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EAN : 9782070323210
217 pages
Éditeur : Gallimard (12/09/1985)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 406 notes)
Résumé :
Il faudrait enseigner l'art d'être heureux, explique Alain. "Non pas l'art d'être heureux quand le malheur vous tombe sur la tête ; je laisse cela aux stoïciens ; mais l'art d'être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l'amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises." Un incontournable classique de la philosophie du XXe siècle.


Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  19 mars 2015
Le passage à vide est un cercle vicieux ; le bonheur est un cercle vertueux. Plutôt que d'attendre passivement que le bonheur tombe de lui-même au fin fond de nos gosiers affamés, Alain nous encourage à utiliser nos forces pour le dévoiler. On commence à s'activer en croyant que le bonheur est la destination et pour peu que l'on persiste, on finit par découvrir que le bonheur est le trajet en lui-même.

« Quand [le bonheur] paraît être dans l'avenir, songez-y bien, c'est que vous l'avez déjà. »

Alain se trouve dans la continuité de Spinoza qui rejetait le libre-arbitre et la contingence pour valoriser une philosophie de l'action. Il ne connaîtra sans doute jamais les causes exactes de ses agissements, mais il voudra ce qu'il agit, et c'est en cela que connaître et vouloir ne font qu'un. Alain développe particulièrement ce que Spinoza avait évoqué plus laconiquement et mystérieusement dans son Ethique lorsqu'il écrivait par exemple :

« Celui qui a un Corps apte à un très grand nombre de choses, celui-là a une Ame dont la plus grande partie est éternelle. »

Alain propose une pratique de la connaissance intuitive du corps en soulignant l'importance du travail corporel, de la posture et de l'écoute de ses rythmes, flux et créations physiologiques, loin de la dualité réductrice qui sépare corps et âme.

D'autres similitudes se retrouvent. Lorsque Spinoza avait écrit que : « l'homme libre, qui vit parmi les ignorants, s'applique autant qu'il le peut à éviter leurs bienfaits », Alain déplore la sollicitude venimeuse :

« Je plains l'homme sensible et un peu poltron qui est aimé, choyé, couvé, soigné de cette manière-là. Les petites misères de chaque jour, coliques, toux, éternuements, bâillements, névralgies, seront bientôt pour lui d'effroyables symptômes, dont il suivra le progrès, avec l'aide de sa famille, et sous l'oeil indifférent du médecin, qui ne va pas, vous pensez bien, s'obstiner à rassurer tous ces gens-là au risque de passer pour un âne.
[…]
Le remède ? Fuir sa famille. Aller vivre au milieu d'indifférents qui vous demanderont d'un air distrait : « Comment vous portez-vous ? », mais s'enfuiront si vous répondez sérieusement ; de gens qui n'écouteront pas vos plaintes et ne poseront pas sur vous ce regard chargé de tendre sollicitude qui vous étranglait l'estomac. Dans ces conditions, si vous ne tombez pas tout de suite dans le désespoir, vous guérirez. Morale : ne dites jamais à quelqu'un qu'il a mauvaise mine. »

Malgré tous les rapprochements qu'il est possible de faire entre L'Ethique de Spinoza et les Propos sur le bonheur d'Alain, les deux livres sont loin d'être identiques –on ne peut pas rendre de meilleur hommage à Spinoza qu'en s'extrayant de ses influences premières pour devenir son propre créateur. Plus proche de nous et entravé par moins d'obstacles sociaux et politiques, Alain écrit dans une langue plus accessible et imagée. Les chapitres sont brefs et indépendants, mais ce serait une erreur de vouloir les lire ponctuellement et avec désinvolture. Si les chapitres ne sont pas classés par ordre chronologique de rédaction, c'est que leur enchaînement est implicitement porteur de sens.

