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ISBN : 2370840005
Éditeur : Nous (23/04/2014)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps.
La joie de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fgremaud
  06 mars 2016
On connait Pasolini pour ces films de fiction et sa radicalité. On le connait souvent moins pour son côté d'essayiste. le film "La Rage" lui a été commandé par un petit producteur italien qui lui a demandé de réaliser une oeuvre à partir d'une banque d'images filmées pour la télé depuis les années 50 jusqu'au moment de sa sortie en 1963. On sait combien Pasolini détestait la télévision qu'il qualifiait de "mort de l'âme". Pourtant à partir de ces images, le cinéaste nous offre un chef d'oeuvre par son commentaire mêlant vers et prose. le travail de traduction des éditions "nous" est sublime et, s'il ne peut égaler la beauté de l'italien parlé dans le film, rend honneur aux textes du cinéaste.
Le lyrisme nous emporte, Pasolini nous embarque, sa critique devient la nôtre. On se révolte avec lui du monde qu'il voit se construire sous ses yeux et on se lamente un peu de voir qu'il est devenu réalité, que ce que craignait l'auteur dans les années 60 est aujourd'hui considéré comme l'état normal du monde. Au delà du contenu très politique qui ravira certain et que d'autres haïront, la forme est d'une beauté sans nom. Une sorte de poème héroïque qui fonctionne même sans le support des images. Il est rare de trouver des films aux qualités littéraires si grandes et lire ce commentaire présente un intérêt presque aussi grand que de voir le film. Cet ouvrage est un bon support de réflexion et nous interroge, cinquante ans après, sur l'état de notre monde, sur le progrès, sur ce que l'homme fait de la beauté et de la planète. Il n'y a pas de qualificatif plus adéquate pour décrire ce livre que le mot "beau". C'est une révolte belle et riche que Pasolini nous donne ici, une révolte qui construit plus qu'elle ne détruit.
Un vrai coup de coeur pour le passage sur la mort de Marylin Monroe, une réflexion sur la beauté justement, la beauté que le monde ignore ou feint d'ignorer. La beauté rendu à son état mortel, passager qui fait verser quelques larmes sur l'absurdité du monde.
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EcureuilBibliophile
  23 août 2017
On connait tous Pasolini. de plus ou moins prêt, mais nombre d'entre nous on vu au moins un de ses films.
Personnellement mon préféré, c'est la rage.
Dans ce film il monte des images d'archive de documentaires/reportages/journaux TV et une voix off nous parle de notre monde. On voit des guerres notamment en Corée, on voit des gens, des lieux, un peu de tout. Les images s'imbriquent, se complètent et se répondent. J'ai toujours ressenti ce film très profondément même si c'est une époque assez loin de moi.
Le passage sur la Hongrie surtout.
Ce texte est la preuve que l'actualité humaine est perpétuellement atroce.
Alors quand en passant à la Mouette Rieuse j'ai trouvé ce petit livre orange, je me devais de le lire. Je savais vaguement que Pasolini voulait mettre en place une nouvelle forme de scénarisation, plus lyrique, plus poétique et profonde. Sans les images le texte prend une dimension polémique presque plus forte : moins émotif en tout cas. Il voulait donner un souffle fort à ces images de reportage qui avaient à la base une fonction très utilitaire.
On notera la traduction superbe de Patricia Atzei et Benoît Casas, ça a du être rude de trouver les mots pour transcrire la force de ce texte.
Pour ce qui est de l'objet il est agréable. La couverture en carton est un peu fragile, mais ça va. le format par contre, un peu carré, fonctionne très bien.
Je ne connaissais pas cette maison : Nous Now et je pense que je me pencherai plus sur la question.
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Marti94
  27 février 2016
Il faut absolument voir le film « La rage » de Pasolini si on veut apprécier totalement ces poèmes filmiques engagés, édités pour la première fois en français, 50 ans après la sortie du film.
Il s'agit de la bande-son du documentaire, textes courts en vers ou en prose qui évoque l'histoire du 20ème siècle, de l'après-guerre, et l'état du monde selon Pasolini.
J'ai trouvé des informations sur le film dans l'excellent livre de Pierre Adrian « La piste de Pasolini » :
Carlo di Carlo a été l'assistant de Pasolini sur la Rabbia (La rage, film sorti en 1963).
Il indique que c'est une commande d'un producteur qui voulait que Pasolini réalise un documentaire à partir de ses archives (à l'époque il y avait des actualités au cinéma).
Pasolini avait pensé faire un film avec un texte en vers et un autre en prose. le producteur a trouvé le film trop engagé politiquement, trop à gauche. Mais au lieu de tout annuler, il a eu cette idée de dire : on fait un film vu par la droite et la gauche. Pour le point de vue de droite, il a choisi Giovannino Guareschi qui avait une revue très à droite.
Mais c'est la version de Pier Paolo Pasolini qui m'intéresse et qui me touche et ce livre ne concerne que cette partie.
Dans le film, on voit défiler des images d'archives noir et blanc, les années d'après-guerre à Paris, Suez, Cuba, sur lesquelles le poète Giogio Bassani récite les vers composés par Pasolini. le texte est solennel, et l'opinion de Pasolini est éparpillée dans l'image et la voix. Il s'attaque à l'anticommunisme, aux conservateurs, au bourgeois campé sur son petit confort. Il dénonce aussi l'industrialisation inhumaine, l'extinction rampante des paysans.
Par la mort de Marilyn Monroe, fille du peuple, il porte le deuil de la beauté du monde.
Même s'ils sont un peu solennels, ces textes permettent d'entrer dans le monde du cinéma italien des années 60.
Lu en février 2016
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti94   19 février 2016
Tant que l’homme exploitera l’homme, tant que l’humanité sera divisée en maîtres et en esclaves, il n’y aura ni normalité ni paix. Voilà la raison de tout le mal de notre temps.
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Marti94Marti94   27 février 2016
52. Algérie : série de photographies de tortures et de sévices

