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Brian G. Rogers (Autre)Thierry Laget (Autre)
EAN : 9782072914621
1088 pages
Éditeur : Gallimard (21/01/2021)
  Existe en édition audio
4.38/5   548 notes
Résumé :
Ce troisième volet de la Recherche est marqué par l'installation du narrateur et de sa famille dans un nouveau foyer, près de la demeure des Guermantes. Le quotidien de notre héros se trouve rythmé par la vie de ses prestigieux voisins, qu'il ne tarde pas à côtoyer grâce à la bienveillance de Saint-Loup.

L'entrée dans le "jeu de la vie mondaine" s'accompagne chez le narrateur d'un éveil à la sensualité. Entre idéalisation et fantasme, il voit renaître... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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BillDOE
  18 octobre 2021
Le narrateur vit avec ses parents dans un appartement de l'hôtel particulier des Guermantes, dans le faubourg Saint Germain à Paris. Il tombe amoureux de la duchesse Oriane de Guermantes et recherche un moyen pour attirer son attention en la suivant tout comme il l'avait fait avec Gilberte dans « à l'ombre des jeunes filles en fleur ». Il rejoint son ami Robert de St Loup à Doncières où ce dernier est en poste dans une garnison. Il lui demande d'intervenir auprès de sa tante pour qu'il lui soit présenté. Il apprend que sa grand-mère est souffrante et rentre précipitamment à Paris où il retrouve Albertine qui cède à ses avances et s'offre à lui. St Loup qui l'avait accompagné, lui présente sa maîtresse qui n'est autre que Rachel, une cocotte qu'avait connu le narrateur. Il rencontre enfin la duchesse de Guermantes lors d'un salon que donne Mme de Villeparisis mais le charme n'opère plus. Sa grand-mère meurt d'une crises d'urémie. Il est invité par Palamède de Guermantes, baron de Charlus, frère du duc de Guermantes à passer le voir un soir. Il s'y rend après avoir passé la soirée chez les Guermantes. Charlus a une attitude déconcertante et ambigu envers le narrateur. de retour, il rencontre Swann dont il apprend qu'il est malade et condamné.
Des femmes, Proust à travers le narrateur les place haut dans la hiérarchie de ses personnages, de la plus humble à la plus noble, étrangère aperçue ou de sa propre famille. Elles ont le pouvoir de faire ou défaire les alliances, les réputations. Il leur voue un amour immatériel, désincarné en presque les divinisant. Il leur ôte tout aspect charnel pour en faire des êtres de lumière et d'ombre. Elles lui sont inaccessibles même quand elles finissent par s'offrir (Albertine) car il n'envisage pas d'avoir de relation sardanapalesque avec, et d'ailleurs, il entend la fréquentation d'un bordel comme un acte médical et non ludique. On ne peut imaginer l'auteur et son oeuvre sans elles.
Des salons, Proust en fait les lieux incontournables de la vie parisienne. C'est l'endroit où il faut être, où le paraître et le néant se propagent, se multiplient, se répandent, les égos coulent.
« Il savait que Mme de Guermantes avait, apanage précieux des femmes vraiment supérieures, ce qu'on appelle un « salon », c'est-à-dire ajoutait parfois aux gens de son monde quelque notabilité que venait de mettre en vue la découverte d'un remède ou la production d'un chef-d'oeuvre. le faubourg Saint-Germain restait encore sous l'impression d'avoir appris qu'à la réception pour le roi et la reine d'Angleterre, la duchesse n'avait pas craint de convier M. Detaille. Les femmes d'esprit du Faubourg se consolaient malaisément de n'avoir pas été invitées tant elles eussent été délicieusement intéressées d'approcher le génie étrange. »
Le voyage à travers « la recherche du temps perdu » n'est pas une simple lecture, c'est une exploration, car lire Proust c'est s'attarder sur tel ou tel passage, autrement l'oeuvre se rebelle, s'échappe.
Editions Gallimard, 546 pages.
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Gwen21
  16 février 2018
Il y a trois ans j'ai entrepris la lecture de la "Recherche", et malgré toute ma volonté, jusqu'à présent, je n'ai jamais réussi à en lire plus d'un tome par an. Et quelles ne furent pas mes craintes au moment d'ouvrir ce troisième volet, le plus volumineux !
Si dans les précédents, le narrateur se complaisait à décrire avec minutie les moeurs bourgeoises, tant à la ville qu'à la campagne ou encore à la plage, avec "Le Côté de Guermantes", c'est à l'aristocratie du faubourg Saint-Germain qu'il s'attache, avec le même souci du détail.
Si Marcel Proust est connu pour la longueur de ses phrases - réputation très méritée -, je lui reconnais également un don pour multiplier les chapitres sur un même événement. Ainsi, ce sont plus d'une demi-douzaine qui lui sont nécessaires pour décrire une simple visite mondaine, de quoi laisser aux conversations le temps de s'étendre, qu'elles touchent les loisirs comme l'opéra, ou la politique avec l'Affaire Dreyfus, ou encore la généalogie alambiquée des familles plus ou moins régnantes de l'Europe de la Belle-Epoque.
