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Bernard Comment (Préfacier, etc.)Catherine Bédard (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070320812
Éditeur : Gallimard (02/02/2006)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Avec l'enthousiasme, l'audace et l'érudition qui, dans la même collection, ont fait le succès d'On n'y voit rien. Descriptions (no 417), Daniel Arasse invite son lecteur à une traversée de l'histoire de la peinture sur six siècles, depuis l'invention de la perspective jusqu'à la disparition de la figure. Evoquant de grandes problématiques - la perspective, l'Annonciation, le statut du détail, les heurs et malheurs de l'anachronisme, la restauration et les conditions... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
unetassedebonheur
  04 juin 2014
Avant de le lire, il m'a été offert de l'entendre, puis de l'écouter avec une passion dont je ne me lasse pas. de la voix de Daniel Arasse on sent une énergie et une passion perceptibles à l'intensité de son discours, imaginant la lumière de son regard. Découvert sur France Culture, un livre a été édité, reprenant le contenu de ces émissions, et enrichi d'un DVD, qu'on peut savourer en regardant les planches des tableaux évoqués." Histoires de peintures" raconte en 25 chapitres l'histoire de la peinture sur 6 siècles, de l'invention de la perspective à la disparition de la figure, ce qu'est le maniérisme, le Vermeer fin et flou, la peinture du détail... Passionnant parce que son enthousiasme et son érudition rendent accessibles des oeuvres plus ou moins connues, mettant en valeur ce qui est visible par tous.

Ses châpitres sur l'invention, et non la découverte, de la perspective, furent pour moi une révélation. Daniel Arasse explique comment et pourquoi elle fut inventée à la Renaissance en Italie, en utilisant comme exemples des tableaux représentant l'Annonciation, dont Saint Bernardin disait qu'elle était l'instant où l'infini vient dans le fini, l'incommensurable dans la mesure. Ses explications sont tellement bien faites qu'elles en sont évidentes, reprenant la construction du tableau dans chaque détail, nous montrant ce qu'on avait pas vu, et qui pourtant est là depuis toujours.
Les chapitres suivants parlent de l'apparition du maniérisme, de l'importance de l'anachronisme, du mystère de Vermeer, des Ménines, et de tant d'autres choses, qu'il est presque déplacé d'énumérer, si l'on veut éviter de rompre la continuité de son discours.
"Il n'allait jamais voir un tableau, mais le revoir" disait un peintre de lui. Il avait cette obsession du détail, dont il a fait un livre d'ailleurs. Cette attention au détail et au fonctionnement figuratif des images jouait en contrepoint avec sa connaissance de la culture artistique et religieuse, littéraire et philosophique. J'insiste sur l'accessibilité de ce livre, pourtant écrit par un homme, dont les connaissances sont inépuisables. On pourrait passer des heures à l'écouter ou le lire tant cet homme passionné déborde de cette générosité, propre aux gens brillants. de ces textes "on sort grandi et comme lavé des bêtises de la journée".
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Christw
  24 juin 2018
Les "Histoires de peintures" de Daniel Arasse sur France Culture sont vingt-cinq émissions (juillet-août 2003) d'une petite vingtaine de minutes chacune, où l'historien d'art invite à une traversée érudite et enthousiaste de la peinture figurative du 15e au 20e siécle. le Folio essais n°469 reprend ces émissions avec un avant-propos de Bernard Comment : "Je veux dire l'électrisation qui nous saisissait [...] à l'écouter se promener dans des images et des problématiques, à faire vivre des concepts dans une narration qui tenait presque du suspense, à faire voir par la voix toute une galerie de tableaux et de fresques dont on se disait immédiatement qu'on se précipiterait ensuite pour les contempler autrement, armés désormais de la lucidité, des connaissances et des intuitions qu'il venait de déployer d'un souffle rapide et souvent exaltant".
Ceci présente pleinement le livre qui transcrit la série radio légèrement allégée et dont on a voulu garder le caractère d'oralité. Sachant que Daniel Arasse s'embarquait dans de savants commentaires avec la verve du fervent, le lecteur comprendra qu'il ne s'agit pas d'essais rigoureusement développés par écrit mais d'exposés moins formels. C'est mieux d'en être averti bien que cela enlève finalement peu à la clarté du propos. C'est un défi de taille (et réussi) de faire passer en radio, en quelques minutes, des notions peu évidentes pour des auditeurs pas nécessairement au fait de l'histoire de la peinture.
Si a priori les auditeurs ne voient pas les oeuvres évoquées, le Folio (386 pages) les propose (il y en a quarante-cinq) au centre du volume, réduites mais de couleurs très correctes, bien référées dans la marge du texte – c'est à souligner pour un livre de dix euros qui propose même un index des noms. Arasse examinant souvent les détails picturaux, prévoyez une loupe, c'est du format poche.
