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EAN : SIE178932_691
Éditeur : Marabout (30/11/-1)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 40 notes)
Résumé :
"Le conte a une valeur de confession dans mon cas, et qui a bien lu ces récits sait tout de mon âme, si lisible, si désarmée devant le Mystère, au seuil de l'univers métaphysique".

Plus que son théâtre, Michel de Ghelderode aimait ces contes où foisonnent ses souvenirs et ses hantises. Il s'y baigne dans l'univers maudit qu'il affectionne, voué à la terreur des présences invisibles. A la fois confident et prisonnier des forces démoniaques qu'il déchaî... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  18 octobre 2019
“Le mot réalisme ne veut rien dire. Dans une certaine mesure, tout est réaliste. Il n'y a pas de frontière entre l'imaginaire et le réel.”
(F. Fellini)
A méditer. Il y a sûrement une frontière, mais il n'est pas toujours facile de la délimiter, alors...
Prenez garde aux sortilèges ! Mais aussi aux manifestations diaboliques, présages inquiétants, hallucinations et faux-semblants...
Rien que la couverture... Je n'ai pas pu résister à l'appel de ces masques à la Ensor, qui m'ont regardée d'un oeil suppliant depuis une caisse poussiéreuse dans un vide-grenier. Ces yeux bizarrement expressifs, dans des traits figés comme taillés au ciseau à pierre, promettaient une belle excursion sur cette fameuse frontière glissante. D'autant plus que je connaissais déjà Michel de Ghelderode, par son excellente farce burlesque "La Balade du grand macabre", qui parle de mort de la Mort. Une pièce de théâtre à l'exubérance presque baroque.
J'ai pris donc ces "contes crépusculaires" en tant que valeur sûre, espérant que je vais retrouver à nouveau la Grande Faucheuse et le Diable, si chers à De Ghelderode. Ces histoires devraient ravir les amateurs de contes esthético-macabres de Poe, Gautier ou de l'Isle-Adam. Cependant, De Ghelderode est légèrement différent. On sent toujours comme une touche de farce théâtrale derrière ses lueurs diaboliques.
Dans sa préface, Henri Vernes le qualifie d'un "homme de la Renaissance", un touche-à-tout très doué pour dresser un décor spectaculaire par le simple pouvoir des mots, et y faire évoluer son narrateur entre l'odeur de souffre (peut-être) imaginaire, et les angoisses (peut-être) justifiées.
Il a raison : le rideau de velours rouge s'ouvre et ces décors vous tombent dessus d'une façon absolument oppressante, qu'il s'agisse d'une ville flamande noyée dans la brume, d'une esplanade avec une vieille potence ou d'une demeure ancienne qui sent le moisi et la présence de quelque chose d'indéfinissable.
Il se passe trois fois rien, et pourtant... tout comme le narrateur, nous sommes hypnotisés par l'effet de ces merveilleuses coulisses.
Le Diable est caché dans chaque recoin, mais tantôt il fait penser au film de Méliès, tantôt c'est un diablotin qui sort de sa boîte, tantôt il prend les traits de Tétanos, un chat noir qui vit dans un "jardin malade". D'ailleurs, tout ce beau monde chez De Ghelderode semble un peu malade, livide, inquiet...
Auriez-vous l'idée d'appuyer, à Londres, sur une sonnette qui porte le nom "Méphisto" ?
Seriez-vous capable de vous lier d'amitié avec une figurine de cire ?
Entrer dans une échoppe de bric-à-brac incroyable, pour y acheter des reliques... inhabituelles ?
Et cette étrange odeur de sapin ! Vous vous sentez presque soulagés en refermant cette vielle édition Marabout de 1962 au fumet particulier qui va bien avec le contenu, et ressortir à la lumière du jour.
La plupart des contes sont dédiés aux amis de Michel de Ghelderode : à James Ensor, bien sûr, le grand maître de carnavals macabres, mais aussi au poète Marcel Wyseur, au graveur Jules de Bruycker, et bien d'autres, qu'on découvre par la même occasion.
Ecrits avec un plaisir évident, et lus de la même façon. 5/5.
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gill
  19 janvier 2017
C'est pénétrer dans un monde étrange que de se plonger dans la littérature de Michel de Ghelderode.
Là, plus qu'ailleurs, les phrases semblent être, comme les vieux murs de la ville de Bruges, épaissis d'angoisse, d'humidité et de mystère.
Les mots, ici, ne semblent pas avoir d'âge.
Michel de Ghelderode, plus encore que Jean Ray, cultive un style qui revêt chacun de ses textes d'une lueur crépusculaire et inquiétante.
Lorsque Michel de Ghelderode délaisse, pour un temps, pour un temps seulement, le théâtre qu'il affectionne plus que tout, c'est pour nous offrir quelques contes.
