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EAN : 9782721007216
189 pages
Editions des Femmes (08/04/2021)
4.36/5   7 notes
Résumé :
Édition d'Ernesto Montequin « Mais ses péchés à elle étaient très différents, aussi différents que les personnes sont différentes. Sa mère, pure et joyeuse, son père sombre et sévère, sa cousine dévergondée et audacieuse, sa nourrice saine et dévote. Comment aurait-elle pu, dans cette liste de péchés arbitraires, trouver le sien, personnel et subtil, si opposé aux manières de ses proches. » S. O.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Silvina Ocampo, née à Buenos Aires en 1903 et morte dans la même ville en 1993, était une poétesse et novelliste argentine. Après avoir étudié la peinture et le dessin à Paris avec Fernand Léger et Giorgio de Chirico, elle passa à l'écriture aux alentours de la trentaine.
– Je pourrais oublier beaucoup d'expériences de ma vie, dit-elle, mais pas celles de mon enfance. Un vers me revient sans cesse, le voici : « Oh, enfance ! oh mon amie ! » Ce qui n'est pas dit est ce qui est important dans ce vers. Notre enfance est assurément notre amie, mais nous-mêmes n'avons pas toujours été les amis de notre enfance, car à cette époque nous n'étions pas ce que nous sommes aujourd'hui. Cet être démuni que nous avons été parfois nous émeut car nul n'a jamais pu le comprendre complètement sauf nous… qui n'étions pas encore à ses côtés.
Inventions du souvenir est une longue chronique de l'enfance, écrite de façon tâtonnante en plusieurs fois, peaufinée sur plusieurs années, en vers libres. Elle rend remarquablement ce temps encore pris dans l'ambre de l'enfance, quand le sablier ne s'est pas encore mis en marche. Les impressions vivaces et les interrogations lancinantes s'y superposent, dans un univers intensément vivant, vibrant et énigmatique. Les lieux, les sons, les lumières et les odeurs, les membres de la grande famille dispersée dans un grand bâtiment composé de quatre maisons virtuelles où se rencontrent aussi domestiques et employés, les maisons de campagne, Paris brièvement, forment le fond de cet étrange voyage. le recueil fait s'enchaîner les situations sans cohérence particulière, comme en une sorte de long rêve éveillé (« la chronologie n'existe pas dans le temps du souvenir »).L'enfant contemple les chaussures comme des chiens, pleure sa première nourrice et s'éprend de la suivante, dispose des nids de son cru pour les oiseaux dans tous les endroits où les jardiniers ne pourront les détruire (...)
Les adultes sont à eux seuls des univers sibyllins. Il y a sa mère, adorée, les domestiques, les servantes vigilantes, Chango, incarnation du danger, de la tentation malsaine, du péché, les merveilleux mendiants qu'elle attend de toute son âme à la maison de campagne. (...)
S'abattent ainsi, sur cette enfant trop jeune pour comprendre vraiment ce qui se passe, affolée par les exigences hermétiques de l'existence et sous l'emprise subtile du futur, la mort d'un jeune frère, le deuil de la mère, les abus de Chango, la musique qu'elle désire ardemment pratiquer comme ses soeurs mais qui ne lui est pas donnée et le dessin qu'elle tente par hasard sans trop d'intérêt et dans lequel on lui trouve du talent. Sans qu'encore le monde se mette à l'endroit de l'âge de raison, des lignes de force infléchissent cette succession de bulles sensorielles et émotionnelles, des trames apparaissent. Des souvenirs de situations où l'enfance est décalée en plein jour, l'horrible déception d'un manège offert qui n'est pas celui rêvé, la frayeur provoquée par la voix d'un ventriloque, l'écoeurement que provoquent les petits ballons morts redescendant du plafond, une robe violette plus mystérieuse et excitante qu'une contrée féérique s'enchaînent. Et puis le langage qui donne à chaque chose sa place et sa consistance (...)
Ce poème, qui s'écoule avec fluidité de son début à sa fin, entretissant les scènes et les voix intérieures de la petite, se relit avec autant de plaisir par fragments, dans le désordre, comme ces « cartes postales sans destinataire, sans adresse », que sont les souvenirs.

