AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020257817
192 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1997)
  Existe en édition audio
3.95/5   428 notes
Résumé :
- On m'appelle Claus T. Est-ce mon nom? Dès l'enfance, j'ai appris à mentir. Dans ce centre de rééducation où je me remettais lentement d'une étrange maladie, on me mentait déjà. J'ai menti encore quand j'ai franchi la frontière de mon pays natal. Puis j'ai menti dans mes livres. Bien des années plus tard, je franchis la frontière dans l'autre sens. Je veux retrouver mon frère, un frère qui n'existe peut-être pas. Mentirai-je une dernière fois?

- Je m... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
3,95

sur 428 notes

Malaura
  02 novembre 2012
Alors qu'ils n'avaient que quatre ans, un terrible drame a séparé les frères jumeaux Klaus et Lucas.
Pendant de longues années, les deux frères vont se rechercher et pour pallier à la souffrance et à l'attente, ils apprennent à mentir.
Cinquante ans ont passé, Lucas retrouve enfin Klaus, mais est-il encore temps de recoller les morceaux de ces deux vies brisées ?
Ces retrouvailles seront-elles guidées par un dernier mensonge ?
Il est toujours bon de se replonger dans le passé, d'y dénicher des trouvailles, de découvrir ou redécouvrir des oeuvres qui méritent encore et toujours que l'on parle d'elles.
La romancière d'origine hongroise Agota Kristof, qui avait fui le régime et la répression de sa Hongrie natale pour s'installer en Suisse dans les années 1950, est décédée à la fin du mois de Juillet de l'année 2011 (27/07/2011).
A la fin des années 1980, on avait pu découvrir sa plume épurée, concise et déroutante grâce au « Grand cahier », premier volet d'une trilogie qui se poursuivra avec « La Preuve » puis « le troisième mensonge » et viendra hisser la romancière expatriée au rang des grands noms de la littérature contemporaine.
La trilogie des jumeaux ou le récit désarmant des destins tragiques et perturbés des frères Klaus et Lucas, est une oeuvre éminemment confondante d'assainissement du superflu, de volonté affichée d'aller au coeur du mot et de la phrase pour en tirer le jus intime, comme une éponge que l'on tord pour en faire sortir la dernière goutte d'eau.
L'oeuvre d'Agota Kristof est ainsi, dans la purification du verbe par l'épure, dans une aura d'étrangeté distillée au coeur des choses, dans un sentiment d'éternelle désillusion qui renvoie aux années de persécutions et de dictature.
Bref récit à l'atmosphère sombre, « le troisième mensonge » aborde le thème de l'enfance brisée avec originalité et une émotion distante, refoulée.
L'écart entre le ton et le thème, la marge volontaire que trace l'auteur entre le style dépouillé de son phrasé et les sujets brutaux et délétères qu'elle invoque, instaurent un climat de malaise et de trouble, un sentiment chargé d'intensité, à la fois dérangeant et singulièrement captivant.
L'alternance d'épisodes présents et passés donne un caractère étrange au récit dans la première partie, pour atteindre toute sa puissance dans la seconde où tous les éléments se mettent en place pour éclairer le lecteur habilement perdu par l'auteur dans les méandres d'une histoire tortueuse d'une fascinante opacité.
Ce «Troisième mensonge », récompensé par le Prix du Livre Inter en 1992, est un superbe roman, triste et troublant, un livre chargé d'émotion contenue à l'instar de toute la Trilogie des jumeaux.
A lire, à relire, à découvrir…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          740
fanfanouche24
  22 août 2014
C'est la première fois.. . que je lis une « série »… en sautant un volume . Prise par ma lecture du « Grand cahier » d'Agota Kristof, je me suis rendue à ma médiathèque pour emprunter les 2 autres textes, faisant suite : « La Preuve » et « le Troisième mensonge ». Malheureusement « La Preuve » était totalement indisponible (perdu ou je ne sais !)… je n'ai pu m'empêcher de repartir avec le dernier de la série, lu en 2 soirées...

