AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782815943345
240 pages
Éditions de l’Aube (28/10/2021)
4.38/5   4 notes
Résumé :
Safi, petite ville côtière du Maroc.
N’ayant pas trouvé d’éditeur dans son pays ni ailleurs, un jeune écrivain décide de déclamer sa poésie à travers les hauts-parleurs d’un minaret.
Il appelle ses concitoyens à s’extirper de leur sommeil séculaire et à s’affranchir du joug de l’ignorance religieuse – un acte téméraire, inimaginable en terre d’islam.
Par son acte hasardeux, le jeune poète s’attire les foudres à la fois de la police et des isl... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
BurjBabil
  05 novembre 2021
Très bonne surprise que ce roman centré sur le Maroc, sur Safi plus exactement, qui est une ville donnant sur l'océan Atlantique, capitale de la province du même nom. Vestige de son occupation par l'empire portugais, la forteresse construite par ces derniers pour protéger la ville clôt ce roman d'actualité où rien n'est possible pour une jeunesse en mal d'émancipation, en recherche d'accomplissement. L'ancienne activité liée à ce port de pêche, les sardineries, ne suffisent plus à occuper une population désoeuvrée. C'est sur ce terreau propice, fait de misère économique, sociale et intellectuelle que prospèrent les fanatiques de tous genres, islamistes en tête, superbement bien croqués par l'auteur qui semble bien connaître le terrain.
C'est bien écrit, vif, amer mais pas désespéré (pas loin quand même), et brosse le portrait d'un jeune qui voit dans l'émigration lointaine le seul salut possible pour son âme de poète.
Commenter  J’apprécie          440
MELANYA
  20 octobre 2021
*** Rentrée littéraire 2021 ***
L'écrivain marocain Mohamed Nedali (né à Tahannaoute, région de Marrakech), déjà auteur de plusieurs ouvrages, va faire paraître prochainement, son roman : « le poète de Safi » (Editions L'Aube).
« … Safi, la reine déchue, oubliée des dieux, reniée par les siens, malmenée par les nouveaux maîtres de céans.
Safi, la cité que les voyageurs évitent comme on évite un pestiféré. Seuls quelques curieux prennent le temps de s'arrêter cinq minutes là-haut, sur la falaise de Sidi Bouzid, pour prendre une photo-souvenir de la ville en contrebas engourdie dans sa torpeur végétative, cinq autres minutes à la colline des Potiers pour acheter une céramique aux couleurs bleutées. Sitôt après, ils reprennent la route vers le sud, ou vers le nord, vitres hermétiquement fermées pour, disent-ils, parer aux particules nocives.
En ce qui me concerne, j'aime Safi. Je l'aime pour ce qu'elle est, pour ce qu'elle était. Je l'aime pour tout ce que les autres ne voient pas, ou ne peuvent pas voir : son passé florissant, sa grandeur d'âme, son esprit d'être à la fois simple et élégante, farouche et accueillante, distante et proche, indifférente et attentive…
Ce livre est dédié à Safi et aux Safiotes, en toute liberté.
M. N., Ode à Tighaline. » (Cité amazighe, engloutie par l'océan Atlantique au IIIème siècle avant J.C. Les archéologues la situent à une trentaine de kilomètres au nord de Safi.) »
Après cette présentation de Safi (peut-être un peu longue, je le conçois bien mais elle m'a semblée intéressante), nous passons au quartier H'raït I'bid. Tout se passe de façon routinière, le train-train habituel. Certains refont le mode – il y a deux bandes les Egarés et les Homo islamicus – on parle de football : un club de Safi doit affronter celui de Marrakech – les Safiotes parlent de mettre une raclée mémorable… le foot, le foot… C'est alors qu'une voix fuse des haut-parleurs de la mosquée, vibrante de décibels alors que ce n'est pas l'heure de la prière du jour. Aux premières paroles de l'appel, c'est la stupéfaction générale :
« Peuple borné peuple ignare,
Réveille-toi !
Sors de ta léthargie !
Reviens à la vie !
Reviens au monde ! …. »
On s'interroge, les gens sont interloqués. On alerte le « vrai » muezzine, Moulay Abdeslam, qui file à la mosquée pour attraper le disciple de Satan qui est Moncef Bahri, travaillant à la NASA mais qui est aussi poète : « C'est un métier, poète ? (…)
Poète, c'est un passe-temps pour tire-au-cul et autres flemmards, un divertissement entre la philatélie et les mots croisés. »
Moncef est battu, il essaie de résister mais tangue un moment, l'air dans les vapes et s'affaisse au sol
Arrive un passant qui, apprenant ce qui s'était passé, laisse Moncef à son triste sort : « Désolé, les gars, de vous avoir interrompus ! Reprenez votre boulot et, surtout, tâchez de l'achever ! » Les coups reprennent de plus belle jusqu'à ce qu'arrive (enfin) une fourgonnette de la Sûreté nationale et embarque Moncef. Il était temps car il est dans un sale état : « A le voir, on est littéralement frappé par sa profonde ressemblance avec Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre et vieux briscard de la politique française. »
Résultat : emprisonnement jusqu'à ce qu'un jugement (risque de lapidation) soit fait pour cette profanation.
Puis, Moncef Bahri se présente. Son patronyme (en arabe) signifie que son père était marin de métier et avait travaillé sur des chalutiers sardiniers, la sardine arrivant en grosses quantités, les conserveries battaient leur plein et la ville prospérait.
Quant à ses études, Moncef avait fait exprès de ne pas avoir son bac (fureur du père), un choix délibéré car il avait appris que les copies n'étaient pas corrigées dans la ville qu'il voulait (Agadir), et préférait que ce soit fait à Casablanca où il est presque certain d'avoir son bac « les doigts dans le nez ».
Au lycée, il se découvre une passion pour la poésie arabe préislamique : Imrou l'Qays, Antara Ibn Chaddad El-Absi….. Puis, il évolue vers la poésie philosophique du genre humaniste : Abou Al-Ala Al-Maâri….
Vont s'ensuivre un tas d'aventures – de rencontres imprévues et pas toujours des plus agréables – de l'amour avec Malika ? (oui mais il faut déclarer sa flamme) et paf ! trop tard, car les parents de Malika décident de la marier avec un autre – des bagarres toujours avec les mêmes – des dialogues avec des injures « explicites » ou plutôt un grand nombre (j'ai appris quelque chose) – poésie et poésie.
Au final ? Ma foi, ça se lit surtout qu'il y a bien de l'humour, alors, à voir ou plutôt à lire et à chacun son avis.
« Allahou akbar (ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ, ). »

