse leur mode de vie au risque de mourir de faim, et il n'hésite pas à les convaincre d'adopter le sien, au risque de mourir de faim également. Il se heurte au fait que le rythme de la nature ne soit pas le rythme de l'être humain. Il fait l'apprentissage des responsabilités, des compromis face au principe de réalité, des mauvaises intentions de certains, mais aussi de la force d'expression de l'art (les oeuvres pariétales de Craie), la capacité de travail d'un groupe comparée à celle d'un individu seul. Pour autant il n'abandonne jamais sa conviction, son principe, sa croyance de pouvoir subvenir au besoin de nourriture par le monde végétal, fruits et légumes. le lecteur peut alors y voir un métacommentaire sur la nécessité de changer de paradigme, de passer à un mode de vie sans viande, et écoresponsable. Une nécessité d'une production plus respectueuse de la vie, toutefois pas au prix de la survie de l'espèce.
Voilà une bande dessinée aussi ambitieuse que facile de lecture. le créateur a conçu un récit qui sait profiter de la forte pagination en prenant son temps, sans pour autant ralentir la vitesse de lecture, ou exiger un effort de concentration particulier. Il a dosé la simplicité des personnages qui n'en semblent que plus vivant dans les environnements, et la représentation plus douce de ces derniers, s'approchant parfois de l'impressionnisme. L'intrigue est linéaire : Penss estime que les êtres humains doivent se nourrir de la production de végétaux, plutôt que de chasser et de tuer des animaux. L'ambition du récit se révèle progressivement : le personnage principal agit par principe, ce qui se heurte aux réalités de la vie quotidienne, aux compromissions nécessaires pour assurer sa survie. Progressivement, son voyage prend une dimension existentielle et implique la communauté d'une tribu, d'autres individus devant assumer les conséquences de ses décisions. Éventuellement un lecteur adulte peut regretter une narration parfois un peu simplifiée pour réaliser un conte tout public.
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dedanso
  25 août 2020
Quelle beauté que ce roman graphique, j'ai été conquise de bout en bout !
Par le fond déjà, moi qui aime particulièrement la période du Néolithique. Ici, le personnage de Penss se démarque des autres membres de sa tribu par le fait qu'il aime à rêver, à observer la nature, qu'il trouve belle et à laquelle il essaie de donner un sens. Il est très curieux et voudrait comprendre comment fonctionne la planète, au lieu de se contenter d'y vivre de la chasse, de la pêche ou de la cueillette. Il est incompris. Et donc repoussé par ses pairs. Seule sa mère le soutient infailliblement, même si elle ne le comprends pas plus que les autres.
En somme, Jérémie Moreau s'est attaqué à rien moins que les débuts de l'agriculture. Il a imaginé pourquoi l'homme a ressenti le besoin de cultiver la terre, et à la manière dont il s'y est pris.
Mais il n'en est pas resté là. Il m'a surprise, en dernière partie, en questionnant ce tournant de l'Humanité, en remettant en cause les motivations de son personnage si attachant. L'Homme apparaît alors tel qu'il est : tout à fait faillible et paradoxal. Cultiver la terre pour ne plus avoir à courir après la nourriture et avoir plus de temps pour soi ? Nous n'avons jamais autant couru que de nos jours : course contre le temps, course contre la mort, course contre l'argent...
D'un point de vue purement esthétique, Penss et les plis du monde est là encore une réussite, un vrai bijou !
La mise en page des vignettes est très moderne et très expressive. Elle accompagne les émotions de Penss : elle peut être contemplative, s'attacher à un détail de paysage, ou vive comme un feu qui se propage, silencieuse comme la mort. Les couleurs sont de toutes beauté, le trait ferme mais enveloppant.
Vraiment, c'est un tel coup de coeur que je serais particulièrement heureuse et touchée si je réussissais à vous transmettre suffisamment mon ressenti pour vous faire ouvrir ce roman graphique inoubliable !
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carre
  20 mars 2020
"Penss et les plis du monde " est une oeuvre remarquable, tant par la force de son récit, que par la qualité des dessins et des couleurs. Jérémie Moreau fait résonner son histoire (la préhistoire en fait) avec nos démons et nos folies contemporaines. Une ode à la nature, poétique et émouvante qui installe Moreau parmi les grands de la BD.
A lire absolument.
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jamiK
  27 mars 2020
J'ai cru, en empruntant ce livre à la médiathèque, que j'allais m'attaquer à un récit de Fantasy, je me suis complètement gouré, à ma grande et bonne surprise. Il s'agit d'une aventure de préhistoire, une histoire de survie, d'évolution, de développement d'une culture. Alors que je trouve le trait de Jérémie Moreau assez raide, je suis pourtant très emballé par son graphisme, les mises en pages allient dynamisme et poésie, les représentations de la nature sont lyriques et graves et la lumière apporte beaucoup au récit.
Et j'ai aussi beaucoup aimé l'histoire. Penss est un contemplatif, dans ce monde où la survie est la seule préoccupation, celui qui aime s'émouvoir de la beauté des paysages et la nature a peu de chances de s'en sortir. Penss va pourtant, par ses observation, finir par se faire entendre. Les émotions sont au rendez-vous, c'est même un récit vraiment poignant, et qui donne à réfléchir. Beau et fort.
