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ISBN : 2896983082
Éditeur : Le Quartanier (03/04/2017)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 363 notes)
Résumé :
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (131) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  06 avril 2019
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre lorsque j'ai ouvert ce livre . Et , bien , au final , en tournant la dernière page après l'avoir lu d'une traite, force est de reconnaître qu'il s'agit là d'une très bonne pioche .
Le voyage est long jusqu'en Gaspésie et , en longeant les rives du Saint Laurent , le touriste que j'étais pensait plus à guetter l'hypothétique apparition des baleines qu'à réviser l'histoire bien chahutée de ce nouveau monde . Cette histoire , elle sera abordée de façon extrêmement intelligente au travers de courtes légendes , de récits politiques présents ou passés qui montrent que Canada et Québec ...et ,bien , oui , c'est parfois une idylle compliquée. A ce sujet , je dois dire que tous ces " documents " insérés de facon très originale dans un récit plutôt noir est un choix d'auteur vraiment brillant , dans la mesure où, en s'entremelant , les genres , non seulement se marient parfaitement bien mais donnent à l'ouvrage une grande profondeur , un superbe éclairage. Et que dire de la rencontre fortuite mais extraordinaire de quatre personnages si différents , deux noirs et deux blancs dont les destins vont se confondre l'espace d'une aventure , mais quelle aventure.... Les indiens , dans ce récit , jouent leur survie alors que leur vie réside tout bêtement sur la nourriture fournie dans la nature que des règlements s'empressent de contrôler....C'est un ouvrage de réflexions , un ouvrage qui met en opposition l'avidité , la cupidité , la stupidité de certains , dits civilisés et la sagesse et l'envie de vivre humblement de populations minoritaires et opprimées à qui , toutefois , l'auteur s'efforcera bien de " ne pas donner le bon Dieu sans confession." Ça aussi , c'est un bon point...
J'ai adoré aussi toutes les images de " nature " et je vous invite à suivre la voie tracée par taqawan et remonter vers la source....Bienvenue chez les Indiens mi'gmaq , nos lointains cousins qui , comme tous les humains , sont des descendants du singe....
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viou1108
  25 juin 2018
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains ».
Tabarnak, quel crève-coeur, cette histoire...
Le 11 juin 1981, les Indiens Mi'gmaq de la réserve de Restigouche en Gaspésie subissent un raid brutal de 300 policiers de la Sûreté du Québec, qui ont ordre de confisquer leurs filets de pêche. L'opération déclenche une émeute, qui elle-même provoque une répression policière disproportionnée, et une crise politique. Parce qu'il ne s'agit pas seulement d'imposer des quotas de pêche de saumon aux Indiens, mais surtout, pour le Premier Ministre du Québec, de « faire chier Ottawa ». En effet, si la pêche est une compétence gérée par la province, les réserves indiennes relèvent, quant à elles, du gouvernement fédéral canadien. S'en prendre aux droits de pêche des Indiens revient donc à empiéter sur un territoire et une compétence qui sont la chasse gardée du fédéral, et à rappeler ainsi les velléités souverainistes du Québec.
C'est au coeur de ce pan d'Histoire (authentique) que se retrouvent coincés les personnages (fictifs) d'Eric Plamondon : Océane, une jeune Mi'gmaq de 15 ans qui disparaît le jour du raid et est retrouvée par hasard quelques jours plus tard, blessée et prostrée, par un agent de la faune qui vient de démissionner, écoeuré par la violence gratuite des policiers lors de ce même raid. Il recueille la jeune fille dans sa cabane et tente de la remettre sur pieds avec l'aide d'une institutrice française en stage dans la région, et un Indien mi'gmaq qui vit à l'écart de la tribu. Les quatre protagonistes auront bien du mal à échapper à la vengeance des agresseurs d'Océane, imbus de leur supériorité d'hommes blancs et de leur impunité.
Pour comprendre l'origine de cette violence, l'auteur, tel un saumon qui revient dans sa rivière natale (un taqawan, en langue mi'gmaq), remonte le fil de l'Histoire sur quelques siècles, jusqu'aux conflits de territoire entre autochtones, colons anglais et colons français, qui ont abouti, peu ou prou, à ce gouvernement québécois un brin schizophrène, rêvant d'indépendance tout en privant sa population indienne de toute autonomie.
A la fois polar, roman historique et politique, document ethnographique émaillé de légendes indiennes, et parsemé, en fil rouge, d'informations sur la vie des saumons, ce récit très riche parle de colons et d'autochtones, d'Anglais et de Français, de minorités et de majorités, d'indépendance et de mise sous tutelle, de l'Humain pour ou contre la Nature, de l'Humain pour ou contre l'Humain.
Taqawan est un roman très rythmé, à la construction éclatée mais facile à suivre, un texte ambitieux et intense qui marque par des personnages touchants d'humanité et une Histoire criante d'injustice.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Kirzy
  25 avril 2019
Quelle liberté ! Taqawan est un roman total qui refuse de se laisser figer dans un genre.
Sa mise en scène est remarquable, alternant des chapitres courts et variés, empruntant tour à tour au polar, à l'histoire, à la légende indienne, au pamphlet politique, pour nous emporter dans un récit romanesque enlevé inscrit dans un événement historique québécois : la répression brutale en juin 1981 des forces de sécurité québécoise contre les Indiens Mi'gmaq sur la réserve de Restigouche, en Gaspésie, pour interdire la pêche ancestrale du saumon.
La partie « fiction » est puissamment incarnée par quatre personnages : au centre, une jeune indienne dont le père a été brutalisé et arreté, violée par des policiers, secourue par deux blancs et un vieil indien, recherchée, à protéger et à venger peut-être …
Cette toile tissée de mille strates compte sur l'intelligence du lecteur pour appréhender la réalité profonde de la question indienne au Québéc en toute liberté.
C'est en revêtant les habits de la fiction que le pamphlet prend toute son ampleur pour dénoncer subtilement les contradictions identitaires de ce pays qui refuse de donner aux Mi'gmaq ce qu'il demande au Canada, l'indépendance. Ce même pays qui revendique le droit à la culture et à la langue françaises à l'intérieur du Canada tout en n'accordant pas ces mêmes droits aux Amérindiens à l'intérieur du Québec. Des Mi'gmaq à qui on a pris les terres, à qui on a imposé des lois spéciales, qu'on a infantilisé par l'arsenal juridique et enfermé dans des réserves pour tenter d'effacer 10.000 de nomadisme.
Passionnant mais beaucoup trop court ! j'avais tellement envie d'apprendre plus sur cet angle mort de l'histoire du Québec, j'avais tellement envie de vibrer et de m'attacher pour ces personnages que je sors de cette lecture tout de même très frustrée.
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nadiouchka
  15 octobre 2018
Ah ce Festival America !
Le dernier a été une bonne occasion de rencontrer des auteurs québécois et avec Eric Plamondon pour son livre « Taqawan », quelle histoire ! C'est ma fille qui s'est rendue à cet événement et je préfère vous dire qu'elle est revenue bien chargée. J'ai vite attrapé « Taqawan » qui me tentait depuis longtemps, mais pas le temps et puis d'autres livres prenaient le dessus. J'ai bien fait attention à ne pas lire la dédicace car je trouve que c'est trop personnel et je respecte.
Le livre commence par une préface qui a été extraite de « Histoire des Canadiens (1882), de Benjamin Sulte : « La conquête du sol par l'homme blanc fut le signal de la destruction des Sauvages. (…) Avançant comme une armée invincible, la race blanche a perpétué partout, et nos premiers rangs n'ont eu qu'à se montrer, la hache à la main, sur la lisière de la forêt pour s'assurer la possession de ces vastes domaines. »

Si « Taqawan » est le nom donné au saumon lorsqu'il revient de son long périple en mer, remonte la rivière jusqu'au lieu de sa naissance (son instinct et sa mémoire sont des vrais phénomènes encore inexpliqués), pour frayer (et mourir), il y a un concept de terre natale : territoire, culture, langue, famille, traditions … Mais c'est aussi une histoire de rencontres, de survie, de résistance.
Le livre débute avec trois cents policiers du Québec qui arrivent dans la réserve de Restigouche et s'emparent des filets des pêcheurs Mi'gmaq alors qu'une adolescente de quinze ans (Océane), aidée par quelques amis qui se trouvaient avec elle dans le car les ramenant chez eux, veut affronter ceux qui ont humilié son père.
Pendant ce temps, une jeune enseignante française (des Landes), Caroline, vient pour exercer son métier pendant quelque temps.
Nous sommes en 1981, moment où se déclare « la guerre du saumon. » le conflit touche au droit de la pêche concernant les clubs de pêche, le gouvernement fédéral ainsi que le gouvernement provincial, et, bien sûr, les Indiens Mi'gmaq. Ceux-ci pêchent depuis longtemps dans la rivière Restigouche qui se trouve sur leur réserve.
C'est à partir de là qu'Eric Plamondon a tissé la toile de son roman. le jour du raid, Océane disparaît mais elle finit par être retrouvée, par hasard, par Yves Leclerc (un des agents qui a démissionné car écoeuré par toute cette violence.
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains. »
Dans cette histoire de territoires, de sauvegarde des acquis, il faut noter que les Indiens étaient bien sur leur territoire : « Il y a le Québec et le reste du Canada, la réserve et le reste du monde. Dix générations plus tôt, ils étaient partout dans la péninsule gaspésienne. Dix mille ans plus tôt, ils s'étaient installés ici, à la fin des terres, Gespeg. Ce sont les Mi'gmaq. Les premiers Français les appelaient les Souriquois. Puis on a écrit leur nom de différentes manières : Miquemaques, Mi'kmaqs, Micmacs. » (p.10)
Cette histoire est réelle mais l'auteur a choisi la fiction pour les personnages.
Cela tient du roman historique, politique, du polar. Les chapitre sont courts, très rythmés. S'y insèrent des légendes, un peu d'humour : un chapitre sur Céline Dion (deux pages …) - et en page 104 on a droit au Miskweissabo (soupe aux huîtres) dont je me garderai de vous donner la recette.
Mais le fonds de l'ouvrage traite bien (avec ce « Taqawan » qui tient à retrouver son territoire comme les Indiens), du problème de la colonisation du Québec.
J'ai tout de même remarqué en page 9, cette remarque d'Albert Camus : « « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. « 
Ce récit est étonnant et démontre bien l'hypocrisie de la société québécoise envers les droits des autochtones. Ce paradoxe met Yves dans une situation fragilisée mais Caroline va l'aider en recueillant Océane quelque temps, la soigner de ses blessures, avant qu'elle puisse retourner dans sa tribu.
Cette intrigue est violente – le texte ressemble à un puzzle mais tous les morceaux s'assemblent bien.
Ce que réussit à faire le malicieux Eric Plamondon (qui préfère habiter à Bordeaux plutôt qu'au Canada car il y fait meilleur), c'est de ne pas tomber dans la caricature : tout se tient.
Inutile de préciser que j'ai dévoré ce « Taqawan » (le livre, pas le saumon !) d'une traite et il me reste à retranscrire cette critique de Augustin Trapenard, car elle résume en quelques lignes ce que je viens d'écrire : « Une pépite ! Un roman noir, un récit historique, un livre de contes, un pamphlet politique… Taqawan ? Un livre qui refuse d'être figé ! Vous ne mesurez pas à quel point c'est pêchu ! ».
Je dois reconnaître qu'il a bien raison mais il y a aussi une jolie petite critique de « Lire » : Un roman d'aventures au sens qu'en donnaient Jack London, Herman Melville et Joseph Conrad. »
C'est vrai qu'on y voit de beaux paysages dans ces territoires.
Un ouvrage sur un pays que je connais bien pour y être allée, « ostie », et où je n'ai qu'une envie « tabernac », celle d'y retourner car il est très accueillant, chaleureux malgré la rigueur du climat. Il fait froid dehors mais les gens ont le coeur chaud et on s'y sent si bien quoique les discussions y soient assez originales avec les termes qu'ils emploient. Si j'ai écrit deux jurons canadiens, c'est de l'humour et les gens sont capables d'en citer plusieurs dans une seule phrase, une prouesse bien amusante mais je ne chercherai pas à faire mieux…
Sacrés Canadiens !
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Stelphique
  16 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:…Une très bonne pêche…
"En langue mi'gmaq, on nomme taqawan un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. "
J'ai remonté la rivière du temps, tel un taqawan pour m'imprégner d'un conflit qui a fait de moult remous sanguinolents, dans les années 80 au Québec. Avec cette lecture, j'ai redécouvert la culture indienne, ressenti la puissance de ses transes, entendu la Nature me parler à travers leurs traditions, mais plus que tout, j'ai vu tout ce sang versé et des droits bafoués…A frétiller ainsi dans ses eaux troubles, on ressent tellement d'injustices, tellement de violences, elles nous frappent aussi sûrement que des flèches en plein coeur. L'Homme Blanc encore et toujours dans sa folle conquête en vient à vouloir rayer toute une communauté de ses terres, à bannir tout un savoir générationnel, à tuer envers et contre toute logique. Un peuple parqué, déraciné, humilié: les Indiens d'Amérique. Des lois biscornues, des ordres incohérents, des actes impardonnables…Eric Plamondon redessine la toile de cet affrontement en un patchwork de textes, et d'histoires qui nous explique les causes et les conséquences des émeutes de la réserve de Restigouche.
