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ISBN : 2266267981
Éditeur : Pocket (12/05/2016)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 131 notes)
Résumé :
Après le meurtre de Lily Hewitt, retrouvée dans sa baignoire avec les seins tranchés et deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre les doigts, l'équipe du policier Gordon enquête sur Damiano Solivo, un immigré italien voisin de la victime. Persuadé de la culpabilité de cet homme, dont l'alibi semble artificiel, Gordon collecte les indices de son implication sans rien pouvoir prouver.
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
cannibalector
15 novembre 2016
Elle ne voulait pas aller danser Lily, elle ne venait pas de Somalie pour faire les poubelles à Paris.
Elle était couturière dans la petite ville de "B" en Angleterre et élevait seule ses deux enfants.
Ses deux bambins l'ont retrouvé atrocement mutilé dans sa baignoire.
C'est la brigade criminelle de "B" qui est chargé de l'affaire, un des flics est le narrateur de cette longue enquête, très longue enquête, très très longue enquête.Pourtant le principal suspect a été vite identifié: un voisin italien soupçonné d'avoir tué une petite fille dans son pays natal
15 ans plus tôt. Un faisceau de présomption de plus en plus précis au fil du livre encercle le suspect mais, de par son habileté et ses mensonges, aucune preuve tangible ne peut être retenu contre lui malgré de nombreuses perquisitions et interrogatoires.
Le doute, la rage, le découragement accablent la brigade qui a pourtant la certitude qu'il est coupable. Et les années passent......et l'italien reste en liberté.
Originalité de ce roman est que le présumé coupable est vite identifié, ce qui est d'ailleurs assez conformes à de nombreuses affaires criminelles.
Si les flics tournent en rond et se découragent, le problème est que c'est la même chose pour le lecteur.
En bref, pour "prendre lily", il faut être endurant mais le plaisir n'est quand même pas négligeable.
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gruz
15 mai 2015
Ce bouquin est différent.
Balayées, vos belles certitudes concernant les polars. Dépoussiérées, vos merveilleuses habitudes de lecture. Soufflée, cette monotonie qui parfois vous prend à force de lire tant de récits qui se ressemblent.
Prendre Lily est un polar, certes. Quoi que… Permettez moi d'en douter une seconde (ah, cette manie de toujours vouloir tout coller dans des boites).
Marie Neuser nous propose, en fait, un roman hybride. A la fois polar, chronique d'une époque, dissection d'une enquête, reportage romancé ou encore récit psychologique, son roman (d)étonne et sort de l'ordinaire.
C'est le premier volet d'un diptyque consacré à un fait divers qui a passionné les foules de 1993 à 2011 et fait s'arracher les cheveux des enquêteurs italiens et anglais. Tant qu'à faire, autant que ce soit une française qui s'y colle.
Le roman a beau se baser sur une histoire vraie, on est loin d'une banale retranscription des faits. A la fois récit analytique que psychologique, l'auteure nous plonge tout entier dans une enquête qui n'en finit pas. A travers les yeux, l'esprit et les failles de l'un des policiers anglais, elle nous permet de suivre l'enquête pas à pas.
A des années-lumière de ce que propose la plupart des polars ou thrillers, le récit nous démontre combien la quête de la vérité est un travail de longue haleine et un labeur de fourmis. Des années de recherches pour trouver une piste ; entre flair et chance (et parfois un sacré manque de flair également).
L'enquêteur se compare à « un flic téléporté dans un film de Bergman » et compare l'investigation à « la traque silencieuse d'une mante religieuse camouflée en pétale, adaptant son souffle au souffle de sa proie, laquelle, consciente elle aussi du danger qui l'observe, a soigneusement choisi une place dans le vent qui disperse son odeur et brouille les codes de l'attaque. »
Cette citation décrit parfaitement ce que traversent les personnages et la manière dont se développe l'histoire. Mais n'allez pas croire que ce roman de tout de même 520 pages en devient un pensum. C'est tout le contraire, le début, qui peut sembler lent, nous plonge tant au fond de l'intrigue qu'on en devient vite accro.
Oui accro à cette description minutieuse et réaliste. Fasciné surtout à l'écriture de Marie Neuser, très au dessus de ce que l'on peut lire habituellement dans le genre. Une plume fouillée, d'une expressivité rare, d'une verve souvent éclatante. Une écriture d'une belle intelligence, très vivante et jamais barbante.
Pas de rythme effréné, pas de rebondissements abracadabrants, oui ce bouquin est différent. Si vous voulez sentir ce qu'est une vraie enquête de police, tout en partant à la rencontre de personnages étonnants, mis en lumière par la grâce d'un style éclatant, Prendre Lily est fait pour vous.
Le livre en un seul mot : Admirable.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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canel
07 juillet 2016
« Maman a été coupée en morceaux ! Maman a été coupée en morceaux ! » crient Maddy et June, onze et quatorze ans, en ressortant de leur maison plus vite qu'elles n'y sont entrées au retour du collège. Leur mère Lily gît en effet dans la baignoire, dans une mare de sang, le ventre ouvert, les seins détachés du buste, pas tout à fait décapitée mais l'intention y était, une mèche de cheveux dans chaque main...