Lonnie pour Double Marge (Extrait)


Lien : https://doublemarge.com/inve..
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Pour commencer merci à babelio, masse critique littérature et la maison d'édition : des femmes Antoinette Fouque pour ce cadeau rempli de poésie.


C'est entouré de proses que l'auteur @Silvina Ocampo, nous livre son enfance.
Des moments de découverte, (jeu, piano, dessin...) de tristesse, de maladie et même de la mort (de son frère).
Elle parle aussi de l'abus d'un homme sur cette petite âme innocente…

Ces mots sont poignants, attachants et dans certains cas douloureux.
Moi, qui ne lit pas de poésie je fus conquise par cette courte pause quotidienne que je m'autorisais.
Et de temps en temps, je reprenais et relisais trois ou quatre fois le même paragraphe, tellement c'était agréable à mon oreille…
Ces poèmes m'ont touché, m'ont ému… Un beau cadeau que j'exhumerais comme un recueil de pensées.

Extrait :

Désormais la vie,
à mon sens,
lui avait ôté quelque chose de très précieux :
son innocence.
Dans la vie de tous les enfants
vient le moment où ils sentent qu'ils ont perdu leur innocence.
Certains en souffrent plus que d'autres,
et certains la perdent avec plus de souffrances que d'autres.

Bonne lecture !
Lien : https://angelscath.blogspot...
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C'est un petit OLNI, un objet littéraire non identifié. Un poème en prose de 180 pages. Bon d'accord, Silvina Ocampo n'est pas la première à avoir écrit une autobiographie sous cette forme, mais peu d'autres s'y sont risqué.

Le résultat est surprenant, étourdissant de justesse. L'auteure réussit à ressusciter l'expérience de l'enfance que chacun de nous a pu vivre.

Évidemment, tout le monde n'est pas né dans une famille aisée de Buenos Aires. Avec jouissance d'une immense maison - en fait, plusieurs maisons communicantes, en plein coeur de Palermo, avec déménagement à la campagne en été lorsqu'il fait trop chaud, à San Isidro (devenue depuis une des banlieues les plus chics de la capitale) ou à la campagne. Au contraire, Silvina Ocampo arrive à gommer complètement l'influence que cette société bourgeoise, avec ses habitudes, ses manières précieuses et ridicules, pourrait avoir sur une enfant.

La découverte confuse de la sexualité occupe une bonne place dans le dernier tiers du livre, comme pour marquer ce passage de l'enfant à l'adulte, cette perte de l'innocence. Là encore, Silvina Ocampo frappe juste, tout en évitant le scabreux et le convenu.

