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Marie-Odile Masek (Traducteur)Tahar Ben Jelloun (Préfacier, etc.)
ISBN : 2020181614
Éditeur : Seuil (03/02/2000)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Quelque part en Italie, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans une villa transformée en hôpital militaire, Hana, une jeune infirmière, veille sur son unique patient : un aviateur anglais atrocement brûlé lors d'un accident d'avion dans le Sahara. Deux hommes font irruption dans la villa éventrée par les obus, et chacun tour à tour doit dévoiler son secret. Le plus énigmatique reste celui de ce patient anglais, ivre de morphine, amoureux du désert, qui raconte ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  11 mars 2015
"Le patient anglais", c'est avant tout une poésie âpre et rude, aussi blessante et brûlante que le souffle du Sahara. C'est ensuite une atmosphère, celle de la Seconde Guerre mondiale, que l'on croit bien connaître au fil des témoignages et des lectures mais que l'auteur nous présente ici sous un angle nouveau, celui du minage de la retraite des vaincus pour ralentir l'avancée des Alliés et leur occasionner de lourdes pertes. Enfin, "Le patient anglais", ce sont trois histoires qui s'entremêlent dans un ballet poignant : celle d'Hana, la jeune infirmière canadienne, celle de Kip, le jeune sapeur indien, et celle du fameux patient anglais, l'homme mystère, ce grand brûlé rescapé du crash de son avion en plein désert.
Si, ouvrant les pages de ce roman, vous pensez y retrouver le romantisme de son adaptation cinématographique, vous risquez d'être déçus. Comme je vous le disais, le récit est avant tout âpre et la narration est déstructurée, elle est une énigme que vous aurez à résoudre, récoltant patiemment les indices cachés par l'auteur dans son oeuvre.
Michael Ondaatje est né au Sri Lanka et même s'il a la nationalité canadienne, bon sang ne saurait mentir, on retrouve dans sa plume le flegme et l'absence de stress des Indiens. D'où ce rythme lent qui pourrait rebuter une majorité de lecteurs et qui m'a souvent obligée à m'accrocher pour ne pas laisser mon intérêt se déliter. L'auteur nous emmène de la fertile campagne anglaise à l'aride étendue du désert de Lybie, de Florence au Caire. le mystère qui entoure l'identité et le parcours du patient anglais est à peine éclairé par les quelques flash-back retraçant la passion adultérine qu'il a partagée avec Katharine Clifton. Paralysé par ses brûlures, le corps réduit à un vulgaire morceau de carbone, le patient anglais est livré aux soins attentionnés d'Hana qui l'a isolé du corps sanitaire de l'armée et l'a installé dans les ruines d'une villa toscane. Dans ce décor hors du temps et hors du commun, les personnalités vont se révéler, les sentiments se développer et la vie renaître tant bien que mal, malgré des passés chahutés.
Une lecture en demi-teinte que j'aurai moyennement appréciée au final. Le style est très littéraire, sans aucun doute talentueux mais aussi très souvent abscons, jusqu'au surréalisme. Et mieux vaut avoir lu "Kim" de Kipling avant de découvrir "Le patient anglais", Ondaatje s'y référant fréquemment, ce qui n'a rien de surprenant étant donnée la mixité de ses influences culturelles.

Challenge de lecture 2015 - Un livre adapté en film
Challenge AUTOUR DU MONDE
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Crazynath
  16 juillet 2015
Je ne me serais jamais lancée dans la lecture de ce livre si je n'avais pas autant apprécié le film du même nom.
Je suis partie du postulat qui pour l'instant s'est toujours révélé exact que les oeuvres littéraires dont sont tirées les films sont en général bien meilleures que les dits-films...Eh ben, la, j'ai trouvé l'exception qui confirme la règle.
Autant j'avais apprécié le film d'Anthony Minghella sublimé par la musique envoutante de Gabriel Yared, autant je n'ai pas accroché plus que cela au livre.
J'ai trouvé les personnages pas toujours très attachants et developpés, entre autres Katherine, et surtout j'ai eu par moments de la peine à suivre le fil conducteur de la narration.
