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EAN : 9782354521172
270 pages
Vents salés (07/05/2015)
4.24/5   36 notes
Résumé :
Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Un jour, il reçoit le témoignage loufoque d’un père déboussolé concernant la disparition de sa fille. Les indices sont rares et étrangement l’histoire d’un jeune violoniste virtuose va interférer dans ses recherches, convoquant une période dramatique de l’Histoire. Notion de bien, notion de mal ? La frontière est bien mince… Entre morts et disparitions l’enquête s’avère sinueuse pour Anselme Viloc ,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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sylvaine
  10 avril 2019
Fausse note Guy Rechenmann chez Cairn éditions.
Quand mauvais genre rime avec littérature! Un très grand merci aux éditions Cairn et à Babelio pour la découverte d'un auteur de talent lors de la dernière Masse critique dite Mauvais genre.
Anselme Viloc , inspecteur à Castéja, un commissariat de Bordeaux est surnommé le Flic de papier. Préférant de beaucoup rédiger un rapport à une participation à des interventions musclées. Ce n'est donc pas un hasard si il récupère les affaires dont personne ne veut plus entendre parler. Aujourd'hui il reprend l'enquête sur Pauline Frontjoie, ouverte suite à sa disparition . Plus de dix mois se sont écoulés et rien pas l'ombre d'un indice à se mettre sous la dent. Abandonnant son paradis, le cabanon au bord de l'eau face au Pilat où il demeure , il se plonge dans le document que lui a remis François Frontjoie son père. Un document que d'autres auraient ignoré mais que lui considère comme primordial. L'enquête commence. Les évènements s'enchainent et le passé resurgit.
Un magnifique roman qui pose l'éternelle question restée sans réponse peut-on parler d'un homme bon? Où commence le mal, où s'arrête le bien? Vengeance, pardon, oubli, mémoire?
Je ne peux que vous recommander la lecture de ce roman atypique, je suis certaine qu'il ne peut que vous séduire .
Et vive le mauvais genre !
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fuji
  19 juin 2015
Dès le début de cette nouvelle aventure d'Anselme Viloc, l'auteur nous plonge dans un cauchemar, celui de Monsieur François Frontjoie.
Sa fille cadette, Pauline, a disparu depuis presque une année, sans que lui, le père, aie fait ce que tout papa aurait fait : déclarer sa disparition à la police.
Puisqu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, il va rencontrer Anselme Viloc qui a été promu au commissariat de Bordeaux sise à Castéja.
Qui pourrait d'ailleurs mieux qu'Anselme croire à l'histoire de Fançois Frontjoie?
Anselme s'est remis de sa dépression, il a retrouvé sa famille, il s'est reconstruit et reste attaché à la petite Lily l'héroïne de son enquête au Cap Ferret.
Il n'est pas un flic super héros dont nous abreuvent tous les médias, il est un homme normal avec pour métier celui de flic : flic de papier car il est plus doué avec la paperasse et que son intuition n'est pas sa qualité première. Il observe, mène ses enquêtes à son allure, doit-on être un "foudre de guerre" pour réussir dans ce métier.
Donc pas à pas, il remonte tous les indices qui pourraient le mettre sur la piste de Pauline, notamment celle de Julien, jeune homme qu'elle fréquentait.
Il fait de curieuses rencontres sans jamais se départir de son sens de l'observation, il emmagasine de nombreuses constatations avec l'humanité qui le caractérise.
Son chef décide de lui adjoindre un équipier celui-ci est affublé d'un zozotement. Ils forment un drôle de duo, aussi différents que possible; façon "Macadam Cowboy".
Tous les 5 chapitres le lecteur suit l'histoire d'un petit garçon de 6 ans violoniste, qui se trouve dans un camp dirigé par Rudolf.
Rudolf, homme ordinaire que la guerre a placé là, en Pologne en 1943. La musique est omniprésente et le destin en marche.
La famille de Pauline : le père nous l'avons rencontré, sa mère, Martina, séparée du père se consacre à l'humanitaire; sa grand-mère est marquée par les années de guerre.
Après la disparition de Pauline, elle se laisse couler et seule cette litanie sort de sa bouche "Il l'a tuée elle aussi, c'est le diable."
Pas facile cette enquête, les témoins sont morts sans que notre nouveau duo puisse en prouver l'origine criminelle, et Pauline où est-elle? Est-elle toujours en vie?
Dans ce deuxième opus Guy Rechenmann a trouvé son personne récurrent, celui qui correspond à ce qu'il aime et que nous aimons, un homme humain, qui sans bruit ni coup férir va dénouer ses intrigues.
Mais dans ce roman il y a plus, une plume qui se libère ou se trouve, toujours fluide et poétique, une voix particulière, ce petit plus qui fait que le lecteur adhère ou plutôt adopte un personnage récurrent.
