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EAN : 9782804002305
193 pages
Espace Nord (30/11/-1)
3.56/5   34 notes
Résumé :
Treize nouvelles où le réel insidieusement prend des allures insolites, où le quotidien s'altère de manière inquiétante.
Treize situations d'apparence banale, où pourtant le danger et la mort guettent.
Treize frissons intelligents.
Par l'un des Maîtres belges de la littérature fantastique.

En 1941, un avocat de 31 ans publie dans la collection "Le Jury" : "Ce soir, huit heures", un très court récit policier. Thomas Owen est né ! <... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Voici un recueil de treize nouvelles écrites par un auteur belge, dans lesquelles le quotidien est d'abord banal, insignifiant : il pleut ou il fait beau, on se trouve dans un parc, dans la rue, dans un hôtel, on se déplace en voiture, en train, à pied. Puis, sans qu'on sache pourquoi, le réel se distend et se trouble, glisse dans une autre dimension, celle de l'angoisse. Illusions, hallucinations ou pur fantastique, on ne distingue pas toujours, mais le danger est là, matérialisé par une botte de poireaux ou l'absence (ou la présence) d'une bicyclette au petit matin.

La mort, le temps qui passe et qui dévaste les corps, l'amour, la haine, sont les thèmes qui traversent ces nouvelles. La sexualité aussi est présente, de façon voilée ou plus crue, mais toujours glauque. Les femmes ne sont pas épargnées : si elles sont parfois posées en victimes ou si dans quelques nouvelles la beauté de leur corps est célébrée, dans la plupart elles se révèlent malsaines, à la fois attirantes et repoussantes, souvent mortifères. A l'exception des "Retrouvailles", nouvelle romantique et poétique, le recueil distille une atmosphère délétère, dans laquelle le fantastique contraste avec des détails plus réalistes les uns que les autres. Malaise garanti.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Encore un auteur belge nouvellement connu. Gérard Bertot a commencé par écrire des romans policiers mettant en scène l'inspecteur Thomas Owen. C'est sous ce nom que ses livres ont ensuite paru. Ami de Jean Ray, il se tourne très vite vers le fantastique à partir des années 1945-1950. Textes courts et nouvelles prendront alors le pas sur le roman et pour cette première découverte, je dois dire que c'est très réussi. Un début dans lequel on se projette immédiatement, une évolution et une fin qui ne se termine pas par des points d'interrogation pour le lecteur.

Treize nouvelles que j'ai eu plaisir à lire pour la qualité de l'écriture d'abord :

« En tendant l'oreille, on aurait entendu le petit ruisseau sautillant, tout froid de la fraîcheur des bois, faire rire et chatouiller les pierres de son lit. »

Ensuite, comme déjà dit, on est tout de suite immergé dans le monde de l'auteur, d'autant plus que certaines nouvelles sont très courtes. Enfin, parce que j'aime le fantastique qui les composent : sortilèges, rêves devenant réalité, peurs, désirs mystérieux, vengeance issue de l'au-delà, poésie aussi mais pas toujours.

Non, pas toujours. A côté d'envoûtements ou de belles dames évanescentes, la mort est omniprésente. de plus, l'auteur a une fâcheuse tendance à inclure des personnages féminins pas joli-joli. Et il a un vrai don pour faire passer en peu de mots toute la laideur et la répugnance pour la gent féminine. Vieille, mal fagotée, prostituée (Les guetteuses), névrosée et soumise (L'impromptu d'Evora), aux intentions mesquines (Une véritable chinoiserie), machiavélique (Le voyageur), laide et répugnante (La truie), sans aucune morale (La belle vaincue et le troubadour).