Érudition n'est pas un vain mot avec Arasse et le menu est copieux. Spécialiste de la Renaissance italienne, avec des oeuvres essentiellement religieuses, une bonne part du livre y est consacrée. Il ne s'y limite pas – Vermeer, Courbet, Fragonard ont leur place – mais il apparaît que c'est là qu'il excelle pour avoir passé des jours à regarder, photographier et comprendre ces oeuvres.
On découvre que la perspective n'est pas une découverte mais une invention, car elle est une convention arbitraire qui a même pris une dimension politique à Florence.
L'anachronisme est largement débattu, il s'agit d'une notion très problématique et subtile, qui découle du fait que l'historien d'art est rarement contemporain de l'époque de l'oeuvre.
L'on voit comment une radiographie invalide un texte fondamental de Michel Foucault à propos des "Ménines" de Vélázquez.
L'auteur éclaire aussi le maniérisme, chérit et interprète le détail, donne son avis sur la restauration – trop souvent destructive et qu'il préfère dans sa déontologie minimale – et critique la présentation de certaines expositions qui deviennent malheureusement davantage un culte au show qu'une présentation de tableaux.
Il serait vain de tout citer qui intéresse dans ce livre passionnant – les podcasts sont disponibles gratuitement –, je me contenterai de donner bientôt un extrait qui touche à un ressort fondamental de l'histoire de l'art dans la peinture.
La volonté de transmettre qui anime Daniel Arasse illumine ce livre, qu'il soit remercié de nous avoir donné les clés d'un patrimoine artistique parfois énigmatique.

Lien : https://christianwery.blogsp..
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Eejil9
  27 novembre 2015
Quand un livre au programme se transforme en émerveillement...
25 études, dans une langue limpide, qui introduit le néophyte dans les questions les plus pointues de l'histoire de l'art. En quelques mots, il introduit l'intégralité de ses travaux, de la question du détail à celle de l'écart.
Ce n'est pas une voix que l'on suit, c'est un regard... Un regard affûté, un regard qui voit beaucoup plus de choses que le nôtre, mais qui, au lieu d'imposer son observation propre, guide celui de ses auditeurs/lecteurs.
C'est un merveilleux voyage à travers l'espace, le temps et les oeuvres, c'est la vision de l'art comme intermédiaire entre trois temporalités (le temps de l'artiste, celui de l'observateur, et celui qui s'est écoulé entre les deux), qui ne seront jamais condensées en une. C'est le respect de ces trois temps qui fait toute la richesse des analyses de Daniel Arasse.
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Acerola13
  02 février 2014
Lecture requise dans le cadre de mes études sur "l'espace", cet ouvrage a l'avantage de proposer un parcours rapide de l'histoire de l'art, plus particulièrement de l'histoire de la perspective, de son invention jusqu'à sa déconstruction.
Proposé en 25 courtes leçons diffusées et lues sur France Culture (sauf erreur de ma part), Histoire de peintures se veut non pas un ouvrage de spécialiste mais plutôt ouvert à tout public ; les termes utilisés sont simples et expliqués de manière pédagogique ; les remarques et observations sont accompagnées d'un dossier comportant les principaux tableaux dont il est question.
Un admirable petit bouquin donc, mais dont je regrette le passage de la conférence radio à un texte publié sans remaniement du langage, qui est parfois un lourd et plombe les propos de Daniel Arasse...
À lire pour quiconque porte un intérêt nouveau à la peinture !
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LaRousseBouquine
  01 juillet 2016
Je devais lire ce livre dans le cadre de mon programme de Sciences Humaines au concours de l'ENS Lyon. Et parmi les six oeuvres au programme cette année, je dois dire que c'était celle-ci qui m'inspirait le plus. J'aime bien l'art de manière générale, j'adore traîner dans des expositions, et l'écriture de Daniel Arasse est assez fluide, notamment parce que ce livre est composé de vingt-cinq chapitres qui sont en fait à l'origine des émissions radiophoniques. Les chapitres sont assez courts, ce qui fait qu'on s'ennuie peu, car même si l'auteur rentre parfois dans le détail de certains tableaux ou de certaines techniques, il varie les plaisirs. Dans cet ouvrage, il s'intéresse principalement à la peinture (majoritairement italienne) du XVème au XIXème siècle. Il passe en revue divers tableaux d'Annonciations, la technique de la perspective, les « temps de la peinture », et nous amène finalement à réfléchir nous-mêmes sur notre propre rapport à la peinture. Il cite à de nombreuses reprises les frères Goncourt, qui parlent du moment où le tableau « se lève ». Daniel Arasse, d'une certaine façon, nous apprend à « voir » un tableau, à le voir vraiment. Et c'est ce que j'ai beaucoup aimé. Il fonde son analyse sur toute une série d'exemples et de tableaux, dont on peut voir une grande partie dans un cahier central du livre, où elles sont reproduites. C'était finalement assez intéressant, peut-être plus qu'à la radio, car en ayant l'image sous les yeux en même temps que la lecture, on comprend tout de suite mieux de quoi il parle.
