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Roger Caillois (Traducteur)
EAN : 9782070328291
398 pages
Éditeur : Gallimard (13/01/1994)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 220 notes)
Résumé :
« Tout philosophe a deux philosophies, la sienne et celle de Spinoza », a écrit Henri Bergson. L'Éthique est l'oeuvre fondamentale de Spinoza (1632-1677) qu'il a achevée peu de temps avant sa mort.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  24 juin 2013
L'Ethique de Spinoza ne m'intéresse pas particulièrement pour la rigueur de ses démonstrations, qui n'est plus à prouver. Sa construction donne l'impression de feuilleter un ouvrage de sciences mathématiques, axiomes, démonstrations, corollaires, scolies et lemmes en furie. Hélas, comme tout ouvrage scientifique, ses limites transparaissent dès lors qu'on remet en question le moindre axiome innocent. Exemple de l'un parmi tant d'autres : « D'une cause déterminée donnée, suit nécessairement un effet, et au contraire, s'il n'y a nulle cause déterminée, il est impossible qu'un effet s'ensuive ». Le même scepticisme a déjà pu nous faire passer de la géométrie euclidienne à d'autres géométries non linéaires et on comprend bien que dans le domaine des sciences, aucune valeur sûre ne peut être affirmée. C'est pour cette raison que je suis passée d'une proposition à une autre avec peut-être un peu plus de légèreté que toute lecture conscience de L'Ethique aurait exigé. Et pourtant… je pense être aussi convaincue que l'exégète le plus minutieux de l'oeuvre de Spinoza.

Le style austère et répétitif de l'écriture peut mettre à distance le lecteur dans un premier temps puis devenir ensuite le meilleur atout de l'Ethique. La répétition a du bon et permet aux concepts de s'inscrire progressivement dans notre esprit, d'autant plus que les phrases sont composées de mots simples. La seule difficulté provient peut-être du déploiement logique des propositions et du niveau d'abstraction qu'elles suggèrent. La décomposition du texte en axiomes, propositions et autres démonstrations peut sembler peu attrayante mais cette forme permet en réalité la concision et débarrasse l'auteur comme le lecteur de toute tentation de laisser s'échapper un fragment de passion.

Et pourtant… Malgré sa volonté d'être un ouvrage purement rationnel, L'Ethique laisse apercevoir l'âme d'un homme si passionné qu'il a cherché à tuer la fougue et l'immodération par la passion de la raison. Ainsi, Spinoza classe les sentiments, les actes et –plus grossièrement- les hommes en deux catégories, selon qu'ils sont dominés par l'une ou par l'autre de ces qualités : la passion/passivité ou l'action/activité. La démonstration est bien sûr extrêmement rigoureuse et je ne prétendrais pas la résumer, car elle constitue l'ouvrage même en tant qu'aucune proposition ne peut être ôtée sans ébranler la totalité de son édifice. Plusieurs concepts nécessitent toutefois d'être évoqués. Ainsi une nouvelle définition de Dieu, envisagé comme le Tout que nous pourrions également appeler Nature (faut-il rappeler que Spinoza a eu le courage de penser ceci au 17e siècle dans un contexte religieux particulièrement féroce ?), un Dieu qui ne serait plus un être désirant formé à notre image mais un Dieu prouvant sa puissance et sa perfection par le seul fait d'être. Aucune meilleure définition pour traduire ce concept n'aurait pu être donnée que la suivante : « Dieu est cause immanente, mais non transitive, de toutes choses » -et on admire encore la concision. Cet être parfait ne manque de rien. Il ne désire donc rien, et n'attend rien de nous. Branle-bas de combat dans le milieu religieux traditionnel : avec ce modèle, les églises ne valent plus rien. Qui de s'indigner : où se dirige-t-on si la morale n'existe plus ? ; qui de s'enthousiasmer : aurait-on enfin découvert la véritable liberté ? C'est en fait ici que la distinction se joue entre deux catégories d'hommes : ceux qui se croient maîtres d'eux-mêmes, et ceux qui se savent soumis à une nécessité qui les dépasse –mais infinie et si parfaite qu'elle ne se remarque pas.

« Les hommes, donc, se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. L'idée de leur liberté c'est donc qu'ils ne connaissent aucune cause à leurs actions. »

La liberté n'existe donc pas absolument, si ce n'est en théorie. En pratique, il s'agit seulement de s'en approcher par la vertu –ce qu'on appellerait aussi l'intelligence- et qui consiste à se détacher de ses propres sensations pour analyser les causes de chaque effet de façon rationnelle, selon les propositions avancées par Spinoza. Encore une fois, il s'agit d'être convaincu par son système, et si on ne l'est par la remise en cause (toute rationnelle) de ses axiomes, on peut l'être par l'assentiment instinctif, c'est-à-dire par la passion, ce qui est alors contraire à l'idéologie de Spinoza. Mais peut-être faut-il en passer par là ?