Mais aussi l'histoire avec un grand H de ce petit violoniste de 6 ans qui croupit dans ce camps de concentration et y grandit comme il peut en assistant à des atrocités faites par des hommes qui ne sont pas tous des monstres, juste des hommes qui ne savent rien faire d'autre qu'obéir.
Même si j'ai découvert un indice, infime mais parlant, Guy Rechenmann maintient le suspense jusqu'au bout avec brio.
Il sait avec brio nous promener,nous intriguer, nous enlever dans cette histoire...Sans temps mort, sans pathos, juste une belle émotion.
L'émotion, celle qui nous vient du plus profond de notre être révulsé par les horreurs de certains et l'appréhension d'un monde complexe, quand les coïncidences tissent leur toile.

Narration poétique mais pas seulement, celle d'un observateur aimant la nature, la vie, les années où
les agressions d'un monde technologiquement n'a pas encore lieu.
Là l'écriture est toute en retenue et en émotion à fleur de peau, avec la musique en toile de fond. Les joies et les larmes de ce violon que sait si bien faire vibrer ce petit homme.
La partition de cette histoire est parfaitement menée, avec son leitmotiv, de mélodie en mélopée, avec le tempo bordelais, vous irez au fil de cette intrigue des trémolos chevillés au corps.
Allant crescendo jusqu'à ce que la grand messe soit dite.
Et là lecteur, vous serez orphelin de cette aventure, car vous refermerez à regret ce livre.
"Fais de tes qualités un rempart et de tes fragilités une force" (père du petit violoniste)
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Pat0212
  12 janvier 2020
Tout d'abord un grand merci à mon amie Sylvaine qui m'a offert ce livre, j'avoue toutefois ne pas partager son enthousiasme, ni celui des autres personnes qui lui donnent cinq étoiles. Je suis sans doute passée à côté de ce polar. Je ne lis jamais les chroniques avant de lire un livre, mais après, pour le découvrir sans préjugés. Ayant pris connaissance des critiques sur Babélio, je n'ai pas l'impression d'avoir lu le même livre.
Le livre commence par un cauchemar que fait un père de famille qui songe sérieusement à se suicider, sa vie part à vau-l'eau. Il est endetté, accro au jeu, sa femme l'a quitté, mais surtout sa fille Pauline a disparu depuis près d'un an corps et biens. On n'a jamais retrouvé ni son corps, ni sa voiture, aussi la police a-t'elle privilégié l'hypothèse de la fugue amoureuse. Dans son cauchemar, une juge avec un numéro tatoué sur l'avant-bras lui reproche de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour retrouver sa fille. L'homme décide donc d'aller raconter son cauchemar à l'inspecteur Viloc, un flic bordelais d'avant la révolution numérique, spécialisé dans la rédaction de rapports très littéraire. Il manque d'intuition et base ses enquêtes sur l'observation et le sens du détail. Il a déjà résolu des disparitions et se lance dans cette affaire compliquée, Pauline s'est évaporée et son petit ami s'est tué dans un accident de surf peu de temps après. Il est aidé dans son enquête par un jeune adjoint qui a un cheveu sur la langue et des femmes étranges qui travaillent dans sa station service, son café préféré ou le camping où logeait Julien l'ami de Pauline.
Le fil rouge du roman est l'histoire d'un petit violoniste de génie qui survit tant bien que mal dans un camp de concentration. Rudolf Höss (Hess) le protège à cause de son talent, ainsi que sa famille, il en sortira vivant mais complètement brisé tout comme son frère.
L'enquête de Viloc se poursuit, elle est loufoque et complètement invraisemblable, l'inspecteur semble plus compétent pour promouvoir le tourisme dans la région bordelaise (que je ne connais absolument pas), mener une vie tranquille dans sa cabane que pour diriger une enquête. Et vous connaissez beaucoup de policiers qui enquêtent sur un cauchemar ?
La fin du roman le sauve du naufrage et les cinquante dernières pages sont vraiment intéressantes, je sais que ce sont les cinquante dernières, car j'ai vraiment compté les pages me séparant de la conclusion de ce livre peu apprécié. L'histoire du petit garçon m a évidemment beaucoup touchée. Vu que la juge du cauchemar est tatouée sur l'avant bras gauche, on comprend tout de suite que l'histoire a un rapport avec la déportation et les camps de concentration, ce que le final superbe confirme. Je n'ai pas compris du tout le mélange des genres entre cet inspecteur et son enquête plutôt loufoques et la tragédie de la deuxième guerre mondiale, pour moi c'est complètement incompatible de traiter un sujet si grave de manière comique. La plus grande partie de l'enquête m'a d'ailleurs terriblement ennuyée, quand je lis un polar tout en suivant le match de mon équipe de hockey préférée, c'est vraiment que le livre ne me plaît pas, en plus le HCC a pris une raclée par le dernier du classement !
