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ISBN : 2878629051
Éditeur : Editions Thélème (29/10/2015)
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Résumé :
[LIVRE AUDIO]

En 1896, La Confession d’une jeune fille n’est qu’une invention du jeune Proust. Mais onze ans plus tard, par une curieuse coïncidence, un fait divers rejoint la fiction, l’outrepassant en horreur. Par un article du Figaro du 25 janvier 1907, titré « Un drame de la folie », Proust apprend stupéfait qu’un jeune homme de la haute société a assassiné sa mère et, à la suite de son crime, s’est mutilé affreusement avant de se suicider. Ayant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Musardise
  03 juillet 2016
Les deux textes qu'on peut entendre ici ont été publiés dans le recueil Les plaisirs et le jours, dix ans avant le premier tome du La recherche du temps perdu, et nous dévoile un Marcel Proust dont on n'a pas forcément l'habitude, avec une influence prégnante du mouvement décadent . Les deux nouvelles relèvent de la thématique de la corruption d'une jeune fille, corruption qu'on pourrait qualifier de sociale dans le cas de Violante, corruption qu'on pourrait qualifier de charnelle pour ce qui est du personnage de la confession d'une jeune fille.
Dans Violante ou la Mondanité, on a affaire à une jeune fille de famille aisée plus ou moins laissée à elle-même, qui, afin de séduire un jeune homme dont elle est amoureuse mais qui ne soucie pas d'elle, va se frotter au beau monde et ne plus jamais en sortir. Au contact de cette société à laquelle elle ne ressemble pas, elle va s'affadir et perdre ce qui fait toute sa personnalité. Ce n'est pas le texte le plus passionnant que je connaisse de Proust : on n'y trouve pas la finesse d'analyse des romans à venir, loin s'en faut. En revanche, le ton est d'un bout à l'autre empreint d'ironie, et c'est ce qui fait sans doute l'intérêt essentiel de la nouvelle.
Le texte de la confession d'une jeune fille révèle quant à lui un aspect franchement méconnu de Proust. Dans cette nouvelle, l'auteur a déjà recours à la première personne. Une jeune fille, qui restera anonyme, raconte son histoire depuis son lit d'agonie, après avoir tenté de se suicider ; sa mort ne sera que peu différée, puisque la blessure qu'elle s'est infligée s'est avérée mortelle. Elle revient alors sur son enfance, son adolescence et le début de sa vie d'adulte, sur son amour inconditionnel pour sa mère, sur la façon dont elle a été petit à petit corrompue (certainement davantage psychologiquement que physiquement) par un jeune garçon qu'elle qualifie, je crois, de vicieux. Elle réussit malgré tout à dépasser la tendance au vice qui s'est fait jour chez elle, pour mieux retomber dans la corruption charnelle (ça reste très chaste pour un lecteur du 20ème siècle, et même pour celui de la fin du XIXème qui a lu les symbolistes ou les décadents), avec des conséquences désastreuses que je ne révélerai pas ici. Après la corruption charnelle, la culpabilité ronge la jeune narratrice, d'où les premières lignes de la nouvelle, où on la trouve agonisante. Si le début rappelle beaucoup le premier chapitre du roman du côté de chez Swann, avec Marcel attendant passionnément que sa mère vienne lui dire bonsoir, la suite prend une tournure de plus en plus perverse (tout est relatif, cela dit) et ténébreuse. Pourtant, ce n'est pas un texte qui va aussi loin que, par exemple, les nouvelles du recueil Les diaboliques de Barbey d'Aurevilly, dans l'approche du morbide et de l'érotisme entremêlés, ou sur le thème du mal qui ronge l'être humain.
Le gros défaut que je trouve à cet audio-livre, c'est la lecture de Zabou Breitman, qui m'a semblé terriblement plate. Dans les deux textes, il m'a semblé qu'elle cherchait à faire sentir la tension qui monte ou l'humour qui point de façon très graduelle, ce qui donne un ton très neutre au début, qui aurait facilement tendance à donner l'impression que Proust, c'est chiant à mourir. L'actrice s'anime peu à peu. Mais, d'une part, ça ne rattrape pas, à mes oreilles, la platitude du commencement, ni le côté un peu scolaire de la diction lorqu'elle est plus enlevée. C'est dommage, car sa voix, qui donne une sensation de jeunesse et de fraîcheur, colle parfaitement aux deux personnages principaux des nouvelles. Mais c'est toujours le danger des audio-livres, j'imagine : difficile de coller aux attentes de la multitude des auditeurs.
