AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782354887858
320 pages
Éditeur : Gulf Stream Editeur (16/04/2020)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C'est là que survit Rouge, rejetée à cause d'une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu'il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal. Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagé... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
DreamBookeuse
  27 mai 2020
Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais mais certainement pas à cela. Et j'en suis ravie ! Ravie et toujours en train de cogiter sur ce que j'ai lu la veille au soir. Sachez que ce roman, à l'instar des dernières publications de Gulf Stream (Moitiés d'âme, Blé Noir, Ce qui coule dans nos veines) est plutôt sombre mais reflète avec brio des préoccupations contemporaines en versant un peu dans l'horreur et beaucoup dans le conte merveilleux. Âmes sensibles s'abstenir donc, tout comme les personnes particulièrement sensibles aux scènes de viol. En dehors de cela, Rouge est une pépite de l'imaginaire et je compte bien vous en convaincre.
Rouge est une jeune fille dont l'enfance a été bercée de mauvais traitements, de moqueries, de rejets, jusqu'à son nom qui fut « vomis » et qui l'affublera toute sa vie durant de sa différence. Une marque cramoisie, du Diable dirons certains, de « pas de chance » diront d'autres, qui défigurent son visage et une partie de son corps. On l'a dit marquée depuis que sa mère, devenue folle pour avoir pactisé avec le Démon, l'a mise au monde. Elle est laide, et elle rappelle constamment à Gauvain, son père, qu'il a été cocufié par le mal. Rien dans son univers n'est joyeux en dehors de la compagnie de Liénor, un jeune homme particulièrement beau qui, au détriment de la vie de sa mère, s'acoquine avec la Cramoisie. Seule condition : pas le droit de toucher l'autre.
Dès le départ l'héroïne est donc martyrisée par la vie dans un village qui ne l'est pas moins, maudit par une sorcière, subsistant difficilement, et devant le tribut de jeunes femmes dès leur premier sang. L'ambiance est lourde, le mont Gris bordé d'une forêt inquiétante où se cache la Grand Mère accompagnée de ses loups. Vous l'avez la référence au Petit Chaperon Rouge ? Ce conte est l'un de ceux qui est le plus réécrit, il y en a eu des dizaines de films, des dizaines d'albums et romans et pourtant c'est celui-ci précisément qui pour moi est l'interprétation la plus juste et la plus sombre du conte de Perrault.
Lorsque Rouge a ses premiers sangs et doit partir tout le monde fête son départ dans une liesse qui lui donne mal au coeur et qui m'a particulièrement dégoûtée. J'étais mal pour elle, pour cette jeune fille qui n'a rien fait à personne et qui se retrouve accusée de tous les maux. « Ne t'avise pas de faire demi-tour » lui lancera son propre père au visage. Et Liénor ? Liénor ne la regardera même pas partir, le visage baissé. Honteux ? Coupable ? Ou juste lâche ? La suite de l'aventure n'est pas plus rose que les premières pages, je dirais même que cela devient beaucoup plus sombre. On rencontre Chasseur, la Grand-Mère, un miroir magique et une histoire de beauté à conserver. On retrouve des créatures qui pourraient être monstrueuses si les humains ne l'étaient pas davantage. En bref on suit Rouge sur son long chemin de croix bordé d'épines, on la suit dans sa vengeance, dans sa douleur, dans sa honte, mais toujours dans son coeur de battante, celui qui veut connaître la vérité pour enfin crier à la face du monde le nom du véritable coupable.
Ce roman est un véritable plaidoyer pour une morale qui n'a jamais été aussi juste : ne vous fiez pas aux apparences. Les gentils ne sont pas toujours les bons, les mauvais ne sont pas toujours exceptionnellement méchants. L'intrigue est menée d'une main de maître – maîtresse devrais-je dire – de bout en bout et je me suis laissée surprendre plus d'une fois, en bien ou en mal. Je ne vous dirais pas que je n'ai pas éprouvé de dégoût. Dégoût pour ce « merci » craché au visage d'une femme après l'avoir violée. Dégoût pour la cruauté sans nom dont font preuve les gens envers ceux qui ne leur ressemblent pas. Et puis il y avait de la rage aussi, beaucoup. Je ne dirais pas non plus que j'ai passé un « bon » moment de lecture, que c'est un roman à mettre entre toutes les mains. Mais ce qui est sûr c'est que Rouge est un roman qui secoue avec une héroïne qui nous ressemble beaucoup.
