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EAN : 9782264033055
416 pages
Éditeur : 10-18 (01/05/2001)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Après une brillante carrière militaire au service de la couronne d'Angleterre en Inde, l'estimé général Thaddeus Carlyon rencontre la mort, non dans l'affrontement d'une bataille, mais au cours d'un élégant dîner londonien. Accident ou homicide ?
La belle Alexandra, épouse du général, confesse bientôt son meurtre, passible du gibet. William Monk, Hester Latterly et Oliver Rathbone travaillent d'arrache-pied pour faire tomber le mur de silence élevé par l'accu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  22 février 2017
Troisième enquête mettant en scène le trio de choc : William Monk, Esther Latterly et Me Oliver Rathbone.

Lors d'un dîner chez les Furnival, le général Thaddeus Carlyon est retrouvé mort. Ce dernier aurait fait une chute du haut du hall de l'escalier – ce qui aurait pu passer pour un accident – si l'on n'avait pas planté une hallebarde dans son abdomen. Honte pitoyable pour un général de se faire empaler. Rapidement une enquête est menée et Alexandra Carlyon, son épouse avoue le crime sans hésiter et prétexte la jalousie qu'elle éprouvait vis-à-vis de leur hôtesse, Louisa Furnival qui aurait été l'amante de son époux. L'affaire pour tous semble claire, nette et sans bavure et ne nécessite même pas de procès. Seulement, Edith la belle-soeur d'Alexandra demande à Esther Latterly de lui trouver un avocat afin de la défendre et de faire la lumière sur les mobiles.
Me Oliver Rathbone après avoir rencontré Alexandra sent immédiatement que quelque chose ne semble pas très clair concernant les motifs l'ayant poussé au crime. Il est bien décidé à trouver des éléments permettant de commuer la peine de pendaison en un homicide involontaire donc quelques années de prison. Monk est donc engagé afin de mener les investigations avec l'aide d'Esther Latterly et ce qu'ils découvrent peu à peu a de quoi les faire vomir…

Le titre de cette enquête dit tout en deux mots. Défense et Trahison et cela dans les deux camps. Que cela soit du côté de l'accusé, Alexandra qui n'a pas hésité à tuer son mari afin de protéger son enfant des horreurs commises par ce dernier à son encontre. du côté de la famille de Thaddeus (notamment la mère) prête à tout pour défendre l'honneur de sa famille en dépit des pires horreurs afin de garder une place dans la société. Chacun des camps se sent trahit : Alexandra par la bonne société, la famille de son époux… la famille Carlyon par le crime perpétré par leur bru et les « désagréments » occasionnés. Un même monde à savoir la société hupée anglaise mais deux attitudes diamétralement opposées l'une de l'autre. Alexandra a réagi en tuant alors que Mrs Carlyon elle a préféré fermer les yeux.

Comme toujours dans cette série, le livre se décompose en deux temps avec leurs héros distincts. La première concerne l'enquête menée par Monk afin d'appuyer les faits ou trouver des éléments permettant d'innocenter la cliente de Rathbone. La seconde concerne le procès où Rathbone faisant preuve d'une grande éloquence d'un esprit calme et posé assène face à une cour totalement contre lui les preuves permettant de faire la lumière sur ce meurtre. Ces deux temps permettent au lecteur de s'immiscer au plus près dans la bonne société anglaise, d'en découvrir les règles et les moeurs. La partie où Rathbone plaide en faveur de sa cliente permet de comprendre cette société dans un cercle plus large au travers de ses institutions, des lois qui la régissent, des ressentis du public. Voir le public au tribunal arrivé et attendant avec un plaisir sincère une condamnation et voir la plaidoirie de Rathbone mettre à mal leurs principes rigides, leurs règles de bienséance en apportant des éléments montrant la dérive de leur système social est passionnant à lire.

Ajouter à cela, à la fois le passé effacé de Monk qui en plus de mener ses investigations est assailli de réminiscence d'un passé qu'il a perdu suite à un accident (lire Un étranger dans le miroir) et décide de mener une enquête en parallèle le concernant. Ses découvertes ne sont pas toutes positives puisqu'il découvre à chaque fois un homme froid, imbu de lui et rabaissant les autres, ce qu'il n'est plus aujourd'hui.

Enfin, le petit élément qui égaye un peu cette enquête vient du trio amoureux que forment nos trois personnages. Les pics que s'envoient Monk et Esther sont venimeuses alors que les échanges entre Rathbone et Esther sont plutôt timides.

