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ISBN : 2070323218
Éditeur : Gallimard (12/09/1985)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 356 notes)
Résumé :
Il faudrait enseigner l'art d'être heureux, explique Alain. "Non pas l'art d'être heureux quand le malheur vous tombe sur la tête ; je laisse cela aux stoïciens ; mais l'art d'être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l'amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises." Un incontournable classique de la philosophie du XXe siècle.


Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  19 mars 2015
Le passage à vide est un cercle vicieux ; le bonheur est un cercle vertueux. Plutôt que d'attendre passivement que le bonheur tombe de lui-même au fin fond de nos gosiers affamés, Alain nous encourage à utiliser nos forces pour le dévoiler. On commence à s'activer en croyant que le bonheur est la destination et pour peu que l'on persiste, on finit par découvrir que le bonheur est le trajet en lui-même.

« Quand [le bonheur] paraît être dans l'avenir, songez-y bien, c'est que vous l'avez déjà. »

Alain se trouve dans la continuité de Spinoza qui rejetait le libre-arbitre et la contingence pour valoriser une philosophie de l'action. Il ne connaîtra sans doute jamais les causes exactes de ses agissements, mais il voudra ce qu'il agit, et c'est en cela que connaître et vouloir ne font qu'un. Alain développe particulièrement ce que Spinoza avait évoqué plus laconiquement et mystérieusement dans son Ethique lorsqu'il écrivait par exemple :

« Celui qui a un Corps apte à un très grand nombre de choses, celui-là a une Ame dont la plus grande partie est éternelle. »

Alain propose une pratique de la connaissance intuitive du corps en soulignant l'importance du travail corporel, de la posture et de l'écoute de ses rythmes, flux et créations physiologiques, loin de la dualité réductrice qui sépare corps et âme.

D'autres similitudes se retrouvent. Lorsque Spinoza avait écrit que : « l'homme libre, qui vit parmi les ignorants, s'applique autant qu'il le peut à éviter leurs bienfaits », Alain déplore la sollicitude venimeuse :

« Je plains l'homme sensible et un peu poltron qui est aimé, choyé, couvé, soigné de cette manière-là. Les petites misères de chaque jour, coliques, toux, éternuements, bâillements, névralgies, seront bientôt pour lui d'effroyables symptômes, dont il suivra le progrès, avec l'aide de sa famille, et sous l'oeil indifférent du médecin, qui ne va pas, vous pensez bien, s'obstiner à rassurer tous ces gens-là au risque de passer pour un âne.
[…]
Le remède ? Fuir sa famille. Aller vivre au milieu d'indifférents qui vous demanderont d'un air distrait : « Comment vous portez-vous ? », mais s'enfuiront si vous répondez sérieusement ; de gens qui n'écouteront pas vos plaintes et ne poseront pas sur vous ce regard chargé de tendre sollicitude qui vous étranglait l'estomac. Dans ces conditions, si vous ne tombez pas tout de suite dans le désespoir, vous guérirez. Morale : ne dites jamais à quelqu'un qu'il a mauvaise mine. »

Malgré tous les rapprochements qu'il est possible de faire entre L'Ethique de Spinoza et les Propos sur le bonheur d'Alain, les deux livres sont loin d'être identiques –on ne peut pas rendre de meilleur hommage à Spinoza qu'en s'extrayant de ses influences premières pour devenir son propre créateur. Plus proche de nous et entravé par moins d'obstacles sociaux et politiques, Alain écrit dans une langue plus accessible et imagée. Les chapitres sont brefs et indépendants, mais ce serait une erreur de vouloir les lire ponctuellement et avec désinvolture. Si les chapitres ne sont pas classés par ordre chronologique de rédaction, c'est que leur enchaînement est implicitement porteur de sens.

