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ISBN : 2264026421
Éditeur : 10-18 (30/11/-1)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Fernando Pessoa (1888-1935), un des grands poètes universels de ce siècle, est né, a vécu et est mort à Lisbonne. Lisbonne, sa ville, sa patrie, qu'il appelait aussi « sa maison », lieu suprême de son inspiration et théâtre omniprésent de son oeuvre, est désormais indissociable du nom de Pessoa: sa gloire est dans le nom de Lisbonne.
Pessoa avait conçu le projet d'un ensemble de guides sur le Portugal, intitulé « Tout sur le Portugal » dont seul ce guide fut ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  03 juin 2016
A travers ce court récit descriptif de Lisbonne, on peut deviner l'amour que Fernando Pessoa porte à la ville. Cet attachement est d'autant plus fort que le grand poète portugais a dû quitter ce lieu qui l'a vu naitre à l'âge de huit ans, quand après la mort de son père il suit sa famille en Afrique du sud. Une ville inchangée qui pourtant le trouble - n'étant plus le même quand il revient dix ans plus tard - mais qu'il ne peut plus quitter.
Ecrit dans les années 25 (mais publié seulement en 1992), ce livre est un guide qui ne se contente pas de décrire tous les monuments et lieux remarquables lisbonnins et les artistes ou hommes célèbres qui leur sont attachés, il est aussi le témoin de l'époque à laquelle il a été rédigé ; celle du coup d'état militaire, dirigé par le général Gomes da Costa en 1926, qui met fin à la République et instaure un régime dictatorial.
Entre guide touristique et livre d'histoire portugaise, Lisbonne enchante par la clarté de son écriture, même si les descriptions peuvent paraitre trop sèches et insuffisamment littéraires pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la capitale portugaise. En tous cas c'est une belle invitation à faire le voyage.
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colimasson
  12 janvier 2015
Austère et noble, Fernando Pessoa sans pseudonyme se promène dans les rues de Lisbonne. Vous croyez ouvrir un guide touristique ? on ne connaîtra même pas les noms des bons endroits pour aller casser la croûte. Fernando Pessoa fait mine de se préoccuper de son hôte mais il nous livre un guide sans foi ni loi, qui nous fait courir d'un bout à l'autre de la ville comme si les routes étaient praticables aujourd'hui comme au siècle dernier. On s'arrête sur une place, devant une statue ou un bâtiment, on apprend une foule de choses inutiles ou illustres :

« le musée d'Ethnologie, qui occupe la dernière aile de l'édifice, est ouvert au public tous les jours ouvrables, sauf le lundi, de onze à dix-sept heures ; il a été fondé en 1893 et transféré en ces lieux en 1903. Il contient des collections archéologiques, anthropologiques et ethnologiques de grande valeur. »

Hormis ces quelques indications périmées, Fernando Pessoa se montre guide contemplatif : il nous prend par la main, nous transporte ici ou là, parfois devant l'anodin, et nous impose de réfléchir à la quantité d'êtres humains impliqués dans l'élaboration d'une statue, d'une place ou d'un bâtiment. Tout l'insignifiant se trouve à nouveau convoqué dans la contemplation muette et humiliée du symbole. La démonstration se fait dans la suggestion, pour ne pas dire, parfois, dans l'ennui le plus hostile.

Les documents annexes sont plus savoureux car ils flattent la curiosité gravitant autour de la vie menée par Fernando Pessoa. le témoignage de sa demi-soeur Henriqueta Madalena prolonge le rêve d'un homme solitaire avec qui on aurait aimé découvrir Lisbonne, certainement sous d'autres aspects que ceux présentés dans ce livre :

« Il passait son temps à écrire. Et à faire des horoscopes. Parfois, il venait dans la cuisine et nous disait : « Voulez-vous que je vous lise ce que j'ai écrit ? » Ma mère disait toujours oui… Il avait une vie assez peu réglée. Il allait au bureau le jour, sortait le soir, traversait la ville à pied, rentrait et se mettait à écrire. Il buvait et fumait beaucoup. Et prenait des bains froids. Sa santé était fragile et il se plaignait fréquemment. Très souvent, il ne se couchait pas et déambulait toute la nuit dans l'appartement. »

