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Marcelle Régnier (Traducteur)Georges Régnier (Traducteur)
ISBN : 222607628X
Éditeur : Albin Michel (07/02/1995)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 453 notes)
Résumé :
Dans un château de la campagne hongroise, Henri, un général de l'armée impériale à la retraite, attend la venue de Conrad, son ami de jeunesse et condisciple de l'école militaire. Cela fait 41 ans exactement qu'ils se sont perdus de vue, depuis cette partie de chasse au cours de laquelle Conrad a pointé son fusil vers Henri, avant de disparaître le lendemain, sans aucune explication. Pourquoi ce geste ? Pourquoi ce long silence ? Pourquoi la femme d'Henri, impliquée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
KATE92
  09 octobre 2013

Des critiques ont déjà mis en exergue la trame de ce livre.
« Les braises » titre au combien évocateur, est déjà un résumé en lui-même : 41 ans d'attente ont permis aux personnages de s'interroger sur leur vie (enfance, amitié, conditions sociales, carrière professionnelle, vie amoureuse) et surtout sur la « rupture amicale » entre eux.
C'est un monologue mené à la façon d'une enquête policière par l'un et toléré par l'autre.
A lire absolument tant il est rare qu'un roman traite aussi bien de l'amitié.
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tiptop92
  06 juillet 2019
Sándor Márai - Les Braises - 1942 : Il faut savoir que ce livre n'a été autorisé en Hongrie, pays d'origine de l'auteur, qu'après la chute du mur de Berlin. On peut s'interroger sur la raison de cette censure, rien dans cette histoire ne paraissant subversif ou portant atteinte à la moralité et à l'existence de l'union soviétique. Seule une volonté d'étouffer un intellectualisme considéré par la pouvoir en place comme une menace pouvait expliquer l'interdiction de cet ouvrage. le huit clos mis en scène par Sandor Marai évoquaient tour à tour la fin d'une amitié mais aussi celle d'un monde avec l'entrée en guerre des puissances européennes et leur fuite en avant vers le chaos final. Après quarante années de séparation, ce sont deux vieillards qui se retrouvent pour solder enfin les rancoeurs accumulées pendant un demi-siècle. Une relation comme celle qui les unis depuis l'académie militaire ne pouvait rester éteinte sans qu'un dernier souffle ne rallume les braises de la discorde. Malgré la différence de classe sociale rien ne semblait pouvoir rompre leur attachement, pourtant, du jour au lendemain, à la suite de ce qui paraissait n'être qu'un bête accident de chasse, l'un des deux est parti sans explication abandonnant sa carrière de soldat et un avenir brillant dans le monde. Si l'écriture est très riches et les longs monologues brillants, le livre pèche un peu par l'absence de mystère car on comprend très vite les raisons de ce mutuel silence. Il suffira de dire qu'une femme complète ce duo pour que la fin se dévoile bien avant la conclusion du récit. Malgré ce bémol, ce classique reste très agréable à lire et permet de découvrir la littérature d'un pays rarement mis en avant pour le mérite de ses oeuvres littéraires..
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Fortuna
  17 juin 2016
Dernières décennies du 19ème siècle, l'Empire austro-hongrois est gouverné par François-Joseph 1er, également roi de Hongrie. Henri et Conrad, deux amis que seule sépare une différence de fortune, vont grandir ensemble comme deux frères à l'école militaire et devenir officiers. Conrad est accueilli comme un de leurs membres dans la famille d'Henri, dans un château au coeur de la forêt hongroise. le mariage d'Henri avec Christine ne semble pas perturber cette amitié, les jeunes gens continuant à vivre dans une harmonieuse complicité. Jusqu'à cette journée de juillet 1899, où, après une partie de chasse, Conrad démissionne de l'armée et disparait à jamais.
Août 1940, quarante et un ans plus tard, Henri vit seul dans son château isolée en compagnie de sa vieille nourrice. Sa femme est morte depuis de nombreuses années et il se prépare à recevoir enfin la visite qu'il attend depuis si longtemps : celle de son vieil ami auquel il a tant de choses à dire…
Dans ce roman puissant, tragique, confrontation de deux vieillards dont le monde s'est effondré avec l'Empire qui les avait vus naitre, Sándor Márai nous offre une réflexion très profonde sur l'amitié, l'amour, les relations entre les êtres, la destinée humaine soumise à la violence sans limite des passions qui s'oppose aux règles et contraintes de la vie en société…Jusqu'au jour où les dernières flammes ayant tout consumé, ne subsiste que la nostalgie. Une très belle découverte.
