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Georges Kassai (Traducteur)Zéno Bianu (Traducteur)
ISBN : 2253130605
Éditeur : Le Livre de Poche (25/02/2004)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Divorce à Buda, publié en Hongrie en 1935, s'inscrit dans la lignée de L'Héritage d’Esther ou des Braises, romans qui ont révélé Sândor Matai comme l'un des plus grands auteurs hongrois du siècle. Unité de lieu, de temps et d'action : dans une Buda somnambulique, deux hommes se retrouvent après de longues années pour un face à face nocturne. L'un est juge, l'autre médecin. Anciens camarades d'école, la vie les a séparés, et c'est aujourd'hui le divorce du médecin, q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  04 décembre 2017
Sándor Márai (de son vrai nom Sándor Grosschmied de Mára) né en 1900 à Kassa qui fait alors partie du Royaume de Hongrie dans l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui en Slovaquie) et mort en 1989 à San Diego aux Etats-Unis, est un écrivain et journaliste hongrois. La vie de l'écrivain fut itinérante, européenne et quasi-vagabonde dans sa jeunesse pour fuir la Terreur Blanche de 1919, hongroise pendant vingt ans, américaine et italienne après le passage de la Hongrie dans la sphère soviétique et le choix par Márai de l'exil qui le mènera de New York à Salerne, en Italie, puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans, quelques mois avant la chute du mur de Berlin. Divorce à Buda date de 1935.
Un soir très tard, Imre Greiner, médecin, se présente au domicile de Krystof Kömives, le juge chargé d'instruire le dossier de son divorce avec Anna son épouse, et déclare : « L'audience ne peut avoir lieu demain parce que cet après-midi j'ai tué ma femme. »
Le roman est construit en deux parties, la première et la plus longue campe la silhouette du juge Kömives, son origine sociale et sa famille, son parcours depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, son mariage avec Herta et leurs deux enfants, sa carrière professionnelle. Tout ce passé permet à l'écrivain de dresser un portrait psychologique pointu de l'homme, « Trop correct, trop formaliste » selon son supérieur et investi d'une mission claire, « elle consistait à sauvegarder et à conserver », c'est-à-dire « sauver et éduquer la société. »
La seconde partie, et nous en venons au coeur de l'affaire, ressemble vaguement dans la forme à un autre roman de l'écrivain, Les Braises, où deux hommes discutent toute une nuit, dans un huis-clos pesant et lourd de sens. A cette différence près qu'il s'agit ici, non pas d'une discussion mais plutôt d'un long monologue de Greiner. Et à mon humble avis, c'est ici moins réussi même si ce roman est bon.
La situation prend rapidement un tour plus épais quand le lecteur découvre petit à petit, que les deux hommes se sont un peu connus à l'époque où ils faisaient leurs études et qu'ils ne s'étaient plus revus depuis, mais surtout, que le juge a croisé jadis Anna avant qu'elle épouse Greiner. Et c'est ce point crucial que le médecin veut éclaircir avant le lever du jour, quels étaient/quels sont les sentiments de Kömives pour Anna ? Car s'il est certain que sa femme l'a aimé, Greiner sait aussi que son épouse était restée attachée au juge. Cette révélation tardive va ébranler Kömives et soulever des questions sur l'ambivalence des sentiments, la réalité de l'amour total.
L'écrivain greffe son histoire sur une vision critique de la bourgeoisie de son époque et plus largement, sur la crise de la société (« les dossiers qu'il consultait témoignaient de la putréfaction de la famille, dévoilant entre leurs lignes, la « crise » générale de la société… »). le vieux monde s'effondre, un autre va lui succéder, la longue nuit s'achève, le jour se lève, le juge Kömives « veut croire en ce monde visible et aussi en l'autre, qu'il ne connait pas. »
Un bon roman, un de plus pour cet écrivain que j'invite chaudement tous ceux qui ne l'ont jamais lu, à découvrir au plus vite.
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Derwijes
  08 novembre 2016
La spécialité de Sandor Marai, ce sont les confrontations entre deux hommes dans un endroit confiné durant une nuit.
Si dans ce domaine Les Cendres frappait déjà fort, Divorce à Buda fait encore mieux. J'avais adoré Les Cendres, mais Divorce à Buda est encore mieux écrit, et surtout mieux construit.
