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EAN : 9782080449719
192 pages
Flammarion (10/04/2024)
4.03/5   33 notes
Résumé :
Qu’est-ce qui rassemble cette constellation de personnages qui vont, viennent et se répondent dans ces huit histoires de vies imparfaites ? Une manière de naviguer, sans doute, et de se débrouiller dans l’existence, ce long fleuve parfaitement intranquille.
Des vies compliquées parfois par la malchance, celle qui semble poursuivre Auguste ; par le travail, celui qu’Éva a accepté pour mieux s’occuper de son adolescente ingrate ; par la peur, celle de Rachel q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Les romans de Véronique Ovaldé, souvent situés dans des lieux qui n'existent pas, frappent par la puissance de l'imaginaire onirique de l'auteure qui s'enroule telle une liane autour de l'intrigue. Si le genre de la nouvelle reste très prisé outre-atlantique, il est hélas considéré, à tort, comme mineur en Europe, où le roman tient le haut du pavé. Auteure accomplie, Ovaldé fait ainsi preuve d'un certain panache en publiant « À nos vies imparfaites », son premier recueil de nouvelles.

La première des huit nouvelles du recueil nous conte le destin singulier d'Auguste Baraka, qui doit son surnom à une malchance légendaire. Une malchance telle que notre héros, ingénieur du son de son métier, a rejoint les MA, les Malchanceux Anonymes, un groupe de parole dédié à tous ceux qui comme Auguste doivent affronter une malchance difficile à concevoir. Un jour de grève, il visite un appartement où il compte installer un studio d'enregistrement. Un endroit particulièrement calme et parfaitement adapté au projet d'Auguste. C'est une certaine Éva Coppa, agente immobilière peu efficace, qui s'occupe de la transaction. Auguste est tellement enthousiaste qu'il propose à Éva, dont le charme ne le laisse pas insensible, de conclure sur-le-champ l'acquisition de l'appartement. Cette dernière hésite, car elle sait que l'immeuble est situé au-dessus d'un croisement entre deux lignes de métro, et qu'excepté les jours de grève, le lieu est extrêmement bruyant et tremble toutes les deux minutes. Mère célibataire d'une petite fille dont le père n'a jamais saisi la notion de pension alimentaire, elle décide de vendre l'appartement à Auguste, pour toucher sa commission.

Le twist final nous apprend que, des années plus tard, Auguste et Éva se remémoreront ce jour si particulier, le jour de leur rencontre. Un twist qui éclaire rétrospectivement la nouvelle d'une lueur teintée d'espoir. S'il n'a pas fait l'affaire du siècle en achetant cet appartement, Auguste a rencontré la belle Éva et peut-être enfin vaincu le mauvais sort. « Les désarrois d'Auguste Baraka » nous rappelle enfin que la chance est une notion toute relative et qu'une rencontre amoureuse ne saurait se comparer à une transaction immobilière, aussi malheureuse soit-elle.

***

Si les nouvelles peuvent se lire indépendamment les unes des autres, Véronique Ovaldé tisse une toile qui les relie, en faisant de l'un des personnages secondaires d'une nouvelle, le personnage principal de la nouvelle suivante. La deuxième nouvelle approfondit ainsi la destinée d'Éva Coppa, tandis que la troisième nous conte l'adolescence insolite de sa fille qui se fait appeler Bob et ainsi de suite. Si le personnage d'Éva Coppa apparaît dans plusieurs nouvelles, « À nos vies imparfaites » n'est pas un roman déguisé, tant les nouvelles du recueil explorent des univers distincts. A la manière de Joseph Incardona, l'auteure s'adresse parfois directement au lecteur, pour lui donner son avis sur telle ou telle situation. Des incises discrètes et décalées qui font mouche.

« Mon amie chinoise me dit toujours que son nom lui ouvre les portes de n'importe quel service d'ingénierie informatique, les humains sont accablants, je ne vous le fais pas dire. »

Les fins des nouvelles sont particulièrement percutantes. Elles nous proposent tantôt un twist inattendu, tantôt une conclusion qui donne au texte une couleur que l'on n'avait pas décelée. Démiurge littéraire facétieux, Véronique Ovaldé surprend son lecteur avec une facilité déconcertante. Un effet de surprise, jamais artificiel, qui confère au recueil toute sa force percussion.