Lorsque je reviens sur ce texte en picorant par-ci, par-là, je ne trouve pas la même intensité qu'en le lisant d'un bloc et dans l'observation de l'épanouissement de la pensée. Alain a crée un émerveillement souterrain qui ne peut se découvrir que dans la continuité, et non dans la discontinuité du picorage. Lus d'une traite ou presque, Les Propos sur le bonheur accélèrent le rythme cardiaque, entraînent une surconsommation d'oxygène et déclenchent l'émission bienfaisante d'endorphines. J'ai envie de faire lire ce livre à tous les gens qui sont tristes mais surtout à ceux qui se sentent encore capables de faire déborder leurs forces hors d'eux-mêmes.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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peloignon
  05 juin 2013
Les propos sur le bonheur d'Alain n'ont vraiment pas fait le mien.
Sous le pseudonyme d'Alain et sous forme de « propos », Émile-Auguste Chartier aura donné à ses lecteurs des réflexions plutôt triviales, très subjectives et pourtant très peu originales sur divers sujets tirés du quotidien de l'homme occidental ordinaire de son époque.
Il écrit pourtant très bien. Les phrases sont concises et élégantes, les formules sont faites pour être frappantes et les possibilités qu'il met de l'avant sont toujours fort plausibles, mais leur contenu n'est franchement pas à la hauteur. On trouve déjà maintes réflexions incomparablement plus profondes et originales sur les mêmes sujets chez les penseurs antiques.
Il y a certains passages que j'ai trouvé sympathiques, certes, mais c'était moins en fonction de leur qualité intrinsèque que de leur moins grande banalité par rapport à ce qui les entourait.
Il est toutefois fort possible que mon opinion aurait été très différente si je l'avais lu plus jeune, alors que je n'avais pas encore lu tous ces auteurs tellement plus stimulants. Alain est peut être un philosophe pour adolescents?
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plotin
  01 mai 2010
Connaissez-vous Alain ? Découvert à travers la lecture de livres et de revues ou dans des citations parues ici et là, j'ai voulu en savoir un peu plus sur lui. Alain est un nom de plume. L'auteur s'appelle, en fait, Emile Chartier. Professeur de philosophie dans les années 1890 – 1930, de Pontivy en Bretagne au lycée Henri IV à Paris, il marqua plusieurs générations d'élèves. En parallèle de son métier de Professeur, il exerça la fonction de chroniqueur dans plusieurs journaux de l'époque. Ses chroniques intitulées « Propos du dimanche » donnèrent naissance à un genre journaliste nouveau : le propos. Il s'agissait d'articles inspirés par l'actualité et dans lesquels on retrouvait une certaine dimension philosophique.
A la lecture de ces écrits, j'ai découvert quelqu'un de profondément optimiste.
Parmi les nombreux ouvrages d'Alain, Propos sur le bonheur. Je viens de refermer la dernière page de ce livre qui reprend plus d'une centaine de Propos. La lecture de ce livre (7€, une place de cinéma !) fait du bien. Chacune de ces chroniques parues dans les années 1905 – 1925 tient en deux pages. Les textes sont simples et efficaces, bien qu'il s'agisse de tournures de phrases dont nous n'avons plus l'habitude (nous sommes au début du XX° siècle). Tous les sujets sont abordés : l'amitié, la famille, le couple, la passion, le temps, la mort, la destinée, la fatalité, la paix, la guerre, l'optimisme, la mélancolie, le savoir-vivre, la politesse…. A travers ces chroniques, un fil rouge : le bonheur se trouve dans l'action, l'initiative, l'invention, la volonté, la maîtrise du corps. Ces chroniques ne se lisent pas à la file. J'en ai fait l'expérience, lisant une ou deux chroniques à 4 heures du matin, une ou deux autres au réveil, une ou deux autres dans le train…. ! C'est un livre à avoir à portée de main.
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lecassin
  07 mai 2012
« Propos sur le bonheur », un petit livre, quatre-vingt treize petits essais où propos ; une forme qu' Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier, reprendra à plusieurs reprises.
Comme beaucoup, c'est avec ces « propos sur le bonheur » que j'ai pris contact, adolescent, avec la philosophie ; certes, pas celle des grandes théories… mais plutôt celle du quotidien :. une série de variations, au sens musical du terme, sur le bonheur et sur la faculté que nous avons tous à le créer, pour nous et par conséquence, autour de nous.
Comment ? Spontanément … en écoutant les joies simples de la vie quotidienne : « du pain sur la table… Des coudes qui se touchent… Voilà le vrai bonheur » disait Julos Beaucarne.
A lire et à relire : un vrai bonheur !
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Nekho
  14 janvier 2018
Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, soit un ensemble d'articles courts , inspirés par l'actualité et le quotidien et destinés à être publiés dans des revues.
Ce n'est pas une oeuvre philosophique mais plutôt une démonstration , une méthode de réflexion, une sorte de philosophie pour les nuls qui expose une manière de penser les problèmes du quotidien afin de les gérer, voire de les dépasser.
L'exercice a ses limites. Destinés à une publication éphémère, ancrée dans la réalité d'une époque et d'un public, ces propos peuvent paraître parfois datés ou limités à un contexte particulier.
Il ne faut pas, me semble-t-il, y chercher une portée universelle ou une méthode magique pour être heureux.
On peut adhérer ou pas aux propos d'Alain. A la limite peu importe. le plus intéressant dans ce livre me paraissant la démarche, cette façon de faire de la philosophie sans le savoir, sans avoir besoin de connaissances ou de références particulières, cette manière d'appréhender nos états d'âme, de les analyser, de les observer avec recul, de les décortiquer pour ne plus les subir, sans pour cela s'appesantir dans l'introspection poussée, en tenant compte de notre nature animale, de l'influence de notre physiologie sur nos perceptions.
C'est un livre qui fait du bien, qui donne envie de s'ébrouer, de se secouer, l'action libre, voulue, consentie étant le meilleur remède à la mélancolie.
Et puis sa forme, cet assemblage de chapitres aux titres clairs et précis, sans construction particulière, permet de l'ouvrir au hasard, d'en lire quelques pages au gré des envies ou de l'humeur du moment.
Soit un excellent remède à la morosité, une façon de ne pas faire du malheur avec de banales contrariétés.
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Citations et extraits (205) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   28 mars 2013
12 jullet 1907