Le roman se divise en deux parties, avec une introduction, un passage que je qualifierais d'interlude et une conclusion. Donc, après une petite introduction nous présentant le personnage du juge, la première partie nous raconte sa vie. Puis vient l'interlude, le meilleur moment du livre, ou intervient un retournement de situation, après quoi on quitte les pensées du juge pour écouter le médecin nous raconter sa propre histoire, avant que le livre ne revienne au personnage du juge pour une conclusion touchante.
Vous l'aurez compris, le roman est construit des oppositions: oppositions entre les deux personnages. Opposition bien sûr entre leurs caractères et leurs histoires personnelles, mais aussi dans la façon dont elles nous sont décrites: monologue intérieur pour le juge, conversation pour le médecin.
Cette construction en deux parties bien distinctes est un pari risqué: l'une des deux parties pourrait être bien meilleures que l'autre, ou cette construction en soi pourrait être juste lassante. Mais Marai connaît son art, et Divorce à Buda est l'une de ses meilleure oeuvres. C'est, honnêtement, un petit bijou, et je ne puis que vous le conseiller chaudement pour que vous puissiez, vous aussi, en profiter.
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Bellonzo
  22 janvier 2014
J'ai trouvé amusant de chroniquer côte à côte deux autres romans de Sandor Marai.le premier,Divorce à Buda,se présente comme la confrontation d'un juge et d'un médecin,l'un devant prononcer le divorce du second.Publié en 1935 ce livre s'inscrit bien sûr dans la floraison littéraire extraordinaire de la Mitteleuropa entre les deux guerres.On ne dira jamais assez combien le monde a changé en queques années,plus encore dans l'ancien Empire d'Autriche-Hongrie.Vous savez aussi la fascination qu'exercent souvent les déclins sur l'âme humaine et sur le lecteur parfois déclinant lui aussi.
le juge et le médecin ont été étudiants ensemble, connaissances plutôt qu'amis.Alors que l'on s'attend à une véritable confrontation en temps réel celle-ci n'aura pas lieu et cela peut même paraître frustrant.Mais Sandor Marai sait nous captiver tout autrement.Toute la première partie est une longue introspection sur la société libérale moderne qui se fait jour en Hongrie et sur la vie privée du juge,son mariage devenu un gouffre d'incompréhension et de faux semblants.
La deuxième partie est le presque monologue du médecin face au juge qu'il dérange en pleine nuit.Unité de lieu et de temps,classique certes mais Sandor Marai sait nous plonger dans les arcanes de l'âme de ces deux personnages jeunes encore mais ciselés de fêlures et de doutes.D'homme à homme,un très grand livre.
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Aela
  14 mars 2011
Un livre publié en Hongrie en 1935, et traduit pour la première fois en français en 2002! Il s'inscrit dans la lignée de "l'héritage d'Esther" ou des "Braises". Unité de temps, de lieu, d'action..: à Budapest, deux hommes se retrouvent après de longues années de séparation. L'un est juge, l'autre est médecin. Ils ont été camarades d'école, la vie les a séparés et c'est aujourd'hui le divorce du médecin, que le juge s'apprête à prononcer qui les réunit..
C'est une oeuvre très subtile, où les personnages échangent leur perception du couple et de la crise des valeurs..
C'est un témoignage lumineux sur un monde en déclin..
Un des plus beaux livres de Sandor Marai, à mon sens..
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pasiondelalectura
  22 avril 2015
"Divorce à Buda" date de 1935, c'est encore un roman de Márai avec une confrontation entre deux personnages. Un médecin et un juge ont été étudiants en même temps autrefois, il y a plus de vingt ans...
Le médecin veut divorcer parce que son mariage l'ennuie; il n'a plus rien de commun avec cette femme qu'il a aimé autrefois.
Mais il demande à son ami le juge si toutefois, il y a longtemps, il a aimé sa femme car il a l'intuition qu'en fait sa femme a toujours été amoureuse du juge.
