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EAN : 9782264026422
128 pages
10-18 (30/11/-1)
3.45/5   99 notes
Résumé :
Fernando Pessoa (1888-1935), un des grands poètes universels de ce siècle, est né, a vécu et est mort à Lisbonne. Lisbonne, sa ville, sa patrie, qu'il appelait aussi « sa maison », lieu suprême de son inspiration et théâtre omniprésent de son oeuvre, est désormais indissociable du nom de Pessoa: sa gloire est dans le nom de Lisbonne.
Pessoa avait conçu le projet d'un ensemble de guides sur le Portugal, intitulé « Tout sur le Portugal » dont seul ce guide fut ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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A travers ce court récit descriptif de Lisbonne, on peut deviner l'amour que Fernando Pessoa porte à la ville. Cet attachement est d'autant plus fort que le grand poète portugais a dû quitter ce lieu qui l'a vu naitre à l'âge de huit ans, quand après la mort de son père il suit sa famille en Afrique du sud. Une ville inchangée qui pourtant le trouble - n'étant plus le même quand il revient dix ans plus tard - mais qu'il ne peut plus quitter.

Ecrit dans les années 25 (mais publié seulement en 1992), ce livre est un guide qui ne se contente pas de décrire tous les monuments et lieux remarquables lisbonnins et les artistes ou hommes célèbres qui leur sont attachés, il est aussi le témoin de l'époque à laquelle il a été rédigé ; celle du coup d'état militaire, dirigé par le général Gomes da Costa en 1926, qui met fin à la République et instaure un régime dictatorial.

Entre guide touristique et livre d'histoire portugaise, Lisbonne enchante par la clarté de son écriture, même si les descriptions peuvent paraitre trop sèches et insuffisamment littéraires pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la capitale portugaise. En tous cas c'est une belle invitation à faire le voyage.

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Austère et noble, Fernando Pessoa sans pseudonyme se promène dans les rues de Lisbonne. Vous croyez ouvrir un guide touristique ? on ne connaîtra même pas les noms des bons endroits pour aller casser la croûte. Fernando Pessoa fait mine de se préoccuper de son hôte mais il nous livre un guide sans foi ni loi, qui nous fait courir d'un bout à l'autre de la ville comme si les routes étaient praticables aujourd'hui comme au siècle dernier. On s'arrête sur une place, devant une statue ou un bâtiment, on apprend une foule de choses inutiles ou illustres :

« le musée d'Ethnologie, qui occupe la dernière aile de l'édifice, est ouvert au public tous les jours ouvrables, sauf le lundi, de onze à dix-sept heures ; il a été fondé en 1893 et transféré en ces lieux en 1903. Il contient des collections archéologiques, anthropologiques et ethnologiques de grande valeur. »

Hormis ces quelques indications périmées, Fernando Pessoa se montre guide contemplatif : il nous prend par la main, nous transporte ici ou là, parfois devant l'anodin, et nous impose de réfléchir à la quantité d'êtres humains impliqués dans l'élaboration d'une statue, d'une place ou d'un bâtiment. Tout l'insignifiant se trouve à nouveau convoqué dans la contemplation muette et humiliée du symbole. La démonstration se fait dans la suggestion, pour ne pas dire, parfois, dans l'ennui le plus hostile.

Les documents annexes sont plus savoureux car ils flattent la curiosité gravitant autour de la vie menée par Fernando Pessoa. le témoignage de sa demi-soeur Henriqueta Madalena prolonge le rêve d'un homme solitaire avec qui on aurait aimé découvrir Lisbonne, certainement sous d'autres aspects que ceux présentés dans ce livre :

« Il passait son temps à écrire. Et à faire des horoscopes. Parfois, il venait dans la cuisine et nous disait : « Voulez-vous que je vous lise ce que j'ai écrit ? » Ma mère disait toujours oui… Il avait une vie assez peu réglée. Il allait au bureau le jour, sortait le soir, traversait la ville à pied, rentrait et se mettait à écrire. Il buvait et fumait beaucoup. Et prenait des bains froids. Sa santé était fragile et il se plaignait fréquemment. Très souvent, il ne se couchait pas et déambulait toute la nuit dans l'appartement. »

Mais notre compagnie aurait peut-être entravé cet homme qui semblait ne pas pouvoir se contenter de simples promenades digestives… Même lorsqu'il écrit sans masque, Fernando Pessoa ne peut s'empêcher de révéler plus qu'il ne veut bien l'écrire et on finit par imaginer un homme qui parcourait les rues de Lisbonne comme Henry David Thoreau gravissait une montagne : avec l'acharnement illuminé de l'homme qui n'est jamais assouvi.

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Ce livre est simplement un guide touristique de Lisbonne, mais un guide magistral, très complet qui nous permet de sillonner la ville et de découvrir tout ses monuments. Un très bon guide! Cependant je me suis fourvoyée car j'envisageais un livre bien plus littéraire... Mais ceci est mon fait, cela ne remet pas en cause cet ouvrage très documenté de Fernando Pessoa, prenant un immense plaisir à nous piloter dans sa ville.

