AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070776375
304 pages
Éditeur : Gallimard (09/11/2005)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Une nouvelle aventure des héros de Belleville-Barcelone et des Brouillards de la Butte

Juin 1940, en plein chaos, dans un Paris vide par l'exode, Nestor, détective de l'agence Bohman, est chargé de veiller sur un psychiatre dépressif. Le métier d'ange gardien n'est pas une sinécure. Surtout en pleine débâcle, quand les asiles déversent leurs fous sur les routes, et qu'une faune sinistre de truands, de nazis et de collabos s'apprête à envahir la capita... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  13 mars 2012
Boulevard des branques, donc, c'est une aventure de Nestor, détective de l'agence Bohman, que le lecteur averti (pas moi, donc) a déjà pu croiser dans Les brouillards de la Butte et Belleville-Barcelone. Dans le chaos de l'Exode de juin 1940, Nestor est chargé de la garde d'un psychiatre suicidaire. Et déterminé, puisque, malgré cette protection rapprochée, le médecin réussit à se tuer. du moins le semble-t-il, puisqu'il s'avère vite que l'on a sans doute aidé le docteur à passer l'arme à gauche. Au même moment, Nestor reçoit un étrange message, un appel à l'aide d'un inconnu évacué à Chartres dans un train transportant des malades mentaux. En ces temps troublés, le détective va tenter de faire la lumière sur une affaire dans laquelle se mêlent truands demi-sel, faux fous, vrais malades, psychiatres eugénistes, flics pourris et résurgences de la guerre d'Espagne.
Une histoire dense, donc, mais contée avec légèreté. Pécherot sait que l'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Et donc, c'est sous le couvert d'une écriture ironique dans un argot revisité mais qui arrive à sonner vrai, parsemée de métaphores réjouissantes (« Les points noirs lui donnaient un faux air de foie gras truffé »), qu'il nous sert une intrigue complexe placée dans un contexte parfois difficile à appréhender.
Son tour de force est de nous balancer dans la France occupée, de nous en dépeindre l'atmosphère, d'y placer des références historiques et des anecdotes, sans jamais casser le rythme de son récit ou paraître lénifiant. Et l'on imagine, sous l'apparente simplicité du texte, le travail de fond nécessaire à l'auteur pour rendre tout cela ingérable sans problème pour le lecteur.
Pécherot, la plume alerte, met la petite histoire au service de la grande et réussit à écrire un polar historique séduisant. C'est de la bien belle ouvrage.