Alors, oui, certes, on apprend beaucoup sur l'atmosphère très "beau monde" de ces luxueux appartements bourrés jusqu'à la gueule d'oeuvres et d'objets d'art mais trop de minutie tue la minutie, voilà mon sentiment. La préciosité du style de Marcel Proust et le dandysme de son narrateur m'ont souvent porté sur les nerfs, tout comme les opinions rapportées de ces dilettantes et autres altesses qui ne peuvent que paraître surannées à un lecteur d'aujourd'hui ; au mieux peut-on considérer cet héritage littéraire comme un patrimoine vivant nous permettant de toucher du doigt ce qu'on pourrait qualifier d'"art de vivre à la française" mais cette visite de musée tire en longueur.
Quant aux susdits personnages, aucun n'est réellement attachant. le snobisme, la vanité, l'orgueil de caste, le langage de dupes, la fatuité des codes et, de façon générale, la suffisance méprisante manifestée par cette classe sociale - qui finira d'être balayée au cours du XXème siècle -, sont assez indigestes.
Jamais deux sans trois, a-t-on coutume de dire, et bien, après la lecture du "Côté de Guermantes", j'affirme qu'il faut vraiment de la volonté pour lire Proust aujourd'hui. "Volonté" me semble vraiment le terme approprié ; le plaisir vient ensuite, s'il vient jamais. Un peu comme un régime où il faut d'abord s'astreindre à une certaine discipline avant d'en percevoir les effets bénéfiques, il faut se lancer dans Proust en ne quittant pas du regard son objectif afin d'espérer pouvoir en savourer, à l'arrivée, les charmes discrets.

Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge PAVES 2018
Challenge 1914 - 1989 - Edition 2018
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GeorgesSmiley
  20 octobre 2019
Voici venu le temps des rêves et des désirs, des lentes manoeuvres et des amitiés utiles pouvant entrouvrir la porte du paradis où règnent les Guermantes. Voici, enfin, un regard, un salut et un sourire tombé un soir d'opéra pour enflammer le coeur et l'esprit du jeune homme. le voici, à forces d'intrigues subtiles, élu entre mille, invité à côtoyer les « Immortels », et le voilà finalement, un soir terrible où toutes ses illusions se brisent sur des souliers noirs qui auraient dû être rouges et se fracassent sur un « grand et cher ami » qui ne pourra accompagner la duchesse en Sicile, au printemps prochain, parce que … « ma chère amie, c'est que je serai mort depuis plusieurs mois», et parce que cet ami Swann connaissant la valeur de ces amitiés, «savait que, pour les autres, leurs propres obligations mondaines priment la mort d'un ami et qu'il se mettait à leur place, grâce à sa politesse. »
C'est le roman des Illusions Perdues mais aussi du chagrin que lui cause la longue maladie de sa grand'mère et de sa mort, de l'irruption dans la vie sociale de l'Affaire Dreyfus, de l'aveuglement de l'amour (Saint-Loup est le pendant de Swann) mais aussi de Françoise, la cuisinière-gouvernante qui parle parfois comme La Bruyère, ce qui donne toujours lieu à des passages aussi drôles que réjouissants.
On y trouve des pages fascinantes sur l'utilisation du téléphone qui, si vous y prenez gare, vous feront envisager les appels à vos êtres chers sous un angle nouveau. Et toujours ces formules aussi inattendues que brillantes comme quand « s'avance le sommelier, aussi poussiéreux que ses bouteilles, bancroche et ébloui comme si, venant de la cave, il s'était tordu le pied avant de remonter au jour. »
Les pages sur la maladie de sa grand'mère chérie sont admirables ; elles n'épargnent pas les médecins dont les diagnostics aussi contradictoires que péremptoires ne parviennent pas, consultation terminée et verdict implacable posé (« votre grand'mère est perdue ») à masquer qu'ils ont d'autres chats à fouetter (« vous savez que je dîne chez le ministre du Commerce »). L'évolution de la maladie, les phases d'espoir succédant aux phases de découragement, tout cela parlera à qui l'a traversé, tout comme la solitude qui s'empare de celui qui a vraiment du chagrin : « Ce n'est pas que le duc de Guermantes fût mal élevé, au contraire. Mais il était de ces hommes incapables de se mettre à la place des autres, de ces hommes ressemblant en cela à la plupart des médecins et aux croque-morts, et qui, après avoir pris une figure de circonstance et dit : «Ce sont des instants très pénibles », vous avoir au besoin embrassé et conseillé le repos, ne considèrent plus une agonie ou un enterrement que comme une réunion mondaine plus ou moins restreinte où, avec une jovialité comprimée un moment, ils cherchent des yeux la personne à qui ils peuvent parler de leurs petites affaires … »
Mais que dire de cet adieu magnifique à cette grand'mère qui semble avoir tellement compté ? Rien, juste le lire et sentir l'émotion vous gagner :
« Maintenant (ses cheveux) étaient seuls à imposer la couronne de la vieillesse sur le visage redevenu jeune d'où avaient disparu les rides, les contractions, les empâtements, les tensions, les fléchissements que, depuis tant d'années, lui avait ajoutés la souffrance. Comme au temps lointain où ses parents lui avaient choisi un époux, elle avait les traits délicatement tracés par la pureté et la soumission, les joues brillantes d'une chaste espérance, d'un rêve de bonheur, même d'une innocente gaieté, que les années avaient peu à peu détruits. La vie en se retirant venait d'emporter les désillusions de la vie. Un sourire semblait posé sur les lèvres de ma grand'mère. Sur ce lit funèbre, la mort comme le sculpteur du Moyen Age, l'avait couchée sous l'apparence d'une jeune fille. »
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Arimbo
  08 octobre 2020
Je viens de terminer la troisième étape de mon voyage à La Recherche du Temps Perdu, le Côté de Guermantes.
