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ISBN : 2226322809
Éditeur : Albin Michel (28/09/2016)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 143 notes)
Résumé :
Après Le Diable, tout le temps, couronné par de nombreux prix, Donald Ray Pollock revient avec une fresque grinçante à l’humour très noir.

1917. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  01 octobre 2016
Donald Ray Pollock nous prend par la main et nous entraîne dans une danse macabre, une ronde échevelée et assourdissante, une farandole impudique d'où l'on sort titubant et nauséeux…
Trois gamins, trois frangins affamés, dépenaillés, les pieds profondément enfoncés dans la glaise, d'une ignorance crasse, décident, à la mort soudaine de leur père, de tenter la grande aventure ; de sortir de leur misère qui vient du fond des âges, et de prendre par tous les moyens ce qu'ils désirent ardemment : l'argent, le luxe, les beaux habits, la respectabilité, les femmes. Enfin, pas exactement ! Etre aimé d'une femme…
Leur modèle se nomme Bloody Bill Bucket. Un super-héros de papier, mélange improbable de Jesse James et de Robin des Bois… Un dévaliseur de banques au charme ravageur, capable de fuir dans un trou de souris et d'abattre d'une seule balle une dizaine d'hommes armés jusqu'aux dents… Un héros du far west, un homme du passé, couleur sépia, dans cette Amérique de 1917 qui s'engage dans la première guerre mondiale et tourne le dos à ses légendes pour entrer dans la modernité. C'est en copiant ses aventures que les trois frères comptent bien s'extraire de la misère. Ils se transforment maladroitement en braqueurs de banque et caracolent vers leurs rêves.
Ce sera une longue chevauchée à travers les terres désolées de l'Alabama et de l'Ohio, parfois fantastique, souvent foireuse et pathétique. Durant ce parcours chaotique et sanglant, une kyrielle de personnages hauts en couleurs et tapageurs apparaissent… Bouseux, effroyables sadiques, pauvres hères, mystiques illuminés, esthètes tourmentés, ordures de la pire espèce, piteux jocrisses… Tous entreront dans la folle sarabande, sachant qu'au bout du compte, et même s'ils refusent de l'envisager, ils subiront leur propre déroute.
Dans ce grand jeu de massacre, seuls les innocents au coeur (presque) pur tireront leur épingle du jeu.
Un livre brutal, sans concession, crépusculaire, fataliste, impitoyable (je ne peux m'empêcher de penser à « Unforgiven » de Clint Eastwood) que j'ai eu du mal à lire. Jamais plus de quelques pages par jour pour éviter l'inévitable écoeurement ! Même le sarcasme et le grotesque font grincer des dents…
Mais il se dégage de ce roman une force incroyable. le style est âpre, rageur, tout à la fois sobre et échevelé. Un très grand livre qui s'en va farfouiller dans les profondeurs noires de l'âme humaine. Je ne suis pas prêt de l'oublier.
Un grand merci à Babélio et aux éditions Albin Michel pour m'avoir offert ce livre.
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marina53
  30 janvier 2017
1917, à l'aube de l'entrée en guerre des États-Unis. Pearl Jewett et ses trois fils s'en sortent tant bien que mal en tant qu'ouvriers agricoles, trimant à longueur de journée pour un salaire de misère. Après la mort de sa femme et la saisie de sa ferme par la banque, il n'a eu d'autre choix que d'accepter des petits boulots qui, malheureusement, ne parvenaient pas à remplir ses poches. Alors que les fistons rêvent de liberté, d'argent facile et de nanas, la mort de Pearl semble l'occasion tant espérée de vivre comme bon leur semble. Bien décidés à devenir braqueurs de banques, à l'instar de Bloody Bill, le héros de leur roman. Sur leur route, Cane, Cob et Chimney vont croiser bon nombre de personnes aussi déjantées qu'eux...