Cette série n'est pas seulement une enquête policière. Anne Perry nous offre ici un regard de la société anglaise peu réjouissant où l'honneur est plus important que tout quitte à taire des horreurs. La femme n'est qu'une pouliche à qui il n'est demandé que d'apporter un héritier : elle ne possède aucun droit sur ses enfants, ne peut intervenir dans leur éducation sans l'accord du mari, demander le divorce. Bref, deviens purement et simplement un objet faisant partie des possessions de la famille. le seul moyen qu'il reste à la disposition de la femme est donc soit de se taire, soit de passer de l'autre côté de la loi en assassinant son époux. Même dans ce cas, la loi est encore là pour rappeler cette dominance des hommes avec la condamnation quasi systématique de l'épouse.
Une société qui également joue sur le paraître où la morale, l'honneur sont mises en avant et pourtant cela n'empêche pas ces mêmes personnes de s'adonner à l'immoralité. Anne Perry le démontre subtilement au travers du portrait élogieux de Thaddeus Carlyon dressé par ses pairs alors qu'en privé il se vautre dans la monstruosité ; avec également la liaison de sa soeur hors mariage et les conséquences engendrées.

Une série policière tout simplement CAPTIVANTE d'un point de vue historique et de l'enquête policière. 👍
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Kassuatheth
  04 août 2019
Depuis l'apparition du 4 1/2 étoiles je n'ai presque pas mis de 5 étoiles à mes critiques. Je réserve les 5 étoiles aux romans qui ressortent du lot sans être nécessairement un chef d'oeuvre.
Ce roman d'Anne Perry mérite ces 5 étoiles. C'est une magnifique peinture de cette époque. Non seulement dans les descriptions mais dans les mises en scène.
Chaque personnage vit son statut social et réagit comme son statut social le lui demande. La femme, comme encore dans certains pays où même dans certains milieux n' à d'utilité qu'en autant qu'elle accepte son rôle décoratif.
Meme Monk, un esprit très brillant à de la difficulté à communiquer avec Hester Latterly qui n'est pas ... ... pas assez feminine ou trop masculine. Dans le sens de cette époque. Elle est trop ... franche. Mais il la respecte même si elle le fait parfois rager.
On peut aussi parler du personnel chez lequel il y a aussi des classes sociales...
— Je suis une servante, maître Lovat-Smith, répondit-elle avec dignité. C'est-à-dire quelqu'un qui se situe à mi-chemin entre un meuble et un être humain".
Le majordome peut regarder de haut un enquêteur de la police. Nous sommes loin de Downton Abbey.
J'ai l'habitude de croire, que dans un polar, le nombre et la valeur des citations est inversement proportionnel à la qualité du suspense.
Pas dans ce roman. J'aurais pu mettre une dizaine de citations supplémentaires mais j'ai pour règle de me limiter à trois ou quatre pour donner une chance aux lecteurs qui me suivront.
Monk découvre même un important pan de sa vie en cherchant le visage caché d'une femme qui a eu beaucoup d'importance pour lui. En cherchant dans ses vielles enquêtes, il en a trouvé trois.
Nous avons finalement à une magistrale prestation au tribunal qui, pour ma part, a été un véritable délice. Une vengeance contre cette classe qui a le mépris facile pour la racaille que nous sommes.
À date, c'est le meilleur des trois Monks.
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JaneEyre
  24 octobre 2014
En faculté de droit, on apprend vite une chose: la loi, ce n'est pas ce qui est juste. Ce sont des règles, que les hommes tentent de rendre cohérentes et utiles à la cohésion de la société. Décourager le comportement déviant et protéger les citoyens. On peut essayer de s'approcher au maximum de l'idee de Justice, mais la pratique montre toujours que ce ne sont que des tentatives (en témoigne les erreurs judiciaires ou au contraire les coupables impossibles à condamner). La loi n'est pas toujours juste, et la loi n'est pas toujours morale.
En Angleterre, en 1856, c'etait aussi le cas. Et Anne Perry nous offre un exemple percutant de ces injustices. La loi, la société.... Quelle place pour une femme en quête de justice? Des trois premiers tomes des enquêtes de l'inspecteur Monk, celui-ci est sans conteste mon favoris! Une femme tue son mari. Tout le prouve. Aucun doute possible. La question est: pourquoi? Devant son mutisme, son avocat cherche tout ce qui pourrait lui éviter la potence, à commencer par le mobile du crime! Commence alors un compte à rebours infernal: il faut savoir avant la fin du procès!