Cette image n'a pas fini de hanter les enquêteurs Jim, Daphné, et surtout Gordon McLiam (le narrateur) qui, comme le dit fort à propos Télérama "confond parfois justice et vengeance".
D'emblée, on a un suspect que tout accable, les preuves s'accumulent, mais le "gros lard" (sic) est insaisissable comme une savonnette, ce qui rend McLiam totalement dingue. L'enquête et la traque durent, s'éternisent, piétinent, se répètent... Et je m'ennuie comme jamais en découvrant ce récit vide et long.
Serviette jaune, fétichisme capillaire, sudation, 'gros lard', baskets, Javel, Italie, Gloria. On reprend ces idées d'une page à l'autre et on tourne en rond. A l'image d'une véritable enquête, certes, mais j'attends autre chose d'un roman policier (des protagonistes convaincants, des échanges bien menés).
D'autant que j'ai vite trouvé le flic narrateur au moins aussi antipathique que son suspect - suffisant, arrogant, macho, snobinard. A l'opposé d'un autre britannique de littérature policière : le délicieux Tom Lynley d'Elizabeth George, par exemple.
De Marie Neuser, j'ai lu 'Je tue les enfants français dans les jardins' et 'Un petit jouet mécanique'. J'ai beaucoup aimé, appréciant l'originalité des intrigues. Ici on assiste à une enquête sur un présumé serial killer, déjà vue maintes fois, et surtout d'une lenteur exaspérante. Je crois ne m'être jamais autant barbée à la lecture d'un polar ! 560 pages interminables.
Après avoir "pris" cette Lily nous sommes invités à poursuivre l'affaire et à "Prendre Gloria" (suite de cet opus) - la jeune Gloria dont on entend déjà abondamment parler dans la première partie de l'enquête.
Non merci, trop contente d'en avoir enfin fini avec ce roman poussif.
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claraetlesmots
17 juillet 2015
12 novembre 2002. Dans un quartier paisible d'une petite ville anglaise B., deux fillettes découvrent en rentrant de l'école leur mère sauvagement assassinée gisant dans la baignoire. La femme a été mutilée ( je passe les détails) et son meurtrier a placé deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre ses doigts.
Ce livre s'ouvre directement sur la scène où l'équipe de police dont fait partie Gordon McLiam débarque au domicile de Lily Hewitt. Un voisin Damiano Solivo ayant entendu hurler les deux filles les a appelés. Gordon McLiam ne peut chasser de son esprit ce qu'il a vu et pourtant ce n'est pas un débutant. Lily Hewitt la quarantaine bien passée, divorcée et couturière n'avait rien qui puisse lui attirer des ennuis. Gordon prend cette enquête à coeur, très ou trop à coeur. Hanté par Lily et par sa mort, il se promet de mettre l'assassin sous les verrous. Les soupçons se portent rapidement sur Damiano Solivo mais les preuves sont inexistantes ou inexploitables. A chaque interrogatoire, comme une couleuvre il glisse entre les mains des policiers. D'origine italienne et parlant très mal l'anglais, il a quand même réponse à tout et surtout il a un alibi. Mais Gordon a cette intime conviction que c'est bien lui tout comme ses collègues. Les mois passent et Gordon ne veut pas laisser tomber. Ce serait comme abandonner Lily et sa promesse.
L'histoire est racontée par Gordon et c'est comme si on était à sa place. Les mois deviennent des années, l'enquête semble avancer et à plusieurs reprises on se dit que cette fois c'est bon, Solivo va être arrêté. Mais les impasses et les déceptions surgissent et ce sont autant de frustrations comme si on était face à un meurtre parfait. Un des intérêts de ce livre est qu'il nous plonge dans les ressentis de Gordon sur dix ans tout comme il nous immerge dans l'enquête. Car oui, il faudra presque dix longues années pour coincer Solivo. Ca colle à une réalité, à un travail acharné où quelquefois le découragement surgit et est si grand que Gordon est prêt à bafouer l'éthique.
J'étais loin de m'imaginer que j'allais devenir accro. Et c'est un livre que j'ai eu du mal à lâcher tant j'ai été happée ! C'est précis mais jamais ennuyeux, on a l'impression que Solivo joue avec nos nerfs et c'est parfaitement réussi.
Un thriller totalement et hautement addictif où les émotions sont semblables à des montagnes russes.
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nadiouchka
12 mars 2016
Ne connaissant pas l'auteure qui, pourtant, est marseillaise comme moi, et dont les précédents romans ont connu un grand succès, je me suis laissée tenter pour lire ce livre, tiré d'un fait divers qui a tenu en haleine les foules de 1993 à 2011. C'est le premier volet d'un diptyque nommé PRENDRE FEMME.
Au début du roman, on découvre le cadavre d'une femme dont l'assassin a abandonné le cadavre, sauvagement mutilé, dans la baignoire, en faisant en sorte qu'il soit découvert par ses deux filles à leur retour de l'école.