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isabelleisapure
  04 mars 2018
Il y a des auteurs dont on connaît le nom, dont on sait que leur oeuvre a conquis des millions de lecteurs et qui vous demeurent inconnus.
C'était en ce qui me concerne le cas pour Sandor Marai, dont je n'avais jamais ouvert un livre.
Je serais bien incapable d'en donner la raison.
J'ai été, je dois le dire conquise dès les premières lignes de ce magnifique roman.
Dans un château isolé, Henri, général à la retraite âgé de soixante-quinze ans dîne avec Conrad, un ami perdu de vue depuis quarante et un ans.
De nombreuses questions se posent lors de ces retrouvailles et c'est à un quasi monologue que se livre Henri évoquant une série d'anecdotes, de souvenirs, de silences et de faux-fuyants.
La tension est palpable et l'auteur réussit à doser savamment les révélations pour replonger ses personnages dans leurs ressentiments alors que l'on croyait qu'une réconciliation était possible.
J'ai été happée par cette écriture d'une intensité remarquable retraçant l'atmosphère et les usages de l'Empire austro-hongrois.
Sandor Maria m'est apparu comme un peintre de l'âme humaine pour démontrer les rouages psychologiques de drames intimes dans un huis-clos haletant et nous donne à lire une magnifique étude des rapports de classes, de l'amitié et de la trahison.
J'ai bien l'intention de poursuivre très rapidement ma découverte de l'oeuvre de l'auteur.
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Missbouquin
  07 août 2012
Trouvé par hasard à la célèbre Griffe noire, qui encensait cet auteur méconnu d'Europe de l'Est, interdit en Hongrie jusqu'en 1990, j'ai savouré ce petit bijou romanesque, qui par certains côtés m'a rappelé les courts romans de Stefan Zweig, que j'aime beaucoup.
L'intrigue est simple : seul dans son château, un général vieillit, attendant. "On se prépare parfois, la vie durant, à quelque chose. On commence par être blessé et on veut se venger. Puis on attend. le général attendait depuis fort longtemps et ne savait même plus à quel moment l'offense et le désir de vengeance s'étaient transformés en attente."Or, un soir, on annonce le Capitaine, qui revient apparemment après 41 ans d'absence. 41 ans et 43 jours très précisément, compte le Général. Celui-ci se prépare à la visite de ce Conrad, dont on ne sait rien au départ; redonnant le luxe d'antan à son manoir, redisposant les choses telles qu'elles étaient il y a plus de 40 ans.
En attendant le dîner, le général se remémore le passé, et l'amitié très forte qui a uni deux garçons à l'Académie militaire, dès leurs dix ans. Il décrit une amitié très pure entre lui, fils d'un officier de la Garde, très riche; et Conrad, dont les parents ont donné tous ce qu'ils ont pu pour qu'il embrasse la voie militaire. Ils sont très différents, et pourtant : "Les deux enfants comprenaient qu'ils vivaient un moment privilégié, miraculeux de la vie".
Durant plus de 20 ans, ils se côtoient. Et puis advient la rupture. Et la fuite inexpliquée de Conrad dans de lointaines tropiques.
Une fois Conrad arrivé, le dîner commence mais se transforme rapidement en un monologue du général, qui déverse les pensées et l'amertume des 40 dernières années, passées seul depuis la mort de sa femme, à réfléchir à ce qui a pu se passer pour que leur amitié se perde. On se rend compte qu'il en est parfaitement conscient.
Mais cette histoire classique d'adultère est transformée par Sandor Marai en un véritable joyau de discours. Conrad est acculé par le général, ce dernier ne le laisse pas parler. Il avait simplement besoin de lui pour confirmer tous ses soupçons, qui s'avèrent vrais.
Au milieu de ce drame humain dont nous parvenons à la conclusion, le général montre également qu'il a beaucoup lu, beaucoup réfléchi sur la nature humaine. C'est grâce à ses lectures qu'il a pu comprendre les causes réelles de la fuite de Conrad. Conrad, si différent de lui, le parent pauvre, le musicien. A qui le général reproche d'avoir trahi alors que "l'amitié est le lien humain le plus noble."
Or l'habilité du récit est que l'on a en réalité deux narrations : la première, par le général, qui retrace l'amitié brillante entre les jeunes garçons. Et puis, au fil du discours, on découvre la véritable histoire, celle dont il n'a pas pris conscience au moment où elle se déroulait : que Conrad le haïssait pour sa richesse, sa réussite, alors que lui, artiste, n'a jamais aimé la vie militaire. Et lorsqu'une femme passe, Christine, c'est le général qu'elle épouse. A partir de là, aucune amitié n'est possible.