Dernière chose : je trouve le prix (21 € pour le CD/14,90 € pour le téléchargement) un peu excessif pour 50 minutes de texte. Je pense particulièrement aux personnes qui ont recours aux audio-livres non par choix, mais par obligation. Pour le prix, on pourrait bien avoir le recueil le plaisir et les jours en entier. Mais je trouverais ça encore trop cher, malgré tout. C'est toujours le même problème de l'accès à la culture...
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Marti94
  08 mai 2017
Après avoir passé un excellent week-end sur la route de Proust, à Illiers-Combray et Cabourg, je me suis régalée de ces deux courts textes de jeunesse qui annonce déjà l'oeuvre grandiose de Marcel Proust.
"La Confession d'une jeune fille suivi de Violante ou la mondanité" ont un tel élan de sincérité que la part d'autobiographie n'est sans doute pas nulle.
Avec la voix de Zabou Breitman la narratrice évoque son amour passionnel pour sa mère, ce qui rappelle d'autres textes de Proust. Mais la jeune fille va prendre plaisir à découvrir l'amour charnel ce qui va la plonger dans les affres de la culpabilité maladive. Cette sensibilité apparemment féminine renvoie aux troubles qu'a connus Proust et a ses déceptions amoureuses. Il aimait les femmes et les hommes qui aimaient aussi les femmes d'où une ambiguïté sexuelle qui ne l'a pas rendu heureux.
Il parle des choses interdites plutôt que d'amour physique et du désir inassouvi de
Violente dont la vanité va l'amener à sa perte.
J'aime les phrases de Proust qui résonnent à mes oreilles comme de la poésie d'autant plus que les chapitres sont ponctués par des vers de Baudelaire, ce qui est vraiment très agréable à écouter en livre audio.
Lu en mai 2017
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zagzaguel
  06 juin 2016
C'était la première fois que j'essayais un livre audio. Proust n'étant pas mon auteur fétiche je me suis dit qu'en audio cela pouvait peut-être passer, j'ai donc profité de la masse critique pour tenter l'expérience.
Et bien je pense que je ne la renouvellerai pas. En effet, je n'ai absolument pas pu me projeter dans ces nouvelles, lues par Zabou Breitman. Car sa lecture ne correspond pas du tout à la mienne. Je ne dénigre pas le travail de lecture fait, mais cela m'a rendu totalement hermétique à l'intrigue et à ce qu'il pouvait se passer dans l'histoire.
J'ai perdu le fil assez souvent, n'arrivant pas à me concentrer sur ce qui était lu.
Les confessions d'une jeune fille me sont passées complètement à côté. Je pense que je relirai la version papier car je ne peux pas donner mon avis sur le fond car la forme a pris trop le dessus.
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Estellecalim
  01 juillet 2016
Marcel, tout jeune, a commis ces deux nouvelles assez amorales.
Dans les deux textes, une jeune fille se laisse aller à la débauche ou à la flatterie, devenant futile, voire perverse.
Chaque fois, ces jeunes filles ne sont pas heureuses et se laisser aller à ses penchants naturels ne semble pas être une si bonne idée.
Récits d'initiation au plaisir charnel et à la vanité, elles en deviennent vaines et en meurent réellement ou symboliquement.
Mais chaque fois aussi, la fréquentation des humains semble être à l'origine de leurs errements.
Vivre seul dans un château au milieu de la forêt apparait comme le seul rempart à la perversion, à condition que personne ne s'y invite.
Dans la première nouvelle, la jeune fille qui raconte revient sur son enfance, sur l'amour qu'elle porte à sa mère, sur ce qui l'a fait basculer vers la luxure.
Tout se dit à demi mot, elle semble ne pas pouvoir tout expliquer.
Pour le lecteur, c'est parfois un peu obscur aussi, et la fin est si soudaine que j'en suis restée toute surprise, vérifiant sur ma tablette si je n'avais pas oublié de télécharger une piste terminant la nouvelle.