"Avec elle, Océane avait commencé à comprendre que le pouvoir des uns reposait sur la résignation des autres."
Ce polar original dans sa forme est aussi une très belle histoire humaine avec des personnages en marge de ces deux cultures qui s'affrontent…J'ai trouvé ce quatuor touchant, avec chacun leurs passés, leurs failles, leurs différences mais qui choisissent l'Essentiel avant leurs cultures, les valeurs de la Vie avant le sang dans les veines, la Protection avant les batailles…Derrière tous les points de vues politiques et sociaux, l'auteur nous montre que les frontières entre les deux opposants sont parfois floues, et c'est ce qui rend ce récit si bouleversant : il laisse le lecteur, se faire sa propre opinion, tout en lui faisant ressentir une flopée d'émotions…
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains. »
J'ai lu cette nouveauté quasiment d'une traite, tellement le sujet était passionnant! J'ai adoré partir en ces lieux, découvrir les petites habitudes et astuces de la pêche aux saumons, m'enivrer encore de ses grands espaces de nature, comprendre ce conflit. Instructif et à la fois sensible, Eric Plamondon a su m'emporter dans ses filets de pages!

Ma note Plaisir de lecture 9/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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critiques presse (3)
Actualitte   19 juillet 2018
L’alchimie entre le romanesque et le documentaire fonctionne à plein ; pendant la lecture, on passe avec la même tension narrative d’une course-poursuite en canot à la recette de la soupe aux huîtres et on ne s’étonne pas, une fois le livre fermé, d’en savoir autant sur la vie des personnages que sur la fraie du saumon.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec   07 juin 2017
La force de la fiction, c’est qu’on peut raffermir les images, croiser le passé et le présent, mieux rendre la perspective. Quand le talent s’en mêle, le récit devient marquant. Taqawan est de cette trempe.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   13 avril 2017
Une histoire de bruits et de fureur où le style de Plamondon flirte avec le roman noir et les angles morts de notre histoire.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (154) Voir plus Ajouter une citation
MathildefloconMathildeflocon   12 janvier 2020
Alors les forces de l'ordre redoublent de coups, s'enragent et deviennent vicieuses. Quand les chiens sont lâchés, quand on donne le feu vert à des sbires armés en leur expliquant qu'ils ont tous les droits face à des individus désobéissants, condamnables, délinquants, quand on fait entrer ces idées dans la tête de quelqu'un, on doit toujours s'attendre au pire.
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MathildefloconMathildeflocon   12 janvier 2020
Tout le jeu de la patience est là: taquiner, agacer, tourmenter, jusqu'à ce que l'adversaire craque et se jette sur l'intrus.
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AifelleAifelle   07 janvier 2020
C'est sûr que c'est compliqué d'envoyer la police dans le bois dire aux Indiens : "C'est fini ! Fermez vos gueules pis faites comme on vous dit !" Ça fait trois cents ans qu'on leur prend leurs terres, qu'on leur impose des lois spéciales. Quand ils commencent à protester, on leur dit qu'ils sont comme tout le monde. Ils sont différents quand c'est le temps de les punir mais comme tout le monde quand c'est le temps de les dédommager.
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MARINENKAMARINENKA   05 janvier 2020
Le saumon est un poisson fascinant. Comment peut-il sauter si haut ? Comment fait-il pour remonter des chutes aussi vertigineuses ? Sa force, son allure et son goût lui ont valu le titre de roi des poissons, il y a deux mille ans. Pline écrivait déjà : Le saumon des rivières est mieux que tous les poissons de la mer. Les Latins le nomment Salmo.
(p.26)
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popie21popie21   05 août 2019
C'est la nuit. Bany cherche sa fille qui n'est pas rentrée et qui peut-être est allée traîner autour de l'ancienne école en démolition. Le père crie le nom de sa fille et le gardien répond : "Dégage, t'as rien à faire icitte." Le gardien est armé. Le père dit qu'il cherche sa fille et le gardien lui tire une balle de .22 dans le genou droit à vingt mètres de distance. La balle traverse la rotule. Le fémur est brisé. C'est pour ça qu'il a une jambe de bois. C'est pour ça qu'il boite depuis dix ans. Il traîne dans son corps l'imbécillité d'un homme qu'on avait armé pour la défense d'un bâtiment en démolition, une école en train de disparaître. On a détruit l'école parce qu'on n'a pas réussi à faire cohabiter les enfants mi'gmaq et les enfants québécois. Ils étaient pourtant tous gaspésiens.
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