Encore une confrontation à travers le temps et les sentiments secrets enfouis dans la profondeur de l'âme humaine.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
JOSMINEJOSMINE   03 avril 2011
Et il m'a fallu l"abandonner à son sort, comme il faut, tôt ou tard , laisser chacun à son destin. J'ai mis lontemps, bien longtemps à le comprendre...Tout cela doit sans doute te sembler étrange.Tu ne sais peut-être pas encore, non, tu ne peux
pas savoir qu'on ne peut aider personne -aider est la chose la plus difficile au monde.Tu vois un être cher courir à sa perte, agir contre ses propres intérêts, s'écrouler, triste ou égaré, sous le fardeau qu'il s'oblige à porter...tu veux lui porter secours et, tout à coup,tu te rends compte que tu ne peux rien pour lui. Rien. As-tu été trop faible ? N'as tu pas été assez bon ? Assez sincère ? Assez désintéressé, assez ardent, assez humble ? Que sais-je ! Le fait est que nous ne sommes jamais "assez" ceci ou cela...et même si nous étions prophètes, dotés de quelque pouvoir magnétique, parlant le langage des apôtres, ce serait encore insuffisant...On ne peut aider personne, parce que l' "intérêt" de chacun va à l'encontre de ce qui est bon, de ce qui est raisonnaible. Peut-être la douleur nous est-rllr nécessaire ? Peut-être avons-nous besoin de ce qui, sz toutr évidence, est contraire à notre "intérêt" ? Rien n'est aussi mystérieux, sais-tu, que l'"intérêt " d'un être humain....

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CrumpetCrumpet   17 novembre 2012
En chemin vers Buda, il traversa le pont d’un pas long et compassé. Tête nue, un peu vouté, les mains derrière le dos, les yeux rivés au sol, comme perdu au milieu des passants pressés de rentrer chez eux après leur travail, il paraissait plus âgé qu’il ne l’était. Déjà grisonnant, menant une vie sédentaire depuis qu’il avait été muté, Kömives s’était peu à peu empâté, ce qui ne manquait pas de l’inquiéter, car le moindre laisser-aller, fût-ce celui engendré par le bien-être du corps, ne lui inspirait que du mépris : enclin à glorifier l’ascèse, il approuvait la mode de la culture physique et pensait, d’une façon générale, qu’un trop grand abandon aux exigences corporelles conduisait directement au relâchement spirituel, à une sorte d’obésité de l’âme.
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SachenkaSachenka   23 novembre 2013
Aimer, c'est peut-être vivre au même rythme. Un hasard extraordinaire, comme la rencontre, dans l'univers, de deux planètes composées de la même matière, évoluant sur la même orbite, possédant la même atmosphère. Un hasard sur lequel on ne peut pas compter. Peut-être n'existe-t-il même pas… Ai-je jamais vu quelque chose de semblable? Oui, peut-être… très rarement… et je n'en suis pas sûr. Vivre, aimer au même rythme, aimer les mêmes plats, la même musique, marcher d'un même pas dans la rue, se chercher au même rythme dans un lit… oui, c'est cela… peut=être… Comme cela doit être rare! Un vrai phénomène… Il y a, je crois, quelque chose de mystique dans de telles rencontres.
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AelaAela   14 mars 2011
Kristof Kömives était né à la frontière entre deux mondes, au tournant du siècle, à un moment historique qu'il ressentait parfois comme douloureusement exceptionnel. La classe bourgeoise jouissait encore, en pleine confiance, de ses biens familiaux; entre ses démarcations naturelles, le grand pays, qui n'était pas encore mutilé, mêlait les classes et les races; seuls quelques feux follets, un grondement à peine perceptible né des entrailles de la terre signalaient aux bénéficiaires de cette paix idyllique le danger qui guettait.
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Corboland78Corboland78   04 décembre 2017
C’est que, déjà, une fermentation des esprits s’amorçait dans les profondeurs de la nouvelle génération, un vague mécontentement grondait, qui cherchait à s’exprimer par des mots d’ordre et des slogans ; les jeunes de cette grande famille se rencontraient au bord de l’abîme qu’incarnaient les extrêmes politiques, mais ils avaient en commun une conviction : la génération qui avait précédé la leur n’était plus capable de maîtriser le mécontentement social par ses méthodes révolues et pieusement charitables. Dans les profondeurs comme dans les hauteurs, aux étages des immeubles où se trouvaient leurs appartements bourgeois, les jeunes de la nouvelle génération préparaient quelque chose. Par tous ses pores Kömives le sentait – et il savait aussi qu’il n’appartenait plus à cette jeunesse.
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L' émission "Un livre toujours" vous présente «Les Grands Romans» de Sandor Marai, publié au Livre de Poche (collection Pochothèque).
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