Certains passages m'ont semblé un peu plus long que d'autre notamment celui de la Grand Mère qui joue à la fois la figure de la « méchante », et la figure du guide lui donnant réponse et questions. Mais le tout est tellement bien écrit. Ce langage soutenu m'aurait presque fait pleurer de joie tellement ça faisait longtemps que je ne l'avais pas lu. Et ça collait tellement bien à l'ambiance que Pascaline Nolot a donné au roman, à mi chemin entre le conte cruel et l'horrifique. A mi chemin entre la morale et son absence. Je tire mon chapeau à tous les synonymes de Rouge : la Cramoisie, la Rougeaude, la rougeoyante, la vermeille, la… A chaque nouveau mot je souriais bêtement.
Enfin, les dernières pages sont à l'image de l'ensemble : surprenantes, défiant la « différence », rappelant de voir au delà des « apparences ». Cela aurait presque mérité qu'on s'y attarde davantage, quoique cela fait aussi le charme de ce personnage que l'on a mécompris…par les mêmes raisons que Rouge fut mécomprise. Alors, s'il y a bien des leçons que donnent ce roman je n'en retiendrai que quelques unes : soyez ouverts. Ouvert aux changements, ouverts aux autres, ouverts à vous-mêmes. Et surtout ne vous détournez pas. Ne vous détournez pas des larmes, des appels au secours, ne vous détournez pas de vous, ne vous détournez pas de ce qui fait de nous des êtres humains quand bien même les animaux le sont souvent plus que nous.
En résumé
Rouge est un coup de coeur magistral à la frontière du conte du Petit Chaperon Rouge magnifiquement et librement adapté, et de préoccupations toutes contemporaines : le consentement, la différence, la féminité, l'apparence… Ce roman est une véritable claque, sombre, cruelle, qui plonge héroïne et lecteur au coeur même du mal pour mieux lui faire apprécier la lumière et les aubes « rouge espérance ».
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
FungiLumini
  16 janvier 2020
J'ai eu la très belle surprise de découvrir ce roman en avant-première (il sort officiellement mi-avril) dans ma boite aux lettres en ce début d'année, merci Pascaline ! Je connaissais l'autrice pour ces livresjeunesse, ainsi que pour son roman contemporain Sur l'écorchure de tes mots. Elle propose ici une histoire fantastique bien plus sombre, conte cruel qui nous mène aux coeur d'obscurs superstitions et de tragiques événements.
Rouge est née avec une tache cramoisie qui lui couvre la moitié du visage, ainsi qu'une boursouflure près de la paupière. Sa mère, morte en couches, était folle. Catégorisée comme fille de Satan par les villageois de Malombre, Rouge est maudite, rejetée de tous, et quiconque voudrait la toucher prendrait le risque de se voir transmettre sa malédiction, voire sa pigmentation de peau… Repoussée par son père également, elle dort dans les écuries et subit chaque jour humiliations et violences de la part des villageois.
C'est un personnage très touchant, car elle parvient à continuer à se battre pour vivre, jour après jour, malgré les blessures physiques, mais surtout les coups moraux, qu'elle reçoit. Naïve et innocente, c'est très souvent avec l'énergie du désespoir qu'elle doit combattre les épreuves qu'elle traverse. Sa vie n'est que douleur et elle est condamnée à ne jamais connaitre de marques d'affection. Elle n'a qu'un seul allié : Liénor, un jeune garçon qui n'ose pas la toucher, mais qui apprécie sa compagnie.
Rouge n'est cependant pas la seule malédiction qui plane sur Malombre : depuis la mort de la mère de Rouge, la Grand-Mère, sorcière qui habite le Bois-Sombre, demande un tribut au village. Chaque fille qui saignera pour la première fois devra lui être livrée dans les jours qui suivent. Pourquoi ? Que deviennent ensuite les « bannies » ? Personne ne le sait. le grand jour arrive pour Rouge, et les villageois la donnent sans remords (voire avec grandes effusions de joie…) aux loups de la magicienne, en espérant que la malédiction qui a commencé avec la mère finisse avec la fille.