Comme dans les autres romans d'Anne Perry on retrouve un décors agreable: celui des riches familles anglaises de la fin du 19ème, un contexte historique parfaitement maîtrisé! Des personnages riches et complexes: une femme indépendante qui lutte dans un monde d'hommes, un avocat coriace et passioné, un inspecteur brusque et assoifé de vérité! Et des révélations au compte goutte, qui bousculent les certitudes et les repères moraux des lecteurs. Anne Perry écrit ainsi des romans policiers mais également des romans sociaux, analysant le fonctionnement d'une société et d'une justice passée.
Les 150 dernières pages sont incroyables. Si comme moi vous êtes un lecteur aimant les scènes de procès, vous serez servis! Anne Perry maîtrise et explique parfaitement les techniques et les stratégies des avocats, la manière dont ils tentent de convaincre un jury.
Bref j'ai adoré ce troisième opus! Je suis heureuse de me dire qu'il me reste encore de nombreux romans d'Anne Perry!
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Syl
  13 décembre 2012
Avril 1857,
Hester Latterly a rendez-vous avec son amie Edith dans un parc. le printemps est radieux. Hester avance d'un bon pas. Elle est à présent l'infirmière personnelle d'un militaire à la retraite, le major Tiplady, qui s'est fracturé le fémur.
Les premiers mots prononcés par Hester lorsqu'elle retrouve Edith sont « Que se passe-t-il ? », car l'expression de son amie n'est pas rassurante et mérite explication…
Son frère, le général Thaddeus Carlyon, est mort. Il est passé par la balustrade de l'escalier et s'est empalé sur la lance d'une armure.
Ironiquement, et bien atrocement, la première pensée qui surgit à l'esprit est « accident grotesque ». Pour ces familles orgueilleuses, il est de meilleur goût de mourir au champ d'honneur et non vulgairement, stupidement, d'une mésaventure hasardeuse.
Une semaine après, Hester rend visite à Edith, qui, veuve, sans fortune, a été obligée de réintégrer le foyer de ses parents. le deuil est délicat car aux dernières nouvelles, la police est forcée de réfuter la mort accidentelle. le meurtrier s'est dénoncé et les aveux ont été prononcés par Alexandra, la femme du général Carlyon.
L'homicide est incompréhensible ! Tous sont atterrés par l'évènement. Edith confesse à Hester sa stupéfaction et son incrédulité. Alexandra est une personne douce, généreuse, une épouse et une mère exemplaire. Certes, lors de cette sinistre soirée, elle paraissait perturbée, un peu hystérique, mais l'ambiance chez les Furnivals, leurs hôtes, n'était pas très chaleureuse. Les invités étaient guindés et simulaient un engouement qui faisait défaut. Il y avait Mr et Mrs Furnivals, le Dr Hargrave et sa femme, Thaddeus et Alexandra, leur fille Sabella et son mari Fenton Pole, sa soeur Damaris et son époux Peverell Erskine.
Si ce n'est pas Alexandra, c'est l'un d'entre eux ? ou un domestique ou un intrus venu pour cambrioler ? Et… quel serait le mobile ?
Alexandra est arrêtée suite à ses révélations. Hester, dubitative et perspicace, ressent dans ce dénouement trop rapide, une faille. Elle promet à Edith de contacter deux personnes de confiance qui seraient susceptibles de poursuivre l'enquête et de démêler les artifices de l'intrigue… le détective William Monk et le célèbre avocat Oliver Rathbone.
« On va pendre une innocente ». Dans la cellule, face à cette femme de tempérament, altière, et courageuse, Oliver Rathbone prend la mesure de sa forte résolution. Intuitivement, il rejette le mobile qu'elle offre. Meurtrière, peut-être, mais pourquoi ? Elle avoue que son mari était infidèle et qu'il la trompait avec Louisa Furnivals. La piste est à considérer. Mais… à cette époque, dans leur milieu, il était de bon aloi, aux épouses, de détourner le regard des incartades de leurs conjoints. La déraison de ce geste ne peut être mise sur le compte de la jalousie, surtout dans le cas de cette suspecte.
Difficile… presque impossible… Oliver n'accepte pas l'évidence. L'affaire promet d'être rude et c'est à Monk qu'il remet la mission de trouver des indices.
Ancien inspecteur de police, démissionnaire, Monk est à son compte depuis deux mois avec le soutien de Lady Callandra Daviot. Intrigué par cette histoire qui sonne faux, il n'hésite pas à collaborer avec Rathbone. En le suivant, on pénètre dans les coulisses d'une demeure aristocratique. On passe par les escaliers de service, on décompose le travail de la fille de cuisine à celui du majordome, on y parle de seaux à charbon, de pile de linge, d'argenterie à astiquer, des tables à dresser, on visite le cellier, la cave, les quartiers des domestiques… on pose des questions anodines, on laisse traîner la conversation, on ne bouscule rien, on est prévenant et on écoute beaucoup.
« Fébrilité ». D'après nos spécialistes un crime se décompose en trois éléments. Suite aux investigations, il manque toujours le dernier… le mobile. le temps commence à manquer. le procès se profile et rien ne vient étayer les pressentiments de nos trois limiers.
Le présage est mauvais mais ne laisse aucunement supposer l'horrible vérité.
Hester demandera à Rathbone : « Est-ce plaidable ? » il répondra : « Non. »
Troisième tome de la série William Monk, une relecture, l'auteur me surprend toujours ! J'ai retrouvé tous les personnages avec plaisir, même ceux qui font une brève apparition comme John Evan, l'ancien assistant de Monk, et Lady Callandra, la marraine d'Hester. Dans cet épisode, Monk s'efface un peu au profit de ses deux autres comparses, Hester et Oliver. Son amnésie le fragilise encore et il poursuit des bribes de son passé qui se rappellent à sa mémoire par des images et des sentiments.
Cette histoire est bouleversante. L'intimité des familles de la bonne société n'est pas la façade respectable qu'ils présentent. C'est secret, caché.
Si je me suis doutée dès le début du mobile, ma lecture n'en a pas souffert. J'étais très curieuse de voir l'écheveau de l'intrigue se défaire. Il n'y a pas que l'enquête qui est passionnante, les instants du procès le sont aussi ! Les conclusions, les confessions, amènent les larmes.
Anne Perry aime raconter la condition des femmes. Elles ne sont pas délicates, elles sont fortes. C'est la société qui les rend chétives et vulnérables. Une femme n'est rien, qu'elle soit riche ou pauvre, elle est un accessoire, une matrice. Certains de ces portraits sont admirables d'intensité, d'élégance et d'honneur. D'autres ressemblent à des monstres.
Elle souligne dans ce livre le veuvage. Une femme qui se retrouve veuve et sans fortune, n'existe pratiquement plus, elle régresse.
Malgré la dureté et l'infamie de l'histoire, je vous recommande ce tome. Il est très bon !
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Woland
  02 novembre 2016
Defend & Betray
Traduction : Roxane Azimi
ISBN : 978264033055
Lentement, à trot menu, nous en arrivons au troisième tome de la série Monk. Serons-nous déçus ? Non. Enfin, personnellement, je ne l'ai pas été. Mais je vous préviens : j'ai déjà dit que cette série était beaucoup plus "noire", à mon sens, que celle mettant en scène Charlotte & Thomas Pitt et ce n'est certes pas "Défense & Trahison" qui prouvera le contraire au lecteur innocent. Alors, pour dévorer ce troisième tome, accrochez-vous ferme, moussaillons ! Et n'oubliez pas : oui, ces choses-là arrivent. Dans n'importe quel milieu d'ailleurs. Et nous nous devons de les combattre de toutes nos forces.
Tout débute à nouveau dans une riche famille londonienne, celle des Carlyon, avec la mort du général (rien moins) Thaddeus Carlyon, le fils aîné de la maison, qui a fait la Crimée et qui, chose amusante, s'est élevé à un grade plus important que celui de son père, lequel, lui, bien en vie, n'est que colonel en retraite. Sur la carrière militaire du défunt, il n'y a pas grand chose à dire : elle fut des plus honorables et son pire ennemi ne pourrait le traiter de lâche, fût-ce dans la Mort. Courageux, posé, intelligent, bon époux, bon père aussi bien sûr : un homme parfait. Maintenant, pour être franche, cette tendance qu'ont certains affreux personnages à vouloir tuer les hommes (et les femmes) parfaits ne m'a jamais beaucoup étonnée : j'ai eu moi-même des parents parfaits - et un père aussi parfait, je m'en flatte, que feu Thaddeus Carlyon. Mais, malgré mon mauvais fond, probablement légué par des ancêtres imparfaits , j'ai résisté et j'ai attendu avec dignité que l'Ankou les envoyât naturellement ad patres. L'épouse du général, lady Alexandra, elle, n'a pas eu cette patience : elle n'hésite pas à s'accuser elle-même et à se laisser emprisonner dans l'attente de son procès. Oui, elle a tué son mari, oui, elle a enfoncé la hallebarde, oui, elle l'a fait et non, elle ne regrette rien. Si vous n'êtes pas content, c'est du pareil au même, na !
Heureusement pour notre malheureuse héroïne, Edith, la soeur du décédé, est amie avec Hester Latterly. Intéressée par l'histoire qu'elle lui raconte - cet homme si parfait qui, un cigare à la main, tombe de la balustrade du grand escalier tout droit sur la hallebarde d'une antique armure qui se trouvait là pour faire bien (et c'est cette hallebarde qui le tue : la chute n'y aurait pas suffi) - Hester en parle bien sûr au monsieur âgé - et bien sympathique -, un militaire en retraite, dont elle s'occupe actuellement et puis, dès l'annonce des aveux de lady Alexandra, elle en informe également Oliver Rathbone qui, bien sûr, demande à Monk d'enquêter pour lui.
Or, en dépit de nos voeux personnels (car le personnage est réellement sympathique), les aveux de lady Alexandra ne sont pas des affabulations. Monk, Rathbone et Hester en sont eux aussi désolés mais, recherches accomplies, cette femme dit la vérité et ne manifeste, qui pis est, aucun remords. de la tristesse, certes, notamment celle de se retrouver séparée à jamais de son jeune fils, Cassian, mais rien d'autre. Rathbone accepte néanmoins de prendre sa défense parce que notre incontournable trio d'enquêteurs - sauf Monk, un moment un peu sceptique - finissent par ne plus croire du tout au mobile invoqué. Il faut bien dire que, dès le départ, cette banale histoire d'une galanterie exagérée dont Thaddeus aurait fait preuve envers leur hôtesse, Mrs Furnival, provoquant ainsi la fureur de son épouse, apparaissait de constitution assez fluette ...
Mais si ce mobile-là ne tient pas, quelle est donc la vraie raison qui a incité une femme aussi bien éduquée que lady Alexandra Carlyon à assassiner un homme que, par ailleurs, elle décrit comme un bon mari qui ne la laissait manquer de rien ?
Comme toujours, Anne Perry dresse un portrait redoutablement précis et crédible de la famille en cause : le père, le colonel Carlyon, qui semble bien mou et dominé intégralement par son épouse, lady Felicia, femme altière et, à vrai dire, peu sympathique ; Damaris Erskine, née Carlyon, fille mariée à un juriste fort aimable, Peverell Erskine, adoré entre parenthèses par leur neveu ; Edith, célibataire et déjà citée, qui finira par devenir la secrétaire du vieux militaire chez qui travaille Hester, et, nous l'avons déjà évoqué, le tout jeune Cassian, fils désormais orphelin de Thaddeus et Alexandra. Ajoutons au cercle la vieille gouvernante, Miss Buchan, personnage-clef du roman, et le médecin de la famille, le suave, courtois et très compétent Dr Hargrave.
L'ambiance victorienne est toujours aussi prégnante, avec ses préjugés qui entraînent, une fois de plus, la critique acerbe et en filigrane de l'auteur. A ceci près que, à la découverte du véritable mobile de lady Alexandra, Perry nous rappelle que toutes les époques ont connu ce genre de causes qui peuvent mener une mère ou un enfant à l'assassinat pur et simple.
Je ne vous en dirai pas plus et vous laisserai découvrir en paix "Défense et Trahison", l'un des meilleurs de la série, à mon goût en tous cas. ;o)
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Souri7Souri7   22 février 2017
— Ça va commencer, chuchota-t-on derrière elle. C’est la défense, Rathbone… Je me demande ce qu’il va dire.
— Y a rien à dire, répliqua un homme quelque part sur sa gauche. Je sais vraiment pas pourquoi il perd son temps. Y z’ont qu’à la pendre, ça économisera de l’argent au gouvernement.
— À nous, plus exactement.
— Chut !
— Quoi, chut ?
Monk se retourna.
— Si vous ne voulez pas d’un procès, dit-il d’une voix cinglante, vous n’avez qu’à libérer votre siège et le laisser à quelqu’un d’autre. Il y a plein d’abattoirs à Londres, si c’est le sang qui vous intéresse.
L’homme s’étrangla de fureur.
— Comment osez-vous parler à ma femme sur ce ton ?
— C’est à vous que je parlais, monsieur. Car je suppose que vous êtes responsable de vos propres opinions.
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KassuathethKassuatheth   29 juillet 2019
Eût-elle trouvé son époux au lit avec sa maîtresse, surtout sous son propre toit… et encore. Bien des femmes, ayant surpris leur mari avec une servante, étaient obligées de continuer à faire bonne figure. Car c’était à elles qu’on eût reproché de s’être mises dans cette situation délicate, facilement évitable… avec un peu de discrétion.