«  Elle avait de gros bras couleur d'abricot. Son visage luisant s'affaissant avec une expression vulgaire. Un cordon serré à la taille, pour soutenir un tablier noir, accusait d'informes rondeurs mouvantes. »

Je les ai toutes aimées ces nouvelles (je précise ;-). Mes préférées ? « Les retrouvailles » pour sa beauté, « Le voyageur » pour la tension et la surprise, « La boule noire » pour son originalité. Je lirai certainement encore un ou deux livres de cet auteur.
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"Le brouillard ne se dissiperait pas de sitôt.". Incipit de la première nouvelle donnant le ton de l'ensemble... et nous rappelant furieusement la poésie funèbre du court roman de Claude SEIGNOLLE : "La brume ne se lèvera plus", que nous admirions adolescent...

Publié pour la première fois en Belgique en 1972, le recueil "La truie et autres histoires secrètes" du belge Thomas OWEN (1910 - 2002) nous entraîne, une fois de plus, dans le train-fantôme d'un "Réel" qui se dérobe sans cesse...

Ici, une femme mystère dont le "héros" Arthur Crowley suivra la trace jusque dans la grange de la ferme, guidé par quelques grognements... Ailleurs, une petite boule noire qui attire l'infortuné curieux et se prépare à... (La suite, nous la redoutons depuis la vision du terrifiant "The Thing" de John CARPENTER, évidemment bien postérieur... )

Mystères tout en évanescences et ellipses, poésie des lieux et de la langue, tout cela bien loin du sordide surligné des [surfaits] "Truismes" de la romancière française Marie Darrieussecq (laquelle, à ma connaissance, n'avoua jamais sa dette thématique à la "nouvelle-phare" -- alors comme aujourd'hui un peu oubliée -- du secret et discret Thomas OWEN...).

On surprend, de ci, de là, quelques titres très "buzzatiens", autre fantastiqueur universel et "novelliste" de talent...

Les treize nouvelles composant ce recueil sont : "La truie", "La boule noire", "Les guetteuses", "L'impromptu d'Evora", "Une véritable chinoiserie", "La femme forcée", "Les moments difficiles", "Les retrouvailles", "Motel party", "Le voyageur", "La mort d'Alexis Balakine", "Les affaires d'autrui", "La belle vaincue et le troubadour".

Ah, se plonger puis se replonger régulièrement -- à dix, vingt ou trente ans d'intervalle -- dans le monde oublié des saillies fictionnelles de si belle facture de "notre" regretté Thomas OWEN (1910- 2002) !

Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Dans ce recueil de 1972, de l'un des auteurs les plus brillants de l'école belge du fantastique, on ne sait jamais exactement d'où surgira la danger. Il apparaît par petites touches, sournoisement. Pas ou peu d'éléments surnaturels afin de l'identifier. Des "guetteuses" armées d'un sac de poireaux. Une invitation mondaine chez un grand propriétaire portugais. Une vieille souffrante qui demande de la compagnie. Une promenade en barque sous le soleil... Nous sommes bien dans un fantastique allusif, subtil, énigmatique, qui explore les non-dits, la gêne d'une sexualité peu avouable, souvent proche de la mort. "Le voyageur" est un petit-chef d'oeuvre d'écriture et de narration. Une histoire de fantôme à double détente, qui décrit magnifiquement la cruauté de l'enfance. Thomas Owen est un excellent nouvelliste dont on a pas fini de relire les recueils.
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« Ils avaient franchi la mystérieuse cloison qui sépare le réel de l'au-delà (...)Ils comprirent qu'ils étaient devenus invisibles à tous autres yeux que les leurs »

C'est le hasard et surtout le challenge "Animaux du monde" de Sharon qui m'ont conduits à découvrir ce recueil de contes plaisamment intitulé « La Truie ». En surfant sur Amazon (je sais, Amazon c'est le mal, cela fait concurrence aux librairies, mais moi, ça me donne des idées de lecture... j'adore les librairies, cela dit, mais si j'ai besoin d'une idée à 22h30 un dimanche, elles sont fermées, ma bonne dame) et en tapant «Truie» en mot clef (après avoir tenté grenouille, canard, corbeau, lionceau...) j'ai trouvé ceci... et je ne regrette pas mon choix.

