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ISBN : 2374910784
Éditeur : Quidam (04/01/2018)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 45 notes)
Résumé :
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  25 juin 2018
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains ».
Tabarnak, quel crève-coeur, cette histoire...
Le 11 juin 1981, les Indiens Mi'gmaq de la réserve de Restigouche en Gaspésie subissent un raid brutal de 300 policiers de la Sûreté du Québec, qui ont ordre de confisquer leurs filets de pêche. L'opération déclenche une émeute, qui elle-même provoque une répression policière disproportionnée, et une crise politique. Parce qu'il ne s'agit pas seulement d'imposer des quotas de pêche de saumon aux Indiens, mais surtout, pour le Premier Ministre du Québec, de « faire chier Ottawa ». En effet, si la pêche est une compétence gérée par la province, les réserves indiennes relèvent, quant à elles, du gouvernement fédéral canadien. S'en prendre aux droits de pêche des Indiens revient donc à empiéter sur un territoire et une compétence qui sont la chasse gardée du fédéral, et à rappeler ainsi les velléités souverainistes du Québec.
C'est au coeur de ce pan d'Histoire (authentique) que se retrouvent coincés les personnages (fictifs) d'Eric Plamondon : Océane, une jeune Mi'gmaq de 15 ans qui disparaît le jour du raid et est retrouvée par hasard quelques jours plus tard, blessée et prostrée, par un agent de la faune qui vient de démissionner, écoeuré par la violence gratuite des policiers lors de ce même raid. Il recueille la jeune fille dans sa cabane et tente de la remettre sur pieds avec l'aide d'une institutrice française en stage dans la région, et un Indien mi'gmaq qui vit à l'écart de la tribu. Les quatre protagonistes auront bien du mal à échapper à la vengeance des agresseurs d'Océane, imbus de leur supériorité d'hommes blancs et de leur impunité.
Pour comprendre l'origine de cette violence, l'auteur, tel un saumon qui revient dans sa rivière natale (un taqawan, en langue mi'gmaq), remonte le fil de l'Histoire sur quelques siècles, jusqu'aux conflits de territoire entre autochtones, colons anglais et colons français, qui ont abouti, peu ou prou, à ce gouvernement québécois un brin schizophrène, rêvant d'indépendance tout en privant sa population indienne de toute autonomie.
A la fois polar, roman historique et politique, document ethnographique émaillé de légendes indiennes, et parsemé, en fil rouge, d'informations sur la vie des saumons, ce récit très riche parle de colons et d'autochtones, d'Anglais et de Français, de minorités et de majorités, d'indépendance et de mise sous tutelle, de l'Humain pour ou contre la Nature, de l'Humain pour ou contre l'Humain.
Taqawan est un roman très rythmé, à la construction éclatée mais facile à suivre, un texte ambitieux et intense qui marque par des personnages touchants d'humanité et une Histoire criante d'injustice.
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Stelphique
  16 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:…Une très bonne pêche…
"En langue mi'gmaq, on nomme taqawan un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. "
J'ai remonté la rivière du temps, tel un taqawan pour m'imprégner d'un conflit qui a fait de moult remous sanguinolents, dans les années 80 au Québec. Avec cette lecture, j'ai redécouvert la culture indienne, ressenti la puissance de ses transes, entendu la Nature me parler à travers leurs traditions, mais plus que tout, j'ai vu tout ce sang versé et des droits bafoués…A frétiller ainsi dans ses eaux troubles, on ressent tellement d'injustices, tellement de violences, elles nous frappent aussi sûrement que des flèches en plein coeur. L'Homme Blanc encore et toujours dans sa folle conquête en vient à vouloir rayer toute une communauté de ses terres, à bannir tout un savoir générationnel, à tuer envers et contre toute logique. Un peuple parqué, déraciné, humilié: les Indiens d'Amérique. Des lois biscornues, des ordres incohérents, des actes impardonnables…Eric Plamondon redessine la toile de cet affrontement en un patchwork de textes, et d'histoires qui nous explique les causes et les conséquences des émeutes de la réserve de Restigouche.