En famille : Il y a deux espèces d'hommes, ceux qui s'habituent au bruit et ceux qui essaient de faire taire les autres. J'en ai connu beaucoup qui, lorsqu'ils travaillent ou lorsqu'ils attendent le sommeil, entrent en fureur pour une voix qui murmure ou pour une chaise un peu vivement remuée ; j'en ai connu d'autres qui s'interdisent absolument de régler les actions d'autrui ; ils aimeraient mieux perdre une précieuse idée ou deux heures de sommeil que d'arrêter les conversations, les rires et les chants du voisin.

Ces deux espèces de gens fuient leurs contraires et cherchent leurs semblables par le monde. C'est pourquoi on rencontre des familles qui diffèrent beaucoup les unes des autres par les règles et les maximes de la vie en commun.

Il y a des familles où il est tacitement convenu que ce qui déplaît à l'un est interdit à tous les autres. L'un est gêné par le parfum des fleurs, l'autre par les éclats de voix ; l'un exige le silence du soir et l'autre le silence du matin. Celui-ci ne veut pas qu'on touche à la religion ; celui-là grince des dents dès que l'on parle politique. Tous se reconnaissent les uns aux autres un droit de « veto » ; tous exercent ce droit avec majesté. L'un dit : « J'aurai la migraine toute la journée, à cause de ces fleurs », et l'autre : « Je n'ai pas fermé l'œil cette nuit à cause de cette porte qui a été poussée un peu trop vivement vers onze heures. » C'est à l'heure du repas, comme à une sorte de Parlement, que chacun fait ses doléances. Tous connaissent bientôt cette charte compliquée, et l'éducation n'a pas d'autre objet que de l'apprendre aux enfants. Finalement, tous sont immobiles, et se regardent, et disent des pauvretés. Cela fait une paix morne et un bonheur ennuyé. Seulement comme, tout compte fait, chacun est plus gêné par tous les autres qu'il ne les gêne, tous se croient généreux et répètent avec conviction : « Il ne faut pas vivre pour soi ; il faut penser aux autres. »

Il y a aussi d'autres familles où la fantaisie de chacun est chose sacrée, chose aimée, et où nul ne songe jamais que sa joie puisse être importune aux autres. Mais ne parlons point de ceux-là ; ce sont des égoïstes.

790 - [p. 84]
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adilosaadilosa   12 décembre 2012
"Lorsque Bucéphale, cheval illustre, fut présenté au jeune Alexandre, aucun
écuyer ne pouvait se maintenir sur cet animal redoutable. Sur quoi un homme vulgaire aurait dit : « Voilà un cheval méchant. » Alexandre cependant cherchait l'épingle, et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terriblement peur de sa propre ombre ; et comme la peur faisait sauter l'ombre aussi, cela n'avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil, et, le maintenant dans cette direction, il put le rassurer et le fatiguer. Ainsi l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes."
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philo15philo15   07 novembre 2008
Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain.
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adilosaadilosa   12 décembre 2012
"En réalité, les motifs qu'on a d'être heureux ou malheureux sont sans poids ; tout dépend de notre corps et de ses fonctions, et l'organisme le plus robuste passe chaque jour de la tension à la dépression, de la dépression à la tension, et bien des fois, selon les repas, les marches, les efforts d'attention, la lecture et le temps qu'il fait ; votre humeur monte et descend là-dessus, comme le bateau sur les vagues. Ce ne sont pour l'ordinaire que des nuances dans le gris ; tant que l'on est occupé, on n'y pense point ; mais dès qu'on a le temps d'y penser, et que l'on y pense avec application, les petites raisons viennent en foule, et vous croyez qu'elles sont causes alors qu'elles sont effets. Un esprit subtil trouve toujours assez de raisons d'être triste s'il est triste, assez de raisons d'être gai s'il est gai ; la même raison souvent sert à deux fins."
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palamedepalamede   12 décembre 2016
Bonne année.

Tous ces cadeaux, en temps d'étrennes, arrivent à remuer plus de tristesse que de joies. Car personne n'est assez riche pour entrer dans l'année nouvelle sans faire beaucoup d'additions ; et plus d'un gémira en secret sur les nids de poussière qu'il aura reçu des uns et des autres, et qu'il aura donnés aux uns et aux autres, pour enrichir les marchands.
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