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EAN : 9782253942252
219 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (08/05/1996)
3.76/5   48 notes
Résumé :
Une morale esthétique nous requiert pour une vie transfigurée par la sculpture de soi : elle suppose la vitalité débordante, la restauration de la virtù renaissante contre la vertu chrétienne, le talent pour l'héroïsme que permet l'individualité forte, le consentement à l'abondance, la capacité à la magnificence. Dans une perspective hédoniste, cette éthique donne toute leur puissance à la politesse, l'élégance, la parole donnée, l'amitié et les affinités électives.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
mabiblio
  28 mai 2020
Ou le Manuel de l'éthicien.
Son nom n'apparaît qu'à cinq reprises et pourtant il est bien là, entre les lignes, se confondant souvent avec sa création, je veux parler de l'éthicien. L'éthicien, comme l'entend Michel Onfray, est un artiste semblable au sculpteur, au peintre, au musicien, voire à l'écuyer. Mais son art façonne une matière bien différente : l'existence, la sienne.
Que cherche l'éthicien ? Construire son identité, plutôt que de la subir et de souffrir des nombreux déterminismes, aussi bien intérieurs qu'extérieurs, nous réduisant à l'état d'esclaves du Réel et de la nature humaine – de nous-mêmes donc. Dans quel but poursuivre cette maîtrise de soi ? La vie magnifiée, meilleure, bonne, loin de la fourberie, de l'hypocrisie, des méchancetés, des vilenies, des faussetés, de la violence, de l'agressivité et de la domination.
Comment procède-t-il ? En usant du procédé par excellence : l'ascèse. Cherchons la définition : « discipline que la volonté s'impose afin de tendre vers un idéal de perfection morale ». Deux étapes donc : fixer un cap, un point de repère, un archétype ; puis avec patience et détermination l'incarner.
J'aime cette célébration de la détermination, de l'opiniâtreté, qui parcourt l'ensemble de l'oeuvre. Car sans fermeté, sans résolution, il n'y a pas de projet éthique. Lorsqu'on se donne une règle visant à substituer une habitude par une autre, dans cet objectif d'une vie transfigurée, il faut le faire avec inflexibilité. Il faut l'accomplir avec autant de fermeté qu'un samouraï se donnant la mort avec son sabre. Si un homme est capable d'une telle détermination, pourquoi ne pourrais-je pas changer mes vieilles habitudes, exigeant une volonté moindre. Toute règle que l'on se donne, tout projet formulé, doit être honoré avec ténacité, avec discipline.
Pour simplifier l'expression de son éthique, Michel Onfray dessine les contours d'un personnage conceptuel, le Condottiere, qui fonctionne comme un autoportrait idéal, un archétype à atteindre, ou plutôt à approcher, par un travail de la volonté.
Je retiens de cette figure, sa lutte contre tout ce qui divise et diminue, condamnant le ressentiment et ses variations, pratiquant le respect de la parole donnée (faisant suivre toute annonce d'actions concrètes).
Bien sûr, le Condottiere se fonde sur une vision du monde et de l'humain qui n'appartient qu'à l'auteur, ce qui laisse le champ libre à chacun pour y construire son propre personnage conceptuel, dans l'espoir qu'un jour, avec le concours de la détermination, celui-ci devienne une personne s'incarnant en soi.
Depuis, le Condottiere a laissé place au Romain. Il serait intéressant de voir l'évolution du projet éthique de l'auteur. Mais cela, c'est une autre affaire.
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Bruno_Cm
  05 juillet 2014
On pourrait résumer relativement facilement les idées que Michel Onfray apporte, exhume, illustre, réinvente dans cet opus. Mais le résumé est chose désagréable car réductrice et probablement laide.Un geste, un mouvement, un hapax conviendrait bien mieux.
Je le laisse parler : Loin du soudard, donc, que L Histoire retient pour caractériser sa fonction, ses pratiques, le Condottiere est une tentative de réaliser un homme total, complet, multiplié, aurait dit Marinetti. Un sujet qui part en combat contre ce qui le divise, l'affaiblit et l'amoindrit, un soldat guerroyant contre l'aliénation et ses perversions. L'édifice qu'il se propose est son identité : elle doit jaillir du bloc de marbre informe qu'il est en arrivant à la conscience. Ce travail est monumental. Il fait de lui une figure éminemment faustienne.