J'ai appris, je crois, à lire Proust comme il aurait fallu que je le lise dès le début, c'est-à-dire lentement et avec un temps de relecture, une trentaine de pages journalières, bref, ainsi que le recommandait Nietzsche, de procéder comme les vaches, de "ruminer" le texte.
Plus encore que les précédents, est-ce parce que je suis maintenant au diapason de l'auteur, ce troisième tome m'a ébloui, par la beauté de sa construction et de son écriture, par la multiplicité de ses niveaux de lecture, et par toutes les sensations, sentiments, réflexions qu'il provoque. On y rit et on y pleure, et on sort de la lecture avec le sentiment nostalgique d'avoir parcouru un monde unique.
Le jeune narrateur y poursuit son chemin de vie, son parcours initiatique, en découvrant le monde aristocratique parisien, celui du faubourg Saint-Germain, (en fait Proust avait côtoyé celui du Faubourg Saint Honoré). Mais il découvre aussi l'amitié de Saint-Loup et la vie militaire, et aussi la sensualité dans sa relation avec Albertine. Enfin, il fera pour la première fois l'expérience douloureuse de la mort d'un proche, sa grand-mère bien aimée.
J'ai trouvé ce tome de la Recherche merveilleusement construit, mieux que les précédents. Cela me fait penser à un opéra, ou à un poème symphonique, dans lequel les trois tableaux majeurs sont deux scènes mondaines, celle du Salon de la Marquise de Villeparisis et celle, très longue, du Diner chez les Guermantes, qui encadrent l'épisode tragique de la maladie et de la mort de la grand-mère du narrateur qui termine Guermantes I et fait le début de Guermantes II.
Le "prologue" du roman est l'arrivée dans un appartement qui dépend l'hôtel du Duc et de la Duchesse de Guermantes, déménagement lié à l'état de la santé de la grand-mère du narrateur, et, comme souvent dans les prologues, on assiste aux réflexions du petit monde des domestiques, Françoise en tête.
Puis, lors d'une soirée au théâtre où le narrateur découvre enfin le talent de la Berma, voilà que la Duchesse de Guermantes lui fait un petit signe de la main! Il n'en faut pas plus pour que, comme toujours chez Proust, le désir et l'exaltation monte. Mais l'approche de la duchesse se révélant infructueuse, le narrateur décide de retrouver son ami Saint-Loup, neveu de la Duchesse, en garnison à Doncières, ville militaire pas très loin de Paris, afin de lui demander d'intervenir pour lui auprès de la Duchesse.
Le séjour à Doncières est un nouveau tableau d'une grande douceur, d'une grande sérénité, le seul de cette nature dans tout ce tome, marqué par l'amitié et les discussions sur la stratégie militaire ainsi que sur l'affaire Dreyfus, et une foule de détails délicieux sur les sons, le sommeil et les rêves etc..
Mais un appel téléphonique de la grand-mère lui procure un sombre pressentiment et précipite son retour où il a la vision quasi photographique de la détérioration de son état de santé.
Après un intermède où le narrateur rencontre son ami Saint-Loup et sa maîtresse Rachel, une comédienne avec laquelle la liaison est tumultueuse, prend place le premier grand tableau, le "five o'clock" chez la Marquise de Villeparisis.
