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EAN : 9782021321593
288 pages
Seuil (11/01/2018)
4.29/5   12 notes
Résumé :
Pourquoi avons-nous tant de mal à changer nos styles de vie alors que plus personne ne peut nier que notre modèle de développement a un impact destructeur sur le plan écologique et social ni douter de l’intensité des violences infligées aux animaux ?

Relever ce défi implique de combler l’écart entre la théorie et la pratique en développant une éthique des vertus. Au lieu de se focaliser sur les principes ou sur les conséquences de nos actes, celle-ci ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Voilà un livre important et consistant, un livre qui trace un chemin dans la complexité du monde actuel, sans déni, ni désespoir.
Nous accumulons les sujets d'inquiétude: les conditions du vivant se détériorent, les nationalismes sont chaque jour plus forts, et les guerres menacent ce qui nous reste d'équilibre.
Face à cela, Corine Pelluchon propose une éthique de la considération. La notion de considération est issue des écrits de Bernard de Clairvaux (12e s.), mais elle est profondément transformée par l'auteure.
Considérer c'est observer avec attention, comme l'on observerait le ciel étoilé. La considération consiste à s'observer soi, les autres humains et le monde. En nous observant, nous reconnaissons notre vulnérabilité et notre interdépendance, et la juste mesure de notre autonomie. La considération part d'une forme d'humilité. Dès lors, nous pouvons rejeter notre rapport dominateur sur les autres humains et les non-humains. L'autre n'est pas une ressource à exploiter. La considération établit des rapports respectueux envers nous-même, les autres et le monde. A partir de là Corine Pelluchon construit un rapport au monde qui passe par une transformation de soi sans norme imposée. Elle propose de nous penser comme partie d'un monde commun, non seulement ici et maintenant, mais aussi au-delà de notre propre fin. Elle ouvre des pistes sur la façon de réaliser ce monde commun à partir de communautés de taille réduite fonctionnant sur les principes de convivance élaborés par Robert Maggiori. Au fil de cette démarche très riche, l'éthique de la considération est positionnée par rapport aux éthiques de plusieurs philosophes à travers l'histoire: Aristote, les stoïciens, Descartes, Spinoza, Lévinas, Ricoeur, les philosophes du care, parmi d'autres.
Mais l'important est que l'auteure parle aux hommes et femmes qui ont le courage de regarder notre situation en face. Elle inspire une ligne de conduite que chacun peut s'approprier à sa façon. Et son livre reste bien lisible malgré sa richesse. Si la philosophie doit nous aider à vivre, ce livre y contribue sans aucun doute.
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Une pensée remarquable, développée clairement et densément. Il y a tellement à dire et à lire. Alors je trie et retiens deux notions.
La considération a également un sens politique outre sa dimension éthique, au départ du sujet pensé dans sa corporéité. Autrement dit, la mise en avant du plaisir attaché au fait de vivre ainsi que la caractère toujours relationnel du sujet.
De cette assertion, très épicurienne, découle la convivance, signifiant le plaisir de vivre ensemble, l'amour du monde, en respectant la pluralité d'idée et de cultures. La communauté se réunit autour d'un repas et aussi sur l'élaboration collective d'un projet, par exemple la transition vers un autre modèle de développement. Et réapparaît le politique, reconfiguration de la société sur des valeurs communes, chacun considéré dans sa différence, axé sur la préservation de la planète, l'affirmation de la dignité des personnes et des peuples. Magistral et imparable. Stimulant et porteur d'espérance, sujet de la dernière parution de Corine Pelluchon.

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Il y a dans toute crise une dimension économique et politique, mais aussi une dimension spirituelle
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Face aux changements nécessaires à la survie de l'humanité, nous n'osons pas le changement. Pourquoi ?