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Surprenant ouvrage de qui a su, au travers de nombreuses personnalités, nombreux pseudonymes, communiquer toute la densité de la conscience humaine face à son propre vide (bon il est temps que j'arrête les phrases pompeuses). Surprenant de trouver ici un guide touristique, presque neutre décrivant les beautés de Lisbonne dans un circuit touristique (en automobile de préférence).

Pour qui connaît un peu Lisbonne, il est aujourd'hui désuet, pour qui ne connaît pas la ville, cet ouvrage est décidément aride par rapport à tous ces guides touristiques abondamment illustrés.

Y a-t-il autre chose à y lire, qui s'y cache ? L'amour démesuré de Pessoa pour sa ville ? La présence d'une âme urbaine qui se cache derrière ses monuments, âme décidément incommunicable !

La neutralité du ton et la pure description en surface de sa ville natale nous dévoile en tout cas un autre Pessoa (encore un ?) qui a signé de son nom !

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Pourquoi rédiger de la sorte un guide touristique sur Lisbonne. Un hommage? une déclaration d'amour à cette ville?... Sans doute pouvons nous avec délice arpenter ses rues à travers les mots de Pessoa. Admirable descriptif. Inventaire précis. Extrêmement précis. Trop précis. Si la menée est alerte, le silence qui règne dans le Lisbonne de Pessoa est alertant. Où sont ses habitants? Où est l'âme de cette ville? J'ai donc fait le choix de reprendre la lecture. Il devait avoir "planté" une explication quelque part.

Il faut replacer le Lisbonne de Pessoa dans le temps. 1925. En 1926 la fin de la République fut proclamée. Les militaires prenaient le pouvoir. 1925, c'est à ce moment là qu'il faut commencer la lecture. Et c'est au moment même où le touriste pose le pied dans le port de Lisbonne que l'on comprend que ce que le touriste verra sera tout, tout sauf Lisbonne. Il sera pris en charge par les fonctionnaires, les douanes, le service de l'immigration. Ses bagages seront saisis par la police, sous entendus fouillés. "Nous allons à présent prier le touriste de nous suivre", " veillant à lui signaler tout ce qui vaut la peine d'être vu". Voilà la comédie qu'installe une dictature. A cet instant là, je crois que l'on peut arrêter sa lecture. Car tout ce que vous lirez ne sera qu'un décor, une falsification, une mise en scène.

Voilà Lisbonne tel qu'il était en 1925.La réalité de cette ville à ce moment de l'histoire ne tient pas dans ce que l'on en verra.

Elle réside justement dans tout ce que l'on ne montre pas. Un prodigieux manifeste contre la dictature, voilà ce qu'est "Lisbonne" de Fernando Pessoa.

Astrid Shriqui Garain

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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation

[Le jardin de la Praça Rio de Janeiro] contient quelques superbes essences d’arbres, la plus remarquable étant un cèdre dont les branches immenses reposent sur des supports en fer forgé et couvrent une superficie assez grande pour abriter plusieurs centaines de personnes. Une autre bibliothèque publique se trouve nichée à l’ombre de ce géant ; c’est l’une des six bibliothèques que le conseil municipal a installées dans les différents jardins publics de la capitale, conformément à l’excellente idée d’un de ses membres, Alexandre Ferreira.

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Sur sept collines qui sont autant de points d'observation d'où l'on peut contempler de magnifiques panoramas, s'éparpille, vaste, irrégulière et multicolore, la masse de maisons qui constitue Lisbonne.

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Le touriste en visite au Portugal ne devrait pas limiter ses découvertes à la capitale, même s'il y trouve, comme nous venons de le montrer, bien des

endroits et des monuments susceptibles de flatter ses penchants à la fois pour l'art et pour l'histoire.

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Prenons maintenant la Rua Garrett et remontons jusqu’au Largo das Duas Igrehas. A main gauche se dresse le monument au poète Chiado –Chiado étant le nom qu’ont donné les Portugais à un moine du XVIe siècle, Antonio do Espirito Santo, qui a jeté son froc aux orties pour devenir une espèce de vivante incarnation de la verve et de la joie de vivre de l’époque et finir dans la peau du poète le plus aimé du peuple […].

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Au souvenir de qui je fus, je vois un autre,

Et le passé n’est le présent qu’en la mémoire.

Qui je fus est un inconnu que j’aime,

Et qui plus est, en rêve seulement.

De nostalgie blessée mon âme se languit

Non pas de moi-même, ou du passé que je vois,

Mais de celui que j’habite

Derrière mes yeux aveugles.

Rien, hormis l’instant, ne sait rien de moi.

Même mon souvenir n’est rien, et je le sens bien

Que celui que je suis et ceux-là que je fus

Sont rêves différents.

Fernando PESSOA - Au souvenir de qui je fus

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Videos de Fernando Pessoa (34) Voir plusAjouter une vidéo
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