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EAN : 9782266159661
762 pages
Pocket (02/03/2007)
4.21/5   206 notes
Résumé :


Après avoir raconté dans Africa Trek I le début de leur traversée africaine, Sonia et Alexandre Poussin se retrouvent au Kilimandjaro : il leur reste sept mille kilomètres à parcourir, toujours à pied et sans logistique, en s'en remettant à l'hospitalité des Africains.

Tout au long des 1 171 jours de ce périple, les deux marcheurs nous font partager leurs rencontres émouvantes avec des amis d'un jour, mais aussi l'angoisse de la soif,... >Voir plus
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Toute lecture est une invitation au voyage : dans le temps, dans l’espace ou tout simplement dans l’imaginaire de l’auteur. Avec Africa trek, le voyage est multiple : réel, tangible et mesurable 14000 km, à pied sur les traces des premiers hommes, mais aussi spirituel, initiatique, philosophique, religieux et politique.

Ce sont les rencontres et les échanges qu’elles suscitent ou interdisent, qui constituent les bases du voyage intérieur. Le plus souvent chaleureuses, au risque d’un déchirement lors de la séparation inéluctable, parfois hostiles (la traversée de l’Ethiopie a été une épreuve lourde de souffrance et de déception face à l’ignorance et à la sottise aggravée par l’adhésion aveugle à un groupe), toujours enrichissantes cependant.

La tonalité générale de ce tome 2 est différente de ce qui ressortait de l’expédition du Cap au Kilimandjaro : la souffrance physique est plus importante, liée à l’aridité des régions traversée, et c’est aussi l’hostilité évoquée plus haut qui accentue la pénibilité. C’est aussi une expérience plus contrastée, car la pénible traversée de l’Ethiopie est suivie d’un chemin magique de rencontres et d’entraide au Soudan.

Le pari est osé, il s’en est fallu de peu qu’Alexandre et Sonia ne fassent partie des statistiques nécrologiques, croqués par un lion, lynchés par une foule ignorante, ou desséchés en plein désert. On est loin de la sinécure touristique encadrée et aseptisée, celle qui parcourt les sites archéologiques égyptiens en bus à la queue-leu-leu.

Malgré la fatigue, l’usure des articulations, le régime ascétique, le moral reste intact, jamais l’idée d’un renoncement n’effleure le couple, qui s’étayent mutuellement dans une ferveur amoureuse remarquable. Lorsque le dépit guette, c’est une rencontre chaleureuse ou un paysage grandiose qui redonne du sens au chemin.

L’écriture d’Alexandre n’est pas une exercice led style et c’est ce qui en fait tout le charme : la spontanéité, l’authenticité du témoignage nous gagnent à leur cause, en nous faisant partager les émotions les plus diverses, positives comme négatives.

L’effort est permanent pour s’adapter à l’épreuve sportive, mais aussi à la diversité des personnes croisés, et on peut saluer l’exploit linguistique qui a conduit nos voyageurs et apprendre les bases de plusieurs langues, sésame gagnant pour s’octroyer la sympathie lors d’une première rencontre

L’arrivée est émouvante, lorsqu’à Jérusalem le couple récite la liste des noms de ceux qui les ont accompagnés par la pensée, faute de pouvoir eux-mêmes accomplir le parcours.

On peut se demander comment l’on peut se réhabituer à notre luxe quotidien d’occidental, dont la survie en terme de besoins de base ne se pose pas. D’ailleurs en 2014 les Poussin étaient à Madagascar…

Challenge pavés 2015-2016

I


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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J'ai fait quelques pas avec Sonia et Alexandre Poussin, entre le Kilimandjaro et le lac Tibériade mais je me suis arrêtée pour vous souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2023. Beaucoup de petits bonheurs, une avalanche de livres. Mon voeu le plus cher est de rester en votre agréable compagnie le plus longtemps possible.

Vite je rattrape ces grands marcheurs, que j'admire pour leur ténacité, leur gentillesse, leur curiosité envers chaque tribu. Ils sont très souvent reçu en fin de journée dans un endroit où ils pourront se reposer quelques heures et être à l'abri des animaux sauvages.

Rien ne les arrête, ni la pauvreté, la saleté, les bestioles qui pullulent.

Ils font en moyenne 30 à 40 kilomètres par jour sous une chaleur torride, leur grande angoisse c'est le manque d'eau, leur plus grande peur, les lions la nuit, moment propice pour attaquer.