J'en suis bouche bée.
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WolandWoland   02 novembre 2016
[...] ... Le valet plissa le front, s'efforçant consciencieusement de reconstituer son emploi du temps.

- "Alors ?

- Ça a sonné au salon. Et comme j'étais dans les parages, j'ai répondu. C'était pour alimenter le feu.

- Qui était présent à ce moment-là ?

- Le maître n'était pas là, et la maîtresse est entrée jusque quand je partais.

- Et ensuite ?

- Ensuite, j'ai ... euh ...

- Taillé une bavette avec la fille de cuisine ?" suggéra Monk au hasard, sans cacher son sourire.

Les yeux baissés, le jeune valet s'empourpra.

- "Oui, monsieur.

- Êtes-vous allé chercher du charbon pour la bibliothèque ?

- Oui, monsieur ... mais je ne sais plus combien de temps après ..."

Il avait l'air au supplice. Ce devait être un bon bout de temps après, pensa Monk.

- "Vous avez donc traversé le hall ?

- Oui, monsieur. L'armure était encore à sa place."

Ainsi, qui que ce fût, ce n'était pas Louisa. Non pas qu'il y eût cru sérieusement.

- "Et les autres pièces ? Vous n'êtes pas monté à l'étage ?"

Le valet rougit jusqu'à la racine des cheveux.

- "Vous deviez le faire et vous n'y êtes pas allé, hein ?

- Si, monsieur, j'y suis allé ! Dans la chambre de Mrs Furnival. Le maître, il veut pas qu'on chauffe sa chambre en cette saison.

- Avez-vous vu quelqu'un, ou quelque chose, en montant ?

- Non, monsieur."

Pourquoi mentait-il ? ... [...]
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WolandWoland   02 novembre 2016
[...] ... A bout de souffle, Edith s'empara de son bras et l'entraîna avec elle.

- "Je vais bien, sauf que j'ai un énorme nœud à l'estomac et je peine à rassembler mes idées."

Hester s'arrêta, mais sans se dégager.

- "Pourquoi ? Dis-moi ce qu'il y a."

Son agacement avait disparu d'un coup.

- "Je peux t'aider ?"

Un sourire mélancolique effleura les lèvres d'Edith.

- "Non ... à part m'offrir ton amitié.

- Tu sais bien qu'elle t'est acquise. Allons, que t'arrive-t-il ?

- Mon frère, Thaddeus - le général Carlyon - a eu un accident hier soir, au cours d'un dîner chez les Furnival.

- Oh, mon Dieu ! J'espère que ce n'est pas grave. Est-il blessé ?"

Edith semblait osciller entre le désarroi et l'incrédulité. Elle n'avait pas un beau visage, mais ses yeux noisette pétillaient d'humour et sa vivacité d'esprit compensait largement l'irrégularité de ses traits.

- "Il est mort," dit-elle comme si ce mot la surprenait elle-même.

Hester, qui allait se remettre à marcher, resta clouée au sol.

- "Bonté gracieuse, mais c'est affreux ! Je suis profondément navrée. Comment est-ce arrivé ?"

Edith fronça les sourcils.

- "Il est tombé dans l'escalier," fit-elle lentement. "Ou, pour être précis, il est tombé par-dessus la balustrade du palier sur une armure décorative dans le hall dont la hallebarde lui a transpercé la poitrine ..." ... [...]
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KassuathethKassuatheth   03 août 2019
— Je suis une servante, maître Lovat-Smith, répondit-elle avec dignité. C’est-à-dire quelqu’un qui se situe à mi-chemin entre un meuble et un être humain
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