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EAN : 9782354521431
Vents salés (13/05/2016)
4.33/5   30 notes
Résumé :
En 1960, dans le village de Jane de Boy, une petite fille de trois ans disparaît sur la plage. Qu'est venu faire en France ce jeune couple d'Espagnols, Felix et Justina, les parents ? Que sait Sarah, la voisine, prostituée du samedi soir ? Quel rôle a pu jouer la bande de blousons noirs commandée par Bertille ? Quel est celui de Pablo ? De Saveiro ? Le commissaire Arnaud Lasserre, aidé par son vieux complice Hippolyte, mène son enquête à travers les ruelles bordelai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Billie72
  17 mai 2021
« Être né quelque part… »
Dans une alternance de chapitres qui nous fait voyager de part et d'autre des Pyrénées et à travers les époques, L'Affaire Jane de Boy mêle fiction et Histoire, l'une se nourrissant de l'autre.
La fiction, c'est la mystérieuse disparition d'une fillette, en 1960, sur une plage du bassin d'Arcachon. Consuelo, à peine 3 ans, devenue Jane depuis que ses parents Felix et Justina Ibaňez ont immigré, se volatilise alors qu'elle joue près de leur maison. Crime sadique ? Enlèvement ? Acte de représailles? Complot politique ? Aucun indice, aucun témoin : les enquêteurs bordelais sont perplexes.
L'Histoire, c'est la période franquiste, racontée dans les lettre d'Abril dont la famille a oeuvré contre le régime. À qui ces lettres sont-elles adressées ?
L'affaire Jane de Boy se lit comme un roman, mais présente aussi un témoignage solidement documenté sur la noirceur d'un passé pas si lointain : les révoltantes pratiques d'un système politique inique, et les sombres exactions des autorités françaises qui ont ensuite collaboré avec les services secrets de Franco.
Un sujet de société assez peu exploré donc, du suspense, une plume agréable empreinte de poésie, épicée de phrases en espagnol. Un roman sur l'exil, le déracinement, l'engagement politique, l'identité, la vengeance, l'amour et la maternité.
Si vous aimez apprendre en lisant, vous serez comme moi conquis par L'affaire Jane de Boy, et un parallèle intéressant pourra d'ailleurs être fait avec La Commode aux tiroirs de couleurs, d'Olivia Ruiz.
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SerialReader
  31 mai 2016
"L'Affaire Jane de Boy" est le meilleur roman de Simone Gélin paru à ce jour. L'auteure, pourtant récompensée par de nombreux prix littéraires et suivie par un lectorat important livre là une intrigue haletante et un bouquin que l'on a du mal à lâcher avant qu'apparaisse le mot "fin" .
Dans un cadre sublime, celui du Bassin d'Arcachon, une fillette se volatilise à quelques mètres de ses parents, émigrés espagnols installés de fraîche date dans une région pourtant très réputée pour sa tranquillité.
Enlèvement crapuleux ? Crime sadique ? Complot politique ? Les pistes sont si nombreuses que le commissaire Lasserre et son équipe naviguent en plein brouillard.
Voyages à travers les époques, du franquisme à nos jours passant par les sixties, mais aussi exploration d'un Bordeaux mystérieux et sa Petite Espagne, fief de nombreux réfugiés ibériques ayant fui leur pays. Simone Gélin jongle avec faits réels et suspense, emmêlant habilement une intrigue de première qualité à des fragments d'Histoire.
On notera un style parfait empreint de poésie qui se passe volontiers de l'outrance et de la surenchère pour un résultat qui prend pourtant bien plus l'estomac que les productions "trash" actuelles. Une virtuosité dans l'écriture qui participe grandement au plaisir de dévorer " L'Affaire Jane de Boy"....
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vincent34380
  30 juillet 2016
Madrid, janvier 2011. Abril revient dans sa ville natale, après une absence de près de 50 ans.
Cinquante ans plus tôt, dans le village de Jane de Boy, près du bassin d'Arcachon, une petite fille de 3 ans, Jane, joue sur la plage devant sa maison, sous le regard de sa maman. Il est près de 17h, et Justina rentre à l'intérieur pour prendre un gilet.
Une absence d'une minute ou deux, pas plus…
A son retour, la plage est déserte. Jane a disparu. Les recherches entamées immédiatement ne donnent aucun résultat. Jane s'est littéralement volatilisée, sans laisser aucune trace.
Enlèvement ? La récente affaire du petit Eric Peugeot est encore présente dans les mémoires, mais n'y a pas eu de demande de rançon. de plus, Félix et Justina Ibañez, même s'ils paraissent à l'abri du besoin, ne sont pas d'une extrême richesse.
Le Commissaire Lasserre, en charge du dossier, éprouve pas mal d'empathie pour ces parents déboussolés, dévastés par la disparition de leur fillette. Il fait appel à Hippolyte, un ancien de la maison, qui connait bien le quartier Saint-Michel, « la petite Espagne », et qui pourra ainsi activer son réseau de connaissances et d'indics.
Le comportement de Félix et Justina, ce jeune couple d'immigrés espagnols, intrigue les policiers. Pourquoi avoir émigré en France ? Ils n'avaient rien ni personne à fuir dans leur pays. Justina est même la fille d'un haut responsable de la Phalange, le parti du Général Franco. Ils ne se sont pas non plus intégrés à la communauté espagnole du quartier Saint-Michel. Ne cachant pas leur peu de sympathie pour le régime franquiste, ils ne militent pourtant dans aucun mouvement.
De plus, Félix a récemment monté une affaire d'import- export de produits espagnols, qui lui assure de bons revenus, mais que l'on pourrait imaginer comme paravent à un quelconque trafic.
Dans la maison à côté vivent Sarah, la seule amie du couple, et son fils Paul. Sarah, à peine âgée de 15 ans, a échappé à la déportation en couchant avec des soldats S.S. Tondue à la libération, elle évoque cet épisode sans aucune gêne, et arrondit ses fins de mois en se prostituant occasionnellement.
Alternant avec les chapitres consacrés à l'enquête, Abril, une jeune espagnole, raconte dans une longue lettre sa jeunesse, son passé de militante anarchiste, son premier amour, sa grossesse et la naissance de Nieves…
« Il ne me connaissait pas, et pour cause ! Ma mère ne savait encore pas que j'étais en route quand il avait été arrêté en 39…
Je voyais cet homme, grand, raide dans ses habits comme s'il portait tout le malheur du monde caché sous sa veste, un pantalon de flanelle flottant sur sa maigreur, une figure allongée, faite de rectangles et de lignes droites, des os saillants, maxillaires apparentes, des yeux qui paraissaient perdus dans un ailleurs que lui seul pouvait voir, capables en même temps de pénétrer intensément les miens, une bouche de géant qui lui mangeait tout le visage, il me faisait peur.
Je me jetai au cou de ma mère et lui demandai à l'oreille si c'était un ogre qui tendait les bras pour me prendre. Elle rit : »C'est ton père, Abril. » »
Au-delà de deux magnifiques portraits de femmes, de part et d'autre des Pyrénées, l'une et l'autre confrontées à la perte d'un enfant, ce roman nous plonge dans les tristes heures d'un passé pas si lointain. A cette époque où le gouvernement français encourageait la collaboration de la police française avec les services secrets de Franco, ce dictateur enfin devenu « fréquentable ». Cette collaboration consistait bien souvent à rechercher des anti-franquistes réfugiés en France, en vue de leur élimination.
Ce roman aborde également le thème des enfants volés, enlevés à des jeunes femmes dans une situation difficile, pour être proposés à l'adoption, ou même vendus à des couples en mal d'enfant.
S'appuyant sur une solide documentation historique, et beaucoup de témoignages « de première main », ce roman a valeur de document sur cette période récente.
D'une écriture agréable et poétique, sans aucune outrance, Simone Gélin nous propose une intrigue habilement construite, mêlant la fiction avec des évènements réels de notre Histoire récente, imbriqués de façon très étroite à son roman, sans que cela ne nuise à sa fluidité. Elle pose un regard plein de bienveillance et d'amour sur ces hommes et ces femmes, victimes d'un régime inique et de pratiques indignes.
La scène finale, au coeur de la manifestation de la Puerta del Sol, en janvier 2011 à Madrid, en mémoire des enfants volés, est porteuse d'une intense émotion.
« Regards éperdus, en quête d'un ou d'une inconnue, d'une part d'eux-mêmes qu'on leur a dérobée à la naissance. Certains brandissent des pancartes comme s'ils jetaient des bouteilles à la mer. Des dates, des lieux, des appels au secours….
Une multitude de ballons blancs est lâchée.
Des ballons pour des enfants volés, qui s'élèvent dans le ciel gris de Madrid. »
Comme avec "Le journal de Julia ", et les sujets qu'elle aborde, Simone Gélin a su encore une fois me toucher au coeur, car j'ai retrouvé au travers de ce livre pas mal de points communs avec ma propre histoire.
Un immense merci pour ce très beau roman, que j'ai reçu comme un magnifique cadeau, et qui fut pour moi l'occasion d'un excellent moment de lecture, un véritable coup de coeur.
Lien : https://thebigblowdown.wordp..
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Marilire
  22 janvier 2017
" L'affaire Jane de Boy " de
Simone GÉLIN.
Consuelo ,à peine 3 ans, devenue Jane depuis que ses parents Felix Et Justina Ibaňez ont immigré d'Espagne pour le Bassin d'Arcachon, va disparaître alors qu'elle joue près de leur maison.
Noyade ou kidnapping ? Et si c'est un rapt pourquoi une rançon n'est pas exigée dans les 48h ?
Lassère, le commissaire en charge de l'enquête commence à douter de ces parents qui ne se "mélangent " pas à leurs compatriotes...

Simone GÉLIN nous entraîne des années 1940 , en alternant avec les écrits d'Abril issue d'une famille républicaine espagnole contre le franquisme établi, et la fin 1960 au moment où Jane disparait.
Dans ce polar où fiction et documentaire s'entremêlent pour notre plus grand plaisir, d'une plume quasi poétique et addictive, c'est quand même la noirceur d'un système politique qui nous est relatée à travers Abril.
Lorsque Consulat français, RG et église catholique s'allient sur notre terre de liberté pour aider les polices franquistes à arrêter ces "rouges" venus se réfugier en France après guerre jusqu'à la mort du Caudillo, j'appelle cela un scandale. D'autres parleraient de collabos et pourquoi ne pas utiliser ce terme?

Puis , toujours avec beaucoup de pudeur et d'intelligence, Simone GÉLIN va lever le voile sur ces bébés de mères célibataires ou contre le régime franquiste ,qui aujourd'hui encore essaient de retrouver leurs parents biologiques à qui ils ont été volés puis vendus...
Un polar excessivement bien construit qui va vous révéler une belle intrigue mais aussi toute la noirceur du genre humain... et là ce n'est plus de la fiction.
Un roman intelligent , bien construit, et terriblement touchant.
Je remercie Simone GÉLIN pour m'avoir donnée la formidable opportunité de lire ce polar qui, pour ma part est exceptionnel et me renvoie à mes propres souvenirs familiaux.
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delphlabibliovore
  17 février 2020
Simone Gélin avec « l''affaire Jane de Boy » emmène ses lecteurs dans le bassin d'Arcachon et dans le monde des émigrés espagnols. Elle maîtrise bien son sujet en cernant les limites historiques de son histoire.
Son style est clair sans abus et éclats inutiles. Elle ne cherche pas à éblouir mais prend son temps pour poser les jalons d'un récit complexe. C'est d'autant plus important quand le sujet s'inspire d'une réalité politique et historique du XXème siècle. Ainsi, on apprend certains pans du militantisme anarchiste de même que des points sombres de cette période.
Les personnages sont à fleur de peau. Bien sûr, j'ai été sensible au sort de la petite Jane, une enfant de trois ans disparue au début du roman.
" Un bout d'chou de même pas trois ans, un talent fou pour inventer des cachettes inattendues et le chic pour disparaître en moins de deux. Si sa mère tourne les talons une minute, elle en est quitte pour perquisitionner la maison.
À cause de cette fantaisie, un temps précieux sera perdu. "

On ne sait pas au juste ce qui lui est arrivé et le commissaire Lasserre est chargé de l'enquête. Deux femmes sont ensuite mises en parallèle, ce qui permet à l'auteure de mélanger le réel et le mystère autour de Jane. le lecteur est confronté à plusieurs hypothèses quant à la disparition de cette enfant. Les arguments s'opposent en laissant planer le doute habilement.