Ils font de très belles rencontres d'un jour ou plus, des souvenirs qu'ils garderont à jamais en mémoire.

"En chemin , nous croisons de superbes femmes pokots. elles portent d'immenses colliers plats de cuir rehaussés de perles de bois et enduits de terre beurrée. Sous ce large disque, plus large que tous les colliers massaïs que nous ayons vus, le buste est recouvert d'un plastron de perles colorées du meilleur effet. Jupes de cuir ornées de perles et boucles d'oreilles de cuivre enroulées comme des ressorts parachèvent la parure - sans oublier un crâne rasé sur le côté et la nuque, avec un toupet de petites tresses beurrées jouant sur le front et les tempes comme des herbes folles. Un autre point commun avec les Massaïs : les deux incisives inférieures arrachées. Les femmes "modernes" , qui portent des T-shirts sous leurs colliers, ont trouvé une solution pratique pour allaiter sans se dévêtir : deux trous au niveau des tétons."

J'ai appris énormément de choses sur les différentes tribus, la faune, la flore, des paysages époustouflants, un très beau récit de voyage.

J'avais déjà lu Africa Trek tome 1 et un jour prochain je continuerais sur Madatrek.

Bonne lecture à tous.

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Sonia et Alexandre Poussin,avec leur livre Africa Tek, partagent avec succès l'aventure exceptionnelle qu'ils ont vécue en mettant leurs pas dans ceux des premiers hommes.

Près de 14000 kilomètres, trois années riches de pays, de cultures, d'histoires et d'Histoire, de rencontres.

Trois années d'épreuves, d'endurance, de pudeurs, de joies, d'inquiétude et d'espérance, d'un peu de chance, de ... béatitude.

En remontant le Rift par l'Est de l'Afrique, au départ du Cap de Bonne-Espérance jusqu'au Lac de Tibériade (Israël), chaque pays traversé dévoile sa propre identité, son lot d'espoirs et d'immenses douleurs.

Des diversités faites de complexité, de pauvreté, de misère, d'amour et de violence nous claquent au visage.

Des paysages, des lieux, des coutumes, des cultures tribales se dévoilent.

Le phénomène « d'inculturation » chez les chrétiens et ses conséquences humanitaires positives dans l'Afrique à dominance chrétienne tranchant avec l'Afrique à dominance musulmane est bien présent.

La place de la femme dans ces cultures (contrôle des naissances, excision...) reste un sujet brûlant.

Des hommes, des femmes, des enfants, des maisons, des huttes, aisance, pauvreté, misère, se racontent dans des portraits pleins d'émotion.

« Dans les pas de l'homme », à la rencontre de l'autre, sont remplis d'espoir et de croyance en l'être humain.

Conviction dépassant la violence rencontrée notamment en Éthiopie et qui fait froid dans le dos.

Partage des passions des uns et des autres : ceux qui consacrent leur vie à la paléoanthropologie, aux fouilles archéologiques, à la médecine sanitaire, à l'éducation et à l'éveil, au sauvetage humain...

A foison, les détails abondent nous menant au coeur même de la démarche du couple.

Leur livre en est la continuité puisqu'il nous informe, nous apprend, nous éveille à l'autre et conscientise que de cette différence naît une immense richesse, nous pousse à la réflexion et à la curiosité.

Curiosité à nourrir, puisque ce voyage entre dans un recul de douze ans : que deviennent ces pays, ces politiques empêcheuses d'oxygène pour des peuples en souffrance, à nous de continuer ces pas offerts par « les Poussins » (des liens nous sont proposés en fin de livre).

Nous sortons étourdis et grandis de cette extraordinaire expérience physique et mentale.

Tantôt dans une solitude nécessaire, ressourçante et complice surmontant les difficultés, tantôt au contact des autres où écoute, respect, empathie, générosité éclatent dans leur diversité.

Sonia et Alexandre Poussin forcent l'admiration dans leur démarche radicale et leur jusqu'au boutisme.

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Je connais l'Afrique comme ma poche. du nord au sud, j'ai tout vu, tout vécu. Rencontré les Boers sud-africains, les Massaï tanzanien, les Dassanetchs du Kenya, les Coptes égyptiens. Assisté à leurs rites secrets. Partagé leur langue, leurs biens, leur bonté, leur intimité. Côtoyé la misère et l'opulence. Enduré la vermine, la soif et l'hostilité. Bravé les lions et les serpents. Gravi le Kilimandjaro et la pyramide de Chéops. Eprouvé ma foi à la piété démesurée du Soudan.