"Avec elle, Océane avait commencé à comprendre que le pouvoir des uns reposait sur la résignation des autres."
Ce polar original dans sa forme est aussi une très belle histoire humaine avec des personnages en marge de ces deux cultures qui s'affrontent…J'ai trouvé ce quatuor touchant, avec chacun leurs passés, leurs failles, leurs différences mais qui choisissent l'Essentiel avant leurs cultures, les valeurs de la Vie avant le sang dans les veines, la Protection avant les batailles…Derrière tous les points de vues politiques et sociaux, l'auteur nous montre que les frontières entre les deux opposants sont parfois floues, et c'est ce qui rend ce récit si bouleversant : il laisse le lecteur, se faire sa propre opinion, tout en lui faisant ressentir une flopée d'émotions…
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains. »
J'ai lu cette nouveauté quasiment d'une traite, tellement le sujet était passionnant! J'ai adoré partir en ces lieux, découvrir les petites habitudes et astuces de la pêche aux saumons, m'enivrer encore de ses grands espaces de nature, comprendre ce conflit. Instructif et à la fois sensible, Eric Plamondon a su m'emporter dans ses filets de pages!

Ma note Plaisir de lecture 9/10
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Fleitour
  19 juillet 2018
"Taqawan, est celui qui revient de la mer pour remonter la chute". Ce nom, est celui de William un indien Mi'gmaq.
Adolescent il est parti dans la forêt sans nourriture, c'est au cours de la troisième nuit qu'il eut son hallucination, William découvrit son père prisonnier d'un tonneau de sel rempli à ras bord, d'où seule sa tête dépassait. Juste à côté, sa mère était enroulée dans un filet...
" Alors l'aigle parla en langue mi'gmaq, tu es revenu, tu es le saumon revenu de la mer, tu es un taqawan." p 152.

Par un patchwork de légendes indiennes, Éric Plamondon, un solide québécois, nous initie à cette singulière culture, celle de la Gaspésie, l'estuaire du St Laurent où la pêche constitue encore aujourd'hui un moyen de subsistance, et pour le pêcheur de saumon une quête fascinante.
On pénètre dès les premières pages sur le territoire d'une réserve particulièrement attachante des Indiens mi'gmaq, la réserve, ce territoire qui finalement leur fut concédé longe la rivière de Restigouche.
Pourquoi les mi'gmaq de Restigouche se révolte-t-il en juin 81 ?

Depuis des millénaires, la sagesse de l'évidence suffit à ce peuple : si on pêche trop de poissons cette année, il y en aura moins l'année prochaine. Si on pêche trop de poissons pendant des années, un jour il n'y en aura plus.

Peu à peu, de réglementations en décrets, de lois diverses à l'attribution de droits de pêches pour des clubs fortunés, un amoncellement de règles contradictoires est venu rompre la sagesse ancienne.
" On a pêché les saumons à coups de barrages, de nasses et de filets jusqu'à l'épuisement des stocks les Indiens aussi étaient épuisés."

Sous la tutelle du gouvernement canadien, la réserve de Restigouche doit respecter les lois, les chiens seront lâchés, les Indiens se révolteront ," un indien ne s'agenouille devant personne " rappelle Éric Plamondon page 15 .

Le roman commence par une course poursuite entre des ados et 3 policiers … C'est l'engrenage, être là au mauvais moment. L' histoire devient celle d'une jeune indienne Océane prise en otage, une adolescente, en révolte contre les gouvernants qui obéissent à des injonctions absurdes.
Un thriller émouvant entre rêves brisés et l'espoir chancelant d'un cohabitation devenue impossible. Deux hommes, William l'Indien Taqawan et Leclerc qui démissionne de ses fonctions, l'ancien garde chasse ne se reconnaît plus dans ces brimades à l'encontre des mi'gmaq, ils seront deux pour tout tenter de faire valoir les lois de la nature, pour témoigner et pour sauver Océane ;
Sur le roman viendra se greffer par touches brèves l'histoire des amérindiens et la notre, celle de français devenus québécois.
De cette révolte une prise de conscience va émerger, chaotique certes mais grâce à leur opiniâtreté des avancées seront votées.

Très beau retour aux sources pour ce québécois qui réside à Bordeaux, aux aurores de nos élans pour préserver la nature.
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monromannoir
  13 mars 2018
Livre destiné pour la jeunesse, Un Os Au Bout de L'Autoroute (Grand Angle 1978) de William Camus, un canadien aux origines iroquois, reste, aujourd'hui encore, un ouvrage qui m'a fortement marqué en découvrant le parcours d'un jeune indien tentant vainement de s'extirper des effroyables conditions sociales d'une réserve indienne de l'Etat d'Arizona où la jeune génération ne trouve d'issues que dans l'alcool et le suicide. J'avais à peine onze et je me souviens encore de la tragique destinée de Petit-Cheval. Quarante ans plus tard, c'est un roman comme Taqawan d'Eric Plamondon, également d'origine canadienne, qui marquera indéniablement l'esprit des lecteurs avec le récit noir d'une adolescente indienne, victime d'un viol et dont l'intrigue est fortement imprégnée du contexte social d'une réserve mig'maq située à la frontières des provinces du Québec et du New-Brunswick.
En 1981, sur la réserve de Restigouche, 300 agents de la Sûreté du Québec débarquent pour confisquer les filets des pêcheurs mig'maq. Dans un contexte d'émeutes et de répressions violentes, échapper à la police pour défendre les siens pourrait presque apparaître comme un jeu pour Océane, une jeune adolescente indienne en pleine révolte. Mais la tournure des événements vire au drame lorsque la jeune fille disparaît. Écoeuré par les exactions dont il a été témoin, Yves Leclerc, un agent de la faune, démissionne de ses fonctions et trouve refuge dans sa cabane nichée au coeur de la forêt où il découvre Océane, bien mal en point. Afin de faire la lumière sur le déroulement des événement, il pourra compter sur Caroline, un jeune enseignante française en stage, et surtout sur William, un indien solitaire qui sait faire parler la poudre quand il le faut.
Désignation mig'maq du saumon, Taqawan n'a rien d'un titre anodin puisque ce fameux poisson devient l'enjeu d'un conflit historique qui a opposé, en juin 1981, les autochtones de la réserve de Restigouche aux autorités québécoises voulant imposer des quotas de pêche en bafouant ainsi les traditions ancestrales d'un peuple millénaire. Durant une période de crise constitutionnelle où la province du Québec entend affirmer sa position au sein de la nation, Eric Plamondon met en exergue tout le paradoxe d'un gouvernement québécois prônant des velléités d'indépendance tout voulant assujettir la population mig'maq afin de défier les autorités fédérales du pays.
Roman noir aux courts chapitres rythmés et percutants, entrecoupés de contes et de légendes, d'événements historiques romancés, de recettes de cuisine traditionnelles et autres aspects sociaux et culturels, Eric Plamondon dresse avec Taqawan une superbe carte anthropologique du peuple mig'maq permettant de mettre en lumière tous les éléments qui nourrissent une sombre intrigue se mariant parfaitement au contexte des événements. Avec cette structure narrative quelque peu atypique mais extrêmement bien équilibrée, ne cédant d'ailleurs jamais à un quelconque misérabilisme, l'auteur construit un récit solide, emprunt de quelques scènes d'actions trépidantes, oscillant sur les registres du polar et du roman historique. Apparaissant comme fragile et vulnérable, Océane va peu à peu se construire autour des terribles épreuves qu'elle subit et des rencontres qu'elle fera au cours d'un parcours éprouvant pour devenir la jeune femme déterminée que l'on découvre au terme d'un roman bouleversant qui aborde également la thématique des abus sexuels liés au trafic d'êtres humains. A l'instar d'une population québécoise davantage concernée par les victoires de Gilles Villeneuve en F1 ou les débuts de Céline Dion, Yves Leclerc, le garde-faune ulcéré par les événements dont il a été témoin, cherche tout d'abord refuge dans la solitude de sa cabane nichée au fond des bois avant de s'impliquer pour venir au secours d'Océane tout en pouvant compter sur l'aide de Caroline, une institutrice française qui le contraindra , à son corps défendant, à percevoir toute l'ambivalence du gouvernement québécois vis à vis de la population mig'maq. Autre personnage emblématique du roman, il y a William, vieil autochtone solitaire, mi-chasseur, mi-sorcier, incarnation de cet homme mutique préférant agir, quitte à employer la force quand cela s'avère nécessaire et dont les ressources vont s'avérer indispensables pour déjouer les pièges des individus traquant la jeune indienne.
Belle surprise de ce début d'année 2018, Taqawan est un roman à la fois social et politique absolument saisissant qui parvient en moins de 200 pages à nous immerger dans le contexte historique de cette « guerre du saumon », sur fond de polar nerveux, tout en appréhendant les aspects ethnographiques d'une population amérindienne révoltée tentant de se soustraire, parfois en vain, à toutes formes de vexations et d'humiliations que veut lui imposer une nation conquérante, refusant de se tourner sur son passé. Un livre prodigieux.

Eric Plamondon : Taqawan. Quidam éditeur 2018.
A lire en écoutant : The Pusher de Steppenwolf. Album : Steppenwolf. Geffen Records 1968.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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motspourmots
  04 janvier 2018
Ce n'est pas toujours facile de se glisser dans un univers et une culture dont on ne maîtrise pas toutes les subtilités. Il faut donc reconnaître un sacré talent à l'auteur pour avoir réussi à m'embarquer et surtout à me garder, puis à me toucher. Il faut dire que j'ai tendance à faire confiance aux choix éditoriaux de Quidam qui me propose souvent de sortir de ma zone de confort et d'aller à la rencontre d'auteurs singuliers qui racontent le monde loin des stéréotypes et du prêt à penser.
Eric Plamondon explore donc l'Histoire du vaste territoire canadien, où se mêlent conquêtes, colonialisme, affrontement de cultures et oppression des minorités. Un territoire où, au commencement étaient les Indiens et où, à la fin l'homme blanc conquérant entend bien imposer sa loi, sa société de consommation et sa passion de l'argent. Pour cela, il tisse une intrigue qui se lit comme un thriller où il est question de trafic, de braconnage ou d'enlèvements, mais qui se déroule sur une toile de fond mettant en scène les habitants d'une réserve indienne, des flics chargés de réprimer les émeutes, un garde-chasse passé du côté des Indiens et une institutrice française venue se frotter aux grandes étendues sauvages. L'occasion de brosser un tableau saisissant des réalités qui sous-tendent l'existence d'une nation qui ne semble pas très au clair avec son passé.
Si le saumon est l'un des personnages centraux de l'histoire (superbe spécimen sur la couverture par ailleurs), c'est qu'il représente le symbole de ce qui se joue sur ce territoire. Pour les Indiens c'est une ressource importante qu'ils pêchaient pour se nourrir avant qu'on ne leur impose des règles les obligeant à vendre le produit de leur pêche pour pouvoir acheter de quoi se nourrir et s'aligner ainsi sur les pratiques de la "civilisation"... Absurde ? Pire que ça si l'on en croit l'auteur qui explique comment on a organisé la pénurie et qui parle de "génocide par tuerie interposés".
"Dans l'Ouest, l'homme blanc a réussi à éliminer les Indiens en éliminant les bisons. Dans l'Est, il y a des saumons. On les a pêchés à coups de barrages, de nasses et de filets jusqu'à l'épuisement des stocks. Les Indiens aussi sont épuisés."
Pour expliquer les crises d'un pays il faut la plupart du temps remonter à la source comme le font les saumons qui reviennent sur leur lieu de naissance et que l'on nomme alors Taqawan dans certaines tribus. Et Eric Plamondon fait ici preuve d'une rare ambition, de celles qui ne se contentent pas d'aligner les faits mais utilisent le maximum de points de vue pour mettre au jour toutes les salissures enfouies sous des couches multiples de badigeon. On en sort un peu plus instruit, pas mal secoué aussi parce que L Histoire est souvent la même dans différents endroits du monde. Comme le dit l'un des personnages "le colonialisme, c'est un peu comme le saumon, tu peux le jeter à la mer, il finit toujours par remonter là où il est né."
Roman aussi ambitieux que divertissant, Taqawan est de ces lectures dont on mesure l'importance au fur et à mesure que ses propos s'ancrent en nous et contribuent à enrichir notre regard sur le monde.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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critiques presse (1)
Actualitte   19 juillet 2018
L’alchimie entre le romanesque et le documentaire fonctionne à plein ; pendant la lecture, on passe avec la même tension narrative d’une course-poursuite en canot à la recette de la soupe aux huîtres et on ne s’étonne pas, une fois le livre fermé, d’en savoir autant sur la vie des personnages que sur la fraie du saumon.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   19 juillet 2018
William avait dit à Caroline:
personne n'est tout blanc.
p 186
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FleitourFleitour   19 juillet 2018
Le saumon,
celui qu'il suffisait d'attraper pour vivre,
ils devaient désormais le vendre pour survivre.
p 149
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PecosaPecosa   29 mars 2018
Le problème des Amérindiens du Québec, et même de tout le Nord-Est de l'Amérique, c'est qu'ils n'ont jamais eu de chevaux. Des Indiens sans chevaux, c'est un peu comme des pirates sans bateau, ou des cow-boys sans chapeaux, ça fait moins sérieux, c'est moins glamour. Hollywood a imposé l'équation suivante: Indiens égale chevaux. En expulsant les Indiens sans monture de l'écran, Hollywood les a chassés de notre imaginaire. Alors les Hurons de L'Ancienne-Lorette ont continué à vendre des paniers en osier et des tomahawks en plastique made in China.
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tillytilly   30 décembre 2017
Il a eu le rêve de briser leurs chaînes, de libérer les Indiens des anneaux qu'on leur avait pendus au cou à force de Dieu, de perles de verre, de haches et de fusils. Des lois ont été votées pour qu'ils soient déclarés irresponsables, pupilles de la nation, des enfants.
Puis on leur a accroché les réserves au cou, les quotas de pêche et le mode de vie sédentaire. On a voulu les transformer en agriculteurs mais ça n'a pas marché. Ils n'ont rien voulu savoir. Il faut plus que deux siècles de sédentarité pour effacer dix mille ans de nomadisme. L'homme blanc a voulu imposer à l'Indien en un siècle ce qu'il a mis des millénaires à développer et à intérioriser : agriculture, écriture, villes, dieu unique, gastronomie, astronomie, logique, statistiques, mécanique, physique, transcendance, trinité, roue, machine à vapeur, aimant, périscope, verre, chimie, chirurgie, sextant, transistor, famille nucléaire et tondeuse à gazon. Comment faire comprendre à un Indien la nécessité de tondre l'herbe autour de sa propriété pour que ce soit beau et propre ? Comment imposer cette idée à un cerveau sain si on n'a rien à vendre ? Et pourquoi acheter quand la nature vous fournit tout ce dont vous avez besoin ? On leur a donc accroché au cou l'offre et la demande, le profit, le marché. A Restigouche, le seul bien monnayable étant le saumon, alors on les a obligés à vendre le saumon tout en réglementant son commerce. Un marché contrôlé par le pouvoir. Une variable d'ajustement. Le saumon, celui qu'il suffisait d'attraper pour vivre, ils devaient désormais le vendre pour survivre.
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MadameTapiocaMadameTapioca   08 avril 2018
Des Indiens, ce sont des Indiens. On les a appelés comme ça parce qu'on croyait être arrivé en Inde. Mais non, on était arrivé en Amérique. Avec le temps, on s'est mis à les appeler des Amérindiens. Plus tard, on dira des autochtones. Avant ça, on les a longtemps traités de sauvages. On les a surnommés comme ça, des hommes et des femmes sauvages. Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu'on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu'on traite de sauvages durant quatre siècles?
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