Onfray part de cette figure, sculpture d'un Condottiere à partir de laquelle il commence un texte très exigent qui forme une sorte de boucle qui part et revient de la figure initiale, et qui en donne une cohérence certaine, au-delà du foisonnement de ces idées. Notez une écriture et une complexité qui se lit, et peut-être se vit.
Bonne Chance ! (On peut l'avoir. Si on sort du on pour un je, solaire, déterminé.)
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   06 juillet 2014
A la question : qu'est-ce que l'homme ? Il serait malvenu de se contenter de répondre : la résultante de contradictions engendrée par le social, la forme prise par une idéologie historiquement datée, l'épiphénomène s'illusionnant sur lui-même et vagissant dans un univers complexe de structures ou autres définitions qui renvoient à une antériorité, à une perception de l'homme comme effet ou conséquence, objet manufacturé par des puissances plus fortes que lui. N'en déplaise aux amateurs d'illusions, aux bovaryques et métaphysiciens qui enjolivent l'évidence : l'homme est un animal n'ayant pas encore achevé son évolution. Il est imparfait dans l'état qui est le sien et, pour le dire comme Nietzsche, il est appelé à être dépassé.
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DanieljeanDanieljean   07 novembre 2015
Le religieux conduit à l'émasculation, il vise la castration des énergies, leur inclusion dans des instances qui les stérilisent. L'Etat et L'Eglise excellent dans ces entreprises.
La religion produit des communautés et celles-ci s'évertuent à fonctionner de manière autonome, instruisant leur dossier pour produire, ensuite, des lois, des ordres, des règles, des commandements auxquels il s'agit de se subordonner. Abdiquer sa souveraineté au profit d'une sécurité obtenu par le groupe, c'est toute l'alchimie du contrat social auquel voudrait nous faire croire ses partisans.
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DanieljeanDanieljean   07 novembre 2015
…il s'agit d'éviter ce à partir de quoi se sont constituées les religions du siècle, à savoir la croyance à des entités singulières, autonomes, susceptibles de vénération, d'adoration. Dieu, l'Etat, la Race, le Prolétariat, l'Argent furent totems durant de longues décennies. Aux pieds des fétiches, on a versé du sang, de la sueur et des énergies. Ils se sont nourris de passions, d'enthousiasmes, de foi, ont grandi avant de se transformer en léviathans et béhémoths qui ont absorbé toutes les vitalités passant à leur portée. Ridicules et niais, les adorateurs et leurs clercs ont produit des doctrines universalistes à l'aide desquelles ils ont châtré les velléités singulières et individualistes.
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Bruno_CmBruno_Cm   06 juillet 2014
L'anecdote est connue, le cynique errant dans les rues d'Athènes, une lampe à la main, et cherchant un homme, en plein jour, n'a de sens que si l'on se souvient que ce que veut trouver le philosophe à la lanterne, c'est l'essence de l'homme, son idée. Ce que, bien sûr, il ne trouvera pas, puisqu'il ne rencontrera, chemin faisant que des hommes singuliers, particuliers et divers. De la même manière, lorsque Platon définira l'homme comme un bipède sans plumes, il suffira au cynique de plumer un poulet pour montrer qu'on peut être sur deux pattes et déplumés sans pour autant être un homme. Eloge du divers, pratique du fragment.
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mabibliomabiblio   13 avril 2020
Le Condottiere est celui dont la parole a un poids, son verbe est une décision, sa volonté un engagement : il pratique l'énoncé performatif. Le pacte avec autrui n'est jamais qu'un pacte avec soi-même : il s'agit d'être à la hauteur non pas tant de la promesse qu'on fait à l'autre que de celle qu'on se fait à soi-même en prenant l'autre pour occasion, et non pour témoin. Contracter, c'est vouloir et formuler un projet pour son énergie. De même, c'est annoncer, à son for intérieur en priorité, ce qu'il en sera du temps à venir.
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