Oui, le continent n'a plus aucun secret pour moi. Pourtant, je n'y ai jamais mis les pieds.

Marcher dans les pas de Sonia et d'Alexandre, c'est faire mieux que cela. C'est pénétrer l'Afrique, s'imprégner de sa réalité et de ses rêves. C'est remonter le cordon qui nous lie à nos racines. Leur trek de l'extrême - c'est là sa force - ne recherche pas l'exploit sportif. Il est avant tout une quête spirituelle et humaine qui nous réconcilie définitivement avec notre espèce.

Peu à peu, pas à pas, peuple après peuple, frontière après frontière, on devient un peu plus Africain. Ecce Homo.

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Au pied du Kilimandjaro, le couple de marcheurs au long cours a déjà parcouru plus de 7000 km et il leur en reste autant devant eux. Plus de routes, plus de chemin, plus rien, juste le domaine des Masaïs, du moins ceux qui vivent encore vraiment libres, avec leurs troupeaux, dans leurs enkaïs, sorte de villages de cases clos par une enceinte d'épineux tressés. Les autres sont en représentation pour les touristes. On raconte à tort que les authentiques boivent le sang à la jugulaire de leurs taureaux. En fait, cela ne se pratique plus que dans certains rituels très rares, les Masaïs authentiques étant plutôt végétariens. L'initiation des jeunes consiste à essayer de trucider un ou deux lions à l'aide d'un casse-tête ou d'une lance. Dans le Rift du Ngorongoro, le danger est partout présent. En plus des lions, il y a les serpents et les hippopotames qui chargent facilement. Sonia et Alexandre échapperont presque par miracle à plusieurs attaques, ce qui ne sera pas le cas d'un couple d'Allemands dont la femme sera grièvement blessée, ni celle d'un couple d'Anglais attaqués et battus à mort par des bandits juste pour les dépouiller. Mais heureusement, nos deux marcheurs auront la chance de croiser la route d'un grand nombre de bons samaritains qui leur sauvèrent la mise à de nombreuses reprises…

« Africa Trek 2 » est la deuxième partie d'un récit de voyage absolument passionnant. Quel courage et quelle persévérance fallut-il à ce jeune couple pour parvenir à réaliser pareil exploit ! Chaque pays, presque chaque kilomètre présenta son lot de souffrances. L'accueil des populations souvent généreux eut quelques exceptions qui confirmèrent la règle. Je ne citerai que la traversée de l'Ethiopie qui fut marquée par des attaques permanentes de bandes d'enfants haineux leur lançant des pierres et les chassant de tous les villages qu'ils traversaient juste parce qu'ils étaient blancs ! Celle de l'Egypte ne fut pas non plus une partie de plaisir, car ils furent contraints de subir en permanence une escorte policière fort pesante qui utilisa même un engin blindé pour les accompagner. Plusieurs pages sont consacrées à présenter la liste de tous les hôtes et hôtesses qui les accueillirent, souvent des congrégations religieuses, des prêtres, des pasteurs, des popes et des imams, mais aussi de petites gens pauvres mais généreux. Livre intéressant pour les amateurs de voyage à pied, dernière véritable aventure humaine, et de grands espaces.


Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation

dès que nous marchons , nous reprenons nos réflexions. A bâtons rompus, en faisant feu de tout bois.L'adrénaline et les endorphines doivent y être pour quelque chose. C'est comme une mécanique, la marche a besoin d'un carburant, d'une réflexion, d'un grain à moudre. Et la réflexion a besoin de la marche pour être activée. Peut être faut-il marcher pour se rendre compte que la pauvreté se multiplie plus vite que la richesse. Et qu'il est plus difficile de s'en rendre compte depuis un bureau de l'unesco ou de la banque mondiale, où l'on attend patiemment la relance, le décollage, la croissance, comme on attend Godot.

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Les autres ont une coiffure extraordinaire, comme un serre-tête constitué de leurs propres cheveux, dont les deux extrémités, près des oreilles, rebiquent en petite corne de buffle. Des martiens. Ils nous regardent comme des martiens. Nous sommes tous les martiens de quelqu'un.

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On ne peut comprendre ces peuples si l'on ne comprend pas que le bétail est la colonne vertébrale de toute leur existence, la structure de leurs pensées. Banque, garde-manger, signe de pouvoir, de fertilité, arsenal, âme sœur, spiritualité, travail, passe-temps, spectacle, sujet de conversation, de poésie, de chanson, monnaie d'échange, raison d'être, d'aimer, de se battre et de mourir, Le bétail esr tout et rien existe en dehors du bétail. J'ai du bétail donc je suis : c'est le cogito pastoral.

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Nous passons là quelques jours à cicatriser nos plaies et nos cœurs. Il

faut d’abord tirer au clair cette étrange fièvre. Mary, le médecin de la

mission, est tout de suite venue me faire un prélèvement sanguin. Elle

revient peu après avec le verdict :

— Malaria cérébrale. Un falciparum corsé ! Vu votre état de choc et

votre faiblesse générale, si vous ne vous étiez pas arrêté ici, vous auriez pu

être emporté en trois jours…

Elle est en Éthiopie depuis vingt ans et s’est spécialisée dans les traitements antipaludéens. Elle se félicite que nous ayons avec nous nos traitements de di-hydro-artémisinine, médicament que j’avais testé lors de ma première crise de palu, à Mitundu2 :

— Vous connaissez l’histoire de la di-hydro-artémisinine ?

— Oui. C’est un médicament chinois…

— Vous savez de quoi on le tire ? Vous voyez ma plantation de fleurs orange, là, dans le jardin ? Celles qui ressemblent à des gerberas ? Eh bien

voilà ! C’est ça qui sauve les vies ! C’est aussi simple !

— Comment ça ?

— Cette fleur s’appelle l’armoise amère. Je fais une simple tisane avec les pétales séchés et je sauve des gens par centaines…

— Et aucun laboratoire occidental n’a trouvé ça ?

— Héhé ! Vous mettez le doigt sur le problème ! Cette molécule est connue des Chinois depuis 1975. Ils l’ont découverte en soignant les blessés vietcongs rapatriés du Vietnam. Ce médicament a eu le malheur d’être

inventé par des communistes en pleine guerre froide : cela fait trente ans

qu’il y a un embargo dessus… Les Chinois ne demandent rien à personne et

soignent toute l’Asie avec. Les Indiens l’ont copié, il n’y a plus que nous qui nous obstinons. Pour le malheur de l’Afrique… Le vrai problème, en fait, c’est que ce médicament ne coûte rien alors que les traitements modernes développés péniblement par nos laboratoires coûtent les yeux de la tête. Entre un dollar et cent dollars, vous choisiriez quel traitement ? D’autant plus que celui à un dollar marche beaucoup mieux, vous l’avez testé vous-même n’est-ce pas ? !

— Mais l’OMS, les organismes internationaux… ?

— C’est là qu’est l’immense scandale, vous allez voir, cette histoire va bientôt nous péter à la gueule. Ils ont mis trente ans à s’intéresser à cette

molécule ! J’aimerais qu’on me dise pourquoi. Moi, par exemple, je dépends des organismes internationaux pour mon approvisionnement en médicaments. Vous le savez, l’Éthiopie est sous contrôle sanitaire de très

nombreux organismes. Et comme la di-hydro-artémisinine n’est pas reconnue officiellement, je n’ai pas le droit de l’importer…

— Mais qu’est-ce qu’ils avancent comme raisons pour la rejeter ?

— Oh ! que les tests n’ont rien prouvé, qu’ils sont toujours en cours, que ce sont des protocoles très lourds et très longs à mettre en place, qu’il faut la synthétiser, que c’est une molécule très complexe…

Nous sommes bouche bée. Comment des enjeux aussi importants

peuvent-ils être bloqués par des intérêts si piètrement marchands ? Mais

Mary positive :

— Remarquez, je me débrouille quand même, avec mes plantations. Mais vous allez devoir boire un litre de ma tisane par jour, et c’est vraiment très mauvais…

Je me remets de ma malaria en quarante-huit heures. Comme à Mitundu. Ça relève du miracle. En effet, ce médicament est vraiment dangereux pour l’Halfan, le Lariam et nos autres merveilles !… Trois mille enfants par jour meurent du palu, en Afrique. Combien, depuis trente ans ?

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N'oubliez jamais que nous autres africains nous sommes seuls au monde. Personne ne nous aide. Chez vous, en Europe, la société est généreuse, l'éducation, les hôpitaux sont gratuits, vous avez la Sécurité sociale, l'assurance chômage, l'électricité, l'eau courante, les routes, vous vous entraidez sans la savoir.

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