Entre la Géorgie et l'Alabama, Donald Ray Pollock nous plonge dans une ambiance à la fois poisseuse, étouffante et effroyable et déroule, au fil des nombreux chapitres, une intrigue à la fois jubilatoire et passionnante. Il dépeint avec minutie une galerie de personnages absolument incroyable et pittoresque, que ce soient Ells et Eula, ce couple de fermiers blancs plumés jusqu'à l'os dont le fils a disparu ; le lieutenant Bovard, un homosexuel ; Blackie, le proxénète de la Grange aux Putes ; Jasper Cone, l'inspecteur des installations sanitaires ou encore Pollard, le barman effrayant du Blind Owl. Des personnages déjantés, bouseux, vindicatifs, pitoyables, affreux ou encore tourmentés. Un roman choral d'une efficacité redoutable et parfaitement maîtrisé. Un western original, parfois cruel, sombre et cynique, où pointent ici et là quelques touches d'humour grinçant. Une peinture crue de cette Amérique en pleine mutation et de ces âmes dans ce qu'elles ont de plus noir. Une écriture âpre et maîtrisée pour un roman qui l'est tout autant.
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Hugo
  10 octobre 2016
Bon bah voilà hein, je crois que tout a été rabâché sur ce bouquin, l'histoire d'amour entre un auteur et l'horreur d'une Amérique alcoolisée à la misère, à la violence, à l'humour noir, glauque, cynique, bref un condensé de trucs d'enculés qui viendront bercer nos désirs de lecteurs avides de violence gratuite…
Au moins avec l'arrivée gratos de ce joli bouquin déposé par le facteur, je me suis sorti les doigts du cul pour bouquiner ce grand cru Pollockien, de manière syndicale, soit quelques pages de temps en temps , évitant toute boulimie l'everestesque jusqu'au dégout d'un somment atteint par des yeux rougis d'insomnie littéraire oubliant femme et enfant pour s'enfiler quelques lignes jusqu'à l'overdose…
Donc je glisse un merci à Babelio et aux éditions Albin Michel…
Bon sinon l'histoire tout le monde la connait, taka te tartiner les critiques précédentes pour te faire une idée ou deux sur le sujet, ya de l'amour de la baise, de la tuerie, de la levrette… ouais ouais c'est vrai que pour la levrette je n'étais pas obligé mais je voulais le glisser gentiment entre deux pour commencer le lundi avec de bonnes résolutions, avec envie :
« hummmmmm c'est bon çaaaaa… »
Et moi je vénère le mec qui a inventé cette position, je dis le mec parce que maman a souvent mal à la tête pour réfléchir à la question, donc ça remonte à des putains de millier d'années : les femmes à l'époque ce n'était pas des tueries, le gars devait pas dégouliner d'envie, alors pour éviter toute déconcentration d'un visage disgracieux, il enfilait ses perles de dos en imaginant des jours meilleurs…
Après les femmes sont devenues toutes belles, et les hommes toujours aussi malins, qui ont la queue sur la main, se sont dits après concertions, qu'il serait judicieux de leurs attribuer quelques taches sympatoches, comme la cuisine, parce que voilà, la nana bien concentrée devant son plan de travail et très occupée oublie pendant quelques minutes que le mal de bide et les migraines c'est plutôt le soir, alors le mec son cul bien confortablement installé dans le canapé qui attend avec impatience qu'il se passe un truc intelligent à la télé se dit qu'après tout elle le verra pas venir l'asticot… Il décide donc dans un moment de courage lubrique de lui glisser une envie ou deux, alors discretos il s'approche, agrippe ses hanches au combien délicieuses, avant le dégout qui suivra, pour lui claquer quelques bisous dans le cou, par amour mais surtout par intérêt, pétrissant le terrain avec une maladresse romantique… puis avec une dextérité animal, il baisera son pantalon pour s'adonner à sa bestialité… Avec un peu de bol, elle y mettra du sien, avec moins de bol il prendra la poêle dans la gueule, tout dépend de l'émancipation matrimoniale de sa belle, et de son caractère qui s'affine au fil des années qui se rident... Une fois l'affaire pliée faut se remettre au boulot ma chérie, tu remettras ton pantalon le temps que je retombe amoureux…
On mange quoi ce soir ?
Allez je dis ça, mais je n'en pense pas une goutte, en ce moment, je me prends tout un tas de commentaires qui m'imposent une certaine non retenu, juste par provocation, rien de méchant ou de personnelle, une façon gentillette de faire comprendre à la bien pensante que je m'en branle un peu, la reconnaissance ne m'ambitionne pas plus que ça, alors évitons de perdre du temps à essayer de me convaincre que tout ceci n'a aucun sens, car j'en suis intiment convaincu… et pour être sincère je m'en foutre bien partout arrosant ses lèvres gourmandes… Hop hop hop, n'importe quoi, je m'égare dans les méandres de la vulgarité… En même temps le bouquin n'inspire pas à la politesse de comptoir qui m'ennuie, yen a qui le font bien, qui sont nés pour ça, moi pas visiblement bien que pourtant je sois d'une éducation tout à fait respectable dans la vie de tous les jours…
Bon voilà, bonne journée…
Mesdames…
A plus les copains
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koalas
  30 décembre 2016
Alabama, 1917
Wanted ! les trois frères Jewett
A leurs trousses, toute la cambrousse ou presque
une flopée de gugusses et de donzelles gratinés du terroir et du tiroir :
banquiers véreux, paysans défraîchis, sodomites, proxénètes, filles de joie, bigotes, chasseurs de primes racistes, culs-terreux, prêtres défroqués, chasseurs de rats....
Donald Ray Pollock, fidèle à son Ohio bancal
livre ce coup-ci une sorte de Western déjanté
à travers des personnages déglingués et désaccordés
que Tarantino ou Peckinpah n'auraient pas reniés.
Comme d'habitude, l'auteur ne fait pas dans la demi-mesure.
Certaines scènes scabreuses peuvent en rebuter certains
mais ce serait dommage de s'arrêter en si mauvais chemin...
Une petite pause entre chaque chapitre pour s'aérer les méninges noircies et c'est reparti pour une ballade infernale
en compagnie d' autochtones azimutés comme Jasper le préposé aux sanitaires et Sugar le black gigolo coiffé d'un fier galurin.
Une lecture palpitante qui en vaut la peine mais point renversante
comme le Diable tout le temps.
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Sylviegeo
  09 juin 2017
Encore une fois, je suis sidérée. Encore une fois, Donald Ray Pollock me laisse pantoise. Il avait déjà bien réussi avec Le diable, tout le temps. Quel talent ! Comment fait-il pour trouver, inventer, décrire , faire vivre des petits personnages aussi "grands "? Car il y a de tout dans cette galerie de personnages du sud des États-Unis. Des plus aimables que d'autres, des abjects, des carrément antipathiques, des bienveillants, des dangeureux, beaucoup de dégoutants , mais ils sont tous , dans leur genre immenses, imposants. Impressionnants ! Nous sommes en 1917-1918, c'est pas la joie pour certains, c'est carrément la misère, la grosse misère. Les frères Jewett se tuent à la tâche, sans que cela ne change rien à leur condition, sous l'oeil malveillant et mystique de leur père. Celui-ci décède. Les 3 frères entreprendront de vivre comme leur héros de roman, en se faisant voleurs de banques. Le réel plaisir de ce roman réside dans les portraits sans complaisance que fait Pollock de ce petit monde, des vivants et des survivants des années 1917-1918. Ce n'est pas une fresque historique. Loin de là. C'est plutôt la mise en scène de la quotidienneté avec tout ce que cela peut comporter de contradictions, de caricatures, de doutes, de désespoir et de résilience. Sans jamais manquer d'humour et de sombres sarcasmes ce portrait d'une Amérique du début du 20e siècle oscille tout le temps entre noirceur et espoir. Une lecture totalement absorbante, attachante. Intense. Coup de poing.