Dans la seconde, sans doute écrite plus tard, le texte est mieux maitrisé.
Violante est une jeune femme qui a besoin de tester sa féminité sur le monde mais elle s'y perd, loin de son château et de son milieu "naturel".
Elle ne retrouvera d'ailleurs jamais le chemin de ses origines et perdra tout intérêt en devenant une femme inutile.
Lien : http://lirerelire.blogspot.c..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   14 octobre 2017
L’été suivant, elle repensa à Honoré avec tendresse, avec chagrin aussi, parce qu’elle le savait parti sur un navire comme matelot. Quand le soleil s’était couché dans la mer, assise sur le banc où il l’avait, il y a un an, conduite, elle s’efforçait à se rappeler les lèvres tendues d’Honoré, ses yeux verts à demi fermés, ses regards voyageurs comme des rayons et qui venaient poser sur elle un peu de chaude lumière vivante. Et par les nuits douces, par les nuits vastes et secrètes, quand la certitude que personne ne pouvait la voir exaltait son désir, elle entendait la voix d’Honoré lui dire à l’oreille les choses défendues. Elle l’évoquait tout entier, obsédant et offert comme une tentation. Un soir à dîner, elle regarda en soupirant l’intendant qui était assis en face d’elle.
– Je suis bien triste, mon Augustin, dit Violante. Personne ne m’aime, dit-elle encore.
– Pourtant, repartit Augustin, quand, il y a huit jours,
j’étais allé à Julianges ranger la bibliothèque, j’ai entendu dire de vous : « Qu’elle est belle ! »
– Par qui ? dit tristement Violante.
Un faible sourire relevait à peine et bien mollement un coin de sa bouche comme on essaye de relever un rideau pour laisser entrer la gaieté du jour.
– Par ce jeune homme de l’an dernier, M. Honoré.
– Je le croyais sur mer, dit Violante.
– Il est revenu, dit Augustin.
Violante se leva aussitôt, alla presque chancelante jusqu’à sa chambre écrire à Honoré qu’il vînt la voir. En prenant la plume, elle eut un sentiment de bonheur, de puissance encore inconnu, le sentiment qu’elle arrangeait un peu de sa vie selon son caprice et pour sa volupté, qu’aux rouages de leurs deux destinées qui semblaient les emprisonner mécaniquement loin l’un de l’autre, elle pouvait tout de même donner un petit coup de pouce, qu’il apparaîtrait la nuit, sur la terrasse, autrement que dans la cruelle extase de son désir inassouvi, que ses tendresses inentendues – son perpétuel roman intérieur – et les choses avaient vraiment des avenues qui communiquaient et où elle allait s’élancer vers l’impossible qu’elle allait rendre viable en le créant. Le lendemain elle reçut la réponse d’Honoré, qu’elle alla lire en tremblant sur le banc où il l’avait embrassée.

Violante ou La mondanité
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MusardiseMusardise   17 août 2017
Ma mère m’amenait aux Oublis à la fin d’avril, repartait au bout de deux jours, passait deux jours encore au milieu de mai, puis revenait me chercher dans la dernière semaine de juin. Ses venues si courtes étaient la chose la plus douce et la plus cruelle. Pendant ces deux jours elle me prodiguait des tendresses dont habituellement, pour m’endurcir et calmer ma sensibilité maladive, elle était très avare. Les deux soirs qu’elle passait aux Oublis, elle venait me dire bonsoir dans mon lit, ancienne habitude qu’elle avait perdue, parce que j’y trouvais trop de plaisir et trop de peine, que je ne m’endormais plus à force de la rappeler pour me dire bonsoir encore, n’osant plus à la fin, n’en ressentant que davantage le besoin passionné, inventant toujours de nouveaux prétextes, mon oreiller brûlant à retourner, mes pieds gelés qu’elle seule pourrait réchauffer dans ses mains… Tant de doux moments recevaient une douceur de plus de ce que je sentais que c’étaient ceux-là où ma mère était véritablement elle-même et que son habituelle froideur devait lui coûter beaucoup. Le jour où elle repartait, jour de désespoir où je m’accrochais à sa robe jusqu’au wagon, la suppliant de m’emmener à Paris avec elle, je démêlais très bien le sincère au milieu du feint, sa tristesse qui perçait sous ses reproches gais et fâchés par ma tristesse « bête, ridicule » qu’elle voulait m’apprendre à dominer, mais qu’elle partageait.

