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ISBN : 2841720330
Éditeur : L'Atalante (31/05/1996)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« J'ai démarré au kilomètre 85
dans une descente
Je fonce.
À partir de maintenant, faut tenir. »

Dans la dix-septième étape du Tour de France, Lilian Fauger, un jeune coureur dunkerquois, s'échappe contre toute attente du gros de la troupe avec une telle hargne qu'il va faire le trou.
Alors Lilian gamberge : si c'était son jour, son étape ?
Et quand derrière, la chasse est lancée, il n'est plus qu'un fuyard, un évadé... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Dionysos89
  15 janvier 2017
Il fut un temps où les éditions L'Atalante avaient davantage la possibilité de faire du polar parmi leurs collections. Les occasions sont plus rares actuellement, mais il n'empêche qu'ils ont réédité un court roman de Jean-Bernard Pouy paru chez eux en 1996 et qui attire l'oeil.
À la façon d'un thriller haletant (et pour cause, puisque le héros a le souffle court tout du long), il met en scène la grise solitude du cycliste échappé. Un cycliste anonyme réussit à prendre la poudre d'escampette et à s'extirper du peloton lors d'une étape du Tour de France ; son but est de faire vivre l'étape du jour, voire de la gagner, ce qui semble compliqué car il n'a pas le profil du baroudeur. Et pourtant, il va crapahuter en tête de l'étape pendant un bon bout de temps. Mais à quoi peut bien penser un homme seul lancé devant une meute ? Comment occuper ces moments d'intense réflexion où chaque effort serait à calculer au plus juste ?
Jean-Bernard Pouy s'est amusé à calquer son texte et son style sur les efforts produits par le protagoniste. Cette technique se voit déjà concrètement, puisque le texte a tantôt des phrases très brèves, tantôt des phrases très longues, singeant la respiration d'un athlète en plein effort. Cela est d'autant plus mis en avant que le cycliste enchaîne sur des rythmes changeants les petits vallons, les faux-plats montants ou descendants et les interminables lignes droites. Vu la relative brièveté du roman, il n'y a pas d'ennui à avoir en suivant ce petit Lilian au destin touchant.
Finalement, l'auteur essaie quand même de nous montrer que cette échappée solitaire est un peu plus qu'une simple solitude face à la masse. À la suite du titre (54x13), le récit attaque sur un grand braquet en enchaînant les références données par le cycliste et les règles tacites qui régissent normalement un peloton, notamment celui du Tour de France ; toutefois, rapidement, l'auteur narre avant tout l'histoire à la fois classique et atypique d'un prolétaire de la route : trop seul face à l'élite, en proie aux pires pressions et qui dévoile son intimité alors qu'il est en plein effort. Ainsi, l'intérêt se déplace progressivement vers les souvenirs et les états d'âme de l'échappé. Pas d'inquiétude malgré tout, sans mettre du fantastique ou du polar dans cet ouvrage, l'auteur glisse en approchant de la fin quelques aspects plus intrigants qu'une simple évocation cycliste.
Jean-Bernard Pouy fait donc du Pouy : c'est court, c'est cinglant et c'est sanguin. Si, en plus, le fait cycliste vous passionne comme moi, alors banco !
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Apikrus
  12 avril 2017
Lilian Fauger est un jeune coureur cycliste français. Lors de la 17ème étape du tour de France, il fausse compagnie au peloton pour se retrouver seul en tête de course. Les cadors et les grandes équipes qui roulent pour eux - ce qui n'est pas le cas de Lilian, jeune pro dont l'équipe est alors réduite à trois - laissent rarement ce type d'initiative aller à son terme. Par chance pour Lilian, aujourd'hui cela ne réagit pas très vite derrière lui, sans doute parce qu'il fait partie des mal-classés, jouant parfois le rôle de porteur de bidons pour ses partenaires. Lilian qui a prémédité son échappée commence croire à la victoire d'étape. L'auteur nous emmène dans son rêve, ou plutôt dans ses rêves puisque l'esprit de Lilian bat la campagne tandis qu'il tente d'oublier ses douleurs…
Malgré les louanges de cet ouvrage faites par plusieurs lecteurs (amateurs de cyclisme), la mise en page aérée a d'abord suscité ma méfiance, moi qui fuis les écritures hachurées et la poésie.
Très vite, j'ai été happé par l'histoire. le style et la typographie illustrent la manière dont l'esprit humain fonctionne parfois, passant d'une idée à l'autre, notamment quand on fournit un effort cadencé et pour ne plus penser aux douleurs qu'il occasionne.
De nombreuses gloires du cyclisme sont conviées, des destins tragiques rappelés, le décor et son envers (le dopage) exposés. Pour finir, et sans spoiler, on peut dire que la chute est inattendue…
Un livre que devraient adorer les amateurs de la grande boucle. Ceux qui, comme moi, aiment la petite reine mais détestent l'hypocrisie entourant la mise en scène de la compétition (cf. critiques de Bernard H. à l'encontre de Richard V. !) peuvent aussi l'apprécier.