Mais notre compagnie aurait peut-être entravé cet homme qui semblait ne pas pouvoir se contenter de simples promenades digestives… Même lorsqu'il écrit sans masque, Fernando Pessoa ne peut s'empêcher de révéler plus qu'il ne veut bien l'écrire et on finit par imaginer un homme qui parcourait les rues de Lisbonne comme Henry David Thoreau gravissait une montagne : avec l'acharnement illuminé de l'homme qui n'est jamais assouvi.
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araucaria
  17 septembre 2014
Ce livre est simplement un guide touristique de Lisbonne, mais un guide magistral, très complet qui nous permet de sillonner la ville et de découvrir tout ses monuments. Un très bon guide! Cependant je me suis fourvoyée car j'envisageais un livre bien plus littéraire... Mais ceci est mon fait, cela ne remet pas en cause cet ouvrage très documenté de Fernando Pessoa, prenant un immense plaisir à nous piloter dans sa ville.
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ATOS
  24 juin 2013
Pourquoi rédiger de la sorte un guide touristique sur Lisbonne. Un hommage? une déclaration d'amour à cette ville?... Sans doute pouvons nous avec délice arpenter ses rues à travers les mots de Pessoa. Admirable descriptif. Inventaire précis. Extrêmement précis. Trop précis. Si la menée est alerte, le silence qui règne dans le Lisbonne de Pessoa est alertant. Où sont ses habitants? Où est l'âme de cette ville? J'ai donc fait le choix de reprendre la lecture. Il devait avoir "planté" une explication quelque part.
Il faut replacer le Lisbonne de Pessoa dans le temps. 1925. En 1926 la fin de la République fut proclamée. Les militaires prenaient le pouvoir. 1925, c'est à ce moment là qu'il faut commencer la lecture. Et c'est au moment même où le touriste pose le pied dans le port de Lisbonne que l'on comprend que ce que le touriste verra sera tout, tout sauf Lisbonne. Il sera pris en charge par les fonctionnaires, les douanes, le service de l'immigration. Ses bagages seront saisis par la police, sous entendus fouillés. "Nous allons à présent prier le touriste de nous suivre", " veillant à lui signaler tout ce qui vaut la peine d'être vu". Voilà la comédie qu'installe une dictature. A cet instant là, je crois que l'on peut arrêter sa lecture. Car tout ce que vous lirez ne sera qu'un décor, une falsification, une mise en scène.
Voilà Lisbonne tel qu'il était en 1925.La réalité de cette ville à ce moment de l'histoire ne tient pas dans ce que l'on en verra.
Elle réside justement dans tout ce que l'on ne montre pas. Un prodigieux manifeste contre la dictature, voilà ce qu'est "Lisbonne" de Fernando Pessoa.
Astrid Shriqui Garain
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oblo
  26 février 2018
On n'aurait pas idée de lire de bout en bout, ligne à ligne et mot à mot, un guide touristique. On y piocherait plutôt les renseignements voulus : histoire des monuments, horaires des visites, parcours suggérés. Pourtant, en suivant ce cicérone qu'est Fernando Pessoa, on se retrouve à lire, justement, un véritable guide touristique de bout en bout, ligne à ligne, mot à mot. de façon exhaustive y sont décrits les monuments, les rues, les musées, tout ce que le touriste doit voir selon le titre original - et en anglais - du récit.
Le lecteur qui a vu Lisbonne retrouvera certainement la ville qu'il a arpentée le nez en l'air. Celui qui ne l'a pas vue l'idéalisera probablement, car rien dans le récit de Pessoa ne vient diminuer la capitale portugaise. C'est à raison, évidemment, que l'auteur célèbre cette ville dont il fut privé lorsque, avec sa mère et son beau-père, il déménagea en Afrique du Sud. Il y a, derrière cette description aussi minutieuse que laborieuse (aucun horaire n'est oublié, ni aucun nom d'artistes, ni même aucune curiosité digne d'intérêt), l'expression d'un attachement de Pessoa à une ville longtemps associée au bonheur familial et originel, et celle d'une connaissance parfaite des secrets lisboètes.