Pascaline utilise des éléments qui nous rappellent le Petit Chaperon Rouge : la couleur rouge, le chaperon, le loup, le panier de victuailles, la mère-grand dans une maison au fond des bois… Ces clins d'oeil au conte originel sont détournés par l'autrice et cachent des côtés bien sombres. Chaque être rencontré, aussi gentil et serviable qu'il puisse paraitre, cache de bien inquiétants travers. La plus grande leçon de cette histoire est « Ne vous fiez pas aux apparences, elles sont toujours trompeuses » ! On ne peut avoir confiance en personne.
Au travers de flashbacks, souvenirs ou visions, on observe les secrets les mieux gardés des villageois qui ont joué un rôle dans la vie de Rouge. On se rend compte que les personnes qui la traitent de monstre sont celles auxquelles le qualificatif irait le mieux. Les superstitions ont la vie dure à la campagne. Rouge va devoir apprendre qu'on ne peut pas sauver tout le monde, et qu'il faut parfois laisser derrière soi les gens qui s'obstinent dans leurs croyances absurdes.
Les thèmes traités par Pascaline dans ce récit sont essentiels, et tristement d'actualité : le harcèlement moral et physique, la notion de consentement, le viol, la satisfaction de plaisirs égoïstes qui passent par la souffrance des autres… J'y ai trouvé la plume de Pascaline très forte et très juste. Je pense que certaines scènes du livre pourraient choquer ou mettre mal à l'aise les âmes sensibles. Des réflexions sont mises en avant, mais surtout un véritable plaidoyer contre la culture de la culpabilisation des victimes est développé : victimes, vous avez le droit de vous sentir victimes et vous n'êtes pas coupables/responsables des actes odieux commis à votre encontre.
Vengeance, frustration, colère, tristesse, impuissance, dégoût… Un maelstrom d'émotions par lequel Rouge passe et duquel elle devra tenter de sortir pour avancer. Y parviendra-t-elle seulement ou s'y noiera-t-elle ? Nous lecteurs devons également traverser ce bouillonnement de sensations, qui va nous secouer et nous bouleverser tout autant que Rouge. Qu'aurions-nous fait à sa place ?
Ici se pose aussi la question du savoir : est-ce que toute vérité est bonne à entendre ? Rouge veut savoir qui est son père et aura à un moment le choix de savoir ou non ce qui est arrivé à sa mère. Ce choix va changer sa vie, mais aussi risquer de la détruire.
Je dois dire que j'ai beaucoup aimé découvrir le récit de vie de la Grand-Mère sorcière, un personnage honnête bien que cruel, qui met la beauté au-dessus de tout. J'ai aussi été très agréablement surprise par l'épilogue, qui propose un dernier retournement de situation auquel je ne m'attendais pas du tout !
Mon premier coup de coeur de 2020 : une héroïne victime des superstitions qui va se battre pour connaitre la vérité sur son passé et pour survivre, des clins d'oeil tout en noirceur au conte du Petit Chaperon Rouge, des thèmes et réflexions importants chargés d'émotions fortes, portés par la plume très juste de Pascaline. Un récit qui secoue sa protagoniste, mais aussi le lecteur. Je recommande grandement !
Lien : https://livraisonslitteraire..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
PtyxEidolon
  28 mai 2020
Quelque chose ne tourne pas rond sur les hauteurs du mont Gris. Tandis que la jeune femme qui donne son nom au livre subit les foudres des habitants de Malombre, le hameau miteux semble frappé par une incompréhensible malédiction. Comment tout cela va-t-il finir ?
Rouge est un roman de fantasy sombre qui plonge ses racines dans le terreau des contes de fées – à l'époque ancienne où ils se faisaient volontiers cruels et sans concession pour leurs lecteurs –, auquel il apporte les éclats de la modernité post-metoo.
Servi par un style généreux qui confère une beauté toute baudelairienne à l'horreur (un cadavre sera ainsi décrit comme une « charpie rubis sur son linceul de nacre ») mais qui s'attache aussi à détailler les méandres psychologiques et moraux de ses personnages, baignant dans une ambiance crépusculaire tisonnée par un perpétuel étincellement de colère, mais qui ne s'interdit pas de petites touches de tendresse et d'humour, et aussi éclairée, au bout de la route, par les tremblotantes lueurs de l'espoir, Rouge apparaît comme un livre puissant, un livre nécessaire (qu'il fallait écrire, qu'il fallait publier ; et maintenant, qu'il vous faut lire).
N.B. : à noter également le soin apporté par les éditions Gulfstream à l'objet-livre (on se souvient à cet égard de Moitiés d'Âme d'Anthelme Hauchecorne paru il y a quelques mois avec sa couverture rehaussée de pierreries semi-précieuses et noix de pécan), qui restitue parfaitement l'ambiance véhiculée par le texte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
l-ourse-bibliophile
  16 février 2020
Nous sommes ici sur une libre réécriture du Petit Chaperon Rouge dont les différents éléments feront leur apparition au fil du récit : la forêt, la Grand-Mère, le panier et la galette que les jeunes filles doivent lui apporter, le loup, Chasseur. Et Rouge évidemment, même si ce n'est pas sa grande capuche noire mais sa peau qui est d'écarlate. Une psyché enchantée complète le décor de conte.
En revanche, ce n'est pas une réécriture particulièrement légère.
Le roman s'ouvre sur un exergue signé Charles Perrault : « Rien au monde, après l'espérance, n'est plus trompeur que l'apparence. » Voilà qui résume à merveille ce récit. Rencontre après rencontre, Rouge découvrira que l'apparence n'est pas un indice de ce qui se cache derrière. Une thématique typique des contes : une figure avenante n'est pas forcément synonyme de bien, une physionomie repoussante n'est pas forcément synonyme de mal. Rouge en est l'incarnation même, mais, en dépit de cela, elle se laissera berner à plusieurs reprises. « Ne pas se fier aux apparences » pourrait être la morale de cette histoire et le dernier chapitre – qui m'a bien eue – est là pour enfoncer le clou.
« Rouge » est le qualificatif parfait pour ce roman de meurtres, viols, traîtrise et incendie. Les personnages sont globalement laids : violents, haineux, fourbes, menteurs, superficiels, avides. Et dangereux. A commencer par les hommes qui s'érigent en juges et prennent leur plaisir comme bon leur semble, aveugles à la souffrance qu'ils causent. Les thématiques sont d'actualité : le viol et le consentement, le harcèlement, la pédophilie… La Grand-Mère évoque même la faune qui change à l'instar du climat !
Rouge – la cramoisie, l'écarlate, la rougeaude, l'empourprée… – est victime de la superstition et de l'esprit étroit des paysans (mais l'histoire de la Grand-Mère nous montrera que la situation aurait été de même à la ville). On la croit fille d'un démon, capable d'actes sataniques, et, sans le pacte, voilà longtemps que son corps – à ne toucher sous aucun prétexte – aurait été brûlé ou lapidé. Mauvais coups, injures et humiliations font partie de son quotidien. Elle m'a beaucoup touchée par son courage, son désir d'obtenir coûte que coûte des réponses, son lien avec sa mère jamais connue. Elle qui a longtemps subi, elle s'est malgré tout donné les moyens de survivre en apprenant à lire et à subsister seule. Je ne peux rien en dire évidemment, mais j'ai trouvé son évolution très réussie tout comme l'évocation des sentiments qui l'agitent.
Alternant passé et présent, l'histoire se déroule en moult péripéties et révélations. Les interrogations affluent tant dans l'esprit de Rouge que dans le nôtre, attisées par les indices conférés par les flash-backs. L'on s'inquiète pour elle, ce qu'elle pourrait devenir aussi face aux épreuves qui s'enchaînent. Une seule chose m'a légèrement déçue cependant, un détail que je ne veux pas dévoiler, mais qui concerne la Grand-Mère : disons que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus… profond, dirais-je.
L'écriture est magnifiquement soignée, évoquant un texte un peu daté. le vocabulaire est choisi, peu usuel. La sylve plutôt que la forêt, la chaumine plutôt que la chaumière, la vénusté plutôt que la beauté… Les mots sont des perles délicatement, minutieusement agencées. Je me suis surprise à relire plusieurs passages à haute voix pour en savourer la poésie, la musicalité. En effet, les phrases recèlent fréquemment un rythme et des rimes très agréables à lire et à entendre.