Lire L'Ethique procure une grande joie ou, comme la définit son auteur : « le passage de l'homme d'une moindre à une plus grande perfection ». On se sent devenir meilleur par une abnégation raisonnée des sentiments –aussi bien des bons que des mauvais- qui, contrairement à la croyance commune, ne serait pas la traduction d'un esprit désenchanté mais au contraire la vision d'un homme perpétuellement en transe, inclus dans le monde jusqu'à sa moindre parcelle insignifiante, ne vivant plus exclusivement pour lui-même mais pour participer à la perfection originelle de l'essence du monde. Cela s'appelle la béatitude, et elle n'est pas une joie car une fois atteinte, elle est la perfection même :

« La béatitude n'est pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même ; et nous n'en éprouvons pas de la joie parce que nous réprimons nos penchants ; au contraire, c'est parce que nous en éprouvons de la joie que nous pouvons réprimer nos penchants. »

Pour mieux comprendre cette idée de l'Être absolu, infini et parfait dont nous ne serions que des parties, je me suis représentée le rapport de notre Être avec nos cellules : notre pensée (notre intellect) serait l'essence, notre organisme serait le monde, et les différents constituants de notre organisme (cellules, liquides, os…) seraient les différents constituants du monde (êtres vivants, charpente géographique…). L'analogie fonctionne : notre corps est donné, parfait dans son existence même. A l'intérieur de lui se produisent des mécanismes qui, bien qu'imprévisibles et pouvant se manifester sous des formes différentes, ne sont en réalité jamais libres. On comprend enfin que, la perfection étant donnée dans son origine, elle n'empêche pas la réalisation du mal, qui pourrait être les affections ou maladies par lesquelles l'organisme se laisse envahir. L'analogie a bien sûr ses limites. Avec cet exemple, les maladies peuvent perturber jusqu'à l'intellect, ce qui signifierait que l'essence peut perdre sa perfection -ce que Spinoza n'admet pas. Encore : nos connaissances nous permettent de penser que les maladies ont souvent une origine externe (sauf peut-être dans le cas du cancer), ce qui signifierait que Dieu peut être influé par des causes qui ne dépendent pas de lui –or Dieu est parfait et rien de plus grand ne pourrait le perturber d'une façon ou d'une autre. Mais cette contradiction est peut-être, aussi, une ouverture intéressante de L'Ethique qui permettrait de considérer ce livre génial comme l'explication d'un phénomène imbriqué dans un maillon de matriochkas. Encore, cette explication signifierait que tout est lié et qu'il n'est pas irraisonnable de se sentir alarmé par des évènements qui se produisent même loin de soi –ce qu'on appelle le stress dans l'organisme peut être nommé angoisse dans le monde.

La pensée de L'Ethique provoque beaucoup de joie et rapproche de la vertu spinoziste en tant qu'elle apprend à raisonner, nous apaisant et nous rapprochant de la Béatitude. Toutefois, les moyens pour nous conduire à cet état sont extrêmement paradoxaux et on a parfois l'impression qu'il faut abolir la vie, dans la diversité de son expression et dans le tumulte de ses expériences, pour vivre parfaitement. C'est ce que Nietzsche aussi a remarqué, qui écrit dans Par-delà le bien et le mal :

« […] tous ces ermites par nécessité, qu'ils s'appellent Spinoza ou Giordano Bruno- finissent par devenir, ne fût-ce que dans une mascarade intellectuelle, et peut-être à leur insu, des empoisonneurs raffinés et avides de vengeance. (Qu'on aille donc une fois au fond de l'éthique et de la théologie de Spinoza !) […] »

Il faut se rappeler en effet que Spinoza, à cause d'idées qui ne convenaient ni à son époque, ni à son territoire de résidence, s'est trouvé exclu et rejeté par ses semblables alors qu'il était encore très jeune. En mettant au point un attirail rationnel poussé jusqu'au plus haut niveau, L'Ethique pourrait être pensé comme le moyen utilisé par Spinoza pour lutter contre la haine ressentie à l'égard de ceux qui l'ont rejeté, car la haine est « la tristesse accompagnée de l'idée d'une cause extérieure ». Ainsi, en construisant un système qui classe les hommes sur différentes échelles de la vertu, et en se faisant de fait, implicitement, l'homme placé sur le plus haut échelon –les autres continuant à patauger dans un marasme sans fond-, Spinoza réussit à transformer sa tristesse en joie par l'usage de la raison, ce qui lui fait écrire qu'il s'agit du plus grand bien.

« Agir par vertu absolument n'est rien d'autre en nous qu'agir, vivre, conserver son être (ces trois mots signifient la même chose) sous la conduite de la Raison, d'après le principe qu'il faut chercher l'utile qui nous est propre. »

Et dans cette oeuvre remplie de joie, Spinoza aurait fini par être conduit par l'Amour, cette « joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure », et qui se traduit par l'existence géniale de son Ethique. Dans un sens, Spinoza n'a pas tort : tout est nécessaire, et ce qui peut nous apparaître immédiatement comme un mal indiscutable (la haine de la majorité de ses semblables pour l'auteur) peut en fait être une possibilité donnée à la vertu de s'exprimer par l'usage de la raison. Quant à la nécessité de la publication de L'Ethique, on ne la recherchera pas, comme on ne recherche plus la nécessité de ce qui est devenu parfait.
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denis76
  17 mai 2018
En philo, Spinoza veut « démontrer » comme en maths, mais ça ne fonctionne pas !
L'Ethique (1675) comprend cinq parties sur Dieu, l'esprit, les sentiments, leur servitude, la puissance de l'entendement. 
Baruch Spinoza "démontre" que Dieu existe. A partir de là, le but, grâce à l'Esprit est d'amener l'homme à se détacher des sentiments-passions, causes de haines, grâce à une pleine connaissance et une pleine conscience, et à se libérer de ses penchants pour aller vers les idées adéquates, le bien. 
Livre difficile à aborder, car construit de façon mathématique, en référence au modèle de l'auteur, René Descartes . C'est "son père spirituel qu'il tue" à la fin de l'ouvrage. Mais les thèmes sont très intéressants. Pour ma part, j'ai occulté les démonstrations qui n'apportent rien, car je trouve que les arguments se situent dans tout le reste du livre. C'est un livre "analytique". L'auteur essaye parfois de faire une synthèse. 
Donc j'ai construit plusieurs modèles pour aboutir à quelque chose de cohérent et synthétique, où la " Liberté" n'est pas celle qu'on croit.
Personnellement, je suis d'accord avec la plupart des idées de l'auteur. Mais ce n'est pas parce que c'est un grand philosophe qu'on doit tout prendre pour du pain béni. J'ai relevé quelques petits désaccords et une ou deux contradictions. 
Juif dont la famille fuit l'inquisition, Spinoza dénonce les pratiques religieuses jusqu'à être excommunié. Il a même été qualifié d'athée. Cependant, la présence de Dieu est là tout au long de son livre, et je pense qu'il est déiste avant Voltaire. La recherche de la Béatitude, l'accord avec Dieu, est le but suprême qu'il qualifie de troisième niveau de connaissance. Spinoza pense qu'une partie de l'Esprit subsiste après la mort corporelle, et fait que les sages n'ont pas peur de mourir. Cependant, contrairement à Socrate qui semble indifférent au corps, le but de Spinoza est " la conservation de l'être" tout au long de la vie corporelle. J'ai trouvé que le concept d'isoler le sentiment destructeur en le connaissant, le définissant pour l'écarter, est particulièrement intéressant et novateur, à la façon dont on isole un virus.
Mais comme chez Aristote, l'éthique n'est que peu définie. Ah ! Ces philosophes !
Je pense que pour Aristote, l'éthique est la « vertu », un ensemble de valeurs morales.
Je suppute aussi que l'éthique, pour Spinoza, est un rassemblement de valeurs qui permettent, grâce à une prise de conscience, de se libérer de ses penchants pour aller vers les idées adéquates, « le bien ». 
Donc, on se rejoint. : )
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Chri
  06 septembre 2015
L'Ethique est Ce Qu'il Fallait Démontrer pour s'affranchir d'un seul coup des anciens dogmes et superstitions. Mais s'il n'y a plus à craindre ou à espérer des prescriptions divines il reste cependant à composer pratiquement avec la palette variée et inconstante des sentiments bien humains qui sont aussi capables d'asservir l'homme. La voie libre est donc difficile à première vue, elle dépend de la Raison qui est elle-même limitée mais largement perfectible.
La voie est nécessairement pragmatique à l'image de l'exposé de la formation des états et des lois qui découlera du besoin des hommes de s'entraider pour mieux préserver leur être. Pragmatique aussi est l'évaluation des avantages et des inconvénients de chaque situation ; ainsi il vaudra mieux donner la préférence aux sentiments d'humilité et de repentir, d'espoir et de crainte (toujours exploités par les prophètes), plutôt qu'à l'orgueil "suprême ignorance de soi" qui est absolument incompatible avec la concorde des hommes.