"Sortilèges et autres contes crépusculaires" est un recueil d'une douzaine de ces textes :
- "L'écrivain public", "Le diable à Londres", "Le jardin malade", "L'amateur de reliques", "Rhotomago", "Sortilèges", "Voler la mort", "Nuestra senora de la Soledad", "Brouillard", "Un crépuscule", "Tu fus pendu" et "L'odeur du sapin".
Il est n'est pas nécessaire, il serait même malencontreux, d'en dire plus sur le contenu de ces contes.
Assurément faut-il en dire pourtant qu'il ne sont pas à l'usage des enfants !
Et qu'ils sont peut-être la preuve que le diable existe !
Il faut, pour aimer ce livre, ne pas craindre une littérature faite de décors, souvent lente et parfois hermétique à l'esprit vif et matérialiste.
Pourtant le style de l'écriture de Michel de Ghelderode est magnifique.
Il est fait d'une pierre massive incrustée de sinuosités vaguement poétiques.
Il est le contrefort de son récit.
La préface de cette édition est signée par Henri Vernes.
Elle est intitulée "Un homme de la Renaissance".
Elle est de celles qu'il ne faut pas négliger, de celles qui attirent le lecteur vers le livre qu'elles précèdent.
C'est d'ailleurs toujours un réel plaisir de retrouver Henri Vernes, même fugitivement, lorsqu'il daigne sortir d'une de ces jungles dont il a le secret ...
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majero
  07 novembre 2020
Quand à la brune, le tenancier de la 'Petite Potence' allume la lampe à huile, quand Michel de Ghelderode nous emmène dans des cryptes mystérieuses, quand des méduses se transforment en un hideux carnaval, quand on ne sait si c'est un chat galleux ou un diable qui hante un jardin maudit, on a un peu peur mais on sourit aussi et surtout on se régale de cette magnifique écriture!
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TiriNoiret
  26 juillet 2017
Au travers d'une série de portraits, Ghelderode traque tout ce qui dans le réel finalement le dépasse, ainsi s'engouffre l'imaginaire, sa beauté et ses inquiétantes incarnations.
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GribouilleChat
  29 septembre 2010
12 nouvelles fantastiques qui évoquent le monde intérieur de l'auteur ainsi que ses goûts. On retiendra en particulier :
« le Diable à Londres » : le narrateur, désoeuvré dans les brouillards londoniens a son attention attirée par une plaque fixée à une porte : Méphisto et le voilà introduis dans l'antre de ce qu ne pourrait être qu'un vulgaire prestidigitateur si…
« le jardin malade » : le narrateur emménage avec son chien dans un ancien hôtel particulier en décrépitude. le plus remarquable de ces lieux est le jardin, établi sur un ancien cimetière monastique, qui reçoit la visite régulière d'une enfant (que le narrateur confond tout d'abord avec un fantôme) et d'un chat tout droit sorti de l'Enfer.
« Sortilèges » qui donne son titre au recueil s'inspire directement du peintre James Ensor. le narrateur, très déprimé, prend le train pour la mer et arrive dans une ville en plein carnaval (on imagine sans peine qu'il s'agit d'Ostende), parcourue de masques gais ou sinistre. Il va vivre dans ces circonstances une aventure inoubliable.
On a enfin l'occasion de se procurer à nouveau ce recueil dans un format de poche (le précédente édition datait des années 60 et figurait au catalogue de la « célèbre » - du moins pour les amateurs de fantastique – collection Marabout fantastique ) et on est à nouveau fasciné par l'imaginaire De Ghelderode. Ses thèmes favoris – pourrait-on dire ses hantises ? – apparaissent ici accessibles : statues qui s'animent, jardins hantés, diables familiers, présence récurrente de la mort… l'univers ghelderodien est bien là . Cette lecture qui peut paraître plus simple que celle des pièces, pourra représenter une introduction à l'univers théâtral de l'auteur, dans lequel on retrouvera les mêmes thèmes développés différemment selon la trame dramatique, explicites ou sous-jacents mais toujours présents.

Lien : http://users.skynet.be/litte..
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critiques presse (1)
eMaginarock   26 juillet 2019
Le recueil proposé par Espace Nord est de grande qualité et renoue avec la tradition des contes et nouvelles fantastiques pour notre plus grand bonheur. A lire absolument!
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   16 octobre 2019
L'antiquaire daigna de quitter son fauteuil à mon entrée. Sa voix était incolore.
- Monsieur a vu quelque chose ? ... Chez moi, il y a de tout. C'est rempli, des caves au grenier...
- Inutile, ça se sent... dis-je.
