AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Anne Laurel (Traducteur)André Bay (Préfacier, etc.)
EAN : 9782234055421
207 pages
Éditeur : Stock (01/01/1954)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Ce livre nous transporte dans le New York des années quarante et témoigne de l'ambition littéraire d'Anaïs Nin qui souhaitait être reconnue comme romancière à part entière.Sabina, jeune comédienne fragile et névrosée, mène une double vie amoureuse. Mais après chacune de ses aventures, elle revient vers son mari, reconnaissante et apaisée. Le lecteur averti reconnaîtra en Alan, Hugo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ambages
  16 août 2017
« Sabina pensa qu'elle avait dû s'égarer quelque part entre ses inventions, ses histoires, ses caprices et son être véritable. Les frontières s'étaient effacées, les sentiers avaient disparu, elle marchait au hasard dans un univers chaotique. »
Plus j'y pense et plus je me dis que j'ai beaucoup aimé cette écriture, plus encore que l'histoire qui pourtant est touchante. Mais Anaïs Nin a une écriture spéciale, les mots sont poétiques et sa manière de relater des évènements est particulière. J'ai été à me demander si la narratrice était perdue dans un songe. Et après ces quelques pages, je pense que c'est une volonté de montrer que les différentes étapes de son cheminement, relatées de manière si imbriquée, forment un tout qui constitue une femme pour Anaïs Nin. Une femme dont on découvre qu'elle est pleine de facettes et qu'elle ne peut être elle-même que lorsqu'elle est libre de montrer l'intégralité d'elle (de ses envies, de ses désirs, de ses blessures), des côtés qui ne sont habituellement visibles que par l'un ou l'autre des hommes qu'elle rencontre. Elle ne montre qu'un aspect d'elle à chaque fois. Je me pose juste la question de savoir si un homme voudrait voir toutes les facettes de Sabina. Est-ce un réel choix de sa part ou répond-elle à ce que l'autre attend ? Mais elle est consciente du fait que les hommes ne voient qu'une part d'elle et se morfond dans un doute, une culpabilité vis-à-vis de chacun d'eux. Comme si elle leur cachait une partie de la vérité, une partie d'elle. Sa conscience la taraude constamment. Et puis heureusement, il y a les amis... et leurs bons conseils à prendre à dose homéopathique.
« Mais Sabina, excitée par les rayons de lune, sentit bientôt naître en elle le pouvoir d'étirer le temps, de le ramifier dans des myriades de vies et d'amours, d'allonger le chemin jusqu'à l'infini en d'innombrables détours qui étaient comme les dépositaires d'innombrables désirs. Les rayons de lune avaient fécondé en elle les semences de multiples femmes parce qu'ils étaient fils de cette nuit sans limites dont nous n'avons conscience que dans les songes. La nuit a des racines qui plongent jusqu'aux richesses du passé, afin de les mettre au présent et de les projeter dans le futur. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
bdelhausse
  08 décembre 2017
Sabina est une femme encore jeune et belle. Elle attire les hommes. Elle ment à son mari. Celui-ci est (elle le reconnaîtra finalement) davantage un père qu'un amant. Mais le lecteur l'aura vite compris. Par ailleurs, elle cultive tout autant une volonté de plaire aux hommes qu'elle croise qu'une franche culpabilité vis-à-vis de son mari, même si elle finit par lâcher prise.
Le style est fluide, mais il m'a manqué une tension, une dynamique. Entre les figures poétiques fort riches et bien tournées et la succession d'amants (le tout pudiquement décrit), je ne me suis pas senti attiré par le devenir de cette femme.
L'explication en termes quasiment psychanalytiques où Sabina est Anaïs Nin et le récit très autobiographique est niée par l'auteure. Elle veut que l'on voie dans ce livre une pure fiction. Impossible de juger et de faire la part des choses. Mais je ne me suis pas senti poussé, déstabilisé, bousculé par cette femme libérée (on est dans les années 1942-43) qui multiplie les amants et les paradoxes comportementaux en s'arrangeant pour que son mari ne se doute de rien. Il n'y a rien, dans ce petit opus, d'indécent, de crû, de novateur, de politiquement incorrect (le roman est écrit en partie en 1968).
Je tiens à dire que ma position aurait été la même si le personnage principal avait été un homme. D'ailleurs, comment aurait réagi la critique si le personnage avait été un homme, trompant allègrement sa femme et cultivant un sentiment de culpabilité?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
loreleirocks
  13 décembre 2012
Tout ce que je savais d'Anaïs Nin se résumait en gros à une réputation sulfureuse, des journaux et romans érotiques et le choix de vivre librement ses amours.
Avec ce court roman, j'ai découvert une plume agréable et une certaine lucidité face à des choix de vie particuliers, ici infusés au personnage principal, femme mariée qui refuse ou est incapable d'être femme unique, et vit sa complexité à travers d'autres amours.
J'avoue avoir trouvé particulièrement violente l'angoisse et le sentiment de culpabilité permanents qui accompagnent des instants de vie intense. Mais c'est là tout l'intérêt du livre, cet écho à la vie d'Anaïs Nin, un mari sur la côte est et l'autre sur la côte ouest, et la gestion compliquée de deux Anaïs qu'elle veut distincte.
Belle découverte!