Si Pessoa chante le génie portugais à travers les arts qui s'exposent dans la capitale : architecture, sculpture, peinture, céramique ..., il se fait surtout le guide discret qui, pourtant, imprègne toujours chaque rue de sa ville chérie. Encore aujourd'hui, à Lisbonne, Pessoa est partout: plaques commémoratives, portraits peints, souvenirs stylisés à son effigie. Pourtant, nous dit la postface, il n'est nulle part, tant les traces de l'homme sont fugaces. L'homme, en effet, avait symbolisé jusque dans son nom (Pessoa signifie personne, au sens d'être qui vit, en portugais) son individualité et son indifférenciation. C'est donc logiquement que cette ombre que l'on suit nous fascine et nous laisse, bien naturellement, admirer Lisbonne, le Tage et toutes les beautés que l'on pourra trouver.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   13 janvier 2015
[Le jardin de la Praça Rio de Janeiro] contient quelques superbes essences d’arbres, la plus remarquable étant un cèdre dont les branches immenses reposent sur des supports en fer forgé et couvrent une superficie assez grande pour abriter plusieurs centaines de personnes. Une autre bibliothèque publique se trouve nichée à l’ombre de ce géant ; c’est l’une des six bibliothèques que le conseil municipal a installées dans les différents jardins publics de la capitale, conformément à l’excellente idée d’un de ses membres, Alexandre Ferreira.
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araucariaaraucaria   16 septembre 2014
Sur sept collines qui sont autant de points d'observation d'où l'on peut contempler de magnifiques panoramas, s'éparpille, vaste, irrégulière et multicolore, la masse de maisons qui constitue Lisbonne.
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colimassoncolimasson   12 janvier 2015
Prenons maintenant la Rua Garrett et remontons jusqu’au Largo das Duas Igrehas. A main gauche se dresse le monument au poète Chiado –Chiado étant le nom qu’ont donné les Portugais à un moine du XVIe siècle, Antonio do Espirito Santo, qui a jeté son froc aux orties pour devenir une espèce de vivante incarnation de la verve et de la joie de vivre de l’époque et finir dans la peau du poète le plus aimé du peuple […].
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AnncyAnncy   31 mars 2013
Au souvenir de qui je fus, je vois un autre,
Et le passé n’est le présent qu’en la mémoire.
Qui je fus est un inconnu que j’aime,
Et qui plus est, en rêve seulement.
De nostalgie blessée mon âme se languit
Non pas de moi-même, ou du passé que je vois,
Mais de celui que j’habite
Derrière mes yeux aveugles.
Rien, hormis l’instant, ne sait rien de moi.
Même mon souvenir n’est rien, et je le sens bien
Que celui que je suis et ceux-là que je fus
Sont rêves différents.

Fernando PESSOA - Au souvenir de qui je fus
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colimassoncolimasson   23 janvier 2015
Il passait son temps à écrire. Et à faire des horoscopes. Parfois, il venait dans la cuisine et nous disait : « Voulez-vous que je vous lise ce que j’ai écrit ? » Ma mère disait toujours oui… Il avait une vie assez peu réglée. Il allait au bureau le jour, sortait le soir, traversait la ville à pied, rentrait et se mettait à écrire. Il buvait et fumait beaucoup. Et prenait des bains froids. Sa santé était fragile et il se plaignait fréquemment. Très souvent, il ne se couchait pas et déambulait toute la nuit dans l’appartement.

Henriqueta Madalena, demi-sœur de Fernando Pessoa
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Videos de Fernando Pessoa (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fernando Pessoa
Fernando Pessoa : Le livre de l'inquiétude par Denis Lavant (France Culture / L'Atelier fiction)
>Géographie de l'Europe>Espagne et Portugal>Portugal, Açores, Baléares (12)
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