Lien : http://encoredunoir.over-blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
lcath
  26 octobre 2018
Quel plaisir de retrouver l'agence Bohman et Nestor le privé mais sans son patron...mauvais temps pour les juifs, les Allemands sont à Paris, la seconde guerre mondiale est là pour un bon moment.
Notre privé est chargé de la surveillance d'un psychiatre aux tendances suicidaires, ce dernier meurt, pour Nestor c'est un suicide pour Bailly, le flic , un meurtre.Pendant ce temps, Yvette est sur la route avec des milliers d'autres, petites gens, bourgeois, voleurs et malades mentaux.Elle fuit l'arrivée des troupes sur Paris quand elle trouve un papier où l'on appelle à l'aide ce brave Nestor.
Partant à la recherche de cet inconnu interné, on suit le privé sur le chemin des hôpitaux psychiatriques, croisant celui des prisons qui libèrent le grand banditisme, s'initiant aux thèses de la sélection raciale et des rêves de trésor enfoui...
Ce tome est plus nostalgique que les deux autres volumes, les rêves anarchistes du premier tome ont disparu et la guerre d'Espagne du second n'est plus qu'un souvenir. Les Français composent, certains très bien avec l'ennemi, la guerre, ses morts, ses blessés sont de nouveau là alors que l'on avait appelé la précédente "la der des der"!
Un bon troisième tome qui termine parfaitement cette trilogie.
Une trilogie à découvrir si l'on aime le Paris pas carte postale, l'argot parisien, la débrouille, si l'on est intéressé par la période d'entre deux guerres , ses acteurs, ses écrivains, ces artistes et les idéaux politiques qui ont nourri les hommes de cette époque. Trois bon romans qui se lisent facilement et qui sont loin d'être creux, avec des personnages attachants, j'espère que l'on en fera une bonne série télé, je vois déjà les décors
Lien : http://theetlivres.eklablog...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
Melcleon
  17 février 2016
"Boulevard des Branques" constitue l'ultime volet de la trilogie de Patrick Pécherot dédiée aux débuts de Nestor Burma, le héros conçu par Léo Malet, et c'est celui que je préfère : à mon avis c'est le plus original des trois. On y retrouve avec bonheur des personnages rencontrés dans les épisodes précédents, surtout le deuxième puisque deux ou trois ans seulement se sont écoulés. Nous sommes en juin 1940, au moment du grand exode des Français et des Parisiens en particulier vers le sud du pays. le patron de l'agence Bohman, juif, a laissé les clés à Nestor, secondé, ô combien !, par l'irremplaçable Yvette, secrétaire, amante, infirmière, répondant du tac au tac aux propos parfois condescendants de Nestor et lui suggérant des pistes auxquelles il n'avait pas pensé.
Les "branques", ce sont tous ceux qui sont internés dans les hôpitaux psychiatriques, et que les nazis avaient prévu d'éliminer comme beaucoup d'autres catégories de "sous-hommes". Dans cette sombre affaire, Nestor est amené à fréquenter des "fous", vrais ou simulateurs, mais aussi les médecins qui les soignent ou des grands pontes qui les étudient et écrivent des articles sur leurs maladies dans les revues scientifiques. C'est d'ailleurs à la sécurité de l'un de ces mandarins, opposé aux théories eugénistes en faveur chez les dirigeants hitlériens, que Nestor est chargé de veiller alors que les troupes allemandes entrent dans Paris. Mais le professeur se suicide pendant que son gardien dort. Suicide ou meurtre ? Nestor, qui se sent coupable d'avoir failli à sa mission, tente de répondre à cette question. Son enquête, sans jamais l'éloigner vraiment de la sphère psychiatrique, le ramène aussi à des à-côtés peu reluisants de la guerre d'Espagne dont il avait déjà eu vent dans "Belleville-Barcelone".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
cathe
  17 août 2015
Dernier volet de la trilogie de Pécherot. Cette fois nous sommes en 1940, Paris est vide, les Parisiens ont presque tous quitté la capitale. Nestor, notre ami apprenti détective, est chargé de veiller sur un psychiatre dépressif. Mais un matin il se réveille trop tard, le professeur Griffard s'est tué (ou on l'a aidé à se tuer). Un peu déçu d'avoir mal fait son travail, Nestor se retire, mais il n'est pas tranquille pour autant ! On l'assigne à résidence alors que plus loin sa secrétaire l'appelle d'urgence à Chartres ! Train, vélo, voiture ! Un rythme endiablé pour ce polar qui, comme les autres, nous plonge complètement dans la grande Histoire avec l'exode, les théories eugénistes, l'or espagnol, les banques russes et les nazis !
L'histoire s'achève en 1941 alors que Nestor est emprisonné dans un stalag. Il s'en évadera quelque temps plus tard, là où commence 120 Rue de la gare de Léo Malet (que je me suis empressée de relire..)
J'ai vraiment beaucoup aimé cette trilogie où Pécherot rend hommage à Léo Malet en imaginant les débuts de Nestor (Burma) et en faisant revivre le Paris d'alors. le style, populaire et gouailleur, est bourré de trouvailles et on a du mal à quitter cet argot parisien renouvelé et ses personnages attachants !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MissAlfie
  02 juin 2015
J'imagine que les aficionados de Burma sauront noter les clins d'oeil et autres codes repris par Patrick Pécherot, voire peut-être quelques aberrations, que sais-je. Pour ma part, je suis bien incapable de faire ce travail. Je sais juste que j'ai beaucoup apprécié ma lecture, la plume de Pécherot traduisant la gouaille des Parisiens, le tout avec un contexte historique extrêmement bien mis en valeur : l'Exode de juin 1940 et le début de l'occupation de la zone nord de la France. Pour son enquête, Pécherot embarque Burma dans les coulisses du monde médical d'alors, et notamment des établissements psychiatriques : les descriptions font froid dans le dos, mais là encore je crois que l'auteur a bien sur décrire le contexte de l'époque.
Roman d'atmosphère, où les secrétaires de détective expérimentent avec le boss les ressorts du canapé de l'agence, où le patron du bar-tabac du coin dégotte au marché noir de quoi faire une omelette baveuse, où l'on fume la pipe d'un air penseur en déchiffrant des photos mystérieuses, Boulevard des Branques m'a clairement donné envie d'aller explorer l'oeuvre de Léo Mallet. Voilà de quoi satisfaire les amateurs de romans noirs !
Lien : http://croqlivres.canalblog...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   06 décembre 2015
J'avais pu vérifier que si un kilo de plume vaut un kilo de plomb, la ferraille garde l'avantage sur ceux qu'elle est censée protéger.
Commenter  J’apprécie          270
urbanbikeurbanbike   04 janvier 2009
Le restau s'était rempli. Ça faisait de la vie ordinaire, toute bourdonnante de conversations, du cliquetis des couverts et du bruit des mandibules. Avec de la chaleur qui montait des plats et des corps emmitouflés. Au fil du repas, on avait dénoué les écharpes de laine et tombé les manteaux. Pour oublier son assiette morose, on se racontait les bœufs gros sel et les civets d'avant. Des boustifailles à desserrer sa ceinture. C'était du gigot qui fondait sus la langue, de l'entrecôte marchand de vin. Des sauces et des petits oignons. On se calait l'estomac aux souvenirs. Et on passait l'eau avec l'air de ne pas remarquer les places vides. Celles des habitués qu'étaient pas revenus d'exode.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
poppy64poppy64   22 juillet 2013
p84
Boulevard de l'Hôpital, face à la Salpétrière, les pompes funèbres tenaient commerce. Deux belles agences, bien noires, qui attendaient le chaland. Avec devanture à couronnes, cercueils et angelots de plâtre.

Au début, le voisinage avait trouvé raide, puis il s'était habitué. C'était pratique finalement. Tout le monde y passe, alors, pour le grand voyage, autant n'avoir qu'une rue à traverser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
poppy64poppy64   22 juillet 2013
L'absence de tout, ça pèse. A vous en étouffer. Comme un poids mort qu'on aurait sur la poitrine. Un silence pareil, c'était pire qu'une noyade.. Je me souviens d'avoir cherché de l'air. Mon coeur s'est décroché et j'ai ouvert les yeux.
P9
Commenter  J’apprécie          30
poppy64poppy64   22 juillet 2013
P 16
J'en avais visité, des chambres mortuaires, crèche de pauvre ou carrée huppée. Tourtes, elles dégageaient la même impression. Dans le sillage de la crève, les objets prennent de la gravité. Même les plus tartes.

En un temps normal, personne s'attarderait sur une loupiote ou un verre à dents. Il suffit d'un maccabée pour qu'on leur trouve de la dignité.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Patrick Pécherot (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Pécherot
Rencontre avec Patrick Pécherot au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale 2018 à Arras, le 1er mai. Dernier roman : Hével. La Série Noire/Gallimard
Médiation : Tara Lennart Captation : Colères du Présent
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox