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Manifeste incertain tome 9 sur 9

Frédéric Pajak (Autre)
EAN : 9782882506566
260 pages
Noir sur blanc (03/09/2020)
3.7/5   15 notes
Résumé :
C'est une sorte de miracle si l'on a pu exhumer les écrits de Fernando Pessoa, retrouvés dans une malle. Figurant aujourd'hui parmi les écrivains les plus célèbres du xxe siècle, il n'a en effet presque pas été publié de son vivant. Dans ce neuvième et ultime Manifeste incertain, nous assistons à l'éclosion non seulement du poète portugais mais aussi à celle de ses principaux « hétéronymes » - Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Alberto Caeiro et Bernardo Soares -, dont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
En allant travailler à la médiathèque , j'ai eu le Bonheur de trouver ,exposé sur une table, le dernier tome du Manifeste incertain, sur Pessoa [tome IX]… Même si il y a un certain pincement de savoir que c'est l'ultime volume de cette vaste entreprise du « Manifeste incertain… ». Comme le dit fort bien un(e) autre camarade babéliote… pour nous consoler, il nous reste un autre bonheur possible : la RELECTURE de la série !

Pajak nous éclaire sur ce « Manifeste incertain » qui l'a accaparé un certain nombre d'années

« Les destins que j'ai sollicités, je ne les ai pas choisis: ils se sont imposés à moi au hasard des lectures et des rencontres. hasard ? certes. Mais ils ont en commun d'avoir été un temps ignorés de tous. Ratés magnifiques, ils ont été vengés par la postérité. Walter Benjamin, Vincent van Gogh, Emily Dickinson, Marina Tsetaieva: j'aurais pu ajouter Franz Kafka et Robert Walser, sans compter des poètes, et des peintres que le conformisme du marché dédaigne encore.
J'ai donc vu par les yeux des autres, par ferveur ou par curiosité. Ainsi la figure de Walter Benjamin: son obscure dialectique m'est restée, au fond bien étrangère, mais son destin m'a durablement ému. (p. 15)”

Un très beau portrait central de Pessoa nous accueille avec la couverture… Toujours la même admiration pour les dessins-tableaux noir et blanc de Frédéric Pajak…qui sont un vrai régal pour le yeux…

Au parcours de « L'intranquille poète » Pessoa, alternent des souvenirs de l'auteur, en France, en Chine, ses observations de l'actualité, de la crise sociale, sa défense du mouvement des « gilets jaunes », ses désillusions sur notre monde, notre soit-disante démocratie (bien malade), etc.

Alternent le parcours si complexe, si paradoxal de l'écrivain-poète portugais, Pessoa et les souvenirs, récits de voyages de Pajak (dont l'Algérie, le désert du Hoggar, où il part à 20 ans, alors qu'il a des idées suicidaires.).
Comme souvent dans les narrations de cet auteur-dessinateur, les états d'âme sombres de ses « héros » choisis font écho aux siens propres….

Frédéric raconte Pessoa, et se raconte lui-même à travers cette personnalité littéraire, insaisissable, et difficilement compréhensible ; ses voyages, ses doutes, un bilan de cette publication du « Manifeste incertain » dont il nous raconte le noyau central : l'Incertitude, le Doute constant; il nous raconte aussi la genèse d'autres de ses publications dont celle d' une « gazette illustrée » que fut « Station-Gaieté » publiée entre 1977 et 1984, débutée en Suisse, poursuivie ultérieurement à Paris… [publiée par le Dépôt mondial d'exploration passionnelle, section Switzerland [puis] Gazette du bureau pour la création du monde [ Paris ] !!]

On apprend moult choses sur « l'homme intranquille » qu'est Pessoa, personnalité « paradoxale » au dernier degré…Figure déroutante, utilisant des hétéronymes, homme attiré par l'ésotérisme, les sociétés secrètes… proclamant qu'il n'aime pas les autres… attaché de façon excessive à sa mère, Maria-Magdalena…n'ayant jamais voulu vivre, ou s'engager sentimentalement. Comme une sorte d'homme désincarné, dont l'unique obsession reste son "oeuvre d'écriture" à assumer, envers et contre tous !!..

.A la fin de l'ouvrage, en dépit de l'abondance d'informations et de documentation enregistrées, quelle n'est pas notre surprise de constater que Pessoa nous restera un MYSTERE aussi complet qu'au début de notre lecture. Ce n'est pas fréquent… de faire rencontre aussi déroutante !!

Pris beaucoup de plaisir et d'intérêt à lire cet ultime volume du « Manifeste incertain »… même si je suis restée bien perplexe sur l'épilogue, tourné vers la figure de « Jésus-Christ »…
Frédéric Pajak , paradoxal, insaisissable comme l'énigmatique Pessoa, son dernier « anti-héros » choisi !!...

je ne commenterai pas ce dernier point, d'abord car j'en suis incapable, que je préfère rappeler tous les moments épatants passés avec les différentes publications de ce « manifeste incertain ». Que pour me consoler de cette ultime parution, je songe à une relecture de l'ensemble… et lire aussi, pour la première fois, le volume sonsacré à la poétesse, Emily Dickinson ! Bravo et MERCI, Monsieur Pajak, pour ce double talent d'écrivain et de dessinateur, dont nous avons abondamment profité !