Sur mes haillons souillés
Sur ma nudité squelettique
Sur ma mère gitane
Sur mon père berger
J’écris ton nom.

Sur mon premier frère brigand
Sur mon deuxième frère boiteux
Sur mon troisième frère cireur de bottes
Sur mon quatrième frère mendiant
J’écris ton nom.

Sur mes camarades des bas-fonds
Sur mes camarades gigolos
Sur mes camarades chômeurs
Sur mes camarades manœuvres

J’écris ton nom

Liberté !
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Marti94Marti94   19 février 2016
« Pourquoi notre vie est-elle dominée par le mécontentement, l’angoisse, la peur de la guerre, la guerre ? »
C’est pour répondre à cette question que j’ai écrit ce film, sans suivre un fil chronologique, ni même peut-être logique. Mais plutôt mes raisons politiques et mon sentiment poétique.
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lilianelafondlilianelafond   27 novembre 2017
« Mais avec la vieille Europe qui se réinstalle dans ses gonds solennels, naît l'Europe
moderne :
le Néo-capitalisme;
le Marché Commun, les États-Unis d'Europe, les industriels éclairés et « fraternels »,
les problèmes des relations humaines, du temps libre, de l'aliénation.
Le Marché Commun viendra
Entre temps on danse la Danse Commune.
Les petites bourgeoisies fascistes
Sont prêtes pour l'Unité de l'Europe
Au nom de la Commune Pénurie. »

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EcureuilBibliophileEcureuilBibliophile   29 juillet 2017
pour un drapeau rouge trahi,
une image de Dieu retrouvée.

Mais l'obscurité de la conscience
ne réclame pas Dieu, seulement ses statues.

La terrible force des Pharisiens
est de ne pas craindre le banal et le ridicule.

C'est avec une émouvante honnêteté
qu'ils accomplissent leur rituel.
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Videos de Pier Paolo Pasolini (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pier Paolo Pasolini
Ecrits corsaires (Pier Paolo Pasolini). Une note de lecture sur "Ecrits corsaires", un recueil d'articles publiés par Pier Paolo Pasolini dans les années 70.
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