Lien : https://patpolar48361071.wor..
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EvlyneLeraut
  27 octobre 2018
« Voici le récit qui me tombe dessus, à moi, Anselme Viloc. »L'incipit annonce, sans fausse note, une histoire menée avec brio. A l'aise, en parfait connaisseur de ses protagonistes, pavloviens, intimes littéraires, Guy Rechenmann invite le lecteur assidu à la table de ses hôtes appréciés. On retrouve avec délice cette familiarité de ton et les actions perfectionnistes. L'empreinte poétique « Les trembles frémissent, le vent du sud s'amuse. La table est à l'abri entre ombre et soleil, certains couverts scintillent, gênant, qui sait, deux écureuils jouant à cache- cache à un jet de gland. » affirme une écriture habile et joueuse. L'auteur confirmé délivre une histoire poignante, sincère, plus que plausible. le style semble le copier -coller d'un cahier du jour qui n'a pas dit son dernier mot. Ce roman est un cri, un rappel aux souvenirs ténébreux, un journal sans date car perpétuel dans sa douleur d'être. Ici, passe, à pas de neige et de grêle un troisième degré, la pudeur du dire sans vaciller, le filigrane d'un concert qui aurait pu voir son jour de gloire, si les hommes ne s'étaient pas trompés de jour. Stable, digne, constant, « Fausse Note » relie une intrigue policière, l'inavouable, la vengeance et ses conséquences. le flic préféré des lecteurs : Anselme Viloc déterminé et intuitif va remonter le fil du temps. Prenante et percutante, cette histoire élabore l'envergure mémorielle. le lecteur est plongé tour à tour dans ce passé sombre où l'enfant écartait le voile noir de l'horreur emplit de courants d'air afin d'élever l'astre musical bien plus loin que la barbarie. « le Petit homme a rayé le 22/12 sur le calendrier, peu importe le jour. » « Il est 18h10, il fait noir et l'appel des déportés a commencé depuis plus d'une heure…. » « Fausse Note » ne dérive pas. Maîtrisé ce roman policier du haut de la cabane de pêcheur inspirante et fidèle, où Anselme Viloc puise les évènements, les faits et ses conséquences est empreint d'un vif et respectable régionalisme. Et lorsque la vague toute en italique vêtue réapparaît « Des flocons de cendres déjà dans le ciel azur non loin de la colonne de fumée voltigent déjà dans le ciel azur, non loin de la colonne de fumée… »le tourment tempête et frappe les volets du temps de sanglots longs, éternisant la lutte pour une rédemption certaine. Ce roman est une bravoure. Sa réussite est telle que l'alliance entre notre contemporanéité et l'époque lugubre ornée d'une lettre Z et de quatre chiffres 5102 transforme ce récit en devoir de mémoire. Sa capacité des dires, son apaisement grâce à Anselme Viloc qui cherche et trouvera, évite le pathos, car dans les lignes se situe la grandeur. La biographie de Charles Rechenmann en pages finales (24/08/1912.15/09/1944.) est un hommage et son sublime fait monter une « Fausse Note » dans les yeux. Reste longtemps après la lecture le regret de n'avoir pu rencontrer en vérité Charles Rechenmann sur la place des Grands-Hommes, fauché en plein vol. Reste la plaque mémorielle et son éternité. Publié par Les éditions Vents Salés. Merci Guy Rechenmann pour cette écriture loyale, et ce roman né du fond de vous-même.
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MaminouG
  31 mai 2019
La nature humaine est parfois singulière et j'en suis un exemple. Je lis peu de littérature policière et pourtant… j'aime beaucoup ça. J'ai même adoré "Fausse note" de Guy Rechenmann que je viens de refermer.
Policier, le roman l'est assurément : intrigue, enquête, enquêteurs, suspects, rapports, suspens, tout y est et… même beaucoup plus. Anselme Viloc, inspecteur de police au commissariat de Bordeaux reçoit la visite de François Frontjoie. Ce dernier lui raconte son cauchemar de la nuit précédente, lié à la disparition de sa fille Pauline il y a près de dix mois. C'est ainsi que démarre, de la plus étonnante manière, sur la foi d'un rêve, l'enquête menée par notre inspecteur. Mais, ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler davantage. Une telle histoire se mérite.
Antoine Viloc décide, donc, de s'attaquer à cette affaire à laquelle visiblement personne ne s'est beaucoup intéressé jusque-là. Son sens aigu de l'observation, sa capacité à repérer les moindres détails, son écoute attentive, bientôt associés à l'intuition d'un adjoint zozoteur, Jérémy Loiseul vont faire des miracles. le chemin sera long et sinueux, mais au bout… tout s'éclairera.