***

Les nouvelles nous sont étrangement familières, dans la mesure où nous y retrouvons l'un des protagonistes de la nouvelle précédente et pourtant surprenantes, tant les univers abordés diffèrent d'un texte à l'autre. On y retrouve l'imaginaire foisonnant de l'auteure, sa drôlerie irrésistible, sa façon d'aborder des sujets sérieux sans jamais se prendre au sérieux. Malgré la gravité des situations abordées, Véronique Ovaldé aime ses personnages et leur offre la possibilité d'une rédemption. Sans doute sa manière de rendre hommage à la poésie improbable de « nos vies imparfaites ».

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Quel plaisir que des nouvelles aussi bien tournées, d'autant plus que l'auteure tout en donnant à chacune une identité propre les relie avec un fil rouge romanesque.
J'ai surtout apprécié le calme et la sérénité que provoquent cette lecture.
Bien sur, les différents personnages ont quelques problèmes avec leur vie, mais leur destinée est positive et la belle écriture de V.Ovaldé sait les mettre en valeur.
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Il existe des romans qui ressemblent plutôt à un assemblage de nouvelles mais l'inverse, Véronique Ovaldé le prouve dans A nos vies imparfaites, est également possible. Sans se répondre tout à fait, les huit nouvelles qui composent le recueil ont parfois des personnages en commun, qui de principal deviennent secondaire et vice-versa. Au début, le livre semble devoir ressembler à La Ronde de Schnitzler mais finalement non, l'autrice préfère les surprises aux scenarii trop prévisibles. Une fois de plus, Véronique Ovaldé démontre que la légèreté et la fantaisie font bon ménage avec la profondeur et la réflexion, combien d'écrivains peuvent se targuer de réussir une telle alchimie ? Les nouvelles sont courtes et plaisantes, toujours centrées sur un personnage attachant, lequel se débrouille tant bien que mal avec son inné et ses acquis, dans une vie imparfaite, laquelle ne l'est pas, mais c'est la sienne. Quelques drames, incidents et regrets surviennent mais de ces aléas et de la mélancolie de l'existence, en général, V.O fait son miel avec l'ironie, l'humour et l'élégance qu'on lui connaît. A nos vies imparfaites ne remplace pas un gros et bon roman de l'écrivaine mais il serait injuste de déprécier cet exercice de style qui pourrait représenter, pour ceux ou celles qui n'ont pas encore découvert son talent, une entrée en matière idéale pour goûter la petite musique d'une autrice qui ne déçoit jamais quand il s'agit de réenchanter la vie.
Lien : https://cinephile-m-etait-co..
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Une petite lecture bien agréable.

A nos vies imparfaites de Veronique Ovalde nous présente 8 personnages .
Certains ont un lien familial, de voisinage, d'amitié, de rencontre amoureuse… et d'autres pas.

Ces 8 nouvelles se lisent comme si vous étiez spectateur de leur vie.
Chacun a ses tourments parfois depuis leur enfance , d'autres depuis leur age adulte.

J'ai beaucoup aime cette lecture car j'ai trouve que c'était un roman qui place le lecteur comme un visiteur dans plusieurs vies. J'ai beaucoup aime les histoires sur les personnages de Auguste, d'Eva, de Marguerite, de Rachel et de Lazlo qui ont une histoire commune et peut etre un peu moins les personnages de la fin.

Mais il s'agit d'une très belle parenthèse de lecture entre des lectures de thriller et de polars . Un moment doux
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🫴 Un recueil de vies avec leurs blessures, leurs petits côtés claudiquants, leurs gaucheries, leurs petits défauts, leurs tas de poussière sous le tapis.

🫴 En lisant ce livre j'avais l'impression d'être penchée à ma fenêtre et d'observer la vie de chaque habitation de l'immeuble d'en face. Sans voyeurisme, ni méchanceté, juste cette coquetterie d'observer un peu la vie des autres.