Le marchand parut sortir de sa somnolence et son regard se fit plus vif. Il existait donc en cet homme un sentiment, si rudimentaire fût-il, une vanité professionnelle ? C'était bien le moins. Et sa voix prit corps :
- Je ne sais pas qui vous êtes, monsieur, mais assurément pas le premier passant venu... " Et il me servit mon mot : "Cela se sent... Aussi bien, demandez-moi un objet introuvable, loufoque même, afin de m'éprouver. Je le possède."
Ce défi me plaisait.
- Je cherche une petite sirène, répliquai-je.

("L'amateur de reliques")
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gillgill   19 janvier 2017
Parmi les objets bizarres, inusités, qui encombrent ma chambre, se voit un assez joli bocal ancien, en verre de bohême, empli d'une eau émeraudine et dont l'ouverture est couverte d'un parchemin.
Il contient une sorte de menaçant insecte tout en griffes et antennes, de verre aussi et d'un rouge brillant.
A le regarder de plus près, on remarque qu'en cet insecte se précise une forme humaine, à laquelle les antennes et les griffes confèrent un aspect diabolique.
Le bocal contient un petit diable ...
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
Sincèrement, j'admirais ce distingué diable qui avait un aspect de prélat, oublieux de l'heure et du siècle, sans plus remarquer la carnavalesque vêture de cet homme de génie dont le silence même était expressif ; je l'admirais en toute bonne foi, de toute l'ingénuité survivant en mon âme, et sous l'empire de ses yeux de félin qui erraient sans jamais se poser. Parfois son regard m'effleurait et, alors, lançait une lueur verte, un phosphorescent signal que je ne comprenais pas. Que pensait-il de moi, ce diable, et comment me jugeait-il ? Assurément, il s'agissait de ma personne. Et tout à coup, le diable se mit à pouffer, riant si fortement que je le crus ivre. Mais avant que j'eusse le temps de l'interroger, il me parlait, sur un rythme enjoué :
— Cher ami, oui, cher ami, car je ne puis plus vous appeler cher inconnu, bien qu'ignorant votre état civil. Je vous ai vu déjà ; je vous connaissais. Et je viens de vous reconnaître singulièrement, à un détail. Vous me contempliez, plongé dans une berçante hypnose, et votre esprit devait naviguer dans le bleu. J'ai remarqué votre geste, un geste d'enfant en extase ; le geste que vous faites en ce moment encore !
Pris en flagrant délit pour ainsi dire, je retirai précipitamment ma main droite de ma bouche, honteux d'être resté inconsciemment dans cette position puérile. Combien de temps étais-je resté avec ma main droite enfoncée dans ma bouche ? Le diable riait toujours et ma confusion semblait accroître son plaisir.
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lavinia02lavinia02   23 novembre 2012
Le spectacle de cette végétation devenue monstrueuse avec l'âge n'est pas sans induire au malaise, même à la crainte, non pour ce qu'elle doit contenir de vie animale, mais pour ce qu'elle exprime de force inéluctable. Les lierres, les glycines, les vignes vierges se livrent un combat de poulpes, étouffant les arbustes et bousculant les murailles. Ce malaise - voire cette peur - ne vient pas d'imaginer que la végétation pourrait, saisie d'un prurit, déborder du jardin et envahir comme une lame de fond la maison et les chambres - son anormale luxuriance restant arrêtée à quelque distance de mes fenêtres par un pavement bordé d'une rampe basse mais suffisante pour démarquer la limite d'une cour ; mon malaise naît plutôt de la pensée que cette masse verdâtre peut et doit nécessairement celer le mystère.
C'est une zone interdite - je le sens - et de même que certains visages restent fermés, ce jardin se veut hostile, se garde seul. Il ne se défend pas qu'avec les mailles des branchages et les faisceaux d'épines ; c'est pire, il se défend par son expression, oui, c'est le terme : il semble malade, et malgré l'air circulant largement dans ce quartier et le soleil généreusement distribué, ce qui le compose reste sans éclat, blafard, si tant est que des végétations épanouies jusqu'au paroxysme puissent paraître dépérissantes.
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gillgill   12 janvier 2017
Et n'oubliez pas qu'il est écrit quelque part, en exergue à un film maudit : "Dès que Hutter eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre".
(extrait de la préface signée par Henri Vernes)
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Video de Michel de Ghelderode (1) Voir plusAjouter une vidéo

Les plages du Nord ; 7 : Ostende : Max Ernst, James Joyce, Michel de Ghelderode et Paul Delvaux
- à 1'30, Willy VAN DENBUSCH, directeur du Musée d'Art Moderne : parle de James ENSOR et de Constant PERMEKE, peintres d'Ostende et de la côte belge, enracinés en terre flamande, et évoque ses projets pour le Musée et le quartier populaire d'Ostende (au total 6'45) - à 10'15, Xavier TRICOT, historien d'art : évoque sa passion pour ENSOR (au total 4'10) - à 13'35, Norbert HOSTYN,...
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