Lorsque je reviens sur ce texte en picorant par-ci, par-là, je ne trouve pas la même intensité qu'en le lisant d'un bloc et dans l'observation de l'épanouissement de la pensée. Alain a crée un émerveillement souterrain qui ne peut se découvrir que dans la continuité, et non dans la discontinuité du picorage. Lus d'une traite ou presque, Les Propos sur le bonheur accélèrent le rythme cardiaque, entraînent une surconsommation d'oxygène et déclenchent l'émission bienfaisante d'endorphines. J'ai envie de faire lire ce livre à tous les gens qui sont tristes mais surtout à ceux qui se sentent encore capables de faire déborder leurs forces hors d'eux-mêmes.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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aouatef79
  07 février 2019
Emile Chartier , dit Alain , est écrivain , philosophe ,professeur et journaliste .
Il est connu comme étant un démocrate et un pacifiste
En 1925, furent publiés ses"Propos sur le bonheur",qui sont une anthologie thématique .Il s' agit d' un assemblage d' un certain nombre de "Propos"parus précédemment dans la presse .Cet assemblage des "Propos", a été réalisé avec un tiers .Ce que l' on apprécie chez ce philosophe c' est son optimisme d' où le titre du roman :"Propos sur le bonheur" .
Ses "Propos" sont de petits billets quotidiens qui paraissent de façon quotidienne dans la presse et ceci me rappelle un peu le billet de Robert Escarpit dans le quotidien du soir "Le Monde" durant les années soixante mais différents de par leurs thèmes car ce n' était qu' un exemple sur le billet quotidien .Lorsque je suis un peu déprimé , je me lance dans la lecture de "Propos" car ils agissent comme des antidépresseurs et ils reposent et soulagent .La lecture des "Propos" , nous rend sereins et
détendus .Ils nous laissent voir les choses et les aléas de la vie avec moins de crispation et de nervosité .
"Propos sur le bonheur" est mon livre de chevet .En cas d' insomnie , je le trouve à côté de moi et il me réconforte .Merci à Alain .
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peloignon
  05 juin 2013
Les propos sur le bonheur d'Alain n'ont vraiment pas fait le mien.
Sous le pseudonyme d'Alain et sous forme de « propos », Émile-Auguste Chartier aura donné à ses lecteurs des réflexions plutôt triviales, très subjectives et pourtant très peu originales sur divers sujets tirés du quotidien de l'homme occidental ordinaire de son époque.
Il écrit pourtant très bien. Les phrases sont concises et élégantes, les formules sont faites pour être frappantes et les possibilités qu'il met de l'avant sont toujours fort plausibles, mais leur contenu n'est franchement pas à la hauteur. On trouve déjà maintes réflexions incomparablement plus profondes et originales sur les mêmes sujets chez les penseurs antiques.
Il y a certains passages que j'ai trouvé sympathiques, certes, mais c'était moins en fonction de leur qualité intrinsèque que de leur moins grande banalité par rapport à ce qui les entourait.
Il est toutefois fort possible que mon opinion aurait été très différente si je l'avais lu plus jeune, alors que je n'avais pas encore lu tous ces auteurs tellement plus stimulants. Alain est peut être un philosophe pour adolescents?
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Kawane
  28 février 2019
Il est où le bonheur il est où ?...lalalllalala
Il est là ! à lire et à relire à s'en abîmer les yeux
sur les dires et les propos philo
de Ce pertinent philosophe
Cela devrait être déclamé
Dans toutes les cours de récré
Aux pauses à la machine café,
Ce foutu Bonheur : HEU -REUX ..
mais c'est quoi au juste, nom de lapin !
ÊTRE sur des ronds points ?
De la poudre de perlimpinpin ?
Non C'est ALAIN !
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ibon
  26 octobre 2019
Admiré d'André Comte-Sponville, celui-ci n'en n'est pas revenu quand des lettres d'Alain au contenu antisémite ont été révélées récemment au public.
Toujours est-il que ces réflexions sur le bonheur sont parfois plaisantes, elles offrent des propos concis, notamment sur la réussite, même si cela prête à discussion. Les propos sur les femmes (à la maison), datés de plus d'un siècle sont étonnantes et font tiquer maintenant.
J'ai trouvé idéal le format d'une page environ pour chaque propos. Mais, m'accrochant à l'exemplarité des donneurs de leçons, ces contenus perdent de leur portée et de leur puissance suite aux dernières révélations.
C'est étrange cette propension de certains grands penseurs à aller vers la bassesse et le racisme même si ces pensées étaient dissimulées pour Alain.
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Citations et extraits (238) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   28 mars 2013
12 jullet 1907

En famille : Il y a deux espèces d'hommes, ceux qui s'habituent au bruit et ceux qui essaient de faire taire les autres. J'en ai connu beaucoup qui, lorsqu'ils travaillent ou lorsqu'ils attendent le sommeil, entrent en fureur pour une voix qui murmure ou pour une chaise un peu vivement remuée ; j'en ai connu d'autres qui s'interdisent absolument de régler les actions d'autrui ; ils aimeraient mieux perdre une précieuse idée ou deux heures de sommeil que d'arrêter les conversations, les rires et les chants du voisin.