Et, quand "… le jeudi 16 avril 1942 au sud de la Pologne, en Haute Silésie, non loin de Cracovie, sur la rive droite de la Vistule." un enfant de six ans, violoniste virtuose, s'invite dans le récit, l'histoire devient l'Histoire avec un H et conquiert alors une toute autre dimension. le roman policier se mêle au devoir de mémoire et ce petit garçon prend toute sa place. Particulièrement émouvant, sorte de fil rouge, il m'a accompagnée en musique pour mon plus grand plaisir.
Parfaite est la construction du roman qui pas à pas nous entraîne vers une fin… extrêmement bien ficelée. Magnifique est l'écriture et son spectre très large qui passe de la poésie "Le soleil se laisse tomber de l'autre côté de la maison, sans doute harassé par le poids de la journée.", à l'humour "Le véto, lui, il vit entouré, mais de plumes et de poils, et s'il pouvait apprendre à hennir, il le ferait…". Tantôt familière, tantôt plus sérieuse, elle reste simple en toutes circonstances et sans ostentation aucune. Pourtant elle met en valeur de jolies descriptions de paysages et fait la part belle au Bassin d'Arcachon. Cerise sur le gâteau, pour l'amatrice de mots que je suis, la découverte d'une expression – du Sud-Ouest ? – inconnue jusqu'ici, a fait mon bonheur : "A jour passé". Je la trouve élégante et surannée juste ce qu'il faut. C'est sûr, j'essaierai de la replacer.
"Fausse note", un récit captivant, aux confins parfois de l'ésotérisme, à savourer au bord de l'océan ou ailleurs et en toute saison.

Lien : https://memo-emoi.fr/
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
rechenmannrechenmann   10 mai 2015
Il ne faut pas grand-chose pour être heureux dans ce paradis. Une mouette, intriguée, est venue se poser sur la poupe du petit canot… ici, même les mouettes sont domestiques. Je me suis réveillé, d’abord ahuri, puis après quelques secondes de flottement, heureux de me retrouver là, car si la nature ne m’a pas conféré de qualités exceptionnelles, physiques ou intellectuelles, je ne peux pas lui en vouloir, à la vue du spectacle que je contemple chaque jour. J’aime l’observer et je sais qu’elle m’examine elle aussi par l’œil rond d’une mouette ou peut-être celui effilé d’un chat aux longs cils. La sensation d’apaisement que j’éprouvais déjà à l’âge de dix ans devant les roselières de mon lac du Bourget ne m’a jamais quitté, même dans les moments de détresse les plus intenses. Je n’ai certes pas le flair du policier de légende ni sa vitesse de réflexion, non, je suis un besogneux, mais un besogneux contemplatif, un circuit direct doit exister entre mon œil et mon cerveau diesel.

Cette appétence pour l’observation a contribué à la petite réputation de « dénoueur » d’énigmes qui commence à me coller à la peau, la capacité d’attention aux petits détails qui, comme il est dit dans un conte zen, peut détruire complètement la vie d’un homme. On peut acquérir des biens matériels, les voler ou les gagner, « l’homme est un loup pour l’homme », mais heureusement ce qui n’est pas comptabilisable et commandé par la raison ne se chaparde pas, entre autres le talent, le bon sens, la repartie, l’intuition ou l’observation et c’est tant mieux. Je ne crois plus en l’homme, mais je crois en son âme.
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catcapcatcap   15 juin 2016
Dehors il neige. Le petit garçon a toujours l’impression qu’il neige dans ce pays. Ce n’est pas son pays, non, il vient avec sa famille de plus au sud, pas trop quand même, là où les saisons donnent des repères, la neige l’hiver, les bourgeons au printemps, la baignade l’été et les cèpes en automne. Sa petite main a écarté la buée d’un des quatre carreaux de l’unique fenêtre de la pièce chauffée par un gros poêle à bois en fonte grise. Il faut l’alimenter le poêle, car l’endroit, sans être grand, est mal isolé. Il doit toujours faire bon ici, c’est le studio de répétition en quelque sorte, les instruments y dorment et les instruments, c’est sacré. La grosse différence de température fait qu’il y a toujours de la buée. Le garçon sent l’air glacial du dehors s’infiltrer entre le mastic brun et le verre en collant son front lisse contre le carreau. La pendule indique 16h15, il fait presque noir et dans la pénombre, il aperçoit une cohorte de silhouettes voutées tracer un sillon dans le passage immaculé. Il ne perçoit pas le crissement des chaussures sur la neige fraîche, mais il entend des voix d’hommes crier des mots qu’il ne comprend pas, il se doute que ce n’est pas amical. Il a peur. Il ne sait pas au juste pourquoi il est là, lui dans cette pièce et son père et sa mère, séparés, chacun dans un dortoir bondé, chauffé par la seule présence humaine. Il les voit presque tous les jours, quelques minutes. Sans le satisfaire, ça le rassure.
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