On s'aperçoit ici que l'enfance se vit un peu de la même façon, indépendamment du milieu où l'on est né. Peurs, désirs, joies simples, audaces, attachements, répulsion, ne sont-ils pas des émotions communes à tous les enfants? On sait que nous ne choisissons pas nos souvenirs. Ici, ils sont simples: la petite musique du râteau qui passe dans le gravier, l'odeur de semoule tiède de la maîtresse de couture. le temps qui passe, qui nous amène à fabriquer nos propres souvenirs, à les faire évoluer sans cesse, n'est il pas l'élément clé qui nous fait ce que nous sommes?
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Coup de coeur !
Un grand merci aux éditions Des femmes d'avoir permis cette découverte; et merci à Babelio de la diffuser via Masse critique. Silvina Ocampo est une grande figure de la littérature argentine, amie de Jorge Luis Borges et épouse d'Adolfo Bioy Casares. Elle a majoritairement écrit des poèmes et des nouvelles mais aussi du théâtre.
Inventions du souvenir est un poème autobiographique en prose, publié à titre posthume. La poésie réveille les souvenirs et les rend réels. Silvina nous raconte son enfance comme on envoie des cartes postales, elle parle de "son amie, son enfance" à la troisième personne. Les mots glissent, c'est vibrant, poignant, magique. Cette lecture m'a donné envie de découvrir son univers et de lire ce chef d'oeuvre en VO.
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C'est un long poème en prose autobiographique qui raconte l'enfance de l'autrice argentine : Silvina Ocampo. On rentre dans son univers familial par le quotidien, la vie de tous les jours, elle nous le raconte avec les yeux de l'enfance puis de l'adolescence. Très vite elle passe du Je au Elle, comme si elle se mettait en position d'observatrice. C'est le temps des petits bonheurs, des couleurs de la vie, de la découverte du dessin, de la musique, de toutes les petites touches de l'enfance , mais aussi des maladies, des douleurs et chagrins (la mort de son frère), des gestes déplacés. Ce n'est pas toujours facile de la suivre, car elle fait beaucoup de références à des lieux et des personnes et qu'elle écrit [ses souvenirs] "les souvenirs sont comme des cartes postales, sans date" . Mais cela reste une oeuvre particulière et atypique.
Merci à la masse critique et la maison d'édition : des femmes Antoinette Fouque pour cet envoi
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critiques presse (1)
LeMonde
11 juin 2021
Notre feuilletoniste a lu l’admirable autobiographie d’enfance, au plus juste de la mémoire et du réel, de la littérature et de la vie vécue, d’une figure majeure de la littérature argentine.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
...
L'onaniste
collé à la colonne sévère,
sombre, en bois, ou penché
sur la table ovale en marbre blanc,
remuait le corps avec ponctualité
et savait combien l'innocence est affabulatrice
ou simulatrice
car elle avait déjà été corrompue
en voyant l'acharnement lascif d'un chien
à la langue rouge
sur la fleur de ceibo.
Que vit-elle par le trou de la serrure
quand il lui montra que l'enfer existait ?
Tout était plus net, plus froid,
une salle de bains, des carreaux de faïence,
les mains, la servitude du péché,
ces mains qui offrent ce qu'elles doivent cacher ;
« Je vais te montrer quelque chose » ;
obéir au péché, regarder
voir quelque chose qui ressemble à un animal à l'affût,
un animal aveugle,
sans oreilles, sans yeux.
Et puis, une fois loin du trou de la serrure :
« Tu as vu. » Le mensonge : « Non », prononcé en secouant la tête, ce qui fait bouger ses cheveux détachés,
l'indignation ;
la coiffure de la poupée,
toute triste avec son peigne cassé par les nœuds,
l'haleine lugubre,
la vie s'accrochant au soleil qui entre par la fenêtre,
qui aveugle les yeux.
Ah, pourquoi ne les aveugle-t-il pas complètement !
La rangée de poupées, que regardent-elles ?
Que regarde le train miniature avec son machiniste,
ses passagers peints à la main ?
La fine ceinture de la robe
qu'un être angélique a choisie
comme pour un ange,
la jupe à présent soulevée par le vent de l'enfer.
Pourquoi dans la clandestine enceinte du châtiment
cette avalanche de secrets ?
Un cylindre de chair exhibé
pour les règles de la géométrie.
« Reste, ne t'en va pas. »
Arracher les cheveux emmêlés de la poupée
avec le peigne cassé fait moins mal que n'importe quelle proposition.
La porte est ouverte pour que rien n'ait l'air d'un secret,
au dernier étage de la maison.
L'ascenseur descend mais personne ne monte,
on ne monte pas pour venir la sauver.
Mon Dieu, elle le cherchait ce Dieu.
Dieu monterait-il dans cet ascenseur ?
Elle l'attend au dernier étage.
Alors avaient surgi les figures lubriques avec gaines et bustiers,
elles n'en finissaient plus d'apparaître
à l'intérieur des pages d'une revue
toute froissée, à force d'être cachée sous le tapis.
Et la Vénus de Milo noire, en marbre,
présidant, avec son regard froid satisfait,
à ces martyres.
Si pécher fait si mal, le châtiment est de trop.
Le silence n'avait pas la douce quiétude
habituelle du soir.
Silence plus bruyant que le bruit :
il faisait fuir les pigeons posés
sur le balustre du balcon.
« Jouets, sauvez-moi de ce silence bruyant ! / Que résonnent les cordes des cithares des boîtes à musique, / que crient les deux soldats écossais, / ou qu'ils jouent du tambour, de la cornemuse. / Toupie, toi qui tournes même dans l'Énéide, donne-moi ton vertige ! »
Elle savait donc que l'Énéide existait ?
Tout se sait depuis toujours.
A Thèbes, en Béotie, dans le temple des Cabires,
un enfant offrit au dieu Zagreus une toupie avec un fouet
et tous ses jouets :
à toute allure, à la porte de l'ascenseur,
elle abandonna la toupie et le fouet.
« Dieu doit monter, c'est normal qu'il monte :
le ciel est en haut. »
Comme le rouge de la fleur de ceibo
se répandaient sur son visage
tous les rouges du monde :
celui de la fleur des géraniums,
celui de la rose,
celui de l'étoile fédérale, celui du sang,
celui du soleil du couchant,
celui des fraises, celui des cerises,
celui de la crête des coqs, celui des signaux de danger,
celui des ventes aux enchères
pour la faire souffrir
devant de grandes ou vieilles personnes,
si pâles et si paisibles.
...
Et Gardel qui chantait au tréfonds du phonographe
« Mi noche triste » jusqu'à la faire pleurer ...