L'enquête dure huit ans et elle est menée par des policiers anglais qui font rapidement le rapprochement avec un autre meurtre commis en Italie, quelques années auparavant, certainement par le même homme car les similitudes sont flagrantes.
Le lecteur connaît, dés le début, le nom de l'assassin mais cela n'enlève rien au travail de l'écrivaine qui nous raconte en détail le travail des enquêteurs et principalement celui de Gordon qui se sent totalement impliqué.
On peut dire de ce livre que c'est un polar.
Parfois, l'enquête semble avancer et on pense que cette fois est la bonne ; que Daminao Solivo (puisque c'est lui l'assassin) va être arrêté. Mais à chaque fois il arrive à s'en sortir, en gardant un flegme incroyable.
Le style de l'écrivaine a été pour moi une bonne découverte car, malgré la lenteur des événements, elle réussit à garder le lecteur en haleine jusqu'au bout.
Après avoir lu ce premier volet, je me suis empressée de lire le second : PRENDRE GLORIA.
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Les critiques presse (1)
Telerama24 juin 2015
L'écriture, verte, fiévreuse, sert magnifiquement la voix du narrateur, qui confond parfois justice et vengeance.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
zofiamiuzofiamiu17 juillet 2017
Il m'a fallu un moment tout de même pour comprendre qu'Alba venait de me quitter, et pourquoi. Si on devait s'expliquer, elle me reprocherait sûrement de l'avoir utilisée à mes fins de chasseur, et je ne pourrais pas lui en vouloir. [...]
Elle était ce qui me reliait à l'affaire Prats et au Damiano Solivo d'il y a douze ans.
Près d'elle, pendant un moment, j'avais cru que je pouvais me rasséréner.
Et, pour ne rien gâcher, je n'avais pas le souvenir de lui avoir jamais parlé d'amour.
J'étais peut-être un flic sacrément malin, je n'en demeurais pas moins un con.
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zofiamiuzofiamiu17 juillet 2017
Tirer un autre hiver comme ça ?
Merde, l'été aussi est passé. Je ne m'en suis même pas aperçu. J'ai laissé s'enfuir les beaux jours sans même jeter un œil paternel à ce qui fleurissait sur mes fenêtres, ou ne fleurissait pas, et que j'ai laissé crever sans une once de compassion.
Tout sombre.
Je n'ai pas la main verte pour la vie.
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zofiamiuzofiamiu17 juillet 2017
D'habitude, on arrête des mecs. C'était bien la première fois qu'on devait se contenter de regarder un assassin en chien de faïence en espérant trouver une couille dans le potage.
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canelcanel06 juillet 2016
- Jim... Quand tu étais ado, où tu planquais tes revues porno ?
Ma question eut comme conséquence l'étranglement explosif de mon ami. Il se reprit, jeta vers Daphné un regard embarrassé et épongea les projections de bière atterries sur son menton.
- Quoi, je t'ai déjà parlé de...
- Mais non, enfin. On a tous été ados et on a tous eu des revues planquées quelque part. Ne serait-ce que la page centrale du 'Sun'.
Daphné nous écoutait avec amusement.
- Pas la peine de rougir, les gars. Moi-même, je m'étais acheté une fois un numéro d'une revue gay. Pour... vous comprenez... enfin, pour... avoir une idée précise d'un certain appendice... Mauvaise idée, mauvaise idée ! Le jour où enfin j'en ai eu un à moi, j'ai été très déçue par les proportions ! Bref. Je l'ai gardée pendant des années, cette revue. Et pour ne pas que mes parents tombent dessus, je l'avais cachée au dos d'un cadre accroché dans ma chambre. Un cadre avec une photo de chevaux galopant dans la lande. Et vous savez quoi ? Eh bien chaque fois que... eh bien, je pense à ces chevaux.
On était estomaqués. Daphné avait parlé avec un tel naturel qu'on se sentait comme deux puceaux qui transpirent en lisant le mot 'cul' sur un graffiti.
(p. 297-298)
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canelcanel14 juillet 2016
- Ne te fous pas de moi ! Qu'est-ce qui se passera, au terme du procès, [... quand] tout votre boulot se sera cassé la gueule ? Tu te rends compte de ce qui se dressera entre nous ?
- Mais ça fait longtemps que c'est dressé, ma princesse. Depuis notre première rencontre. Tu m'as allumé en connaissance de cause, non ? Et ça ne nous empêche pas de nous aimer... D'ailleurs, tiens, c'est dressé, là, maintenant. Tu veux tâter ? Ecureuil de mes rêves ?
Et j'en arrivais à me demander par quel miracle de l'aveuglement elle ne décelait pas, dans mes mots d'une stupidité abyssale, le cynisme féroce de celui qui n'aime pas, ne respecte pas, n'admire pas, même pas un tout petit peu, même pas par pitié, par devoir ou par faiblesse.
(p. 521-522)
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Vidéo de Marie Neuser
Deuxième partie partie de notre rencontre avec Marie Neuser pour la sortie de "Prendre Gloria" chez Fleuve Editions.
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