Ces treize nouvelles fantastiques sont remarquablement écrites. Thomas Owen décrit les lieux, les gens avec une telle précision qu'on s'y croirait... Les détails comme «une capsule de bouteille qu'on a négligée de ramasser» , «un peu de mastic qui s'était détaché d'une vitre» insignifiants au demeurant, plantent le décor. Un hôtel, un parc, un train, une femme assise sur un banc... La pluie battante ou un beau ciel bleu... Ambiance. Et puis ça dérape. Et ça fait vraiment peur.

Owen introduit le bizarre, l'inquiétude dans un banal sac de poireaux, dans une boule noire trouvée dans une chambre d'hôtel (mention spéciale à la nouvelle du même nom que j'ai adorée), les femmes sont lascives, malsaines, elles apparaissent et disparaissent... mais attention, avec Owen, pas de frisson à bas prix. La vieillesse, la mort, le thème du double qui traversent tout le recueil sont traités de façon intelligente et subtile, à travers le prisme de l'angoisse. J'avoue que je ne suis pas sûre d'avoir compris le sens profond de tous les textes, mais quand ils sont de cette qualité, j'ai tendance à me laisser embarquer sans trop chercher... Et puis, comme une cerise sur le gâteau, la poésie, la légèreté même, sont bien présentes dans un univers pourtant très sombre. On les trouve au détour d'une phrase merveilleuse comme celle-ci : « Et les voilà partis dans l'air tout à coup, flottant à l'horizontale, comme les fiancés de Chagall, à la rencontre des soleils » ou celle-là : «Dans la barque, toujours chantait le troubadour. Dans les prés, toujours frémissaient les grillons. Dans les roseaux toujours s'aimaient les libellules... »

C'est beau non?
Lien : http://bgarnis.canalblog.com
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
D'abord tout est simple, anodin, tranquille... Une auberge paisible au bord d'une route, une boule noire sur le parquet, une vieille assise dans un jardin public... Et puis quelque chose s'insinue dans la banalité quoitidienne et, petit à petit, les formes changent, les objets basculent, les visages se transforment : tout devient trouble, sournois, inquiétant. Et soudain, s'ouvrent les portes du néant.
C'est alors que surgit la Peur...

(4ème de couverture édition originale 1972 Marabout Fantastique)
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Bella Van U.. était de ces âmes généreuses qui, d'avoir donné à d'autres raisons de compter sur elles, se trouvent un beau jour engagées, malgré elles, dans une espèce de responsabilité permanente et sans limite. "Vous avez tant fait déjà !" leur dit-on. Et c'est presque un reproche. Ne pas faire davantage apparaît comme une trahison.
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LA TRUIE

Dans le fond, une porte basse. La porcherie, sans aucun doute. Il tira un loquet et poussa doucement.
Une odeur d’étable lui sauta au visage et le faisceau de sa lampe, projeté dans l’ombre de ce lieu, lui révéla sur la paille blonde une masse rose pâle qu’il distingua mal tout d’abord. Mais il dut bientôt se rendre à l’évidence. Il y avait là, couchée en chien de fusil, une femme nue, sans âge, avec une tignasse blonde, des épaules grasses, un gros derrière mou.
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C’est beau un motard. Vu de près, hors de la route. C’est étonnamment humain. Privé de sa carapace de cuir, c’est un autre être, soudain plus accessible, plus vulnérable peut-être, comme – proportions gardées – une crevette décortiquée.
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LA TRUIE

- Vous jouez avec nous ?
- D'accord. Mais en quoi consiste le jeu ?
- C'est un secret
- Mais encore ?
- Le gagnant emporte le droit d'aller voir la truie.
- Qu'est ce que c'est ?
- on le sait si on gagne.
La mise était modique. Arthur Crowley tenté. Il joua, gagna et fut ovationné.
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Videos de Thomas Owen (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Owen
Jean-Baptiste Baronian parle de Thomas Owen
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