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critiques presse (3)
LaViedesIdees
21 septembre 2018
La transformation du monde passe par la transformation de soi. L’éthique de la considération, selon C. Pelluchon, doit nous permettre de relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, afin qu’à nouveau nous puissions vivre avec les autres êtres, quels qu’ils soient.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
LaPresse
26 mars 2018
La philosophie est à la mode, et nombreux sont les philosophes qui vulgarisent leur savoir en pigeant dans les classiques pour répondre aux questions existentielles du public.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde
29 janvier 2018
Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Un chasseur peut avoir de la grandeur d’âme, s’il est encore possible de dire que la chasse, dans nos pays, réclame du courage. Il peut assurément être une bon père de famille et un bon citoyen et même, comme Descartes, un immense philosophe. Mais s’il aime tuer un animal alors qu’il n’a pas besoin de chasser pour se nourrir ou s’il aime la corrida, il ne peut avoir la considération. Car celle-ci, comme nous le verrons dans le chapitre suivant en parlant du rapport à la vulnérabilité et de l’expérience de l’incommensurable qui la définit, rend impossible la domination des autres vivants. Non seulement le rapport à soi qui la caractérise implique de ne plus penser comme un seigneur de la Terre ayant tous les droits sur les autres créatures mais, de plus, il invite à rendre hommage à la beauté, à la servir au lieu de l’asservir, à l’aimer au lieu de la détruire.
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Considérer (considerare) vient de cum (avec) sideris, le génitif de sidus, qui désigne non une étoile isolée, un astre (stella, astram), mais une constellation d'étoiles. La considération est le fait de regarder quelque chose ou quelqu'un avec la même attention que s'il s'agissait d'examiner la position et la hauteur des astres.
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Il importe que nous prenions conscience de ce à quoi nous tenons et de ce que nous voulons être afin de penser les conditions d'une ferme régulation de l'économie et d'une sage évolution des institutions.
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quelle morale peut donner à l'être humain le sens de l'obligation tout en lui permettant de se réaliser. Comment faire en sorte qu'il intègre l'intérêt général à son intérêt personnel, au lieu d'être constamment déchiré entre le bonheur et le devoir ? Quelles dispositions morales sont requises de la part des citoyens afin qu'ils aient du plaisir à faire le bien, qu'ils soient sobres, que la coopération remplace la défiance et qu'ils œuvrent ensemble à la transmission d'un monde habitable ?
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La reconnaissance de notre vulnérabilité est la clef pour avoir de la considération envers les autres êtres sensibles
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Videos de Corine Pelluchon (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Corine Pelluchon
CONVERSATION Présentée par Raphael Zagury-Orly Avec Vincent Delecroix, philosophe Camille Riquier, philosophe Corine Pelluchon, philosophe
Ce n'est jamais l'espoir qui fait vivre: ce sont les aléas de la vie qui donnent à l'espoir ses ailes ou, au contraire, les lui coupent. On le sait bien d'ailleurs: l'espoir, on le «nourrit», on le «caresse», on le «fait naître», on le «soulève», on le «suscite» - comme si, en lui-même, il n'était qu'immobile attente, tantôt confiante, tantôt naïve, de l'avènement d'un Bien, d'un événement favorable, gratifiant, bénéfique. D'ailleurs, une langue telle que l'espagnol, n'a qu'un seul verbe pour dire attendre et espérer. Aussi une vie qui ne se s'alimenterait que d'espoirs serait-elle aussi anémique qu'un amour qui ne vivrait que d'eau fraîche - car bien tenue est la limite qui les sépare des illusions, des douces tromperies (ameni inganni) dont parlait Leopardi. Certes, dans l'Ancien Testament, Dieu lui-même est nommé Espoir ou Confiance, les Pères de l'Eglise en ont fait une vertu théologale, et du «principe espérance» de Ernst Bloch la philosophie contemporaine s'est nourrie. Mais lorsqu'on dit que l'espoir fait vivre - ou que l'espoir est toujours le dernier à mourir - il faudrait entendre que pour faire vivre l'espoir, il faut d'abord commencer soi-même, autrement dit «faire le premier pas» de l'action, le mettre en mouvement en faisant «un pas en avant», en s'engageant, en allant si l'on veut vers Dieu, par la foi, en allant vers l'autre, par l'amour et l'amitié, en allant vers autrui, par la bienveillance, l'hospitalité, la solidarité.
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