Les détours empruntés par Simone Gélin sont intelligents et contribuent à épaissir le secret de l'énigme. Elle semble avoir étayé son histoire sur de solides recherches. Ce travail sérieux se retrouve dans les échanges entre les protagonistes. Ce genre de livre n'est pas facile à réaliser car l'auteure s'expose aux critiques en cas d'erreurs historiques. À cet égard, je trouve le roman courageux.
La fin est en harmonie avec l'ensemble du récit. Elle est respectueuse par rapport à une période historique que l'on ne connaît pas bien ! du début à la fin, j'ai apprécié la pudeur face à des événements délicats. de plus il est toujours attrayant de découvrir une partie de notre passé rarement mis en avant.
« l''affaire Jane de Boy » est un roman captivant et c'est un véritable coup de coeur pour moi.C'est mon premier roman de l'auteure que je lis et je pense m'intéresser de très près à ses autres écrits !

Lien : https://delphlabibliovore.bl..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   16 décembre 2019
Dans la rue, de rares passants, des silhouettes emmitouflées, les volutes de leur haleine. Je voyais des gens pressés marcher sur le trottoir, des inconnus s’éloigner dans le froid. Lequel d’entre eux avait pu déposer ce billet chez moi ? Qui ? Je tournai la tête de chaque côté, optai pour la gauche ; sans manteau – je n’avais même pas eu la présence d’esprit de me couvrir ni de me chausser – je fonçai dans cette direction avec des mules aux pieds dans la neige, doublant et dévisageant au passage des individus qui devaient me prendre pour une folle, puis je fis demi-tour, j’accélérai pour rattraper ceux qui étaient partis dans l’autre sens et je ne reconnus personne. Enfin, je ralentis, essoufflée, je baissai les bras, réintégrai mon appartement en grelottant.
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collectifpolarcollectifpolar   16 décembre 2019
Ce qui est le plus important, c’est de réussir son retour et je n’ai pas le droit de rater le mien.

Je renverse la tête vers le ciel. Le plafond est bas et gris, gris perle. Et quelques flocons, voletant comme du duvet.

Nieve ! Une coïncidence, ou un signe, comme on voudra.

« Abril, est-il vrai que vous travaillez sur une adaptation au cinéma de votre histoire ? »

Oui, c’est exact.

Au bas des marches, comme un vieux film justement, je vois défiler ma vie.

Comme un lieu commun se concrétisant sous mes yeux, mon existence tout entière se met à déferler à mes pieds.
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collectifpolarcollectifpolar   16 décembre 2019
En France, sur le bassin d’Arcachon

Jane, petite contorsionniste espiègle, capable de se faufiler dans un trou de souris.
Un bout d’chou de même pas trois ans, un talent fou pour inventer des cachettes inattendues et le chic pour disparaître en moins de deux. Si sa mère tourne les talons une minute, elle en est quitte pour perquisitionner la maison.
À cause de cette fantaisie, un temps précieux sera perdu.
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collectifpolarcollectifpolar   16 décembre 2019
Cueillie par les flashs. Caméras, micros braqués sur moi, regards, mains qui se lèvent au-dessus des têtes et m’interpellent :

« Abril ! Abril ! S’il vous plaît ! »

Ah ! c’est vrai, je suis venue pour témoigner, pour faire du bruit, pour faire craquer le déni, et même, si ce n’est pas trop demander, pour secouer les consciences.

« Abril ! Que ressentez-vous en revenant en Espagne après toutes ces années ? »

Laissez-moi respirer.

L’émotion est trop forte, je n’ai plus de voix.
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collectifpolarcollectifpolar   16 décembre 2019
Au moment où je m’apprête à fouler le sol, mes jambes flageolent.

Cela fait si longtemps que je n’ai pas posé le pied sur ma terre natale.

« Abril, quelques mots, pouvez-vous nous dire combien de conférences vous allez donner ? Dans quelles villes ? »

Du haut de la passerelle, j’aimerais juste pouvoir d’un seul coup d’œil embrasser tout mon pays.

Il aura fallu tout ce temps !

Enfin, je le sais, ce ne sont pas les années qui comptent.
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