Lien : https://www.babelio.com/monp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270

Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
BurjBabilBurjBabil   05 novembre 2021
Le bagou nourrit son homme ! Il le nourrit même très bien ! Regarde un peu tous ces filous qui nous gouvernent ! De quoi vivent-ils, si ce n’est de leur bagou ? Ils ne travaillent ni dans les usines, ni dans les champs, ni dans les chantiers. Ils ne produisent rien d’autre que du baratin à longueur de journée. Et pourtant ce sont eux qui nagent dans l’opulence et pètent dans la soie.
Commenter  J’apprécie          150
BurjBabilBurjBabil   05 novembre 2021
Les écoles et universités fabriquent chaque année des légions d’incultes et d’obscurantistes, plus capables de barbarie que d’actes civilisés ; le Livre fait la chasse aux livres, les écrivains végètent dans la gêne et l’indifférence, l’intelligence s’éteint, le beau décline, l’esprit critique se meurt, la bêtise bat son plein. Il est écrit quelque part dans la fameuse Mouqaddima d’Ibn Khaldoun, encore lui, que lorsqu’une nation opte pour la débilisation massive de ses citoyens, sa fin devient imminente.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MELANYAMELANYA   20 octobre 2021
Ta gueule, Abou Couillon ! tempête brusquement Abou Soufiane, les yeux hors de la tête, les veines du cou gonflées à bloc. Ou tu la boucles ou je te la pète !
Commenter  J’apprécie          83
rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2021
« Le roman est une revanche sur le Destin », « La poésie est le seul beau souvenir que l’homme ait gardé de son séjour au paradis », « De toutes les sciences, seule la littérature veille à sauvegarder l’humain en nous », « Écrire, c’est concevoir autrement la vie », « Narrer, c’est faire diversion », « Penser, c’est contester la marche du monde », « L’écriture est un piètre ersatz de la vie », « La poésie est l’intelligence du cœur, le roman, le miracle de la conscience », « Je ne conçois pas la vie sans les Belles-Lettres », « Au commencement, il y avait le récit », « Le monde est un conte merveilleux », « La nouvelle est un roman avorté », « La poésie est la négation du réel », « Qui maîtrise la narration maîtrise le monde », « La grammaire est l’expression de l’ordre établi », « La littérature sauvera l’humanité d’elle-même », « Le style fait l’auteur »… Voilà quelques exemples de citations inventées de toutes pièces, dont j’agrémentais mes dissertations et commentaires composés, les imputant, sans états d’âme, à des penseurs européens ou américains. Il est certain que si je disais la vérité sur l’origine de ces formules, non seulement mes professeurs ne me croiraient pas une seconde mais, en plus, ils trouveraient le moyen d’en contester la teneur, voire la désavouer complètement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2021
Rien ni personne ne peut ébranler leur foi, pas même l’indifférence, ce pire ennemi du talent. Certains ont un emploi de petit fonctionnaire qui les protège de la faim ; d’autres, au chômage, vivotent au jour le jour. Quand leur ouvrage est fini, ils font des pieds et des mains pour l’autoéditer, souvent avec de l’argent emprunté à des amis ou à des membres de leurs familles, certains qu’ils auront toutes les peines du monde à les rembourser. Leur seul espoir : être lus par une minorité de leurs concitoyens ; la majorité, inculte ou analphabète, ou les deux à la fois, n’ayant pour tout plaisir que celui de gueuletonner et de copuler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Video de Mohamed Nedali (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohamed Nedali

La chronique de Gérard Collard - Mohamed Nedali
autres livres classés : chasse à l'hommeVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
985 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre