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Christophe Balaÿ (Traducteur)
EAN : 9782843045561
350 pages
Éditeur : Zulma (12/05/2011)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 205 notes)
Résumé :
Dans un quartier préservé d’Abadan, Clarisse, l’épouse et mère de famille à travers qui l’histoire se déploie, est une femme d’une profonde humanité, intelligente, d’une simplicité de coeur qui nous la rend spontanément attachante. Par ses yeux, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d’échecs et de politique, les deux filles,adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  17 mai 2019
Je l'ai écrit récemment, dans ma critique d'un autre bouquin, j'adore lire Zoyâ Pirzâd. Pas de grands drames, que le quotidien. Celui auquel n'importe quel lecteur peut se référer, s'identifier. Et cela malgré les différences culturelles. C'est exactement ce que l'on retrouve dans C'est moi qui éteins les lumières. Dans ce roman, Clarisse, la narratrice est mère de famille bourgeoise. Elle s'occupe de la maisonnée, de son mari et de ses enfants : les jumelles Arsineh et Armineh ainsi que de leur frère Armen. Cela inclut les activités de l'école des petits et de la communauté arménienne. Accessoirement, elle occupe la fonction de personne raisonnable pour sa soeur et sa mère.
Puis arrivent de nouveaux voisins. Émile Simonian, veuf et apparemment séduisant, avec sa fillette Émilie et sa vieille mère Elmira, impérieuse et capricieuse. Alors que d'autres auteurs auraient été tentés par un toride histoire d'amour illicite, Zoyâ Pirzâd évite la facilité. On plonge dans le psychée de la narratrice. Comment l'arrivée de ces voisins, qui aurait pu n'être qu'un événement anodin, change imperceptiblement le quotidien de Clarisse et de sa famille.
Quand la vieille Elmira se montre insistante et envahissante, la narratrice veut se tenir loin de voisins mais voilà que son mari s'est pris d'une amitié pour Émile, jouant régulièrement aux échecs avec lui. Les fillettes s'amusent avec Émilie (du moins, quand elles ne luttent pas entre elles pour obtenir son amitié exclusive) et même Armen, tombé amoureux, se bat contre les garçons témoignant de l'intérêt envers elle. Ainsi donc, les Simonian bouleversent son quotidien qui était si bien réglé. Mais l'était-il ? Des fissures apparaissent dans le couple mais il semble bien que ces fissures étaient là depuis un certain temps, mais cachées. Elles allaient apparaître un jour ou l'autre.
Mais tout n'est ni noir ni blanc. Par exemple, cette Elmira exigeante, on découvre son passé et on la prend en pitié. Cette Émilie n'est pas à blâmer si Armen s'est pris d'amour et est près à tout pour obtenir le sien. Et même son mari, alors qu'il pouvait sembler indifférent, magouillant dans son dos, sait se montrer prévenant et attentionné à d'autres moments. C'est une bonne leçon de vie, de ne rien prendre pour acquis et de ne pas se faire une opinion trop rapidement des gens qui nous entourent. J'écris cela mais le roman n'a rien d'un bouquin à morale.
Évidemment, la plume délicate et bienveillante de Zoyâ Pirzâd y est pour beaucoup. Elle déroule lentement son histoire (qui semblait si anodine, si tranquille), dévoilant petit à petit des pans du quotidien de cette famille, qui pourrait être n'importe quelle famille. La vôtre, la mienne, celle de mes voisins. Malgré qu'elle soit ancrée dans la réalité une communauté arménienne d'Iran, son histoire est vraiment universelle. Qui ne s'est pas posé des questions sur son couple, sur son but dans la vie. Sans aller jusqu'à parler de crise existencielle, je crois que tout le monde passe une période de questionnement et, dans C'est moi qui éteins les lumières, ça semble si naturel.
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isabelleisapure
  24 mai 2020
Celle qui éteint les lumières, c'est Clarisse, mère de trois enfants, mariée à Arthus, ingénieur dans la compagnie pétrolière d'Abadan, en Iran. Sa vie est bien réglée, bien qu'un peu monotone : le mari, les enfants, la maison, les courses, un peu de lecture.
Ce ronronnement domestique est mis à mal avec l'arrivée de nouveaux voisins venus de Téhéran. Une famille étrange, dirigée de main de maître par la grand-mère, aussi énigmatique qu'acariâtre. Lorsqu'elle a décidé, tout le monde obéit, en premier lieu son fils et sa fillette parfaite en apparence.
« C'est moi qui éteins les lumières » est un livre attachant, que j'ai lu avec un immense plaisir.
Toutefois, si vous recherchez une histoire trépidante, il vaut mieux faire un autre choix, car ici, nous évoluons dans un univers feutré.
Clarisse, sur qui repose entièrement cette famille est une femme courageuse et volontaire. Elle se contente d'une vie monotone, sans se poser de questions. le bonheur du foyer est son moteur, même si parfois, elle s'autorise à rêver.
Une lecture toute de douceur et de nostalgie que j'ai prise comme une bouffée d'oxygène entre deux histoires plus éprouvantes.
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missmolko1
  11 décembre 2014
J'avance doucement dans mon challenge "Le tour du monde en 8 ans" et je termine avec regret le livre de Zoyâ Pirzâd, auteure iranienne, que j'ai adoré.
Tout d'abord, l'écriture est vraiment très belle, pleine de poésie, de pudeur. J'ai hâte de pouvoir découvrir les autres romans de l'auteure.
Et puis Clarisse, l'héroïne, m'a beaucoup plu. C'est une femme au foyer dévoué a son mari, qui ne fait pas (plus) attention a elle, a son fils, adolescent qui grandit trop vite, a ses jumelles, qui lui demandent beaucoup d'attention, a sa mère et sa soeur qui sont pour le moins envahissante. Bref personne ne lui prête vraiment d'attention et puis l'arrivé d'Émile, le nouveau voisin, avec sa mère et sa fille va lui faire prendre conscience de tout ça. Elle va se remettre en question, essayer de faire la part des choses entre son statut de femme et de mère.
C'est un roman ou il ne se passe pas grand chose, ou l'action est plutôt plate mais ou les sentiments sont tellement bien dépeint que l'on ne s'ennuie pas une seconde bien au contraire. La fin arrive très vite, une fin prévisible et au final plutôt inévitable. On reste quand même sans réponse, volontairement de la part de l'auteur je pense, concernant le fameux Émile mais au final, il n'était qu'un personnage secondaire. Libre aux lecteurs d'imaginer la suite.
Je vous recommande ce roman, sans aucune objectivité, puisque c'est un vrai coup de coeur.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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thisou08
  11 octobre 2018
Ce livre, acheté par hasard dans un vide-grenier, raconte le quotidien d'une femme au foyer arménienne en Iran.
En quatrième de couverture Clarisse est appelée la "femme invisible".
Cette appellation lui va comme un gant et montre et démontre, une fois de plus, le peu d'estime dont bénéficient les femmes, quel que soit le milieu ou la culture.
Il faut quand même signaler que l'action se passe vraisemblablement dans les années 60 ( référence au hula-hoop ) et avant la révolution islamique de 1979.
Raconté à la première personne, ce récit m'a interpellée. Je n'ai pas regretté cet achat impulsif car Clarisse est une personne très attachante et la vie de la communauté arménienne à Abadan très intéressante.
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mollymon
  18 janvier 2015
Les Ayvazian originaires de Téhéran se sont installés dans une ville pétrolière où Artosh, le père, a trouvé un emploi. Membres de la communauté arménienne, ils mènent une vie paisible et bien réglée dans un quartier réservé aux employés de la Compagnie.
Clarisse, la mère, est une vraie femme d'intérieur qui se consacre exclusivement au bien-être de ses proches. Elle est une fille, une soeur, une mère, une épouse, une amie aimante et en a fini par oublier d'être tout simplement une femme.
Dans ce roman elle nous raconte son quotidien bien ordinaire : ses enfants , son mari plus intéressé par les échecs et la politique que par sa femme, sa mère et sa soeur marrantes mais envahissantes. Clarisse vit sereinement jusqu'au jour où une nouvelle famille s'installe devant chez eux. Une grand-mère minuscule et insupportablement autoritaire, son charmeur de fils et sa petite fille, une adolescente bien étrange; un trio qui va semer le trouble chez les Ayvazian. Un trouble qui risque de faire vaciller les convictions de Clarisse et mettre en péril l'harmonie familiale.
Plus qu'un simple portrait de famille, ce roman est un surprenant aperçu du mode de vie de la diaspora arménienne qui vit dans son petit monde, servie par ses propres écoles, églises, son propre journal. Ses membres qui se sentent plus arméniens qu'iraniens continuent à célébrer et commémorer leur culture. C'est un monde où la génération de la mère de Clarisse juge la valeur d'une femme par la propreté de sa maison et la qualité de sa cuisine.
C''est moi qui éteins les lumières est aussi la peinture d'une époque révolue, celle d'avant la révolution islamique de 1979 , celle du shah où les femmes pouvaient encore envisager leur émancipation, porter le tablier plutôt que le foulard, aller seules au café et fumer en tout liberté.
J'ai été passionnée par ce roman qui se lit très facilement . L'écriture simple de Zoyà Pirzad s'harmonise à merveille avec le thème et les personnages. Loin d'être monotone, son rythme tranquille a résonné en moi comme une petite musique apaisante.
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critiques presse (1)
LesEchos   02 août 2011
Un drôle de roman persan, perçant les mystères d'une femme « invisible ».
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
JaklekJaklek   09 avril 2017
"J'ai fait tes quatre volontés. Vivre dans le quartier de Beyrem, c'est pour les bourgeois. OK ! On n'a pas besoin d'une voiture de luxe.OK ! J'ai des invités.OK ! J'aime jouer aux échecs. OK ! Je suis passé voir Shahandek. OK ! Et maintenant... Maintenant, on se sert de ma amison pour distribuer des tracts et monsieur le maître de maison dit : " Je n'étais pas au courant. Ils l'ont fait sans m'en parler ! " Si tu es bête au point de ne pas savoir ce qui se passe chez toi, alors..."
Je ne pus finir ma phrase. Devant mes yeux médusés, Artosh souleva le couvercle du sucrier et, comme pour arroser les fleurs, se mit à saupoudrer de sucre la table, les chaises et le sol de la cuisine avant de remettre le couvercle sur le sucrier, de le reposer sur la table de la cuisine et de sortir.
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ninamarijoninamarijo   04 octobre 2016
Si tu veux mon avis, ils disent tous les deux des imbécillités. Moi, je dis toujours à Garnik, qu'il a raison. Toi aussi, tu devrais dire à Artush : " Bien sûr mon chéri, c'est toi qui a raison. (...) Les hommes sont persuadés que s'ils ne parlent pas politique, ils ne sont pas tout fait des hommes ! "
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michelekastnermichelekastner   19 août 2012
Nous retrouvâmes nos deux chaises l'une en face de l'autre. " Tu n'avais encore jamais entendu parler du phénomène ? " Je fis signe que non. " Les sauterelles émigrent. " Son visage touchait presque le mien. " Elles volent parfois pendant des kilomètres et des kilomètres. " Je remarquai la cicatrice d'une petite coupure sur le menton. " Quand elles commencent à se fatiguer, elles se divisent en deux groupes. L'un des deux se place sous le deuxième pour lui permettre de se reposer. " La cicatrice était à peine visible. " Le groupe du dessous, épuisé, meurt en tombant . " Il jeta un regard par la fenêtre. Le ciel était encore sombre. " La scission des deux groupes se fait en général au-dessus des mers et des océans, ou parfois au-dessus des villes. "
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babelioffbabelioff   15 octobre 2015
Emile m'avait remerciée avant de partir:"Pour le café et pour toute cette belle conversation".Il disait cela sans doute pour se moquer. Il se moquait certainement, et je le méritais. Ma mère frappa sur la table avec la salière.
"Mais enfin, ne comprends-tu pas que ce salaud cherche une pauvre souillonsans ressources?".
Alice frappa un coup encore plus fort avec son couteau à fruits.
"C'est vous qui ne comprenez rien!".
Je plaçai les aubergines dans la passoire. Mon mauvais côté caracolait: ne cherche pas à te vanter. Je saupoudrai les aubergines avec du sel.Mon bon côté vint à mon secours: elle ne se vantait pas, elle parlait de ce qu'elle aimait.
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michelekastnermichelekastner   19 août 2012
Chaque fois que j'allais mal, je pensais à lui. Et dès que j'allais bien, je pensais encore à lui. Par exemple, quand je voyais pousser des racines à la branche que j'avais mise à l'eau. Ou bien lorsque je réussissais un plat que je faisais pour la première fois. Ou encore, quand Armen rapportait de bonnes notes. Je me mis à déchiqueter le mouchoir en papier en me demandant pourquoi je pensais toujours à mon père dans ces moments de joie ou de peine.
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