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Manifeste Incertain 9, de Frédéric Pajak : pour les eaux fortes, pour Pessoa, pour les réflexions sur la société, les gilets jaunes, le progrès dévoreur, pour le côté autobiographique, pour la mélancolie et pour toute cette incertitude, cette "intranquillité" qui habite certain/e/s d'entre nous à l'image de Pessoa, justement, qui écrivait : “Dans tous les asiles il est tant de fous possédés par tant de certitudes !".
C'est le dernier Manifeste, c'est triste, mais on peut maintenant commencer la relecture de toute la collection !
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Lorsque j'écris ou dessine sur un auteur , je m'approche le plus possible de lui , de sa vie intime . Mais ce que je recherche , c'est la distance ; Ce qui m'intéresse , c'est l'étrangeté . J'aime qu'un auteur me soit étranger ( Humainement , esthétiquement , dans ses raisonnements , dans ses croyances , dans son art ) ... Plus il m'est lointain , plus il m'attire .

-- EST-IL BIEN SERVI AVEC PESSOA ?

Il me semble que oui et peut-être davantage encore qu'avec les précédents . Mais , avant de s'intéresser à plusieurs épisodes de la vie du poète portugais , ce neuvième opus s'ouvre sur des considérations on ne peut plus actuelles , c'est à dire plus inactuelles que jamais , sur la démocratie , dont , selon Pajak l'élection présidentielle représente " La parfaite caricature , l'ultime signe de la servitude volontaire " . Il est question des gilets jaunes , du corona virus , ce qui permettra , plus tard , d'en dater l'écriture , ce qui ne nous empêche pas de voyager à rebours dans l'histoire , jusqu'au XII° siècle .... Mais peu importe , la matière étant trop riche pour que nous puissions prétendre ouvrir ici une forme de recension où tout serait décliné , ou plutôt réduit , non aux petits oignions , mais à deux ou trois phrases , contentons nous de reprendre les derniers mots de cette " ouverture " , intitulée ' dernier bar ouvert ' : " Que reste-t-il de l'ancienne démocratie ? L'éclat de quelques paroles , des envies de justice et le prix discutable du piment . Je quitte le bar , îlot salutaire , et vais dansant à peine dans la rue noire . Déjà le jour me tend les bras . Mon livre se referme enfin " .
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Le ciel se déshabille, jette ses guenilles blanches ourlées de grisaille. Sur sa peau d'azur se glisse l'univers qui, l'après-midi encore, n'était qu'une tache de couleur sur l'infini. Nous l'avons appris par coeur, ce grand ciel ouvert, avec sa galaxie, avec ses quelques étoiles familières. Et pourtant, le ciel revient chaque soir comme une nouvelle énigme. Dieu, que la science est assommante, à mesurer l'ineffable, à vouloir éclairer l'invisible ! (p. 50)
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On peut penser à Joseph Joubert- mort en 1824 dans l'anonymat le plus total-, dont Maurice Blanchot a dit : " Il n'écrivit jamais un livre. Il se prépara seulement à en écrire un, cherchant avec résolution les conditions justes qui lui permettraient de l'écrire. Puis il oublia même ce dessein."
Pessoa n'est pas Joubert. Il écrit peut-être certaines pages destinées à être oubliées, mais qu'en est-il du Livre de L'intranquillité ? Il l'a bien nommé "livre"; il sait que ces pages disséminées n'ont pas d'autre destin que de finir en livre. Et pourtant, il n'a de cesse , sa vie durant, de reculer l'échéance de sa composition et de sa publication. (p. 145)
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Après avoir épousé, souvent brièvement, nombre de mouvements littéraires ou artistiques, Pessoa se déclare à présent "classique", c'est-à-dire descendant des Grecs anciens. Inspiré par la déesse antique Athéna qui unit les Arts et les Sciences, il lance une nouvelle revue qui porte son nom (...)
Aux yeux de Pessoa, la science et l'art sont deux formes indissociables de la culture; directement issus de la pensée grecque, eux seuls sont capables d'unir la sensibilité et le savoir... Ainsi, il y a un savant dans tout artiste et un artiste dans tout savant. (p. 240)
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(...) j'ai voulu ébaucher une sorte de paysage d'un sentiment familier et secret: l'incertitude.
On a dit de celle-ci qu'elle recouvrait toutes les philosophies; on a dit aussi qu'elle faisait souffrir autant qu'elle réjouissait. Elle est parfois un tourment: un cheval qui supporte mal son manège sera déclaré incertain, mais elle est également à l'origine de tout discernement, et les pensées les plus salutaires se façonnent longtemps dans l'incertitude. (p. 12)
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Vidéo de Frédéric Pajak
Lecteur, écrivain, dessinateur, Frédéric Pajak déploie son imaginaire depuis 2012 dans un livre sans fin, "Le Manifeste incertain " : au rythme d'un volume par an, cette entreprise littéraire s'achève cette année avec la parution de son 9e volume "Avec Pessoa". Si chaque volume est consacré à la biographie d'une figure que L Histoire a longtemps malmené, ils tissent entre eux une toile plus vaste, l'incertitude comme fil rouge.
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