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EAN : 9782710369868
160 pages
Éditeur : La Table ronde (04/10/2012)
4.09/5   11 notes
Résumé :
Fils de tailleur, Chaïm Soutine (1893-1943) a fui très tôt le shtetl de Smilovitchi, en Russie, pour s'initier à l'art avant d'accomplir sa vocation à Paris. Ses couleurs fulgurantes, ses paysages affolés, au bord du cataclysme, ses portraits en font une figure majeure de l'expressionnisme. Sa légende tient autant à la place qu'il occupe dans l'histoire de l'art qu'aux mystères qui entourent son existence. Quand est-il arrivé à Paris ? Quelles relations entretenait-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bookycooky
  04 décembre 2020
"Un portrait n'est pas une pièce d'identité, c'est la courbe d'une émotion "affirmait Joyce. Cette définition sied à cette "biographie"de Soutine , vu qu'il y a peu de données concernant son enfance et même pour la suite, dont une grande partie a été imaginée, fabulée.
Un peintre que j'ai découvert très jeune par le biais de ma mère et qui m'a toujours fascinée. Plus tard j'ai eu la chance de voir ses plus beaux tableaux à la fondation Barnes à Merion en Philadelphie, un musée d'art unique au monde, qui exposait uniquement la collection du Dr Barnes, aménagé par ses propres soins ( digression, sorry....malgré le testament du docteur , Merion n'existe plus. On a déménagé la collection dans un nouveau musée moderne au centre de Philadelphie, conçu par deux architectes qui n'avaient jamais visité Merion avant de gagner le concours pour sa réalisation. Il paraît, un désastre, du fast-exhibition). C'est Barnes qui le tirera de l'abîme de la misère et de la méconnaissance en lui achetant d'un coup, une soixantaine de tableaux pour 3000 dollars entre les deux guerres, en 1923, par le biais du fameux marchand d'art Paul Guillaume, ancien garagiste.
Soutine qui n'aime pas qu'on le voit peindre est un personnage assez trouble, ayant aussi un rapport ambigu à sa propre production. Il ne cessera de reprendre ses oeuvres anciennes soit en les rachetant, soit en les échangeant contre des nouvelles, qu'il retravaillera, retouchera ou simplement souvent détruira. "Pour lui une oeuvre d'art ( tant qu'elle n'est pas détruite) est vivante et son auteur reste en dialogue avec elle." Quand au rouge du titre, ce rouge vif , sanguin, lumineux qui illumine ses tableaux est "sa signature colorée". Fanatique des matchs de catch, il exulte étrangement à la vue du sang.
Olivier Renault dans un tout petit livre de 150 pages nous raconte une histoire passionnante celle de Soutine mais aussi celle du milieu artistique parisien où il évolue, dont l'histoire de papa Libion, patron du fameux bistrot La Rotonde à Montparnasse qui soutiendra ces génies sans le sou pendant une longue période, et celle des prétendus marchands d'art et collectionneurs qui qualifieront pendant longtemps son oeuvre de "dégoûtant", voir d' "ordure ", alors qu'un riche américain ayant peu ou presque pas de culture dans ce domaine là, flairera de suite son génie. Ces mêmes personnages qui une fois sa renommée entamée jetteront leurs griffes sur lui.
Je vous invite à découvrir ou re-découvrir ce peintre au langage singulier, unique, dont les tableaux sont reconnaissables sans hésitation , comme d'ailleurs ceux de son grand ami Modi ( Modigliani) !
Merci enjie !

"Chez lui, le désordre est un autre ordre, redistribué dans l'espace."
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palamede
  14 janvier 2021
Être tourmenté, très tôt habité par l'envie de peindre, Soutine quitte sa Biélorussie natale pour tenter sa chance à Paris, où il s'installe dans le quartier Montparnasse, à La Ruche, puis à la cité Falguière. Des lieux aux conditions de vie désastreuses : les ateliers sont sans gaz ni électricité, mal chauffés, et infestés de vermine, mais abritent des artistes talentueux. Ainsi, en 1916, Soutine y fait la connaissance de Modigliani qui va devenir son colocataire, son soutien dans la grande pauvreté, et un ami qui partage les mêmes origines juives laïques et son amour de la lecture.
Au printemps 1918, dans un contexte de guerre, l'agent de Modigliani et de Soutine finance leur voyage dans le Midi. Soutine y peint alors des paysages aussi beaux que torturés. Mais Paris lui manque et la mort prématurée de Modigliani le laisse misérable et isolé. La vie du peintre va pourtant changer, grâce à un certain Barnes. Ce pharmacien américain très fortuné, désireux de constituer une collection, est tombé en arrêt devant les toiles de Soutine et lui en a acheté pour plusieurs milliers de dollars. Une petite fortune qui sort le peintre de l'anonymat et de la misère, sans toutefois le débarrasser de sa timidité et de son caractère sombre et secret.
Malgré les nombreuses parts d'ombre de Soutine, Olivier Renault fait un portrait abouti et passionnant du peintre « maudit » au talent si particulier, mais aussi du quartier Montparnasse du début du XXe siècle, haut lieu de foisonnement intellectuel et de création artistique.
Merci Idil.