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   15 août 2017
Ces résonances prenaient leur source dans les profondeurs des sens, mystérieux ensemble orchestral qui garde longuement le souvenir d'une sensation, comme les instruments de musique gardent le souvenir du son qu'ils viennent d'émettre. Le corps reste vulnérable à certains retours du passé longtemps après que l'esprit croit avoir tout oublié...
Commenter  J’apprécie          160
Zora-la-RousseZora-la-Rousse   03 août 2013
L'ennemi de l'amour n'est jamais à l'extérieur, ce n'est pas tel homme ou telle femme, c'est ce qui nous manque intérieurement.
Commenter  J’apprécie          330
calisson73calisson73   18 août 2013
Ils descendirent les échelles rouillées qui mènent au plus profond de cette nuit que connurent le premier homme et la première femme dans les commencements du monde, au plus profond de cette nuit où les êtres se possèdent sans avoir besoin de parler, sans sérénades, sans cour préalable, sans tournois, sans accessoires secondaires, sans ornements superflus, sans bijoux, sans couronnes à conquérir, où il n'y a plus rien que le rituel heureux, heureux, heureux, de la femme qui s'immole, qui s'empale sur le mât dressé de la volupté masculine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MedelieMedelie   15 juillet 2013
Elle se disait que, dans ses singeries, Donald agissait comme un enfant jaloux imitant une maturité qu’il ne pourrait jamais connaître.
« Sabina, vous êtes triste, lui dit-il un jour. Venez, je vais vous montrer quelque chose. » Et, comme s’il l’enlevait sur le gyroscope de son imagination, il l’emmena voir sa collection de cages vides.
Les cages remplissaient sa chambre : il y avait des cages en bambou des Philippines, des cages dorées, travaillées d’arabesques, venant de Perse, et il y en avait de pointues comme des tentes de nomades, d’autres comme des huttes africaines en feuilles de palmier. À quelques-unes de ces cages, il avait lui-même ajouté de petites tours moyennâgeuses, des trapèzes et des échelles, de petites baignoires en glaces et une jungle miniature suffisamment réaliste pour donner l’impression de la liberté aux oiseaux sauvages ou mécaniques qui seraient plus tard emprisonnés derrière ces barreaux.
« Je préfère garder mes cages vides, Sabina, jusqu’à ce que j’aie trouvé l’oiseau unique que j’ai aperçu une fois en songe », murmura Donald.
Alors Sabina plaça L’Oiseau de feu sur l’électrophone et très loin résonnèrent les pas légers de l’Oiseau. Chaque pas faisait jaillir des étoiles phosphorescentes, chaque note, comme un clairon d’or, annonçait la joie. Puis ce fut une forêt de queues de dragons battant le simulacre de l’amour, un brasier de prières charnelles, et enfin les innombrables petits miroirs étincelants qui ornent les fontaines de l’amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Ada_van_veenAda_van_veen   05 mai 2016
Mais aucun de ses auditeurs ne partageait ses brusques gaietés ; elle lisait dans les regards la condamnation. Son rire sonnait comme une profanation de ce qui devait rester dans le domaine du tragique. Elle lisait dans leurs yeux le souhait de la voir tomber du trapèze incandescent où elle balançait de fines ombrelles japonaises, parce qu'aucun coupable n'a droit a tant d'adresse, aucun coupable n'a le droit d'exister, simplement parce qu'il a le sens de l'équilibre, au-dessus des lois rigides de la vie. Personne ne partageait son ironie, sa façon de se moquer des lois de l'existence (ces lois qui interdisent de mener plusieurs vies) et personne n'applaudissait si elle réussissait par son adresse à en outrepasser les limites permises.
Lorsqu'elle se tenait ainsi sur un sommet humoristique au dessus des crevasses du danger, des marécages du remords, tous l'abandonnaient, refusaient de l'absoudre. Chacun attendait l'heure où elle serait punie d'avoir vécu comme un espion dans la maison des nombreuses amours, pour avoir esquivé toute confession, pour avoir déjoué la surveillance des sentinelles qui gardent les frontières de ce qui est autorisé, pour avoir voyagé sans passeport d'un amour à un autre.
Toute vie d'espion finit par une mort ignominieuse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Anaïs Nin (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anaïs Nin
L'INTEMPORALITÉ PERDUE & AUTRES NOUVELLES DE ANAÏS NIN
Agnès Desarthe & Capucine Motte Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos
Comment raconter le désir – désir sexuel, appétit pour la vie, l'art… – d'une femme mariée, apprentie écrivaine au début du siècle dernier ? C'est à ce projet qu'Anaïs Nin semble s'atteler dans ces seize nouvelles inédites, écrites pour la plupart entre 1929 et 1931. On y croise une jeune femme qui, parée comme pour un grand voyage, largue les amarres d'un bateau attaché à un arbre au fond d'un jardin, une petite fille abandonnant ses poupées pour se consacrer à l'étude du goût de ses larmes, et bien d'autres personnages hantés par la dualité entre l'être et le paraître. Préfacière et traductrice évoquent pour nous ces textes de jeunesse inédits. Merveilleuse lectrice, Agnès Desarthe en lira quelques extraits.
À lire – Anaïs Nin, L'intemporalité perdue et autres nouvelles, préface de Capucine Motte, trad. de l'anglais (États-Unis) par Agnès Desarthe, NiL, 2020 – Agnès Desarthe, La chance de leur vie, Points, 2018.
Le mardi 3 mars 2020 - 19H00
+ Lire la suite
autres livres classés : passionsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3650 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre