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Catherine Magnien (Éditeur scientifique)Gustave Doré (Illustrateur)
ISBN : 2253082287
Éditeur : Le Livre de Poche (21/06/2006)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 1085 notes)
Résumé :
Qui n'a tremblé pour la femme de Barbe bleue ou ri de l'astuce du Chat botté ? Qui n'a rêvé d'embrasser la Belle au bois dormant ou d'aider le petit Poucet ? Merveilleux, monstrueux et souvent pleins d'humour, les contes en prose de Perrault nous enchantent. Prisonniers de leur charme, nous les dévorons avec un appétit d'ogre !
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 septembre 2013
On trouve généralement regroupés, dans les diverses éditions disponibles, sous l'appellation " contes ", en ce qui concerne Charles Perrault les 8 contes en prose avec morale en vers qui constituent Les Contes de Ma Mère L'Oye auxquels viennent s'adjoindre un (rare), deux (fréquent) ou trois (rare) contes en vers qui sont légèrement antérieurs aux huit précédents.
Les deux contes en vers les plus fréquemment inclus sont évidemment Peau D'Âne et communément Les Souhaits Ridicules. On rencontre parfois Griselidis mais pas à chaque fois, et je dirais même, pas très souvent.
Les huit contes en prose sont bien évidemment La Belle Au Bois Dormant, le Petit Chaperon Rouge, La Barbe Bleue, le Chat Botté, Les Fées, Cendrillon, Riquet À La Houppe et le Petit Poucet.
Pratiquement tous ces contes peuvent aussi se trouver à l'unité chez une myriade d'éditeurs jeunesse, sauf peut-être Les Souhaits Ridicules. Voilà pourquoi je vais commencer par vous parler de ce conte.
C'est une forme encore très bâtarde, à mi-chemin entre la fable de type La Fontaine et le conte, qui prendra une forme canonique traditionnelle et dont le Petit Poucet pourrait être cité à titre d'exemple typique.
D'ailleurs, l'amorce des Souhaits Ridicules rappelle beaucoup la fable intitulée La Mort Et le Bûcheron. On y rencontre donc un misérable bûcheron, gémissant et courbé, marchant à pas pesants. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? Je vous le demande : rien ! nada ! que dalle ! peau de zobi !
Il peste contre le sort et la malchance qui s'acharnent sur lui. Si seulement un jour il avait de la chance !
Or, par une entremise céleste, sa requête va être entendue et il lui sera permis de formuler trois voeux, mais trois seulement. Passée cette triple aubaine, il devra retourner à la vie sans sortilèges.
La bonne affaire, vous dites-vous ? Sans doute, mais voilà déjà un voeux de grillé en boudin, parce que le vieux voulait se taper du boudin à tout prix.
Imaginez le sourire de sa bergère quand elle apprend comment son idiot de mari gaspille ses voeux en aune de boudin !...
Bref, un conte drôle et très atypique loin du canon initié par Peau d'Âne. L'histoire de Peau D'Âne, battue et rebattue, narre les déboires d'un couple royal dont la sublime reine se meurt et sur son lit de mort fait jurer à son royal époux de ne point se remarier avec une quelconque prétendante dont la beauté serait inférieure à la sienne, espérant par là qu'il ne se remarierait point tout court.
Après une brève période de deuil, le fougueux monarque se sentant du feu dans les veines et peut-être même ailleurs se lance en quête d'une digne prétendante mais... en vain.
Le subtil stratagème de la défunte épouse serait presque imparable si elle n'avait au préalable donné naissance à une fille en tous points semblable à elle et, de l'avis de tous, supérieure encore.
Peu regardant sur les risques héréditaires d'un tel appariement incestueux, le roi est tout disposé à épouser sa propre fille, laissant la frêle jeune femme dans un effroi sans nom.
L'adorable enfant se rend alors près d'une marraine, sans doute un peu foraine, un peu bohème et un peu magicienne. Cette dernière conseille à la princesse de demander au roi des robes d'une étoffe telle qu'il ne s'en peut trouver.
Mais, fort d'une richesse sans borne issue de l'anus luxuriant d'un quadrupède à longues oreilles dont les fientes à haute valeur vénale ne font braire personne, le roi parvient sans peine à accéder à chacune des demandes de sa fille en matière textile, quelque improbable qu'elle soit.
La marraine, devant ces échecs stratégiques à répétition, conseille alors le tout pour le tout, demander carrément la toison de l'âne pondeur aux vertus alchimiques intéressantes, certaines que le roi hésitera à sacrifier sa source unique de guano d'or.
Or (c'est le cas de le dire), si elle manie fièrement la baguette, cette fée ne vaut pas la première boulangère venue quant à la psychologie humaine et royale en particulier car le magnanime souverain n'hésite pas à faire remettre à sa fille la crasseuse peau du baudet au croupion fertile quitte à y perdre du même coup l'opulence dont il parait sa cour.
Fuir ! Fuir ma belle ! Voilà ce qu'il te reste à faire si tu ne veux pas coucher avec ton géniteur.
Fuir, couverte de son drap de honte ; fuir, couverte de cette vilaine Peau d'âne qui la dissimule aux regards ; fuir le plus loin possible au plus sombre de n'importe quel bouge infâme quitte à se faire traiter de souillon.
La semaine durant elle laisse les senteurs troubles autant qu'animales envelopper son corps pour dissuader quiconque de risquer une approche. Mais les dimanches venus, recluse au fond de sa chambrette glauque, après un brin de toilette elle revêt les joyaux de ses plus belles parures, si péniblement acquises...
Les huit autres contes regroupés sous l'étiquette Contes de Ma mère L'Oye ont pris depuis le seconde moitié du XIXème siècle une telle importance dans l'imprégnation de la culture littéraire enfantine qu'il est difficile de rencontrer un seul enfant qui n'ait jamais entendu parler, de près ou de loin, de tout ou de partie d'au moins l'un d'entre eux.
C'est donc devenu un patrimoine commun de la culture occidentale et désormais mondiale en raison des productions de films d'animation largement diffusés qui s'en inspirent.
Les Contes de Ma Mère l'Oye sont souvent assimilés ou désignés comme l'archétype du conte " de fées ", au sens que ce mot avait à l'époque, c'est-à-dire, faisant appel à la magie, au surnaturel. Par exemple la clef de Barbe-bleue ou les bottes de l'Ogre dans le Petit Poucet peuvent être désignées comme étant " fées ". La forme ancestrale de Peau D'âne, c'est-à-dire une structure rimée ne figurera plus désormais dans le canon des contes.
On rencontre quelques constantes dans ces huit contes :
- un héros apparemment désavantagé mais qui saura tirer son épingle du jeu grâce à certaines qualités jugées essentielles (ruse, droiture, beauté, gentillesse, générosité) ou grâce à l'entremise d'un tiers doué de certains pouvoirs.
- un personnage masculin (plus rarement féminin) terrifiant ou brutal ou inflexible (lequel personnage aura plutôt tendance à être plus fréquemment une femme dans les contes des frères Grimm) qui souhaite s'en prendre à l'infortuné héros.
- un personnage ou un objet doué de pouvoirs surnaturels qui peuvent être bénéfiques ou maléfiques.
- un rôle de la famille parfois très trouble voire malfaisant et dont le héros a souvent bénéfice à s'extraire pour faire sa voie par lui-même dans le vaste monde.
- un destin qui n'est jamais totalement définitif, malgré les apparences, et qui peut toujours être infléchi.
En somme, cet ensemble de contes doit servir à l'édification des jeunes âmes qui les lisent et les inviter à s'émanciper. Ces contes les avertissent que le monde qui les attend sera semé d'embûches et d'adversaires parfois tenaces, qu'il ne leur faudra pas forcément compter beaucoup sur le secours de leur famille mais plutôt sur leurs qualités propres et, plus que tout, s'attendre à ce que la chance, à un moment se présente, et donc à ne pas rater l'occasion de s'en saisir à cet instant-là. Il faut seulement qu'ils abordent l'avenir avec confiance et qu'ils croient en eux-même.
À cet égard, il est à noter cinq contes semblent plus particulièrement s'adresser aux jeunes filles (La Belle Au Bois Dormant, le Petit Chaperon Rouge, La Barbe-bleue, Cendrillon et Les Fées) et les trois autres plus spécifiquement aux garçons (Le Chat botté, Riquet à la houppe et le petit Poucet).
Bref, un pan entier de notre patrimoine culturel — irremplaçable — soutenu par des tirades intemporelles du genre " C'est pour mieux voir, mon enfant. ", " Anna, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? ", " Tire la chevillette et la bobinette cherra. ", sans compter que nombre d'entre eux ont été ré-assaisonés par les frères Grimm pour en faire d'autres contes eux-aussi hyper connus comme Hansel et Gretel ou Blanche-Neige, par exemple. Je ne vous cache pas que tant le fond que la forme ont beaucoup vieilli et ne sont quasiment plus accessibles directement par des enfants moyens du XXIème siècle et nécessitent de sérieux remaniements pour refleurir à chaque saison sur les étal de nos libraires dans des formes digestes à nos chers bambins. Donc, un incontournable, certes, mais qui sent tout de même assez fort la naphtaline en l'état et qui nécessite un bon dépoussiérage. Nonobstant, ce n'est que mon misérable avis blottit dans les buissons d'une immense forêt habitée par un ogre ÉNORME, GIGANTESQUE, SANGUINAIRE, BRUTAL, FATAL, c'est-à-dire, pas grand-chose (à moins qu'il ne découvre très vite une paire de bottes à sa taille ou, à défaut, une petite pantoufle de verre).
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LydiaB
  15 décembre 2012
Ma critique portera ici sur "Le Chat botté" :
Quel plaisir de se replonger dans ce conte ! Et j'y ai pris d'autant plus de plaisir que je ne m'en souvenais plus. C'est donc avec un oeil neuf, ou presque, que j'ai relu ce court texte mettant en scène un chat et son propriétaire, surnommé le Marquis de Carabas par le félin. L'histoire en est simple : le chat, qui est l'unique héritage du dernier fils d'un meunier, veut faire épouser à son maître la fille du Roi. Il parvient même à bout de l'ogre dont la taille physique n'est en rien comparable à la petitesse du cerveau.

La morale en est la suivante : rien n'est plus important que le savoir-faire et l'ingéniosité. Ces deux aspects sont représentés ici par le chat qui mettra tout en oeuvre pour arriver à ses fins. Cependant, est-ce vraiment une morale ? On peut se poser la question. Car le chat utilise le mensonge pour que son maître devienne un grand de ce monde. Serait-ce une critique cachée de la bourgeoisie ?

Ce conte est apparu dans le recueil des "Contes de ma Mère l'Oye", en 1697. On peut y reconnaître les statuts sociaux de l'époque : le Roi (guère plus futé, finalement, que l'Ogre) représente le plus haut rang de la société, la noblesse incarnée. Sa fille n'est ici décrite que physiquement. Elle n'a pas vraiment de rôle dans le conte. Comme dans la société, elle est "la fille du roi" et rien d'autre. le fils du meunier est le symbole du "petit", celui à qui on ne laisse pas la parole. Les personnages humains sont dépassés par le chat qui démontre que l'on peut survivre dans ce bas monde grâce à la feinte, à la ruse, à l'escroquerie. Alors, le Chat botté est-il un conte amoral ?
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Kenehan
  09 avril 2013
Désespérant de trouver enfin une belle édition rassemblant l'oeuvre de Charles Perrault, je me suis dis qu'au lieu de me priver de ses textes, je ferais mieux de choisir la plus complète et la moins moche des éditions proposées. Après un examen des différents ouvrages en rayon, j'ai opté pour celle de Pocket qui propose les textes dans leur intégralité et dans l'ordre de parution ainsi que les illustrations de Gustave Doré avec en supplément tout un dossier d'analyse et de compléments à l'oeuvre.
Je vais d'ailleurs commencer par ce dernier étant donné que je l'ai parcouru en diagonales et donc que j'aurais assez peu à en dire. le livre est structuré de sorte que les pages de droite donne le texte original et celles de gauche analysent ce texte, renvoient vers d'autres textes (pour comparer et élargir l'horizon de nos lectures en faisant des rapprochements entre diverses oeuvres) et lorsque c'est le cas nous indiquent l'illustration correspondante et son analyse.
Cette partie-là est donc vraiment pour ceux qui veulent travailler sur ce texte ou tout simplement approfondir leur lecture.
En fin d'ouvrage, on retrouve également la biographie de l'auteur, une bibliographie sélective et un guide d'analyse supplémentaire abordant notamment les thèmes, les procédés, les contes et la psychanalyse, etc…
Bref, tout cette partie de l'ouvrage semble très complète mais ne correspondait pas à mon but premier : lire et redécouvrir les contes de Perrault.
Les Souhaits Ridicules :
Quelque part entre la fable et le conte, ce petit texte en vers a été une totale découverte. On sent l'influence des fables de l'antiquité notamment par la présence ici de références à Jupiter ou à l'Achéron. Assez surprenant mais drôle, j'ai plutôt bien accroché à cette entrée en matière.
Peau d'Âne :
Le seul conte en vers de Perrault, je dois dire que j'ai adoré. C'est magnifiquement écrit et tout empreint de ce charme propre à cette langue désuète qu'était le français de l'époque. Un véritable enchantement que de redécouvrir ce texte que je n'avais pas lu depuis mon enfance et dont jusqu'à aujourd'hui je n'avais pu entretenir le souvenir que par le biais du film de Jacques Demy visionné très récemment.
La Belle au bois dormant :
Conte en prose, on retrouve un format beaucoup plus traditionnel, ou en tout cas, plus répandu. le style est parfait, un vrai régal à lire comme tous les contes qui suivent. Charles Perrault avait un véritable don de conteur.
Relire cette version est l'occasion de quelques surprises comme l'absence du baiser pour réveiller la Belle ou encore le fait que la mère du Prince soit une ogresse…
Le Petit Chaperon Rouge :
Ou la preuve que tous les contes ne doivent pas forcément finir par un happy end pour être aussi plaisant que fascinant. Un texte dont les répliques sont connu de tous même de ceux ne l'ayant jamais lu mais aussi le plus court de tous les contes. Il n'en est pas moins excellent.
La Barbe bleue :
- "Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?"
- "Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie"
Répliques cultes pour un conte sur l'obéissance. Plutôt sexiste d'autant que le rôle des femmes et leur statut à heureusement beaucoup évolué. Malgré tout, le texte reste remarquable et témoigne de son caractère moralisateur pour l'époque. Relire ce texte m'a également permis d'apprécier encore plus le travail d'adaptation de Georges Méliès dans son film de 1901.
Le Chat botté :
Le conte qui a déverrouillé une multitude de souvenirs d'enfances enfouies à lire et écouter les contes. Au fur et à mesure de cette relecture, l'histoire me revenait en mémoire comme quoi les contes s'ancrent dans l'esprit des enfants pour ne plus jamais les quitter. Un très beau conte.
Les Fées :
Un conte que je ne connaissais absolument pas. Un des plus courts avec "Le Petit Chaperon rouge" mais pas forcément un des plus emblématique de Perrault. Il n'en reste pas moins plaisant à découvrir et fait travailler, à l'instar des autres contes, l'imagination à plein régime.
Cendrillon :
La version française d'où est née la polémique entre "vair" et "verre" par l'intervention De Balzac, parait-il. Une version où il n'y a pas un mais deux bals, où Cendrillon est aussi surnommée Cucendron, où les belles-soeurs ne sont pas aussi mauvaises l'une que l'autre…bref là aussi quelques surprises lors de la relecture. le conte est l'un des plus beaux de ce recueil.
Riquet à la houppe :
Un autre conte que je ne connaissais absolument pas. Pas mon préféré et celui dont Perrault semble atténuer la magie en fin de récit puisque le pouvoir de l'amour apparaît finalement comme plus puissant que celui de la fée. Là où l'amour change la vision de l'être aimé, le pouvoir de la fée change littéralement les êtres. On choisit donc la version que l'on préfère : magie ou simplement la force de l'amour. Aussi l'un des rares contes où tout ne fini pas bien pour tout le monde puisque la soeur dotée d'esprit est complètement oubliée à la fin…
Le Petit Poucet :
Comme pour le "Chat Botté", l'histoire m'est très vite revenue au cours de ma lecture. Beaucoup de thèmes communs avec "Hansel & Gretel" comme l'abandon en pleine forêt des enfants, la ruse de l'un d'eux pour marquer le chemin avec d'abord des cailloux puis des morceaux de pains, la pauvreté, la famille de bûcheron, la rencontre avec une créature friande d'enfants, le virement de fortune à la fin grâce à la débrouillardise des enfants, le retour triomphant à la maison…
J'aime les deux, je ne saurais dire lequel des deux contes à ma préférence. Peut-être le "Petit Poucet" pour la qualité du texte dans sa forme…
Griselidis :
Un mélange de poésie, de conte et de nouvelle pour ce texte. Celui que j'ai le moins aimé. Autant les vers sont magnifiques pour "Peau d'Âne" autant j'ai trouvé une certaine lourdeur ici. Probablement parce que le texte est un peu long et que ça devient vite fastidieux de lire une nouvelle en vers. de plus, l'histoire est à mon sens l'une des plus horribles ou sadiques de part cette façon que le Prince a de traiter son épouse par simple jalousie et cynisme. le côté "bonne poire" et "femme soumise" de Griselidis m'a autant énervé qu'attristé. Heureusement tout fini bien mais alors que dans les autres contes, les héroïnes et les héros endurent parfois le pire pour atteindre le bonheur et un meilleur statut, Griselidis elle endure le mauvais traitement de son époux le prince alors qu'elle vivait paisiblement en tant que bergère et après avoir épousé le Prince. On se demande alors pourquoi tant d'acharnement sur cette jeune fille ?
Griselidis ou la seule qui n'a pas rencontre le Prince Charmant !
Un recueil de contes magnifiques que je ne me lasserais pas de lire et relire maintenant que je l'ai de nouveau en ma possession. Les illustrations de Gustave Doré accompagnant les différents textes sont à la hauteur des textes de Perrault et le seul reproche que j'aurais à faire est pour les éditeurs qui ne proposent plus d'éditions reliées rassemblant ces textes incontournables tout en replaçant les gravures de Gustave Doré au sein des contes qu'elles mettent en image. Je rêve d'une édition comme a su le faire Barnes & Noble avec les contes de Grimm et ceux d'Andersen.
Je conclurai ma chronique avec une citation extraite de la présentation de la version Pocket (2006) pour ceux qui hésiteraient encore à se plonger ou à se replonger dans ce recueil qui se dévore très rapidement :
"Trois pièces en vers, huit en prose : le "père" du conte de fées à la française est si bien tombé dans le patrimoine public que l'on ne prend même plus la peine de lire son texte. Mais pour qui choisit d'entrer dans l'univers de ses contes, que de surprises... et que de préjugés à laisser de côté pour goûter - enfin ! - le plaisir d'une écriture unique."
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BazaR
  05 janvier 2014
A l'orée de la période de Noël j'ai décidé de lire les Contes de Perrault afin de la saupoudrer d'un peu de ce merveilleux désormais tapi derrière l'Ogre Consumériste (auquel je cède volontiers).
Bon, pour le merveilleux ça n'a pas marché. Il faut l'avouer, mes souvenirs de Cendrillon ou de la Belle au Bois Dormant proviennent avant tout des dessins animés Disney, où les gentils sont vraiment gentils, les méchants très méchants, les animaux rigolos et où la joie explose à la fin. Je ne raille pas, j'adore ces dessins animés et le merveilleux des contes y est pour moi associé, c'est comme ça.
Ici la structure même du livre (éditions Livre de Poche) s'oppose à une lecture purement "merveilleuse". La présentation des contes par Catherine Magnien est très intéressante (quoiqu'un poil longue). La biographie de Perrault, la guerre des Anciens et des Modernes (Perrault est un Moderne), l'insertion des Contes dans leur temps, la recherche des sources, tout cela est agréable à lire pour qui aime un tant soit peu L Histoire. Mais cette forme "historisante" s'étend ici au sein même des contes: de nombreuses notes de bas de page - bien que très intéressantes comme celle qui rappelle la valeur accordée aux miroirs au XVIIe siècle - parasitent le récit. On est invité à en sortir régulièrement pour examiner le texte d'un point de vue extérieur. Sur des textes aussi courts l'impact est important.
Ceci dit je ne connaissais pas plusieurs de ces Contes comme Griselidis ou Riquet à la houpe. Notre amie NastasiaBuergo a bien raison de dire qu'ils "doivent servir à l'édification des jeunes âmes". Avec le recul des siècles cependant, certaines morales peuvent faire tiquer. Je pense en particulier à la place qu'à l'époque une honnête femme doit occuper. Les pauvres en prennent quand même plein la figure. Dans Griselidis le roi, pour éprouver l'amour de sa femme, la répudie, la remplace par une plus jeune, la prive de ses enfants. Elle supporte tout cela sans jamais éprouver de haine. Convaincu le roi la reprend et lui rend ses enfants et la morale nous dit que c'est là le comportement digne d'une honnête femme. Dans Peau d'Âne la princesse doit fuir le roi son père pour éviter l'inceste et se cacher sous des haillons et aucune morale ne s'attache au comportement du roi. Dans le Petit Poucet la femme de l'Ogre craint en permanence d'être battue. Dans les Souhaits Ridicules c'est la femme du bucheron qui subit les désagréments des souhaits émis par son mari. Pauvres femmes de toutes conditions dans la France du XVIIe siècle.
Pour résumer, j'ai pris plaisir à ce livre mais plus sous l'aspect historique qu'il véhicule.
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Escapist
  01 juillet 2014
Un très beau livre qui nous plonge avec délice dans ces contes qui ont bercé à jamais le sommeil des enfants. Grâce à cet ouvrage, les plus connus et délicieux des contes de Charles Perrault nous sont transmis dans leur plus pure version.
Après une notice des plus complètes, la page se tourne et laisse la place au fabuleux "Griselidis", un conte en vers d'une beauté inouïe et dont la renommée n'est pas assez prononcée. Chef d'oeuvre par l'histoire, par le style d'écriture, par la poésie qui émerge des termes employés, il nous plonge avec délice dans un monde de princes et de princesses où se côtoient les plus incroyables caractères. Beauté de corps et de l'âme sont dissociées et tourmentent les personnages dont la vertu est mise en lumière.
Toujours après une notice rapide qui permet de mieux placer le conte suivant dans la chronologie historique et d'apercevoir les influences de Perrault, s'en suivent ces deux autres contes en vers parmi les plus réputés: "Peau d'Âne", dont l'incroyable richesse de toilettes est mise en exergue par les talents indéniables de poète de notre conteur, et les "Souhaits ridicules", lequel flirte avec la comédie. Voilà bien un boudin qui reste à jamais ancré dans l'histoire et qui prête au sourire.
Les contes suivants, certainement les plus renommés de nos temps, perdent cependant de leur éclat, et Perrault de son génie littéraire, par leur disposition en prose. Probablement trop influencés de nos jours par les splendeurs animées de Disney, nous avons cependant perdu la forme originelle de ces contes désormais classiques. Ainsi, après lecture de la "Belle au Bois Dormant", une certaine déception a percée. Déception de par sa longueur (assez courte) qui ne permet pas de bien approfondir les qualités et la personnalité de chaque personnage, mais aussi par la chronologie des événements. Ainsi notre jeune et resplendissante Belle passe trop rapidement du berceau au fuseau et les actions de chacun sont moins bien pensées qu'à l'accoutumée. Quel ne fut pas mal venu ce désenchantement lors du réveil de la princesse! L'oncle Walt a réussit à y imposer plus de romance et de beauté que l'ancêtre Perrault. Même constat pour ses autres célèbres écrits, à l'image du "Petit chaperon rouge" qui suit. Avec une prose assez courte, le texte perd de son charme, la magie se fait moins ressentir et la lecture est beaucoup plus terne. de plus, les personnages nous semblent plus froids et éloignés.
Par chance, l'ouvrage honore à nouveau notre conteur par le choix de contes, certes courts, mais plus profonds et dotés d'une réelle beauté d'écriture. Ainsi en est-il de "la Barbe Bleue" et du "Maître Chat ou le Chat botté" qui nous dévoilent un nouveau style de personnage: le diabolique et cruel homme qui tend à se transformer en ogre.
Pour poursuivre l'ouvrage, il nous faut ensuite entamer la lecture de deux contes qui donnent son aspect féerique à l'ensemble: celui des "Fées" et celui de la très attendue "Cendrillon". Si "les Fées" est pitoyablement court, son fond est pourtant intense. Quant à "Cendrillon ou la petite pantoufle de verre", nous retrouvons le conte par excellence qui mêle histoire de princesses, de prince charmant, de fées et caractères amers, exécrables et cruels qui s'équilibrent avec la bonté, la vertu et le dévouement de la "Cucendron".
S'en suivant d'une morale aux faux airs de son contemporain La Fontaine, tous ses contes brillent par leur élégance et une indéniable harmonie. Chaque personnage trouve son juste équilibre avec un autre, deux âmes formellement différentes et que cette même différence pousse à se trouver afin de se compenser. le parfait exemple est donné avec le conte suivant, celui de "Riquet à la Houppe" qui mêle avec délice l'affreux au somptueux.
Enfin, la lecture de cet ouvrage se clôt avec un attendrissant "Petit Poucet" qui fait honneur aux contes de fées par son dénouement des plus heureux malgré son commencement calamiteux. Ainsi Perrault écrit toujours en contrebalançant les éléments: si l'ouverture du conte est souvent pitoyable, voire minable, petit à petit le ou les personnages principaux vont trouver une aventure qui les mènera à trouver gloire et richesse. C'est cette aventure, qui reflète les aléas de la vie, qui leur permettra d'apprendre, de s'ouvrir et s'épanouir à la société. Chaque caractéristique trouve son opposée pour finalement s'harmoniser entre elles.
Pour parachever cet ouvrage, il est doté de nombreuses illustrations du talentueux Gustave Doré qui illustrent à la perfection l'essence des situations et l'esprit du conte, sans en concevoir la moindre déformation. Ces iconographies trouvent parfaitement leur place, sans aller à l'outrance, au sein des contes sans en bouleverser la compréhension.
Ainsi, et si par moments les personnages semblent trop caricaturés et certains contes trop décevants à la lueur des adaptations plus récentes, qu'elles soient cinématographiques ou littéraires, l'ensemble des oeuvres de Perrault trouvent une belle harmonie et s'enchaînent parfaitement.
Littérature enfantine pour certains, classique et incontournable pour d'autres, les contes ont fondés un mode de vie inaliénable au fil des siècles: qu'ils soient lus lors de la veillée, au coin du feu, ou dans un lit, ils constituent un chef d'oeuvre littéraire français qui permet de rassembler les générations entres elles. Petits et grands peuvent, grâce à leur juste et intrinsèque expérience, se plaire à la lecture d'une telle oeuvre et en apprécier ses allusions.
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   15 décembre 2012
Courant toujours bien devant le carrosse, le chat se retrouva,
soudain, face à un immense château que possédait un ogre.
Le plus méchant ogre qu'on puisse
imaginer mais, aussi, le plus riche de tous.
« Monsieur l'ogre, on m'a dit mais j'en doute que vous avez le don de vous
transformer en toutes sortes d'animaux.
Vous en doutez, eh bien, regardez ! »
Et l'ogre se transforma en lion.
De peur, le chat fit un énorme bond jusqu'au toit où il regretta de porter des
bottes, pas très pratiques pour marcher sur les tuiles.
« Oh ! Quelle peur vous m'avez faite. Mais vous pouvez aussi vous changer en toute
petite bête, une fourmi, une mouche, encore plus fort, une souris ? »
Et l'ogre se transforma en une petite souris blanche... et le chat, en bon matou
qu'il était, se jeta, aussitôt, sur la souris et la croqua d'un seul coup de dents.

(Le Chat botté)
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Nastasia-BNastasia-B   17 septembre 2013
" Les hommes, disait-il, pour souffrit sont bien nés !
Peste soit du Boudin et du Boudin encore ;
Plût à Dieu, maudite Pécore,
Qu'il te pendit au bout du nez ! "
La prière aussitôt du Ciel fut écoutée,
Et dès que le Mari la parole lâcha,
Au nez de l'épouse irritée
L'aune de Boudin s'attacha.
Ce prodige imprévu grandement le fâcha.
Fanchon était jolie, elle avait bonne grâce,
Et pour dire sans fard la vérité du fait,
Cet ornement en cette place
Ne faisait pas un bon effet ;
Si ce n'est qu'en pendant sur le vas du visage,
Il l'empêchait de parler aisément,
Pour un époux merveilleux avantage,
Et si grand qu'il pensa dans cet heureux moment
Ne souhaiter rien davantage.

LES SOUHAITS RIDICULES.
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EpicteteEpictete   15 janvier 2014
Quelque grand que soit l'avantage
De jouir d'un riche héritage
Venant à nous de père en fils,
Aux jeunes gens pour l'ordinaire
L'industrie et le savoir-faire
Valent mieux que des biens acquis.

Si le fils d'un meunier, avec tant de vitesse,
Gagne le coeur d'une princesse,
Et s'en fait regarder avec des yeux mourants,
C'est que l'habit, la mine et la jeunesse,
Pour inspirer de la tendresse,
N'en sont pas des moyens toujours indifférents.

(Morales du "Chat botté")
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Nastasia-BNastasia-B   16 septembre 2013
Une aune de Boudin en fournit la matière.
" Une aune de Boudin, ma chère !
Quelle pitié ! c'est une horreur ",
S'écriait une Précieuse,
Qui toujours tendre et sérieuse
Ne veut ouïr parler que d'affaires de cœur.

LES SOUHAITS RIDICULES.
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KenehanKenehan   08 avril 2013
Il est des gens de qui l'esprit guindé,
Sous un front jamais déridé,
Ne souffre, n'approuve et n'estime
Que le pompeux et le sublime ;
Pour moi, j'ose poser en fait
Qu'en de certains moments l'esprit le plus parfait
Peut aimer sans rougir jusqu'aux marionnettes ;
Et qu'il est des temps et des lieux
Où le grave et le sérieux
Ne valent pas d'agréables sornettes.
Pourquoi faut-il s'émerveiller
Que la raison la mieux sensée,
Lasse souvent de trop veiller,
Par des contes d'ogre et de fée
Ingénieusement bercée,
Prenne plaisir à sommeiller ?

(Introduction de Peau d’Âne)
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Charles Perrault - Apologie des Femmes Donneur de voix : Ritou Pensez à remercier les donneurs de voix, qui sont bénévoles, pour l'aide que leur travail peut apporter à tous ceux qui ont du mal à lire, les aveugles, dyslexiques, handicapés, mais aussi les étudiants, ceux qui bossent ou ceux qui ne peuvent pas acheter des audio-livres. Licence Creative Commons.
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Les Contes de Perrault : Morales

La curiosité malgré tous ses attraits, Coûte souvent bien des regrets ; On en voit tous les jours mille exemples paraître. C'est, n'en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ; Dès qu'on le prend il cesse d'être, Et toujours il coûte trop cher.

Le Petit Poucet
Riquet à la houppe
Cendrillon
Les Fées
Les Souhaits Ridicules
Peau d'Ane
La Barbe bleue
Le Petit Chaperon rouge
La Belle au bois dormant
Le Chat botté

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