Un texte puissant, aux sujets cruels et actuels. Une belle héroïne. Une langue qui apporte un peu de beauté dans le maelstrom de laideur formé par les événements narrés.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Sharoo
  23 mai 2020
Énorme coup de coeur pour cette magistrale réécriture du Petit Chaperon rouge !
Qui est cette fameuse Rouge ? Quel mystère entoure sa naissance ? Que signifie la tache qui recouvre la moitié de son visage ?
Ma curiosité a été piquée bien avant de commencer la lecture et je n'ai pas été déçue.
Je n'ai pu lâcher ce livre car, outre une écriture vraiment très agréable, l'autrice nous gâte avec de nombreuses révélations et ce jusqu'à la dernière page.
Tous les ingrédients du conte de fées cruel sont réunis et mis au service de cette histoire sombre et passionnante à la symbolique très forte.
À lire sans aucune hésitation !
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   27 mai 2020
Puis il n’y eut plus un bruit, excepté celui des mastications voraces. Incommodé par l’odeur de la mort qui viciait l’air jusqu’au firmament, la lune pâlit dans son croissant. Spectatrice involontaire du festin sauvage, elle ne pouvait détacher son éclat d’argent du cadavre dévoré, charpie rubis sur son linceul de nacre.
Commenter  J’apprécie          10
DreamBookeuseDreamBookeuse   27 mai 2020
Au dessus de sa tête, colorant le ciel, une aube nouvelle se levait. Rouge.
Commenter  J’apprécie          10
SioSio   20 mai 2020
Cependant, Rouge n'avait pas chuté dans le puits sans fonds de la haine et de la cruauté. Elle n'aspirait plus qu'au bien et excluait d'office d'apprendre les noirs maléfices.
Quitte, pour conséquence de cette résolution, à ne jamais être libérée de cette laideur. Une laideur dont elle s'accomodait de mieux en mieux, du reste. En fait, même si cela paraissait simpliste, presque bête, elle avait réalisé qu'il était bien plus aisé de s'accepter quand personne ne passait ses journées à se moquer de vous et à vous humilier. Il finissait même par vous venir des moments d'optimisme insoupçonné, à songer que peut-être vous n'étiez pas si défigurée, juste un brin tachetée, le sourcil à peine boursouflé...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   16 février 2020
- Dès qu’ils t’ont regardée, les gens ont eu peur de ta différence. Avant cela, pour le même motif, ils avaient tremblé devant ta mère devenue aliénée. Aucune de vous deux ne correspondait aux critères de cette chose contraignante que l’on nomme normalité… Alors ils ont inventé toutes ces histoires à faire peur, ces boniments à propos d’œuvre de Satan et de contagion de couleur, afin de se donner bonne conscience et d’excuser leur haine. Mais rien de tout cela n’est vrai ! Tu as beau renâcler, je suis sûre que dans tes tripes, tu le ressens. Tu le sais ! Et si cela te semble difficile à avaler, rappelle-toi mon histoire. S’il y a bien une chose qu’elle m’a enseignée, c’est que la destinée est une garce patentée… Néanmoins, tu peux te consoler : même sans ta teinte hideuse, les villageois auraient sans doute usé d’une autre allégation pour te rejeter. « La fille de la folle », je parie que c’est un mobile de détestation dont ils se seraient contentés, toute pimpante et diaphane aurais-tu été !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FungiLuminiFungiLumini   16 janvier 2020
Désolée, petite vermeille, tes espoirs naïfs demeureront inassouvis. Il n’y a rien de tout cela en toi : pas de prophétie, pas de magie. Ni noire, ni blanche. Ni même rouge. Par le Mal ou par le Bien, tu n’as pas été choisie. Tu es juste…toi. Avec tout ce que tu as dû supporter pour survivre jusque-là, je comprends que cela ne te plaise pas. Néanmoins, c’est ainsi. Il n’y a rien de particulier dans tes stigmates écarlates, hormis le fait que chacun les voit comme une abomination.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : réécritureVoir plus
Notre sélection Jeune Adulte Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Tout sur one piece (difficile)

quel est le 1er homme de l équipage de Gold Roger ?

baggy le clown
shanks le roux
silver rayleigh
crocus

30 questions
1322 lecteurs ont répondu
Créer un quiz sur ce livre