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critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec   21 novembre 2016
Donald Ray Pollock nous offre une nouvelle raison de l’apprécier à sa juste valeur, Une mort qui en vaut la peine ressuscitant avec brio l’époque des voleurs de grands chemins.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   03 novembre 2016
Le second roman de l'écrivain américain est un western baroque sombre et violent, traversé de personnages affreux, sales et méchants.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   19 octobre 2016
Après le succès du "Diable, tout le temps", Donald Ray Pollock change d’époque et allège le ton. Mais c’est encore les plus pauvres qu’il portraitise.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   19 octobre 2016
Il décrit avec un mélange de lyrisme, d'humour et de déchirement un pays en route vers la mécanisation, des ouvriers exploités jusqu'à la mort, un progrès en marche qui laissera les plus candides sur le marchepied.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   20 septembre 2016
Tandis que Cane tentait de se saisir du pistolet, Chimney abattit de toutes ses forces le coupe-coupe sur le crâne de l'homme. Un éclat d'os jaillit sur le côté, et fendit l'air avant de ricocher sur sa joue. Cependant que le major tombait à genoux, un jet de sang gicla du sommet de sa tête tel un petit geyser. Chimney recula d'un pas, puis brandit de nouveau la machette dont il plongea la lame dans le cou épais et charnu de Tardweller, mais ce dernier resta droit, clignant rapidement des yeux, ouvrant et fermant la bouche à la façon d'un poisson attrapé par un pêcheur qui, une fois sur la berge, aspire l'air avec avidité. Le garçon essaya de libérer le coupe-coupe, mais celui-ci était solidement coincé entre deux vertèbres. Sur ce, le major lâcha un mugissement et, lentement, miraculeusement, commença à se remettre debout.
" Bon Dieu, fais quelque chose ! " hurla Chimney à son frère aîné.
Une expression de sidération figea le visage de Cane, qui demeurait planté là, pistolet dans une main et coupe-coupe dans l'autre. Jamais, durant ces mois consacrés à imaginer leur fuite, quelqu'un n'était ne serait-ce que blessé. Du moins pas dès le putain de premier soir. Comment avait-il pu être aussi naïf ? Alors il perçut la voix de Chimney qui s'écriait :
" Descends donc ce fils de pute !"
Puis il le vit s'écarter. Cane leva le revolver et le braqua sur la tête de Tardweller. Il inspira profondément en s'efforçant de raffermir sa main qui tenait l'arme. Mais, juste avant qu'il appuie sur la détente, une déflagration retentit à côté de lui, illuminant une brève seconde toute la scène d'un flamboiement rouge orangé, puis une substance humide éclaboussa le mur. Il pivota vivement sur les talons et aperçut un Cob à la mine sombre debout dans l'obscurité, le fusil à la main, une fine volute de fumée grise s'élevant du canon.
Pendant peut-être une minute, ils regardèrent sans un mot le corps du major étendu de tout son long, dans sa chemise de nuit ensanglantée, comme amputé de sa boite crânienne.
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Eric76Eric76   25 septembre 2016
Ce soir-là, à l'instant où Sugar estimait avoir assez marché pour la journée, trois hommes à cheval, crasseux et mal rasés, lui apparurent au détour d'un virage, serrant la bride à leurs montures pour s'arrêter à quelques pas de lui. Deux d'entre eux portaient des chapeaux de cow-boys et des salopettes tandis que le troisième était vêtu d'une redingote poussiéreuse et d'un pantalon noir. Un morceau de chemise blanche ensanglantée était noué autour de la cuisse du plus corpulent. Des fusils dépassaient de leurs selles et ils avaient à la ceinture des étuis garnis de revolvers. Aux yeux de Sugar, on aurait dite des êtres malencontreusement échappés du passé et qui cherchaient un moyen d'y retourner. Ce n'aurait pas été la première fois que quelqu'un se serait retrouvé prisonnier d 'une époque qui ne lui convenait pas. Fut un temps où il vivait avec une femme qui travaillait dans une chapellerie et qui avait pris la manie, en rentrant du travail, de s'habiller comme une princesse égyptienne. Pensant que cette habitude était le fruit de l'ennui, il s'en accommoda au début, mais lorsqu'elle se mit à prier les crocodiles et à évoquer la possibilité qu'il l'escorte jusqu'aux enfers, il jugea qu'il était urgent de se faire la malle.
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Eric76Eric76   06 septembre 2016
" J'ai encore vu deux de ces nègres la nuit dernière, annonça Pearl en regardant par l'ouverture grossière qui faisait office d'unique fenêtre. Là-bas, assis dans le tulipier, à chanter leurs chansons. Et ça y allait ! "
D'après le propriétaire du terrain, le major Thaddeus Tardweller, les derniers locataires des lieux - une famille entière de mulâtres de Louisiane - avaient été décimés par la fièvre il y a plusieurs années de cela et ils étaient enterrés à l'arrière, parmi les mauvaises herbes, en bordure du périmètre de l'enclos à cochons aujourd'hui désert. La hantise que cet endroit où s'étaient mélangés Noirs et Blancs soit toujours contaminé était telle que le major n'avait pu convaincre personne de s'y installer jusqu'à l'arrivée du vieux et de ses fils l'automne précédent, affamés et en quête de travail. Depuis quelques temps, Pearl voyait leurs fantômes partout. Hier matin encore, il en avait compté cinq. Avec son visage émacié et ses cheveux grisonnants, sa mâchoire inférieure pendante et le devant de son pantalon jauni par une vessie incontinente, il avait l'impression d'être à tout instant sur le point de les rejoindre sur l'autre rive. Il mordit dans son petit pain, puis demanda :
" Vous les avez entendus ?
- Non, p'pa, je ne crois pas ", répondit Cane, l'aîné.
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Eric76Eric76   12 septembre 2016
Vers midi, le lendemain de son passage chez Parker, Ellsworth attela le mulet au chariot, puis s'engagea sur la route de Meade. Il avait pris sa décision au cours de la nuit. Pendant que, allongé sur le matelas, il digérait son souper en se demandant à combien de kilomètres pouvait se situer l'Allemagne, il lui était aussi apparu qu'il ignorait totalement les raisons de cette guerre. Il s'était retourné dans le lit pour contempler les ténèbres qui se pressaient contre la surface ridée de la vitre. Une fois, il avait égrené du maïs avec un vieillard nommé Garnet Quick qui avait perdu une oreille lors de la guerre entre les Etats, celle qu'ils s'étaient livrés pour la libération des esclaves, et, depuis sa discussion avec cet homme, Ellsworth soupçonnait confusément que le moindre motif futile pouvait être prétexte à déclencher un conflit. et, tandis qu'il écoutait Eula appeler Pickles dans son sommeil, il s'était dit, poursuivant ce raisonnement, que si un combat n'avait pas de justification valable, alors comment pouvait-il rester assis sans bouger le petit doigt et laisser ainsi son unique fils courir le risque de finir estropié, voir tué ?
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marina53marina53   30 janvier 2017
- Tu sais ce dont tu as besoin, Jasper ?
- De quoi donc ?
- D'un ami, d'un véritable ami, répondit le gardien en hochant la tête d'un air avisé. Si tu t'en trouves un, t'auras pas besoin de valises pleines de pognon ou de chiotte de luxe pour être heureux. Crois-moi, ça change tout de te réveiller le matin en sachant que t'as quelqu'un à qui parler, quelqu'un sur qui tu peux compter.
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Videos de Donald Ray Pollock (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Donald Ray Pollock
Après "Le Diable, tout le temps", couronné par de nombreux prix, Donald Ray Pollock revient avec une fresque grinçante à l?humour très noir. 1917. Quelque part entre la Géorgie et l?Alabama. le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d?un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d?ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l?enfer auquel ils viennent d?échapper ? Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O?Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock.
http://www.albin-michel.fr/ouvrages/une-mort-qui-en-vaut-la-peine-9782226322807
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