La confession d'une jeune fille
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MusardiseMusardise   14 octobre 2017
Sauf Augustin et quelques enfants du pays, Violante ne voyait personne. Seule une sœur puînée de sa mère, qui habitait Julianges, château situé à quelques heures de distance, visitait quelquefois Violante. Un jour qu’elle allait ainsi voir sa nièce, un de ses amis l’accompagna. Il s’appelait Honoré et avait seize ans. Il ne plut pas à Violante, mais revint. En se promenant dans une allée du parc, il lui apprit des choses fort inconvenantes dont elle ne se doutait pas. Elle en éprouva un plaisir très doux, mais dont elle eut honte aussitôt. Puis, comme le soleil s’était couché et qu’ils avaient marché longtemps, ils s’assirent sur un banc, sans doute pour regarder les reflets dont le ciel rose adoucissait la mer. Honoré se rapprocha de Violante pour qu’elle n’eût froid, agrafa sa fourrure sur son cou avec une ingénieuse lenteur et lui proposa d’essayer de mettre en pratique avec son aide les théories qu’il venait de lui enseigner dans le parc. Il voulut lui parler tout bas, approcha ses lèvres de l’oreille de Violante qui ne la retira pas ; mais ils entendirent du bruit dans la feuillée. « Ce n’est rien, dit tendrement Honoré. – C’est ma tante », dit Violante. C’était le vent. Mais Violante qui s’était levée, rafraîchie fort à propos par ce vent, ne voulut point se rasseoir et prit congé d’Honoré, malgré ses prières. Elle eut des remords, une crise de nerfs, et deux jours de suite fut très longue à s’endormir. Son souvenir lui était un oreiller brûlant qu’elle retournait sans cesse. Le surlendemain, Honoré demanda à la voir. Elle fit répondre qu’elle était partie en promenade. Honoré n’en crut rien et n’osa plus revenir.

Violante ou la mondanité
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MusardiseMusardise   18 août 2017
J’allais dans le monde pour me calmer après une faute, et j’en commettais une autre dès que j’étais calme. C’est à ce moment terrible, après l’innocence perdue, et avant le remords d’aujourd’hui, à ce moment où de tous les moments de ma vie j’ai le moins valu, que je fus le plus appréciée de tous. On m’avait jugée une petite fille prétentieuse et folle ; maintenant, au contraire, les cendres de mon imagination étaient au goût du monde qui s’y délectait. Alors que je commettais envers ma mère le plus grand des crimes, on me trouvait à cause de mes façons tendrement respectueuses avec elle, le modèle des filles. Après le suicide de ma pensée, on admirait mon intelligence, on raffolait de mon esprit. Mon imagination desséchée, ma sensibilité tarie, suffisaient à la soif des plus altérés de vie spirituelle, tant cette soif était factice, et mensongère comme la source où ils croyaient l’étancher ! Personne d’ailleurs ne soupçonnait le crime secret de ma vie, et je semblais à tous la jeune fille idéale.

La confession d'une jeune fille
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MusardiseMusardise   16 août 2017
Enfin la délivrance approche. Certainement j’ai été maladroite, j’ai mal tiré, j’ai failli me manquer. Certainement il aurait mieux valu mourir du premier coup, mais enfin on n’a pas pu extraire la balle et les accidents au cœur ont commencé. Cela ne peut plus être bien long. Huit jours pourtant ! cela peut encore durer huit jours ! pendant lesquels je ne pourrai faire autre chose que m’efforcer de ressaisir l’horrible enchaînement. Si je n’étais pas si faible, si j’avais assez de volonté pour me lever, pour partir, je voudrais aller mourir aux Oublis, dans le parc où j’ai passé tous mes étés jusqu’à quinze ans. Nul lieu n’est plus plein de ma mère, tant sa présence, et son absence plus encore, l’imprégnèrent de sa personne. L’absence n’est-elle pas pour qui aime la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?

La confession d'une jeune fille
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