En conséquence Nietzsche, s'il avait vraiment compris Spinoza comme il le pense, ne serait pas contenter de banaliser l'idée de "la race des conquérants et des maîtres-nés, celle des Aryens »* et de la considérer comme autre chose qu'une très grande menace pour l'humanité. (*Nietzsche, La Généalogie de la Morale).
La priorité à la concorde des hommes ou l'amour de son prochain, chacun peut la percevoir à sa manière, comme l'ont perçue les prophètes. Les Ecritures ne contiennent que ce type d'enseignement très simple accompagné d'un contenu historique et surtout d'une énorme dose d'imagination, en tous les cas rien qui permette de réclamer l'obéissance à Dieu sauf si on considère Dieu comme un prince. Loin d'appeler à un nouvel ascétisme, le perfectionnement de la Raison permet à l'homme de jouir d'une légèreté de l'Être car à un certain point il n'est plus dominé par les passions et son esprit ne confond plus la réalité avec les fruits de son imagination.
Comme la sagesse réclame la Raison, la lecture de l'Ethique réclame une attention particulière pour suivre un raisonnement difficile construit de façon mathématique. A la manière d'une épreuve j'ai essayé de décrocher le moins possible jusqu'à cette proposition : "L'esprit humain ne peut être absolument détruit avec le corps, mais il en subsiste quelque chose qui est éternel". Je ne peux pas affirmer que celle-ci soit absolument démontrée, et je dois même dire la même chose pour de nombreuses parties du raisonnement mais en même temps il est impressionnant de noter dans les commentaires (scolies) à quel point l'expérience rejoint les propositions.
Ainsi l'Ethique montre comment le perfectionnement de la Raison prépare tranquillement l'esprit à accéder à la connaissance intuitive et à la "la joie inhérente à la conscience de soi" ou béatitude (on pourrait dire aussi l'Eveil). le choix d'un vocabulaire religieux est aussi fait pour préparer en douceur les croyants des anciens dogmes à accueillir une nouvelle idée de la religion.
Voici donc la première idée claire et distincte de Spinoza : "Dieu est une substance consistant en une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie ». Et par le raisonnement on n'obtient que « ni l'entendement ni la volonté n'appartiennent à la nature de Dieu ». Il n'y a donc aucune représentation anthropomorphique possible, mais puisque les hommes ne peuvent s'empêcher de former des images, alors c'est l'image de la Nature qui convient le mieux : "Deus sive Natura" (j'y vois aussi le Tao de Lao Tse). Cette vision dépasse la perception nombriliste des hommes convaincus que tout ce qui arrive, arrive pour eux. "Ainsi ont-ils été conduits à former ces notions par lesquelles ils disent expliquer la nature des choses, à savoir le Bien, le Mal, l'Ordre, la Confusion, le Chaud, le Froid, la Beauté et la Laideur ; et du fait qu'ils s'estiment libres, sont nées les notions suivantes : la Louange et le blâme, la Faute et le Mérite."
Autrement dit Spinoza dénonce aussi les anciens dogmes comme une limitation de la puissance divine, ultime provocation sans doute pour les théologiens. Il se sait accusé d'hérésie ce qui n'est pas une mince affaire, mais l'Ethique est sagesse et donc respect. C'est donc avec sa force d'âme et un discours cartésien qu'il va affronter ses adversaires qui eux se fondent sur l'arbitraire interprétation des Ecritures. Dans le Traité des autorités théologique et politique il analyse le sens du droit divin, son rôle dans un état démocratique et la liberté que l'homme doit conserver lorsqu'il transfère ses droits à l'Etat.
L'engagement de Spinoza dans un contexte d'obscurantisme faussement religieux nous ramène évidemment à l'actualité. L'Ethique devrait certainement prendre sa place dans les programmes scolaires à la suite de l'enseignement laïque des faits religieux. Et que dire aux enfants à l'âge où ils nous assaillent de pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?...Je sais en tous les cas qu'ils doivent percevoir l'effort de la raison parce qu'ils sont capables de comprendre, plutôt que subir un flot d'explications surnaturelles parce qu'ils sont facilement impressionnables.
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vincentf
  08 décembre 2012