Ces deux espèces de gens fuient leurs contraires et cherchent leurs semblables par le monde. C'est pourquoi on rencontre des familles qui diffèrent beaucoup les unes des autres par les règles et les maximes de la vie en commun.

Il y a des familles où il est tacitement convenu que ce qui déplaît à l'un est interdit à tous les autres. L'un est gêné par le parfum des fleurs, l'autre par les éclats de voix ; l'un exige le silence du soir et l'autre le silence du matin. Celui-ci ne veut pas qu'on touche à la religion ; celui-là grince des dents dès que l'on parle politique. Tous se reconnaissent les uns aux autres un droit de « veto » ; tous exercent ce droit avec majesté. L'un dit : « J'aurai la migraine toute la journée, à cause de ces fleurs », et l'autre : « Je n'ai pas fermé l'œil cette nuit à cause de cette porte qui a été poussée un peu trop vivement vers onze heures. » C'est à l'heure du repas, comme à une sorte de Parlement, que chacun fait ses doléances. Tous connaissent bientôt cette charte compliquée, et l'éducation n'a pas d'autre objet que de l'apprendre aux enfants. Finalement, tous sont immobiles, et se regardent, et disent des pauvretés. Cela fait une paix morne et un bonheur ennuyé. Seulement comme, tout compte fait, chacun est plus gêné par tous les autres qu'il ne les gêne, tous se croient généreux et répètent avec conviction : « Il ne faut pas vivre pour soi ; il faut penser aux autres. »

Il y a aussi d'autres familles où la fantaisie de chacun est chose sacrée, chose aimée, et où nul ne songe jamais que sa joie puisse être importune aux autres. Mais ne parlons point de ceux-là ; ce sont des égoïstes.

790 - [p. 84]
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adilosaadilosa   12 décembre 2012
"Lorsque Bucéphale, cheval illustre, fut présenté au jeune Alexandre, aucun
écuyer ne pouvait se maintenir sur cet animal redoutable. Sur quoi un homme vulgaire aurait dit : « Voilà un cheval méchant. » Alexandre cependant cherchait l'épingle, et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terriblement peur de sa propre ombre ; et comme la peur faisait sauter l'ombre aussi, cela n'avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil, et, le maintenant dans cette direction, il put le rassurer et le fatiguer. Ainsi l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes."
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philo15philo15   07 novembre 2008
Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain.
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palamedepalamede   12 décembre 2016
Bonne année.

Tous ces cadeaux, en temps d'étrennes, arrivent à remuer plus de tristesse que de joies. Car personne n'est assez riche pour entrer dans l'année nouvelle sans faire beaucoup d'additions ; et plus d'un gémira en secret sur les nids de poussière qu'il aura reçu des uns et des autres, et qu'il aura donnés aux uns et aux autres, pour enrichir les marchands.
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adilosaadilosa   12 décembre 2012
"En réalité, les motifs qu'on a d'être heureux ou malheureux sont sans poids ; tout dépend de notre corps et de ses fonctions, et l'organisme le plus robuste passe chaque jour de la tension à la dépression, de la dépression à la tension, et bien des fois, selon les repas, les marches, les efforts d'attention, la lecture et le temps qu'il fait ; votre humeur monte et descend là-dessus, comme le bateau sur les vagues. Ce ne sont pour l'ordinaire que des nuances dans le gris ; tant que l'on est occupé, on n'y pense point ; mais dès qu'on a le temps d'y penser, et que l'on y pense avec application, les petites raisons viennent en foule, et vous croyez qu'elles sont causes alors qu'elles sont effets. Un esprit subtil trouve toujours assez de raisons d'être triste s'il est triste, assez de raisons d'être gai s'il est gai ; la même raison souvent sert à deux fins."
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