Celle-ci prétend tenir un salon littéraire comme ceux des 17ème et 18ème siècle. D'ailleurs, ses Mémoires la feront passer, selon le narrateur, comme un des salons les plus brillants de la fin du 19eme siècle, qui ne manque pas de nous faire remarquer perfidement que beaucoup des personnes citées n'y sont pas venues, mais sans doute aussi nous montrer que la création littéraire compte plus que la réalité. Et voici que sont décrits, avec un humour gentil ou féroce, tous ces personnages souvent ridicules, la Marquise qui peint ses fleurs, l'ambigu diplomate de Norpois et son langage fleuri, l'arriviste et vulgaire Bloch, le prétentieux Legrandin, le Prince de von Faffenheim (qui dans la suite sera nommé le Prince Von!) qui sollicite le soutien de Mr de Norpois pour l'entrée à l'Institut, etc....et puis le Duc et la Duchesse de Guermantes, qui exécutent une première fois leur duo comique qui sera accompli au centuple lors de l'immense Soirée que nous verrons à la fin du roman. Tout ce petit monde factice évoque aussi le grand évènement du moment, l'Affaire Dreyfus.
A l'opposé de ce tableau de la futilité, le narrateur nous décrit maintenant, de façon très réaliste et sans épargner les détails, la maladie, l'agonie et la mort de sa grand-mère, dont on sait qu'elle furent en fait celle de sa mère. Comme quoi, pour paraphraser Paul Klee, le roman ne reproduit pas le réel, le roman rend réel aux yeux de l'esprit. On y voit la bêtise et l'absence de compassion de certains médecins, pas tous, les réactions de l'entourage, et puis l'agonie qui nous bouleverse, et la mort qui redonne à la grand-mère sa jeunesse.
Étrangement, à ce tableau et sans que l'on sache les sentiments du narrateur après cette épreuve, suit la visite d'Albertine, sorte d'intermède plutôt sensuel (ah, ce baiser sur la joue!) et mélancolique: en fait, le narrateur n'aime pas Albertine, et est attiré par Mme de Stermaria, à laquelle il a proposé un rendez-vous, mais qui finalement ne viendra pas (ô rage, ô désespoir!).
Un autre intermède d'une petite soirée chez la Marquise de Villeparisis, au cours de laquelle, ô miracle, la Duchesse de Guermantes invite le narrateur à un diner "en petit comité", puis après une soirée de l'amitié avec Saint-Loup et ses camarades militaires, voilà enfin le Diner chez le Duc et la Duchesse de Guermantes, le sommet de la description mondaine du roman, un long épisode qui en occupe le quart.
C'est un incroyable tableau que nous donne Proust de cette aristocratie, de ces Princes, Princesses, Ducs, Duchesses, Marquis, Marquises, etc..une bonne partie parents les uns des autres.
On s'y emploie, surtout la Duchesse de Guermantes, à qui le mari sert de faire-valoir, à faire des "bons mots", assez souvent vulgaires, à y dire beaucoup de méchancetés et de médisances, surtout à l'égard de celles et ceux qui ne sont pas là, à montrer en réalité, sous l'apparence du goût du paradoxe, un esprit bien réactionnaire et rétif à la nouveauté littéraire, picturale ou politique. le narrateur nous décrit avec précision, humour, ironie, ce monde désuet de la représentation, où chacun joue un rôle comme au théâtre (il est d'ailleurs frappant de constater que le monde du théâtre vienne en contrepoint dans le récit: la soirée théâtrale, où joue la Berma, la répétition de la tragédienne Rachel, maîtresse de Saint-Loup).
Et tout cela est parfois désopilant, par exemple lorsque nous sont exposés les manières de saluer des Guermantes et des Courvoisier, aristocrates ennemis, il le fait presqu'à la manière d'un ethnologue comparant les moeurs de deux tribus d'Amérique.
Mais aussi, chez Proust, il y a, bien sûr, plus d'un niveau de lecture.
Derrière cette description d'un monde clos où tout les nobles se connaissent et connaissent leurs parentés, filiations, généalogies, on sent que cette petite société aristocratique, qui cherche à reproduire les manières de l'Ancien Régime, sait qu'elle n'est plus qu'un vestige du passé, qu'elle ne compte plus pour grand chose. "Tout en chantant sur le mode mineur l'amour vainqueur et et la vie opportune" ces aristocrates sont "quasi-tristes sous leurs déguisements fantasques" (d'ailleurs le Duc et la Duchesse se précipiteront à un bal masqué à la fin du roman, échappant ainsi à Swann qui leur annonce sa maladie incurable). J'interprète ainsi la scène hystérique que fait le baron Charlus au narrateur, à qui il avait proposé d'être son mentor. J'y sens la rage désespérée d'un aristocrate à l'ascendance glorieuse de ne plus "compter".
Mais, plus que tout cela encore, j'en retiens que ces aristocrates réunis à diner chez la duchesse et le duc de Guermantes procurent au narrateur le "plaisir esthétique" et la nostalgie d'un monde perdu, car par leurs noms, leurs ascendances qui peuvent remonter jusqu'au Moyen Âge ils sont, en quelque sorte, les témoins vivants d'un passé glorieux et inaccessible.
En conclusion, à la fin de ce troisième tome, c'est la nostalgie qui l'emporte. La grand-mère est morte, Swann va mourir, et les aristocrates, dont la compagnie est bien décevante, ne valent que par le passé magique qu'ils représentent.
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TommyPiret
  21 mars 2021
III le côté de Guermantes
31.

« On est l'homme de son idée ; il y a beaucoup moins d'idées que d'hommes, ainsi tous les hommes d'une même idée sont pareils. Comme une idée n'a rien de matériel, les hommes qui ne sont que matériellement autour de l'homme d'une idée ne la modifient en rien. »
Comme un parfum, un déluge de contrefaçons, de copies non conformes l'oeil humain cherche à perfectionner sa connaissance de l'art. Ce principe d'accroissement, n'est pas une faiblesse de la copie, mais un enchevêtrement surabondant dans le cataclysme de la prolifération des diverses mesures d'un concept plus honnête que l'âme humaine tout entière.
**
Le commentaire ci-dessous est un commentaire global sur le côté de Guermantes.
Une terre creuse sous l'habitacle, qui offre des soubassements à l'onde humaine. Qui se réveille sous les cils ardents de la voie de Vénus, dans des discussions champêtres. Comme des commérages de village. Comme le feu ardent d'une boussole qui indique le nord, pour celui qui cherche l'ouest. Et dans cette solitude glacée, le monde tourne comme une évasion. Autour du démonstrateur, qui écoute les champs de l'exploration. Comme si toutes les espérances étaient mesurées à des grains de sable dans un sablier qui défilait sous une description plus occulte, mais profonde. Amicale pour l'âme qui comprend la tristesse du fonctionnement linéaire d'un jardin bucolique. D'une vie qui se perd sous des feuilles de diamants. Sous des pensées plus diverses encore. Sauvages dans leur indépendance. Toute cette vie qui malmène une colonie, qui avance sous la chappe féodale du monde. Et le souvenir intense d'une réflexion, des vitraux de la plèbe qui marche sans cesse pour sa survie. Pendant que quelques nobles jouent aux cartes sur une terrasse, que c'est un jeu scrupuleusement calculé pour en découdre avec l'ordre social. Et toutes les minutes, en passant par la condition militaire, s'enferment dans un canevas dont la clôture ne va pas pouvoir se terminer correctement. Car il n'y a pas d'ordre. La pensée est la seule liberté qu'il reste à un individu démuni de toute perfection physique. En ce compris l'immondice matériel. Les tables nocturnes en sont témoins. Que c'est un firmament, un losange rectangulaire, une condition outrepassée, que le calendrier des jours heureux, sur le bulletin des chances, n'a pas de place. Que c'est simplement l'érosion solaire entre les différentes marches de l'ombre, dans les conversations mondaines, dans les silences théâtraux où chacun joue ses propres envies par rapport à la quête de ses propres enjeux. Cette personnalisation, ce perfectionnement dans l'âme humaine, c'est un mystère. Comme la simplicité, comme le calme, qui ne sont déterminés que par une suite d'expériences continues et volontaires de s'approcher d'une plus grande science. D'accompagner l'âme, avec dedans tout ce que l'homme peut supporter, en tant qu'être à part entière dépourvu de tout dogme, sans sentir le poids d'une quelconque force subalterne, elle-même gouvernée par le poids des étoiles qui dansent dans la galaxie. Et alors seulement après avoir fait la découverte de ce nouveau monde de mots, cette ombre chaleureuse qu'offre la vie passée, dans des boudoirs proches de ce qu'une royauté pourrait apporter à un empire, les personnages se perdent dans des illusions, des voyages, tout une vie comestible, qui danse comme des flammes solitaires dans la nuit. Une courbe qui n'a pas d'impact. le présent qui demeure plus lointain que la réalité. Un détachement des caractéristiques premières de ce qui fonde tout élément naturel dans l'écoulement de l'existence. Les interactions sont emboitées comme dans un échiquier, comme dans un engrenage qui se répète. Il y a un tableau, un faisceau de cause à effet déterminé par les sentiments qui ont des piques vers le haut, et des lamentations vers le bas. Et ce rapport, cette matière franchissable, dans cette vision transversale, des différentes émotions de ce que l'ombre peut apporter, c'est notre qualité de vie, c'est notre message à tous, de pouvoir vivre dans l'illusion. de pouvoir connaître le songe terrible d'un automne royal, mielleux dans toutes ces couleurs. Et dans la couronne, un mystère se trouve jeté dans la brume par-dessus les chemins des neiges, toujours bercé par cette mère qu'est le soleil. C'est une condition de train, de voyager sans remède, mais simplement en quête d'une perte, qui n'a pas de motif, qui est simplement une illusion pourvue d'ailes, une liberté dans l'âme, dans l'atmosphère. Et dans cette cartographie sociale, il n'y a pas de place pour des sentiments définissables d'une manière neutre, tout se place dans