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ISBN : 2715229518
Éditeur : Mercure de France (07/05/2012)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 13 notes)
Résumé :
A chaque fois qu'un docteur lui confirmait qu'elle portait un enfant, Gina éprouvait aussitôt l'étrange et merveilleuse sensation de flotter dans un temps parallèle. Elle était alors intimement persuadée de détenir un pouvoir qui s'activait en elle dès la première semaine de gestation, se déployait jusqu'à la délivrance et s'amoindrissait au fur et à mesure, avant de disparaître d'un coup, le jour même où sortait la troisième dent de l'enfant.
Pour Gina Bovo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  17 juillet 2013
Sharon est une jeune Guadeloupéenne de 12 ans.
Sa mère, Gina, est enceinte de son huitième enfant. Elle a déjà sept enfants de pères différents.
Pour Sharon c'est une catastrophe, sa maman n'a déjà pas assez de temps pour s'occuper des 7 précédents!
Comment Sharon pourrait-elle comprendre l'état de béatitude dans lequel baigne sa mère quand elle est enceinte?
Au travers de l'histoire de la famille de Gina Bovoir et de sa (trop?) nombreuse progéniture, c'est toute l'atmosphère d'un quartier de la Guadeloupe que Gisèle Pineau, d'origine guadeloupéenne, restitue dans ce beau livre au langage dru et fort.
C'est la vie de la Guadeloupe d'aujourd'hui, loin de la Guadeloupe idyllique des cartes postales, il s'agit ici de la Guadeloupe des quartiers défavorisés comme le sinistre quartier de la Ravine claire, un ghetto désolé, violent, abandonné des pouvoirs publics.
Peu d'horizons pour les femmes qui vivent là, à part vivre des allocations de parent isolé. Il faut donc cacher toute trace de présence masculine les rares fois où elles ont la visite des pères de leurs enfants.
La vie quotidienne est faite de violence, de combines pour boucler les fins de mois, d'inquiétudes fortes quant à l'avenir des enfants. Gina a un grand fils Steeve qui est déjà délinquant et une fille Mona, jeune mère célibataire et accro au crack.
Une vie bien difficile mais qui n'exclut pas l'humour, la solidarité et la tendresse.
Les réunions de femmes sont extraordinaires: elles déballent les misères de leur vie de couple et de leur vie sentimentale sans la moindre fausse pudeur!
J'ai beaucoup aimé cette chronique douce-amère et les destins inhabituels de ces personnages qui ne manquent pas de courage dans l'adversité.
Gisèle Pineau est l'auteur de "La Grande Dérive des Esprits" (Grand Prix des Lectrices de Elle) de "Chair Piment" (prix des Hémisphères Chantal Lapicque) et Morne Câpresse.
Elle a passé son enfance dans la région parisienne mais a ensuite passé vingt ans en Guadeloupe.
Elle est infirmière en psychiatrie et a écrit "Folie aller simple" où elle évoque son expérience professionnelle.
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fran6h
  27 décembre 2014
Un livre de femmes, un livre de maternité. En voilà des portraits ! Des femmes de toutes générations dans ce ghetto de Guadeloupe où il est plus facile d'entrer que de sortir. Des femmes blessées, dans leur âme profonde. Des femmes meurtries dans leur désir profond.
Et surtout Gina, celle qui ne vit que pour porter des enfants, celle que la grossesse rend heureuse, et qui porte là son huitième enfant. Elle que la grossesse rend vivante alors que la mort emporte les autres autour d'elle, comme sa soeur Vivi par exemple.
Et sa mère Izora, devenue impotente mais qui se souvient des histoires pas si anciennes du temps de l'esclavage.
Et Sharon, dans tout ça ? Qui, à douze ans, prend conscience de la fragilité de sa mère, celle qui aime la grossesse mais n'aime pas les enfants, celle qui abandonne ses deux ainés à leur triste sort de voyous et de droguée ... Quelle souffrance !
Gisèle Pineau nous brosse un univers sombre et lumineux à la fois, où se côtoient la misère et la joie. Un univers où sont mises en lumières ces femmes qui assument, avec plus ou moins de réussite, la responsabilité d'élever une famille mono-parentale. Ces femmes qui vivent des allocations et qui combattent au quotidien dans la violence de l'environnement immédiat et dans la pauvreté culturelle dispensée à longueur de journée par des séries télévisées. A ce titre, le regard de Sharon émeut le lecteur.
Gisèle Pineau est une romancière talentueuse pour décrire un tel contexte, une Guadeloupe sans plage ni palmiers, avec un regard distancié et précis.
Lien : http://animallecteur.canalbl..
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Dridjo
  21 mars 2014
« Cent vies et poussières » de Gisèle Pineau est un livre étrange. Une histoire qui fait froid dans le dos. Entre folie douce d'une junkie de la grossesse, accumulation des désolations de la misère humaine, récit des petites mesquineries qui font basculer des vies, atmosphère angoissante faite de superstitions et surtout, sensation permanente d'être dans des têtes de fous humains.
Gisèle Pineau met en scène Gina. Ou plutôt non, elle met en scène des femmes. Des femmes de différentes générations d'une famille dont le seul fil qui semble les lier est la misère. La misère matériel, la misère morale, la misère psychologique. Gisèle Pineau nous fait voir le monde à travers le regard de Sharon, troisième enfant d'une fratrie de six… puis sept, puis huit… le nombre d'enfant qui sorte du ventre de Gina, sa mère, semble sans fin. Sharon nous parle donc de sa mère, cette femme qui semble vivre à l'orée de la folie. Cette folie qui la met dans un état de junkie de la maternité. Gina est une droguée de la sensation que procure le fait d'être enceinte, elle est folle de petites mains de nourrisson, de leur areu-areu à l'aube de leur naissance. Puis quand vient le moment de l'autonomie, quand vient le même, honni par elle, où l'enfant marche, pleure, se fait un caractère ; Gina devient indifférence. On dirait d'elle qu'elle ressemble à une fumeuse invétérée qui ne peut supporter les effluves devenues froides de ses cigarettes fumées la vieille.
"Sans rire, elle déclara ensuite que si elle avait eu un pouvoir magique, elle aurait demandé que ses bébés ne grandissent pas. Qu'ils restent à l'état de bébés à jamais. Avec leur odeur de lait et de lotion. Avec le petit pipi et le gros caca dans la couche. Avec les areu areu ! et les risettes ! les biberons et les bouches sans dents..."
Au-delà de Gina, Sharon nous parle de son quartier. Elle nous parle de la Ravine Claire. Quartier glauquissime qui semble rassembler toute la misère de la Guadeloupe. Quartier qui broie les ainés de Sharon – Mona la junkie à vingt ans et Steevy le bad boy – et dont la malédiction semble remonter des moments les plus sombres de l'histoire de l'esclavage, de cette histoire qui, déjà, a vu se broyer les espoirs des Nèg' Marrons.
(Suite sur http://www.loumeto.com/spip.php?article414)
Lien : http://www.loumeto.com/spip...
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sandrine68
  07 juin 2019
en Guadeloupe, dans un quartier où sont morts de nombreux esclaves révoltés, une femme élève ses nombreux enfants, de pères différents. Gina vit des aides sociales et son seul but dans la vie, c'est de faire des bébés, pendant la grossesse, elle se sent épanouie, pleine, et aussi quand elle nourrit son bébé. Mais dès qu'il grandit, il ne l'intéresse plus. Ses sept enfants sont livrés à eux-mêmes et ne reçoivent plus d'affection. Son ainé est en prison, son ainée droguée, a disparu. Sa fille Sharon pose sur elle un regard sans concession. Que peut-elle faire pour échapper à cette misère et à cette prédestination?
de belles pages sur la maternité mais un ensemble bien pessimiste
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littleone
  23 juillet 2012
Une image de la Guadeloupe entre hier et demain... c'est l'avis de l'auteur, et c'est aussi le mien. Je vous suggère de le lire pour vous en faire une idée. A cette île-département si attachante et à ses enfants, je souhaite le meilleur pour le futur, ils le méritent.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   17 juillet 2013
Quelquefois, faire un enfant de plus permettait de souffler un peu, grâce aux allocations de naissance qui renflouaient le compte bancaire.
Certaines ne manquaient pas de se plaindre, marmonnant qu'elles haïssaient la vie et plus encore les hommes qui les avaient poussées dans la misère.
Leur grande consolation était de se retrouver dessous la veranda de l'une ou l'autre.
Jacasser avec les copines, se plaquer des mèches, se teindre ou se défriser les cheveux, afin d'oublier durant quelques heures l'éblouissante cruauté du monde réel.
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AelaAela   17 juillet 2013
Lorsqu'elle arriva en sixième au collège Nelson Mandela de Lareine, un de ses professeurs lança à Sharon:
"Je n'ai jamais rencontré un bon élément de par chez toi. Tous ceux qui habitent là-bas sont voués au pire. Perdus d'avance.."
La Ravine claire.
Jusqu'alors Sharon ne s'était pas vraiment rendu compte qu'elle et sa famille vivaient dans ce qu'il fallait bien appeler par son nom: un ghetto.
Elle croyait que partout c'était pareil sur la terre, ce même monde violent, menaçant et angoissant.
Sharon était née là, le 20 janvier 1997, à La Ravine Claire, sa cité déshéritée nichée au pied du Morne Bisiou.
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LauryLaury   06 octobre 2013
...Et Sharon ne disait rien parce qu'elle ne trouvait pas de réponse. Elle pensait seulement que sa mère et sa soeur étaient fabriquées dans la même pâte, que les mots qui sortaient de leurs bouche ne valaient rien. Leur promesses étaient belles et peu solides comme les souliers en faux cuir exposés derrières les vitrines du magasin Chaussures de Paris, qualité supérieure ...
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AelaAela   17 juillet 2013
La Ravine claire rassemblait à présent une cinquantaine de logements très sociaux construits pour abriter les défavorisés. Au commencement de l'année 2000, un demi-hectare avait encore été défriché et précipitamment aplani.
Quatre-vingts pour cent des gens qui vivaient là avaient pour chef de famille une femme.
La plupart des mères étaient des chômeuses.
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LauryLaury   06 octobre 2013
seize mois auparavant à l'hôpital, Gina avait promis que Billy serait le dernier. Elle avait supplié Sharon de la croire. Elle avait dit : "Je te jure, j'ai même pas fait exprès cette fois ..."
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