Challenge MULTI-DÉFIS 2021
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meslinoulautre
  23 mars 2016
« Pour Soutine, la peinture est un festin mais aussi une guerre dont l'ustensile de base est la fourchette qui transperce en saisissant avant de conduire vers la bouche. La guerre, toujours, avec d 'autres armes. Et, à l'inverse de Monet, la faim au ventre et l'occasion à saisir. »
A travers cette biographie de Chaïm Soutine, Olivier Renaud dresse le portrait d'une figure de proue du développement artistique Montmartrois du début du XXème siècle. Conservant de ses origines biélorusses une forme de dénuement miséreux, l'artiste laisse dans son sillage un héritage plastique tourmenté et flamboyant. Carcasses animales,effigies douloureuses, scènes morbides et couleurs débordantes forment le credo de Soutine. Très tôt il connaît l'exil, vers Paris. La capitale sonne pour lui comme un clairon d'espoir, occultant pour un temps la menace antisémite qui se développe dans toute l'Europe. Personnalité forte de « La ruche », il y côtoie Modigliani, Max Jacob et bien d'autres. Soutine se forge donc peu à peu dans cet incessant grouillement prolifique. Il tisse les toiles de sa misère et s'applique consciencieusement à en recouvrir la surface d'ambitions et de rêves insolvables. Révélé par d'influents esthètes parisiens, l'artiste acquiert rapidement une notoriété grandissante. Art vibrant, tableaux tumultueux qui le poussent à sa propre déchéance interne. L'artiste succombe peu à peu à un ulcère de l'estomac. Biographie d'une clarté remarquable, écrite sans artifice, c'est une invitation à la découverte des pères fondateurs de la veine artistique parisienne du siècle passé. Ces enthousiastes aux oeuvres novatrices, brisaient les diktats de leur société, en lutte constante avec leur passé et leur condition humaine.  
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raynald66
  16 novembre 2013
Bon petit livre sur la vie du peintre Soutine, artiste né en 1893 à Smilovitchi en Biélorussie et venant d'une famille pauvre de 11 enfants. Ami de Kikoine et de Modigliani, il a connu des difficultés à vivre de sa peinture et a séjourné à la Ruche. (J'avais vu une exposition des toiles de ce peintre au musée Ceret quelques années auparavant.).
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MonCharivariLitteraire
  24 novembre 2017
Bonne biographie avec un véritable travail de recherche su la réal ce qui est dit de Soutine et de son histoire. L'auteur a visiblement croisé les sources et fait de nombreuses recherchent pour distinguer l'homme et sa naissance. Il semble toutefois que son point de vue soit systématiquement le plus généreux  envers le peintre. Livre est très intéressant et se lit très bien. les pages se tournent avec plaisir. Nous en apprenons beaucoup sur l'homme Soutine et le peintre, l'artiste passionné et exigeant. Une bonne biographie!
 
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   03 décembre 2020
Un jour je suis arrivé chez Soutine vers 11 heures ou minuit à la cité Falguière. Modigliani avait jeté tous les meubles parce qu'ils avaient été envahis par les punaises. Je suis entré. Modigliani et Soutine étaient couchés par terre. Il n'y avait bien sûr ni électricité ni gaz. Ils tenaient chacun une bougie à la main ;Modigliani était en train de lire Dante et Soutine Le Petit Parisien. Autour d'eux, il y avait des tranchées avec de l'eau pour que les punaises ne passent pas. Mais les punaises sont malignes, elles montaient au plafond et se laissaient tomber directement sur eux, comme des parachutistes.
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palamedepalamede   15 janvier 2021
De la détresse, la douleur et la violence étalées sur ses toiles ressort souvent comme une joie profonde, lumineuse, colorée. On a souvent dit que la peinture de Soutine opérait une rédemption et c’est bien dans cette étrange transsubstantiation qu’elle s’accomplit.
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raynald66raynald66   16 novembre 2013
La Ruche est un phalanstère d'artistes, une "villa Médicis libre" fondée par le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934) et inaugurée en 1902. Ayant fait fortune avec des commandes importantes, dont le buste du roi et de la reine Maria Pia de Roumanie, Boucher choisit d'apporte son aide à de jeunes artistes dans le besoin ...Le loyer est modique, cent francs par an ; Aussi, tous les artistes pauvres, souvent immigrés, se donnent le mot et viennent s'installer à la Ruche... Parmi les artistes les plus célèbres, Chagall, Modigliani, Zadkine, Brancusi, Marie Laurencin, Archipenko, Soffici, Fernand Léger, Jacques Lipchitz, Marevna, Diego Rivera et des écrivains tels que Max Jacob et Blaise Cendrars ... En permettant à des artistes de se loger à moindre coût, Alfred Boucher espère leur offrir les moyens de se concentrer sur leur art...
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MonCharivariLitteraireMonCharivariLitteraire   24 novembre 2017
L'artiste utilise des toiles déjà usagées, achetées à la brocante, qu'il décape jusqu'à obtenir une surface lisse, afin que son pinceau glisse facilement dessus. Il commence par dessiner sommairement au fusain sur la toile, puis passe à la couleur. Avec une préparation a la térébenthine il reprend son dessin au pinceau, pour ensuite travailler les accents, les contrastes par touches colorées. le fond exige un long travail, de frottis surtout, afin de permettre à l'arrière plan de rayonner.
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MonCharivariLitteraireMonCharivariLitteraire   24 novembre 2017
Toute cette série de natures mortes aux animaux suppliciés frappe les esprits enthousiasme les amateurs, en effraie d'autres par sa force. La dimension "cotelette" de soutine irradie l'art des décennies suivantes: F Bacon, de Kooning, Baselitz, pour ne citer qu'eux ont à l'évidence compris sa leçon.
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