Toujours aussi perplexe ; comme nombre de lecteurs, perdue entre le rêve, la réalité, les mensonges des « personnages »…je vais me commander le deuxième tome, et relirais une seconde fois l'ensemble, tant l'oeuvre est à la fois cinglante, fascinante, déroutante, alternant différentes appréhensions de la réalité.
Dès que nous nous sentons un peu stabilisés dans une certaine « réalité »… l'auteur détourne ce qu'elle vient de faire dire à ses personnages… et le doute, les questions sans réponse ressurgissent, se poursuivent…sans fin
Toujours est-il, que dans ce « Troisième mensonge »… nous poursuivons le parcours des « jumeaux » à travers la seule parole de klaus, devenu typographe et « écrivain », à la recherche de son double, blessé grièvement… et disparu, on ne sait où et dans quelles circonstances. On ne l'apprendra que beaucoup plus tard…
Difficile de cerner cette oeuvre magistrale. La douleur de vivre absolue, le non-sens de l'existence poussés à son paroxysme, causés par la guerre, mais pas seulement. On découvre dans ce dernier volet, la révélation d'une terrible tragédie individuelle, familiale, qui a fait exploser le noyau familial où étaient nés klaus et Lucas, « Les jumeaux »…parallèlement aux horreurs et traumatismes de la guerre…J'achève cette note de lecture plus que succinte et imparfaite, par la transcription d'un extrait, qui donne un peu de la tonalité de « l'univers d'Agota kristof »
« Je me couche et avant de m'endormir je parle dans ma tête à Lucas, comme je le fais depuis de nombreuses années. Ce que je lui dis, c'est à peu près la même chose que d'habitude. Je lui dis que, s'il est mort, il a de la chance et que j'aimerais bien être à sa place. Je lui dis qu'il a eu la meilleure part, c'est moi qui dois porter la charge la plus lourde. Je lui dis que la vie est d'une inutilité totale, elle est non-sens, aberration, souffrance infinie, l'invention d'un Non-Dieu dont la méchanceté dépasse l'entendement. « (Ed. du Seuil, 1991, p.179)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
Nowowak
  18 mars 2020
Dans ce troisième et dernier tome de la trilogie des jumeaux, après quarante ans passés dans un autre pays Klaus âgé et malade revient mais le lecteur lui va se perdre. Si les souvenirs d'enfance sont bien décrits, les retrouvailles sont aberrantes. J'ai eu l'impression d'avoir lu un tome un pour rien car l'histoire devient confuse et on ne sait plus que croire. Choisissez votre version semble nous dire l'auteure !
Le troisième mensonge... c'est de nous balader en pure perte ? Après "La Preuve" qui devenait plus humain et plus doux, voilà une note sévère car on pouvait espérer plus de crédibilité et moins d'insensibilité dans cet opus. Je me suis arrêté dans ma lecture là où Klaus fracasse la tête de Lucas qui veut lui présenter leurs parents après avoir présenté ses deux fils (d'où ils sortent eux ?) qui semblent partis pour devenir aussi timbrés. Cela commençait à me saouler des comportements aussi tordus. Puis bien sûr le lecteur accroché à son siège se demande si les deux jumeaux ont existé, si tout cela a existé, si tous ces personnages ont existé. Est-on simplement en train de lire les délires d'un psychopathe dépressif enfermé dans une cellule avec juste quelques feuilles de papier ?
"Je me couche et avant de m'endormir je parle dans ma tête à Lucas, comme je le fais depuis de nombreuses années. Ce que je lui dis, c'est à peu près la même chose que d'habitude. Je lui dis que, s'il est mort, il a de la chance et que j'aimerais bien être à sa place. Je lui dis qu'il a eu la meilleure part, c'est moi qui dois porter la charge la plus lourde. Je lui dis que la vie est d'une inutilité totale, elle est non-sens, aberration, souffrance infinie, l'invention d'un Non-Dieu dont la méchanceté dépasse l'entendement."
La réalité de notre quotidien n'est pas assez flamboyante pour que je m'autorise dans mes lectures à tant de tortures mentales, en fait rien à carrer. du Cioran sans une parcelle d'espoir, d'humour, de plaisir. Je préfère des univers plus sereins, plus ancrés dans mes valeurs, plus rassurants. C'est pour cela que je ne dévore pas de polars ni de thrillers parce que les corps qui tombent, le sang qui gicle, le couteau sous la douche, ça ne me plait pas en littérature. Je ne lis pas pas non plus des feel good parce que si la vie n'est pas un lit de souffrances ce n'est pas non plus un bocal de guimauve. Je veux bien lire des livres durs mais où le mal mène d'un point A à un point B sans me faire perdre mon temps. 
J'ai entrepris cette trilogie en dépit d'un style très épuré (sic) et simpliste (sic) parce que je voulais connaître le dénouement. Déception. J'apprends que je dois reprendre tout le bouquin sous un jour nouveau ! Pourquoi ? Parce que tout était bidon ! Ben merde alors ! le second tome m'avait bien plus car en dépit de nombreux non-sens Lucas apprenait l'amour paternel et la compassion. Ah enfin des sentiments que je connaissais ! J'aurais préféré que l'on en reste là avec ces histoires d'amour glauques et avortées mais non... vous n'avez encore rien vu !
Opacité tortueuse. Climat de malaise et de trouble. Paroxysme de la douleur.  Néant de l'existence. Cruauté de la guerre. Monde totalitaire. Labyrinthe sans passions. Marécage en cage. Méandres filandreux. le terrain devient vite glissant à force de bifurquer entre les flashs braques. Si vous aimez être dérouté prenez ce chemin ! Pas ma tasse de thé ces réminiscences de "Shutter island", roman psychologique de l'écrivain Dennis Lehane, auquel ce troisième tome me fait penser. Fallait-il que dans "Le troisième mensonge" les personnages meurent, tournent guedin, que l'auteure traumatisée et traumatisante se régale dans cette déstabilisation habile mais un rien perverse ?