🫴 Et j'ai trouvé cela doux et beau. Un peu court par contre, j'aurais aimé entendre parlé de José le concierge, de John le nouveau stagiaire de la grosse firme internationale... C'est tellement succulent que l'on ne peut qu'en redemander.

🫴 J'aime beaucoup le style de Véronique Ovaldé, la rythmique des textes, le jeu des consonnes, les sifflantes, les percutantes. C'est délicieux à voix haute.

🫴 J'ai eu de l'affection pour Rachel, Bob/Rose, Lilly et Joe. Des bribes de vie plein d'humour, de positivité malgré les aléas. C'est vivant et humain. Tout ce que j'aime dans l'écriture.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique
17 mai 2024
Véronique Ovaldé imagine une galerie de personnages esquintés par l'existence. Avec humour et finesse sociologique.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Parce qu'au fond, c'était peut-être ça l'enfance: avoir du mal à se caractériser et se contenter d'écouter ses parents qui disent aux autres parents, Oh il est très travailleur, ou alors, C'est un carnivore, puis s'appliquer à être travailleur ou carnivore, en passer parfois par de l'astrologie en pensant que peut-être jour et heure de naissance seront révélateurs. Sommes-nous velléitaires ou têtus? Fidèles ou désinvoltes? C'est comme d'essayer plusieurs signatures avant d'en trouver une satisfaisante ou de changer d'écriture en cours d'année scolaire (rond à la place des points sur les i? penchement à gauche ou penchement à droite?).
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Jo ne pouvait pas être jalouse de la beauté de son amie. Car c'était comme quelque chose de contagieux. Elle était heureuse de se promener aux cotés de Lili et de surprendre les regards qui se tournaient vers elle. Parce que c'était avec elle que Lili se promenait et avec personne d'autre.
Jo avait toujours aimé aller chez Lili. Voir sa propre maison depuis le jardin de son amie lui donnait un sentiment d'étrangeté qui la ravissait. C'était comme de surprendre son reflet dans un miroir et de ne pas se reconnaître. Tenter de deviner à quoi l'on ressemblerait et quel effet on produirait si l'on n'était pas soi.
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On aime que les choses ne viennent pas petit à petit- que ce soit dans leur débâcle ou dans leur épanouissement. On aime un coup de tonnerre, un début précis, une rencontre particulière, un virage crucial. On aime les rémissions spontanées et les changements de cap.
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On ne perd qu'une chose dans sa vie, continuellement, se dit-elle. On retrouve cette chose, quelle qu'elle soit, une sensation, un menu plaisir, un espoir, on retrouve son écho et on la reperd indéfiniment. Elle a parfois l'impression de se dissiper dans l'atmosphère. Là elle devient une nuée de particules qui se dispersent au-dessus des voyageurs, c'est une pensée consolante après cette morne journée, une nuée de particules rêvant de grec ancien et de salon de thé.
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Elle pensait à son cœur d'adolescente criblé de balles. Et elle comprit que Lili avait définitivement disparu quand elle cessa enfin après tant d'années de lui parler chaque matin alors qu'elle enfourchait son scooter, quand la petite voix dans sa tête arrêta de discuter et de justifier et d'argumenter, et quand sa grande colère et son grand chagrin s'effilochèrent pour ne devenir que les vagues cumulus d'un ciel de traîne.
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Vidéo de Véronique Ovaldé
Véronique Ovaldé, dont le talent n'est plus à prouver, dévoile une fois de plus son expertise dans la création de personnages saisissants avec À nos vies imparfaites, paru aux éditions Flammarion. Dans ce roman, elle dresse le portrait d'une galerie d'hommes et de femmes confrontés aux défis de l'existence moderne, jonglant avec une solitude parfois écrasante. Avec sa plume délicate et son regard lucide sur la condition humaine, l'autrice nous entraîne dans les méandres de vies marquées par les imperfections et les aspirations. Chaque personnage semble prendre vie sous sa plume, nous invitant à partager leurs joies, leurs peines et leurs quêtes de sens.
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