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critiques presse (5)
Bedeo   02 décembre 2019
Un regard sur le monde, lointain du passé mais actuel par sa troublante faculté à le faire redécouvrir, voilà ce que propose Jérémie Moreau, bien davantage qu’une fiction préhistorique aux accents sincères et cependant parfaitement crédible.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Telerama   20 novembre 2019
Avec “Penss et les plis du monde”, son nouvel album, Jérémie Moreau signe un conte philosophique au temps du néolithique, où son héros voit le monde comme une graine.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   12 novembre 2019
C’est un album très poétique, très onirique : il offre de longs moments où on s’attache à décrire la nature, les arbres, les végétaux avec des couleurs qui en rehaussent la beauté. Il y a quelque chose de très doux, de très apaisant, même si l’histoire, elle, remue.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDGest   05 novembre 2019
Derrière l'apparente simplicité se trouve un sens inné du mouvement et de l'expressivité qui, conjugué à une écriture très maîtrisée et des protagonistes bien campés, concourt à faire de Penss une belle réussite confirmant pleinement les promesses de son livre précédent.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   07 octobre 2019
Dans une ambiance aquarellée apaisante et lumineuse, aux motifs en cohérence avec le fond du récit, au fil de séquences souvent pleines d’émotions contenues, Jérémie Moreau propose une bande dessinée d’une grande originalité et d’une profondeur rare. Qui, en plus, est accessible à tous. C’est précieux.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   23 juin 2022
Bien sûr, voilà nos vies ! Comme les arbres, on se déplie. On lance nos branches pour attraper la lumière. On crache nos racines en quête d'un peu d'eau. On s'étire, tant bien que mal en espérant être suffisamment résistant à la prochaine tempête et de même font les animaux et les plantes. Le monde comme une forêt de plus à la recherche de la vie ! Je me trompais en me croyant différent. Ma terre nouvelle n'était qu'une autre manière de chercher la vie. Une branche de plus. Une branche pleine de vanité. Toi, ô monde, que j'admirais tant hier, j'ai voulu te dépasser. Je me suis cru unique et immense. J'ai cru ramener plus de vie avec ma terre, mais je n'ai récolté que la mort. Je crois que l'erreur aura été de nous arrêter dans cette vallée. En obstruant l'ordre de tes grands mouvements saisonniers, j'ai créé cet abcès immonde. Et si la meilleure solution était de se remettre en mouvement ? Se réinsérer dans le courant qui fait tourner le soleil, avancer les troupeaux, et qui nous mène des plateaux aux vallées et inversement. ? Car je suis à présent convaincu qu'il y a dans cette grande danse, le secret du dépliement le plus harmonieux et durable.
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marina53marina53   07 juin 2020
- Mon petit Penss... J'ai peur pour toi... Tout le temps tu te trompes ! Tu te trompes de vie... Tu vois les reflets quand il faut regarder les poissons. Tu préfères l'obscurité froide des montagnes au feu de ton clan. Tu regardes la mousse à tes pieds quand il faut regarder l'horizon... (…)
- Ce que tu ne comprends pas, maman, c'est que ces montagnes, ces étoiles sont infiniment plus belles que n'importe quel homme . Et ça, nous n'y pouvons rien.
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marina53marina53   09 juin 2020
Ô monde, tu glisses, danses, frappes, siffles, scintilles, éblouis... et je me crois bien le seul à voir ta beauté. Car les autres, tous les autres passent leur vie à courir.
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PresencePresence   22 juin 2022
Un rocher mort ? Moi, je ne vois que muscle ! Ce rocher se déplie, gigantesque, magnifique et arborescent. Regarde Craie ! Il n'y a qu'à ouvrir les yeux. Le monde entier est là, plié sous nos yeux. Les plus grands massifs à venir préparent ici leur entrée fracassante dans le monde. Les plus belles promesses de monts, de falaises, de gouffres, de grottes sont là sous nos yeux, tout en plis. Les plus grandes forêts se disputent les meilleures terres. Les animaux se répartissent les plaines, les crêtes, les airs. Les océans travaillent à leur visage. Les étoiles prennent ici leur élan pour aller se loger dans le ciel. Nous sommes dans l'œuf du monde.
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dedansodedanso   04 août 2020
Mon petit Penss... J'ai peur pour toi... Tout le temps tu te trompes.
Tu te trompes de vie...
Tu vois les reflets quand il faut regarder les poissons.
Tu préfères l'obscurité froide des montagnes au feu de ton clan.
Tu regardes la mousse à tes pieds quand il faut voir l'horizon...
Tu ne te rends pas compte, mais tu nous mets en danger.
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Vidéo de Jérémie Moreau
Festival des Utopiales à Nantes
Notre perception de la réalité est déjà limitée par nos sens mais également par notre construction psychique : dissonances et biais cognitifs, préjugés ou intérêts secondaires, voire tout cela à la fois. Si bien que, même mis devant les faits, il nous est souvent impossible de revenir sur un concept erroné. Quelle réalité, papa ?
Avec : Morgan of Glencoe, Denis Bajram, Jérémie Moreau, Auriane Velten
Modération : Simon Bréan
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