une subjectivité, qui rend les damiers de l'échiquier en une profusion de sources définissables, tel le lendemain d'un nouveau-né, d'une nature sérieuse, dans la trahison, la fourberie, le mensonge des maîtresses dans la pluie des amours sincères délaissés. Dans le jeu incessant de la manière dont fonctionne la vie des hommes. Tout ceci se perce à jour pour la bonne gouvernance. Et la question qui se pose dans tous ces jeux qui participent au futur, sont-ils une source déterminée par la supériorité d'une donnée inconnue ? Il y a-t-il une connaissance externe à ce jeu décrit pour illustrer le propos de la vie ? Mais cette suite est-elle logique ? Il y a-t-il réellement une possibilité d'offrir un service plus noble dans la manière de contempler l'avancée, le chemin des événements, des soirées mondaines, des salons de thé, des après-midi ou des matinées ? Dans la hiérarchie sociale. Comme les castes éternelles qui se plaident pour maintenir la division sociale. Ce n'est pas une question de justice, ce n'est pas une question d'humanité. La définition des richesses et de la culture sont des données liées à la naissance du milieu social. Possible régression, ou dans la montée croissante mais jamais définissable d'un être humain, qui pourrait s'élever comme diminué aux yeux de la société. le faubourg Saint-Germain, un peuple endimanché de souterrains. Un regard subjectif de la manière d'exister dans le regard des autres, de n'exister que pour la réputation, sans apprécier la nature d'un sommeil plus profond, qui permettrait de vivre une vie croissante et heureuse. Mais la combativité reprend du lest. La charge sociale ne veut pas disparaître, elle dresse ses griffes comme une prison, elle découpe les amitiés, range les habits des uns dans les tiroirs des autres. Que tout se perde dans une préciosité. Dans un fardeau plus ancien. Car c'est le propre de l'ordre social que de vouloir faire monter certains dans la réputation des autres. Si je devais citer un acteur, une source de combat, je prendrais en exemple Françoise dans sa détermination par rapport à la grand-mère de Proust. Parce qu'au-delà de la souffrance qu'elle observait, elle voulait maintenir de la dignité, en peignant les cheveux de Madame. Et je peux comprendre qu'il y ait un jeu de différences dans les émotions que procure un tel geste, qui était perçu par Proust comme une atteinte au reste de quiétude, dans un soulagement de la souffrance. Mais peut-on comprendre le délice de la liberté dans de pareilles circonstances. Être livre cela veut-il dire, paraître plus réel que ce que l'on est intérieurement. Dans les sentiments que l'on cultive personnellement pour véritables, indépendamment de l'endroit où l'on se situe, et du nombre des invités à une table. Dans la pluie battante de l'échafaud des échiquiers, qui comprend la mort spirituelle, c'est la manière fantasmatique de vivre les mélanges des disputes urbaines. Des opéras, des instruments de musique qui forment l'ordre social. Et c'est cette manière de rebondissement dans la tristesse comme dans la joie de l'articulation humaine, les points de chute du nombre, qui toujours se reflètent, comme des jets de soleil, une tour, un immeuble de foisonnement, une ombre, un tapis d'orient qui incombe. Toujours est-il que ça avance sous l'ombre. Une envie soudaine et perdue. Un tâtonnement. Une séance, un questionnement étrange, qui mène à l'aube des vicissitudes. Dans le fond de la terre, oblique mais neuve, dans la manière de prolonger la vie. le sentiment souterrain d'accomplissement, le vecteur grandissant de la fortune. Et tout cette vie se mêlait pour Proust d'un passage indien, d'une courroie qui marche dans les tombes de la mort. Comme un engrenage. Qui allait attendre l'explosion sentimentale pour recoudre les plaies, penser le diaphragme du silence. Dans les habitudes d'un souvenir lointain mais toujours présent, car la vie n'est qu'un tissu qui souffre, qu'une conjoncture, des filaments qui se battent sans cesse dans la cognition entre les anges et les démons. Sans que l'ivresse d'un chagrin puisse se mesurer dans un verre d'alcool. Et toutes les manières, toute la complexité humaine, tous les codes, les avant-gardes, les guerres dans les gestes, les territoires de paix, tout cela renaît, plus grand encore, car c'est le comble du bonheur de jeter à la face du destin l'émiettement de la vie, la défaite, le souvenir, celui de raconter une étrange histoire pourtant bien réelle, des faits déformés par la sagesse. le mensonge de la médiocrité. Car il n'y a pas de valeur oblique, ni croissante ni qui descend pour former le fond d'un gouffre. Il n'y a que des subjectivités agressives. Et toute valeur reflète les dangers du miroir de sa propre sagesse. Cette préciosité, dans les relations, les serviteurs des uns, sont les amants des autres, pour que coule la sagesse, et que jamais on ne puisse oublier la personnalité d'un être. Des miroirs naturels qui la créés. Toujours, c'est sa façon à lui de renaître. de pouvoir savoir que tout change pour la bonne raison de l'être. le calme retrouvé. le temps dans sa plus belle parure du dimanche. Dans un parc lointain, où les amants viennent se retrouver. Les câlins factices, et temporaires, que jettent sur eux la pluie des divinations, incertaine du lendemain. Ce sont les mots qui tracent comme le fusain des traits temporaires mais dignes d'être effacés pour réécrire l'histoire mieux. C'est une invitation. Comme une soirée de délices. Et il n'y a pas de repères dans la journée. Pour pouvoir se perdre dans les moments terribles du destin. de pouvoir gravir les échelons, un à un, de savoir que les fleurs possèdent des pétales secrètes qui ne s'ouvrent pas à toute entremetteuse. Que les entremetteurs sont bas, posent leur chapeau doté d'un sceau, d'une royauté, mais en réalité toute est une politique de paysan, car c'est dans la terre pècheresse que l'on trouve le souffre de l'Enfer, celui nécessaire au conditionnement de la vie, incertaine, et brutale, dans les combats que l'on mène, dans les fragments temporaires d'une vicissitude, la meurtrissure d'un autre monde, des amis qui se délient. La perte d'une amitié incertaine dès le départ. D'un monde dont la sagesse est enfuie dans l'éternel. Mais on ne sait pas exactement à quel point. A quel prix tout cela peut se gouverner. La consolation d'un être, qui a la faveur de son temps, qui a la manière pour lui de s'exprimer la plus véritable, la plus sage, qui n'a pas les moyens de rentrer dans les cordes, qui pousse la victoire au-delà des nouveaux jours. La sphère de nos vies, comme des diamants, des vases précieux dont nous sommes dans la quête. Des changements. Nous sommes abonnés à ces soirées. Mais le coeur dans ses manières demande une intelligence. Des références. Pouvons-nous les contrôler ? Avons-nous le fardeau certain d'être un humain, la possibilité de s'en échapper ? D'établir d'autres affects ? L'envie de voler, comme un oiseau, dans des sentiments pleins de liberté. C'est la manière d'être ainsi dans l'accablement, dans la coutume des anges. C'est ainsi que le monde se meut. Dans le mouvement de la terre. Entre la droiture militaire et l'infâme coulisse de la vie. Tout comme les mouvances des anges, les morts dans leur fardeau qui retiennent toute la cuisine. Les plats dans les paroles des uns qui enveniment le discours des autres. Et c'est un jeu de vases communicant. de causes à effets. de bombe atomique et de retombées nocturnes, radioactives. Comme du bourbon qui se mélange dans le whisky, le gin ou la vodka. Il y a de la fumée de cigare. Des lumières bleues, rouges, vertes, et jaunâtres. Des abat-jours merveilleux. Comme une répétition. Parce que c'est un souvenir au coin du feu. Au fond d'un terrain. A Rixensart. Je me remémore mon propre passé, je fais des parallèles avec les refrains de Monsieur Guermantes, qui chante dans la tête de Proust. Jusqu'à la dispute avec le baron de Charlus. Et la colère desserre l'avilissement, contribue à la vieillesse et à la perte du temps. Car le monde n'a pas le temps. Il enfuit tout ce qu'il y a autour de lui. Il quête franchement la vie. C'est une vente de rêves, ça ne laisse aucune trace dans la réalité. C'est une représentation de paroles. Un discours fluidifié entre plusieurs personnages, qui rentrent dans une histoire, pourtant présente dans la réalité à une certaine période, et qui se contextualise dans la mémoire comme un filtre, comme une tempête scientifique que je me prête à analyser. Car la complexité des fils que tissent les Moires, c'est toute la dimension florale du destin. (Les cheminées des quartiers pauvres qui se perdent dans des dégradés de roses.) L'éclosion du printemps, la mort ayant donné naissance, ce paradoxe qui emprunte dans une note d'église comme une cérémonie, la célébration d'un nouvel agencement de liens qui se terniront à leur tour pour ne devenir que des couleurs du passé que l'on retrouvera dans des feuilles mortes de l'automne, laissera passer les flocons de la neige, pour redonner des brindilles de soleil aux herbes les plus fines, qui feront renaître le présent, et ce de manière indéfinie, dans un but inconnu. Car les charges des uns et des autres, la pression dans la vie, le combat, il y a cette force de vouloir pousser la boule de pierre, mais à quel prix, pourquoi devons-nous lutter, parce que la vie est un trésor, et que les meilleurs choses n'arrivent qu'au travers de l'accomplissement de nombreux efforts.
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PilingPiling   18 janvier 2010
Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine, mais quand nous disons cela, nous nous représentons cette heure comme située dans un espace vague et lointain, nous ne pensons pas qu’elle ait un rapport quelconque avec la journée déjà commencée et puisse signifier que la mort—ou sa première prise de possession partielle de nous, après laquelle elle ne nous lâchera plus—pourra se produire dans cet après-midi même, si peu incertain, cet après-midi où l’emploi de toutes les heures est réglé d’avance. On tient à sa promenade pour avoir dans un mois le total de bon air nécessaire, on a hésité sur le choix d’un manteau à emporter, du cocher à appeler, on est en fiacre, la journée est tout entière devant vous, courte, parce qu’on veut être rentré à temps pour recevoir une amie; on voudrait qu’il fît aussi beau le lendemain; et on ne se doute pas que la mort, qui cheminait en vous dans un autre plan, au milieu d’une impénétrable obscurité, a choisi précisément ce jour-là pour entrer en scène, dans quelques minutes, à peu près à l’instant où la voiture atteindra les Champs-Élysées.
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Gwen21Gwen21   08 février 2018
Elle était surtout exaspérée par les biscottes de pain grillé que mangeait mon père. Elle était persuadée qu’il en usait pour faire des manières et la faire "valser". "Je peux dire, approuvait le jeune valet de pied, que j’ai jamais vu ça !" Il le disait comme s’il avait tout vu et si en lui les enseignements d’une expérience millénaire s’étendaient à tous les pays et à leurs usages parmi lesquels ne figurait nulle part celui du pain grillé. "Oui, oui, grommelait le maître d’hôtel, mais tout cela pourrait bien changer, les ouvriers doivent faire une grève au Canada et le ministre a dit l’autre soir à Monsieur qu’il a touché pour ça deux cent mille francs." Le maître d’hôtel était loin de l’en blâmer, non qu’il ne fût lui-même parfaitement honnête, mais croyant tous les hommes politiques véreux, le crime de concussion lui paraissait moins grave que le plus léger délit de vol. Il ne se demandait même pas s’il avait bien entendu cette parole historique et il n’était pas frappé de l’invraisemblance qu’elle eût été dite par le coupable lui-même à mon père, sans que celui-ci l’eût mis dehors.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   17 octobre 2019
"Tant que le monde sera monde, voyez-vous, disait-elle, il y aura des maîtres pour nous faire trotter et des domestiques pour faire leurs caprices." En dépit de la théorie de cette trotte perpétuelle, déjà depuis un quart d'heure ma mère, qui n'usait probablement pas des mêmes mesures que Françoise pour apprécier la longueur du déjeuner de celle-ci, disait : "Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire, voilà plus de deux heures qu'ils sont à table." Et elle sonnait timidement trois ou quatre fois. Françoise, son valet de pied, le maître d'hôtel entendaient les coups de sonnette non comme un appel et sans songer à venir, mais pourtant comme les premiers sons des instruments qui s'accordent quand un concert va bientôt recommencer et qu'on sent qu'il n'y aura plus que quelques minutes d'entracte. Aussi quand les coups commençaient à se répéter et à devenir plus insistants, nos domestiques se mettaient à y prendre garde et, estimant qu'ils n'avaient plus beaucoup de temps devant eux et que la reprise du travail était proche, à un tintement de la sonnette un peu plus sonore que les autres, ils poussaient un soupir et, prenant leur parti, le valet de pied descendait fumer une cigarette devant la porte, Françoise, après quelques réflexions sur nous, telles que "ils ont sûrement la bougeotte", montait ranger ses affaires dans son sixième, et le maître d'hôtel ayant été chercher du papier à lettres dans ma chambre, expédiait rapidement sa correspondance privée.
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Gwen21Gwen21   20 février 2018
- Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser.
- Et qui vous dit que j’en suis offensé ? s’écria-t-il avec fureur en se redressant violemment sur la chaise longue où il était resté jusque-là immobile, cependant que, tandis que se crispaient les blêmes serpents écumeux de sa face, sa voix devenait tour à tour aiguë et grave comme une tempête assourdissante et déchaînée. [...] Pensez-vous qu’il soit à votre portée de m’offenser ? Vous ne savez donc pas à qui vous parlez ? Croyez-vous que la salive envenimée de cinq cents petits bonshommes de vos amis, juchés les uns sur les autres, arriverait à baver seulement jusqu’à mes augustes orteils ?
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EleanorTilneyEleanorTilney   18 février 2020
Une personne n'est pas, comme j'avais cru, claire et immobile devant nous avec ses qualités, ses défauts, ses projets, ses intentions à notre égard (comme un jardin qu'on regarde, avec toutes ses plates-bandes, à travers une grille), mais est une ombre où nous ne pouvons jamais pénétrer, pour laquelle il n'existe pas de connaissance directe, au sujet de quoi nous nous faisons des croyances nombreuses à l'aide de paroles et même d'actions, lesquelles les unes et les autres ne nous donnent que renseignements insuffisants et d'ailleurs contradictoires, une ombre où nous pouvons tour à tour imaginer avec autant de vraisemblance que brillent la haine et l'amour.
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Laure Hillerin vous présente son ouvrage "A la recherche de Céleste Albaret : l'enquête inédite sur la captive de Marcel Proust" aux éditions Flammarion.
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Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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