Par contre, vous pourriez être déçu et vous ennuyer si vous appréciez surtout la déconne dans les romans noirs de JB Pouy, et êtes allergique au sport et au cyclisme... Canel, évite ! 😉
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Thoxana
  20 mai 2011
Un très beau et très court roman qui nous entraîne dans les pensées d'un "petit" coureur échappé pendant plusieurs heures devant le peloton du Tour de France 1995. Que se passe-t-il dans la tête de l'athlète qui se retrouve seul avec la douleur, l'effort de plus en plus intense ? L'auteur, passionné de vélo nous fait partager sa vision. C'est tout à la fois drôle, tendre et cruel. J'ai adoré !
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LesChroniquesdEmilie
  11 mai 2013
Encore une lecture scolaire, j'ai été très surprise par ce livre car à ma grande surprise, j'ai beaucoup aimé. On suit un coureur cycliste pendant le Tour de France on connaît toutes ces pensées. Je trouve la couverture du livre très belle. Je le conseille aux personnes adeptes de ce sport
Lien : http://leschroniquesdemilie...
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
ThoxanaThoxana   20 mai 2011
Le coureur cycliste doit être d'une grande prudence. D'une grande prudence de l'âme. Il ne sait jamais à l'avance ce que sera une course. Ce qu'il connait : la fameuse douleur dans les jambes et dans la poitrine en feu, il tentera de le surmonter. Le coureur cycliste est fluide, fluet, diaphane ou alors noueux et tendu. Il semble jeune, timide, souvent renfermé. Il se protège derrière un mutisme essoufflé. Le coureur cycliste sait qu'il reste souvent un prolétaire respectant des règles précises, faisant confiance à son entreprise et roulant pour un patron. Mais le coureur cycliste peut être un révolutionnaire. A un moment donné, imparable, il peut s'opposer à la loi et tenter de renverser les valeurs de sa petite société.
Pédale, camarade, le vieux monde est derrière toi... Car, petit à petit, il y a le réel qui te rattrape avec son cortège de souffrance, de malheur, de petites mesquineries et de vraies embrouilles...
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Dionysos89Dionysos89   08 mars 2017
« Pédale, camarade, le vieux monde est derrière toi... Car, petit à petit, il y a le réel qui te rattrape avec son cortège de souffrance, de malheur, de petites mesquineries et de vraies embrouilles... »
Extrait du « code Wegmuller ».
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domdu84domdu84   08 décembre 2011
Je force le plus possible, j’ai mal, la gorge : du papier de verre.
Ça se stabilise. C’est pas vrai, je reviens, plus que vingt mètres, recoller recoller
recoller à tout prix, recoller. À deux, avec Fons, on se le fait, le Boche.
Quinze mètres. Ça doit crier à la baraque. J’entends pas Georges,
je sais même plus où il est. Deux mecs à lui dans les trois premiers.
Je recolle, c’est pas vrai, je recolle, la rage, je suis un tueur, c’est ça la volonté, puiser dans les dernières ressources, comme disent les types
à la radio. Ressources, Rézousse, le Colombien. Allez, pa-pa ma-man
pa-pa ma-man pa-pa ma-man, cinq mètres, c’est bon, c’est presque.
Pa-pa ma-man, j’ai recollé. Fons se retourne, sous le coude il se marre.
L’effort, la vache, j’en peux plus. La roue de Fons. J’entends les cris, j’étais
comme sourdingue, plus de son, le cœur qui bat. Fons me demande de coller à sa gauche
— mimiques. Je comprends : il veut se faire l’Allemand, il va y aller. Sourires,
œillades, chacun pour soi, on aura la prime, je lis tout dans ses yeux. T’as la prime d’échappée, plus celle d’arrivée, alors, chacun pour soi. Il veut flinguer
dans les deux derniers kilomètres.
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domdu84domdu84   08 décembre 2011
Dix kilomètres de l’arrivée à peu près, ça y est, pleine banlieue de Bordeaux,
je lis pas les noms, j’ai jeté la feuille de route. C’est dur de ne voir que des baraques après tout ce vert. C’est normal : après la couleur le gris, la grisaille, et tout d’un coup, un putain de cauchemar :
un cycliste m’a doublé, j’y croyais pas, l’Allemand est passé, il me doublait,
son maillot rouge et blanc, comme si je faisais du sur-place, mes oreilles sonnaient, furieux, et puis Fons qui m’a jeté un coup d’œil pour me dire :
Accroche.
Ils ont pris dix mètres, et vingt mètres, tout de suite. Je pensais à mes parents devant la télé, ma mère pleure, mon père serre sa pogne. Trente mètres. Qu’est-ce que c’est con.
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williamleewilliamlee   08 décembre 2013
On a beau ouvrir des routes,
Porter ou non des casques
Et monter des machines
Avec des roues en peau de saucisson
Tellement c’est léger,
Pareil, ça sera toujours pareil,
Ça sera toujours des mecs
Qui en chieront sur une bécane
Et qui font un truc dangereux.
C’est dangereux, le vélo.
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