Lien : https://pasplushautquelebord..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          433
LydiaB
  12 juin 2012
Si j'avais trouvé le deuxième volet de la trilogie un peu en-dessous de ce que j'attendais, je dois dire que celui-ci est assez spécial. Ce dernier tome, que je trouve être au même niveau que le premier, laisse le lecteur dans un certain flou artistique. Oui, ce roman m'a complètement désarçonnée. On croit savoir, on a des certitudes et d'un coup, pouf, plus rien, mis à part ce sentiment qu'Agota Kristof nous mène par le bout du nez, que tout est faux depuis le début... C'est du grand art ! Ce livre à deux voix, à deux mains, à deux narrateurs (Lucas puis Klaus) déstabilise et montre ainsi toute l'étendue du talent de l'écrivain. Au final, c'est le lecteur qui devient schizophrène en cherchant à savoir qui est Lucas, qui est Klaus ou Claus... Sont-ils réellement deux ? Est-ce une seule et même personne ? On referme cette trilogie avec un sentiment de malaise car elle joue sur plusieurs tableaux : sentiments, misère morale et sociale, identité. du grand art que je vous dis !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
Commenter  J’apprécie          460
Allantvers
  25 mai 2016
Suite et fin de la trilogie, qui à nouveau rebat les cartes après la déroutante fin du deuxième volume, « la preuve ».
Ce troisième opus ne l'est pas moins, d'ailleurs, loin s'en faut. Si l'on retrouve le style sec et oppressant du premier volet « le grand cahier », l'auteure nous entraîne ici dans un labyrinthe de narrations qui se chevauchent et se répondent. Faisant intervenir tantôt un frère, tantôt l'autre, avec de multiples références aux événements relatés précédemment mais par bribes ou sous des angles radicalement différents, ces narrations semblent nous perdre dans une série de réalités parallèles comme autant de rebondissements dont on peine à extraire la vérité.
Il y a bien eu drame, cependant, à l'origine du traumatisme que cette fin nous révèle. Un drame familial au milieu du drame, plus vaste, de l'expérience totalitaire et désenchantée qu'a connu le pays dans lequel la tragédie s'est jouée.
D'où peut-être tous ces récits mêlés de vérités et de mensonges, d'où ce frère peut-être inventé, d'où peut-être ces cahiers remplis d'une littérature plus supportable que le réel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370

Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   12 juin 2012
Le 30 octobre, je fête mon anniversaire dans l'un des bistrots les plus populaires de la ville avec mes compagnons de beuverie. Tous, ils me paient à boire. Des couples dansent au son de mon harmonica. Des femmes m'embrassent. Je suis ivre. Je commence à parler de mon frère, comme chaque fois que j'ai trop bu. Tout le monde dans la ville connaît mon histoire : je suis à la recherche de mon frère avec qui j'ai vécu ici, dans cette ville, jusqu'à l'âge de quinze ans. C'est ici que je dois le retrouver, je l'attends, je sais qu'il viendra quand il saura que je suis revenu de l'étranger.
Tout cela n'est qu'un mensonge. Je sais très bien que dans cette ville, chez Grand-Mère, j'étais déjà seul, que même à cette époque j'imaginais seulement que nous étions deux, mon frère et moi, pour supporter l'insupportable solitude.
La salle du bistrot se calme un peu vers minuit. Je ne joue plus, je bois seulement.
Un homme vieux, loqueteux, s'assied en face de moi. Il boit dans mon verre. Il dit :
- Je me souviens très bien de vous deux. De ton frère et de toi.
(P76-77)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24fanfanouche24   22 août 2014
Je me couche et avant de m'endormir je parle dans ma tête à Lucas, comme je le fais depuis de nombreuses années. Ce que je lui dis, c'est à peu près la même chose que d'habitude. Je lui dis que, s'il est mort, il a de la chance et que j'aimerais bien être à sa place. Je lui dis qu'il a eu la meilleure part, c'est moi qui dois porter la charge la plus lourde. Je lui dis que la vie est d'une inutilté totale, elle est non-sens, aberration, souffrance infinie, l'invention d'un Non-Dieu dont la méchanceté dépasse l'entendement. (Ed. du Seuil, 1991, p.179)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
Erik35Erik35   15 mai 2020
Je me réveille en larme. Ma chambre est dans la pénombre, j'ai dormi pendant la plus grande partie de la journée. Je change ma chemise trempée de sueur, je me lave e visage. En me regardant dans le miroir, je me demande quand j'ai pleuré pour la dernière fois. Je ne me souviens pas.
J'allume une cigarette, je m'assieds devant la fenêtre, je regarde la nuit descendre sur la ville. Sous ma fenêtre, un jardin vide avec un seul arbre déjà dénudé. Plus loin, des maisons, des fenêtres qui s'allument de plus en plus nombreuses. Derrière les fenêtres, des vies. Des vies calmes, des vies normales, des vies tranquilles. Des couples, des enfants, des familles. J'entends aussi le bruit lointain des voitures. Je me demande pourquoi les gens roulent, même la nuit. Où vont-ils ? Pourquoi ?
La mort, bientôt, effacera tout.
Elle me fait peur.
J'ai peur de mourir, mais je n'irai pas à l'hôpital.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
fanfanouche24fanfanouche24   21 août 2014
-Tu vois, rien n'a changé. J'ai tout gardé. Même cette nappe affreuse. Demain, tu peux aller habiter la maison.
je dis:
-je n'en ai pas envie. Je jouerai plutôt avec tes enfants.
Mon frère dit:
-Mes enfants ne jouent pas.
-Que font-ils ?
-Ils se préparent à traverser la vie
Je dis:
-J'ai traversé la vie et je n'ai rien trouvé.
( Ed. du Seuil, 1991, p.66)
Commenter  J’apprécie          190
oliviersavignatoliviersavignat   17 juillet 2020
Je ferme les yeux, mes douleurs s'atténuent. Le train s'arrête presque toutes les dix minutes. Je sais qu'il y a quarante ans j'ai déjà fait ce voyage.
Avant d'arriver à la gare de la petite ville, le train s'est arrêté. La religieuse m'a tiré par le bras, elle m'a secoué, je n'ai pas bougé. Elle a sauté du train, elle a couru, elle s'est couché dans les champs. Tous les voyageurs ont couru, se sont couchés dans les champs. J'étais seul dans le compartiment. Des avions passaient au-dessus de nous, ils mitraillaient le train. Quand le silence est revenu, la religieuse est revenue aussi. Elle m'a giflé, le train est reparti.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

Videos de Agota Kristof (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agota Kristof
Payot - Marque Page - Agota Kristof - L'analphabète
autres livres classés : littérature hongroiseVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2444 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..