J'ai ressenti beaucoup de pitié pour ce vieux général qui se livre. On sent qu'il n'est pas très intelligent mais que ces longues soirées passées seules l'ont rendu sage. Il a conscience de la vanité de la vengeance qu'il veut exercer envers Conrad au cours de ce dîner, mais il veut aller jusqu'au bout, clore leur relation interrompue 40 ans plus tôt.
Dans un monde qui se disloque (après la Première guerre mondiale), les deux vieillards se haïssent avec lassitude, faisant le constat qu'ils sont toujours aussi différents. Cette différence se cristallise dans la musique, qu'adore Conrad, et que ne peux comprendre le vieux militaire : "J'abhorre ce langage secret dans lequel certaines personnes s'entretiennent, se communiquent des choses vagues, irrégulières, oui je pense souvent qu'il leur sert même à se dire des choses immorales."
Au final, vous l'aurez compris, c'est un roman très riche, qui m'a touchée et m'a fait réfléchir.
Un roman universel.
Un roman tranquille, sans violence. Un huis clos terrible pourtant. Un monologue de fin de vie. Une dernière parenthèse, et un soupir avant la fin.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations et extraits (134) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   02 juillet 2015
Être différent de ce que l'on est... est le désir le plus néfaste qui puisse brûler dans le coeur des hommes. Car la vie n'est supportable qu'à condition de se résigner à n'être que ce que nous sommes à notre sens et à celui du monde. Nous devons nous contenter d'être tels que nous sommes et nous devons aussi savoir qu'une fois que nous aurons admis cela, la vie ne nous couvrira pas de louanges pour autant. Si, après en avoir pris conscience, nous supportons d'être vaniteux ou égoïstes, d'être chauves ou obèses, on n'épinglera pas de décoration sur notre poitrine. Non, nous devons nous pénétrer de l'idée que nous ne recevrons de la vie ni récompense ni félicitations. Il faut se résigner, voilà tout le grand secret.
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NeigelineNeigeline   14 mars 2010
C'est qu'en réalité nous aimons toujours ceux qui sont différents de nous... Ce sont eux que nous recherchons sans cesse dans la vie. (...) Lorsque, par hasard, deux êtres qui ne sont pas de nature différente se rencontrent, quelle félicité ! C'est le plus beau cadeau du sort. Malheureusement, les rencontres de ce genre sont extrêmement rares et il semble, de toute évidence, que la nature se soit opposée à l'harmonie par la ruse et la violence, sans doute parce que, pour recréer le monde et rénover la vie, il lui est indispensable que subsiste cette tension entre les humains, harcelés par des tendances contradictoires et des rythmes dissemblables, mais qui néanmoins cherchent à s'unir coûte que coûte. Où que nos regards se portent, nous voyons cette alternance, cet échange d'énergie entre le pôle positif et le pôle négatif. Imagine la somme de désespoir et de vaines espérances que cela représente... (...)
Le destin peut tout nous accorder et nous pouvons tout lui arracher, mais nous ne pouvons jamais changer les goûts, les penchants et le rythme de vie d'un autre et nous luttons en vain contre cette "nature différente" qui caractérise essentiellement l'être que nous aimons.
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JoohJooh   14 juillet 2015
En effet, nous vieillissons tout doucement, dit le général. Tout d'abord, c'est notre joie de vivre et de voir nos semblables qui s'émousse. Peu à peu, le sens de la réalité prédomine en nous. Nous pénétrons mieux le sens des choses et nous assistons avec ennui à la succession d'événements qui se répètent. Le noter est déjà un signe de vieillesse. Quand nous avons bien compris par exemple qu'une coupe n'est qu'une coupe et que les pauvres humains - quoi qu'ils fassent - ne sont que des créatures éphémères, c'est que nous sommes alors vraiment bien vieux.
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NeigelineNeigeline   14 mars 2010
Quoi qu'il en soit, aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l'on dit entre-temps n'a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l'ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. Les questions auxquelles il faut répondre sont : qui es-tu ? Qu'as-tu fait ? ... A qui es-tu resté fidèle ? A quel propos as-tu été infidèle ? ... Avec qui, où, en quelle occasion as-tu été courageux ou lâche ? ... Voilà les questions capitales.
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JoohJooh   18 juillet 2015
Les relations entre hommes et femmes, entre amis, oui, même les relations entre les autres catégories de personnes, dépendent de cette question d'hétérogénéité, qui divise les gens en deux camps. Parfois, j'ai même tendance à croire que les différences entre les classes, les conflits provenant de nos conceptions sur l'univers et les luttes pour le pouvoir, bref toutes les tensions inhérentes à l'humanité, proviennent de ce que les hommes sont différents les uns des autres.
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