― p. 106
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Elle dessinait souvent des visages
avec des crayons de couleurs ou de craie,
sur le sol du kiosque,
sur le mur des maisons,
sur la terre avec une branche,
sur une vitre embuée avec un doigt,
sur un savon avec les ongles.
Elle savait écrire la lettre A majuscule parce qu’elle ressemblait à une cabane,
le s parce qu’il ressemblait à un cygne,
le o parce qu’il ressemblait à un œuf,
le i parce qu’il ressemblait à un petit soldat.
Mais dessiner un visage englobait pour elle
toutes les lettres.
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Extrait 4



Et toujours l'agréable
subrepticement
interrompu
par l'arrivée atroce
de l'infernal :
l'été
faisait fleurir
des buissons frais de magnolias et de jasmin
quand naissent ces indénombrables bestioles qui brûlent tout
et les chenilles poisseuses qui rongent
la tendre feuille printanière,
et dedans la fleur des orangers
dont le seul parfum est un acte d'amour
l'été introduisait des vers répugnants
qui sont comme des dragons
en miniature.


/traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard,
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Extrait 3



Dehors,
quand ne tombaient pas les fleurs printanières,
l'intempestive pluie d'été
ou les feuilles d'automne,
tombait la neige.
Les oiseaux chantaient très peu.
Elle se rappelle l'odeur de la neige.
Elle était comme les chiens, elle avait même plus de flair que les chiens:
tout avait une odeur pour elle,
même les nuages,
même les étoiles, même la lune
qui parfois était jaune comme un bonbon au citron
ou rosée comme une opale tremblante couleur du lait.
Mais et les cigales ?
Les cigales ne chantaient pas la soif de l'été
comme dans sa contrée,
et dans le ciel on ne voyait pas non plus
les Trois Marie ni les Sept Chevreaux*.


/traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard,

* En Argentine, dans la culture populaire, Les Trois Marie désignent La Ceinture d’Orion tandis que les Sept Chevreaux renvoient aux Pléiades.
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Extrait 2



À quoi bon inventer !
Plus étrange est ce qui est réel.
Les sirènes du port,
le palmier,
la médaille mangée par ses baisers,
le lion et le rubis,
les cloches d'une église,
le tramway qui passe, des canaris qui chantent dans un patio, tout fous,
au milieu d'orangers amers, le hochet,
le tricycle, la toupie, les hamacs impatients
pourraient être en profusion exotiques ;
Palermo*, l'Arbre du Pardon**, le Pavillon des Lacs***
abritant une poule dans une cage en verre
qui pour un centime
pond des œufs pleins de friandises ;
le Jardin botanique est loin,
mais profonde la proximité de ce lieu
qui dans sa vie va être important
tout comme l'amour,
les visages et les livres.


/traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard,


* Palermo est un quartier résidentiel de Buenos Aires situé au nord de la ville. Il offre des rues très arborées et une ample partie de son territoire est occupée par les Bosques de Palermo, un espace composé de jardins botaniques, de lacs et d'espaces verts.
** Allusion au rejeton d'un arbre historique, le cassier du Pardon (Aromo del Perdon), situé Plaza Sicilia (Palermo) à Buenos Aires.
*** Le Pavillon des Lacs était un édifice situé près de la Roseraie de Palermo. Il fut construit par l'architecte Roland Le Vacher.
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Video de Silvina Ocampo (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Silvina Ocampo
Un père et son fils traversent l'Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? le petit garçon s'appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d'un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.
Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d'une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l'Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l'horreur et du gothique, "Notre part de nuit" est un grand livre, d'une puissance, d'un souffle et d'une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King.
Pour lire les premières pages : https://bit.ly/3fzyoiW
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