A la fois rigueur et joie, la pensée de Spinoza séduit l'esprit autant que le corps, qu'elle ne sépare presque pas, tout se trouvant rassemblé par Dieu, en Dieu, c'est-à-dire en la Nature. Il n'y a, pour Spinoza, qu'une substance, qu'un être, c'est Dieu, et ce Dieu est indivisible, donc partout. Il est la Nature. Nous sommes une partie de Dieu, nous sommes même Dieu lui-même, puisqu'il est indivisible. Malheureusement, nous ne sommes pas spontanément conscients de cette adéquation entre notre corps (Dieu perçu sous le point de vue de l'étendue), notre esprit et Dieu, parce que nous sommes affectés de mille façons par l'extérieur et que nous sommes souvent passifs, pénétrés de tristesse et non de joie. le travail de l'esprit consistera donc toujours à chercher la joie, l'action, la pensée adéquate qui correspond à la vérité de la Nature. Son désir sera de se conserver, d'être utile à lui-même, c'est-à-dire, toujours, à Dieu. N'est moral que ce qui est utile à ma conservation. Ce qui me plaît dans l'éthique de Spinoza, même si ses démonstration m'échappent parfois, c'est que c'est une éthique du désir et non du devoir, une quête de joie et non du "bien", défini simplement par l'utile. C'est qui m'est utile est bien, et non le contraire. Bien sûr, Spinoza surestime l'entendement humain, mais il le désencombre des vieux modes de penser qui le corsetaient.
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heros_pitch
  26 mai 2020
Quel visionnaire, tout de même, ce Spinoza! Bon, d'accord, la forme est difficile et un peu rebutante car les propositions sont listées puis démontrées , sans oublier quelques corollaires et autre scholies, mais la nature de l'être humain a été disséquée chirurgicalement, mathématiquement même, et nous parvenons à trouver tout cela très cohérent et pertinent. Si vous voulez, vous pouvez vous limiter aux propositions, comme on lirait des citations ou des proverbes. Spinoza est croyant, mais son Dieu n'est pas vu à travers le prisme d'une religion. Il pense que plus nous cherchons à nous perfectionner, plus nous nous approchons de la compréhension de ce Dieu.
Nous apprenons même à être heureux en privilégiant la joie à la tristesse par notre puissance d'action tournée vers des idées adéquates. Enfin, il nous enseigne à dominer nos passions. C'est à mon sens un ouvrage très riche qu'il est important de feuilleter au moins une fois dans sa vie.
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Citations et extraits (181) Voir plus Ajouter une citation
heros_pitchheros_pitch   26 mai 2020
il faut vaincre la haine, non par une haine réciproque, mais par l’amour, par la générosité
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heros_pitchheros_pitch   26 mai 2020
Il faut passer en revue et ramener sans cesse dans son imagination les périls auxquels la vie de tous les hommes est exposée, et se redire que la présence d’esprit et le courage écartent et surmontent tous les dangers.
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heros_pitchheros_pitch   26 mai 2020
il faut toujours avoir les yeux sur ce qu’il y a de bon en chacune des choses que l’on considère, afin que ce soit toujours des sentiments de joie qui nous déterminent à agir.
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heros_pitchheros_pitch   20 mai 2020
"Ce que j’appelle esclavage, c’est l’impuissance de l’homme à gouverner et à contenir ses passions."
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colimassoncolimasson   29 janvier 2014
Cette Tristesse qu’accompagne l’idée de notre faiblesse s’appelle Humilité. Au contraire, la Joie qui naît de la considération de nous-même se nomme Amour-propre ou Satisfaction intérieure.
Et comme cette joie se renouvelle toutes les fois que l’homme considère ses propres vertus, autrement dit sa puissance d’agir, chacun est donc naturellement avide de raconter ses actions et de faire étalage des forces de son corps et de son âme, et voilà pourquoi les hommes se rendent insupportables les uns pour les autres.
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Videos de Spinoza (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Spinoza
"Le Traité de la Réforme de l'entendement" est l'un des premiers ouvrages de Spinoza. Dans les premières pages de ce traité, il ne semble pas se présenter comme un traité de philosophie. On y parle ni de Dieu, ni de substance, ni d'attribut... Le TRE ressemble plus à une confession qu'à un traité de philosophie. Pierre-François Moreau commente ce texte fondateur de Spinoza, où il décrit son entrée dans la philosophie. Pierre-François Moreau est professeur à l'École normale supérieure de Lyon. Voir ses ouvrages : http://www.vrin.fr/search.php?search=pierre-fran%C3%A7ois+moreau
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