Une lecture en demi-teinte donc, et même si le livre n'est pas mauvais, j'affirme haut et fort que le film est bien mieux...et puis c'est tout !!
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Pirouette0001
  31 janvier 2018
De l'inconvénient d'avoir vu le film, au lieu de lire d'abord le livre.
Le film, il faut le dire se focalisait sur l'histoire du grand brûlé qu'était le comte Almasy en essayant de faire comprendre l'histoire d'amour intense qu'il avait eue avec Mrs Clifton. Ce qui ne correspond en rien à la réalité historique, puisque si le comte Almasy a effectivement découvert un site préhistorique de toute beauté, il était avant tout un aventurier homosexuel dans la vraie vie. Qu'importe.
Quand on a dans les yeux la photographie superbe du film primé par neuf oscars, il faut se plonger dans une réalité livresque toute différente qui est totalement ancrée sur l'actualité de la seconde guerre mondiale en Italie. Même si un chapitre est intitulé Katherine, et si Mrs Clifton apparaît bien de-ci, de-là dans le livre.
Une très belle écriture. Mais j'ai gardé en moi l'image plus envoutante du film.
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Malivriotheque
  26 mai 2018
C'est la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au coeur de l'Italie, dans un monastère dévasté converti en hôpital de fortune délaissé, Hana la jeune infirmière canadienne prend soin de son unique patient : un anglais grièvement brûlé sur tout le corps. Qui est-il ? Elle, Caravaggio l'Italien ami de la famille et Kip le sapeur sikh se retrouvent sur place, pour des raisons variées, et semblent considérer l'endroit comme un point de chute où leurs âmes égarées font l'analyse de tout ce qui leur est arrivé...
+__+
Si si, je sais que j'ai un avis après la lecture de ce livre, des ressentis multiples et variés, une appréciation... Mais laissez-moi rassembler mes idées avant, laissez-moi... atterrir.
Parce que ce bouquin a de quoi laisser coi et pantois, la bouche et les yeux grands ouverts d'incompréhension, voire même... de perdition.
Je me sens bête, mais je n'ai pas compris. "Quoi ?" me demanderez-vous. Je n'ai pas compris le sens, l'intérêt, les images, l'écriture, la construction, la soi-disant beauté qui a valu à cet ouvrage d'innombrables critiques élogieuses ainsi que le Man Booker Prize. le style est hyper personnel, obscur et ô combien abstrait. Les évènements s'enchaînent parfois sans queue ni tête, avec des retours en arrière ou avant loin d'être aisés à suivre. Les métaphores sont extrêmement énigmatiques et pour beaucoup inintelligibles, avec des formations de phrases plus qu'alambiquées. Combien de fois ai-je relu un passage pour mieux comprendre, sans toujours au final ne rien comprendre, me demandant à chaque fois "mais de quoi/de qui parle-t-il bon sang ?!!". Des gestes étranges, des personnages qui sortent de nulle part dans des situations qui arrivent à l'improviste, sans jamais avoir d'explication.
En outre les personnages sont loin d'être attachants, sauf peut-être Kip, dont les passages sur son travail en Angleterre sont les plus forts (et les plus limpides... cause à effet). Certainement parce qu'ils ne sont pas si clairs, eux et les relations qu'ils ont. La fin est aussi impénétrable que le reste.
Faut-il mériter ce livre ? Faut-il l'étudier comme à la fac pour en dégager le sens réel ?? Que faut-il donc pour l'apprécier ? Pour l'aborder ? Je n'ai pas compris et j'en ressors interdite.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Folfaerie
  25 septembre 2011
Et voilà, j'ai enfin pu lire le roman qui est à l'origine du film si romantique d'Anthony Minghella, et que j'avais beaucoup aimé. Il me fut assez difficile d'écrire ce billet car l'oeuvre d'Ondaatje est complexe et peu simple à évoquer. Mais honneur au film pour commencer. Outre le fait que j'adorais le travail de Minghella, le sujet très romanesque du film m'avait attirée, de même que la présence au casting de l'un de mes acteurs préférés, Ralph Fiennes. le résultat fut à la hauteur de mes espérances. Et puis récemment, dans le cadre d'un troc, j'ai fini par me procurer le roman. Je dois avouer que j'ai été un peu déroutée. C'est une épopée romantique, l'histoire d'un amour qui naît dans le désert, c'est plein de souvenirs tragiques, de paysages sublimes, de mystère (mais qui est ce patient anglais, est-ce seulement sa nationalité ? Espionnait-il pour les Allemands ?) et de passion. Jusque là, tout va bien. le hic c'est que je n'ai pas véritablement réussi à aimer l'histoire.
L'amour de ce mystérieux brûlé pour le désert est palpable à chaque page, c'est un aspect du roman que j'ai préféré, avec sans doute, la relation entre Hanna et Almesy. Quant à l'histoire d'amour entre ce dernier et Katherine, elle m'a plutôt laissé de marbre. Etant donné que c'est le sujet central du roman, c'est un peu gênant... La passion entre les deux amants est plus captivante à l'écran, Kristin Scott Thomas donnant de l'épaisseur à son personnage qui bénéficie de son élégance naturelle. Dans le roman en revanche, j'ai peiné à m'intéresser à leur romance du fait du peu d'empathie éprouvé pour Katherine.
Le personnage d'Hanna (Juliette Binoche à l'écran) est quant à lui, bien plus développé dans le livre. J'ai d'ailleurs aimé tous ces moments qui se passent dans cette villa délabrée en Italie, l'écrivain ayant su rendre magnifiquement la douceur de vivre italienne, même au milieu des mines et des décombres. de plus, j'ai adoré l'écriture d'Ondaatje : travaillée, élégante, complexe. Cela m'irrite fortement de ne pas avoir davantage aimé ce récit. Je crois que si Ondaatje avait raconté une histoire d'amour en Hanna et Almesy, j'aurai été conquise. Mais là, ces quelques vies qui vont s'emboiter, se croiser, le temps de l'agonie du mystérieux patient, n'ont pas réussi à me fasciner. Me restent tout de même les souvenirs des descriptions du désert, et un beau portrait d'homme que je n'oublierai certainement pas.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   09 mars 2015
- [...] Il n'y a que les riches qui ne puissent pas s'offrir le luxe d'être malins. Ils sont compromis. Ils se sont laissé enfermer dans leurs privilèges depuis de longues années. Ils doivent protéger ce qui leur appartient. Personne n'est plus méchant que les riches. Tu peux me faire confiance. Ils doivent se conformer aux usages de leur monde civilisé de merde. Ils déclarent la guerre, ils ont leur honneur, ils ne peuvent pas partir.
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Gwen21Gwen21   10 mars 2015
La bouche révèle le manque de confiance en soi, la suffisance, ou tout autre nuance de caractère. Pour lui, elle est ce qu'un visage a de plus complexe. Il n'est jamais sûr de ce qu'un oeil révèle. Mais il peut lire la façon dont la bouche peut s'assombrir jusqu'à la dureté, suggérer la tendresse. Il est aisé de se méprendre sur un oeil [...].
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Gwen21Gwen21   08 mars 2015
Une histoire d'amour, ce ne sont pas des êtres qui perdent leurs coeurs mais plutôt des êtres qui découvrent cet habitant acariâtre qui, lorsqu'on se heurte à lui, laisse à entendre que le corps ne saurait tromper qui que ce soit, ni quoi que ce soit : ni la sagesse du sommeil, ni l'habitude des courbettes. C'est une destruction de l'être et du passé.
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PalmyrePalmyre   23 juin 2015
Les moments avant de s'endormir sont ceux où elle se sent le plus en vie, elle saute par-dessus les fragments de la journée, emportant au lit chaque instant, comme l'enfant y emporte livres de classe et crayons.
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Gwen21Gwen21   08 mars 2015
Le désert ne pouvait être ni revendiqué ni possédé : c'était une pièce de drap emportée par les vents, que jamais les pierres n'avaient su retenir [...].
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Entretien avec Michael ONDAATJE
Entretien réalisé par la rédaction d'Un livre, Un jour.
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