J'ai adoré aussi la façon dont il nous invite à réfléchir sur une oeuvre, sur ses différents « temps », et sur l'analyse que l'on peut en faire. Il s'intéresse notamment dans un chapitre sur le tableau des Ménines de Vélasquez (aussi visible en ce moment au Grand Palais !), et sur l'analyse que Michel Foucault en a fait dans Les Mots et Les Choses. Il montre néanmoins qu'il est toujours possible d'analyser différemment un même tableau, selon les critères sur lesquels on se fonde.
J'ai donc beaucoup aimé ce livre, qui ne plaira peut-être pas à tout le monde (si l'art ne vous intéresse pas, et que vous ne lisez que de la fiction, cela vous paraîtra sans doute ennuyeux), mais qui a le mérite d'être très intéressant, et à la portée de pas mal de monde. Daniel Arasse a fait un réel effort de vulgarisation dans ce livre, en réussissant à aborder des points assez techniques de la peinture…sans forcément perdre son lecteur. Une très bonne lecture, donc !
Lien : http://laroussebouquine.fr/i..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ElGatoMaloElGatoMalo   06 décembre 2013
Finalement, la Joconde est un de mes tableaux préférés. Il m'a fallu pour l'aimer beaucoup plus de temps que les cinq ans pris par Léonard de Vinci pour la peindre. Moi il m'a fallu plus de vingt ans pour aimer La Joconde. Je parle de l'aimer vraiment, pas seulement de l'admirer. C'est pour moi aujourd'hui l'un des plus beaux tableaux du monde, même si ce n`est pas nécessairement l'un des plus émouvants, quoique, franchement, c'est l'un des tableaux qui ont eu le plus de commentaires enthousiastes, jusqu`à la folie, de la part des gens qui l'aimaient, et cela montre qu'il touche.
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ElGatoMaloElGatoMalo   20 août 2014
Je citerai à nouveau Montaigne, dans son Essai II du livre III, l'essai du repentir : "Le monde est une branloire pérenne, je ne peins pas l'être, je peins le passage." Il traduit ce sentiment de l'instabilité universelle du monde. Dans le fond, le cosmos est en train de se défaire et l'univers n'est pas encore là, pour prendre sa place, comme dirait Koyré. Cette instabilité, l'art est là pour la manifester, et très souvent pour en jouer. Ce qu'on doit bien comprendre avec le maniérisme, c'est qu'il a une dimension ludique, le paradoxe maniériste étant très souvent un jeu.
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Laura94Laura94   14 juin 2014
La peinture n'ayant pas à conceptualiser, à verbaliser son contenu, elle se veut seulement une représentation du visible, une imitation, mais elle peut aussi par cette représentation du visible aller autrement que les concepts du temps. Elle n'est pas obligée de représenter les concepts du temps: elle le peut, mais comme elle n'est pas verbalisée, elle peut figurer autre chose qui se conceptualise à l'époque.
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camilleetmilecamilleetmile   19 novembre 2013
"le plus beau cadeau qu'il fit à ses auditeurs fut sans doute la longue série de vingt-cinq émissions d'une traversée de l'histoire de l'art depuis l'invention de la perspective jusqu'à la disparition de la figure, diffusée sur France Culture l'été 2003 sous le titre "histoires de peintures"
Extrait de l'introduction rédigée par Bernard Comment
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RJuilletRJuillet   07 décembre 2012
Et puis, il y a le sourire ... En fait, c'est Léonard qui a inventé l'idée de faire un portrait avec un sourire. Il n'y a pas de portrait souriant avant La Joconde, à l'exception du tableau d'Antonello de Messine, L'homme qui rit.
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Video de Daniel Arasse (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Arasse
La dimension politique de la perspective par Daniel Arasse Daniel Arasse, historien de l'art, nous livre une explication politique de la naissance de la perspective à Florence. Comment se fait-il qu'un système de représentation du monde va l'emporter sur les autres et ce jusqu'au début du XXe siècle?
>Arts>La peinture et les peintres>Histoire et géo. de la peinture (680)
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