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Isabelle Tripault (Traducteur)
EAN : 9782253182054
477 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (04/04/2001)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Sarah et Hope sont anéanties par la mort de leur père, le célèbre écrivain anglais Gérard Candless, avec qui elles avaient une relation exceptionnelle. Pour honorer sa mémoire, Sarah décide d'écrire sa biographie. Telle une généalogiste, elle entame des recherches pour s'apercevoir rapidement que le passé de son père n'est qu'un leurre : il n'est pas né dans le Suffolk, n'a jamais fréquenté l'université de Dublin et pire... ne porte pas le nom de Candless. Qui est d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  22 février 2016
Avis d'obsèques : Gerald Francis Candless, époux bien-aimé d'Ursula Candless et père adoré de Sarah et Hope Candless, est décédé le 6 juillet à l'âge de soixante et onze ans chez lui à Gaunton, dans le Devon. Les funérailles auront lieu le 11 juillet à Ilfracombe. N'envoyez ni fleurs ni couronnes. Adressez vos dons à la Société britannique de cardiologie (p. 30).

Ecrivain plébiscité pour ses romans, Gerald Candless lègue à la postérité une importante bibliographie, ainsi qu'une confortable fortune à ses filles, et à sa femme, Lundy View House, vaste maison située sur le haut de la falaise qui surplombe les dunes de Gaunton et la plus belle plage du Devon, longue de 8 kilomètres de sable fin, souvent noyée dans la brume de mer.

Robert Postle, éditeur de Gerald, désireux d'exploiter commercialement son décès, propose à Sarah, l'aînée des deux soeurs, maître de conférences spécialisée dans la littérature féminine à l'Université de Londres, de rédiger la biographie de son père, susceptible de drainer un abondant lectorat. A peine a-t-elle commencé ses premières recherches généalogiques, que Sarah découvre de nombreux éléments incohérents, avant d'arriver rapidement à cette conclusion irréfutable : son papa chéri n'est né ni Candless, ni Gerald. Tout ce que sa femme, ses filles, ses amis, ses employeurs, éditeurs et lecteurs croient savoir sur lui n'est que pure invention de sa part.

Mais alors, qui était réellement Gerald Candless ? Pourquoi a-t-il usurpé à l'âge de 25 ans, l'identité d'un enfant mort ? Quel événement, sans aucun doute grave, a entraîné cette décision aussi lourde qu'irrévocable ? 478 pages sont nécessaires à Ruth Rendell pour remonter le cours de son existence et la déchiffrer. En alternance, sa femme et sa fille font lentement émerger le portrait d'un homme bien éloigné de l'image conventionnelle, lisse, idéale, qu'il a savamment construite.

Ursula, sa veuve, bien qu'ignorant comme tout le monde la supercherie, a vécu 34 ans auprès de lui sans le connaître réellement. Au fil du roman, elle égrène ses souvenirs depuis leur rencontre lors d'une conférence littéraire. Rapidement, elle a découvert que cet homme l'a choisie pour devenir la mère des enfants qu'il souhaite plus que tout avoir, elle, jeune fille de 19 ans, oie blanche de banlieue dont l'éducation traditionnelle l'a habituée à penser qu'en cas de problème conjugal, le tort revient à la femme : “Qu'ai-je fait de mal ?”, et non pas “Que lui arrive-t-il ?” “Pourquoi ne veut-il plus de moi ? (p.243). Jolie plante docile dotée d'un bel appétit sexuel, elle s'est résolue, une fois ses filles nées, à définitivement faire chambre à part. Papa exemplaire, Gerald s'est approprié l'affection de Sarah et Hope, distillant dans leur esprit qu'Ursula est une mère distante, dépourvue d'instinct maternel, qu'il n'hésite pas à menacer de garder ses enfants si elle le quitte. Gerald s'est toujours opposé à ce qu'elle travaille, dans une Angleterre aux relents victoriens tenaces, qui voit dans l'activité salariée des femmes, la preuve que l'homme est incapable d'entretenir financièrement son foyer. A l'instar de l'épouse de Tolstoï, qui recopiait en 7 exemplaires et à la main, chacun des volumineux romans du grand homme (p. 35), Ursula est devenue dans l'ombre, la dactylo de l'écrivain célèbre, transformant son illisible écriture en d'agréables tapuscrits. Une fois mariée, celle que Gerald appelait tendrement au temps de la séduction, Petite Ourse en raison de son prénom, est négligée, méprisée, dévalorisée, mais il est vrai que le bourreau ne caresse le veau que pour l'engraisser et que l'on ne donne plus de miel à l'ours que l'on vient de capturer (p. 81).

A la mort de Gerald, les premiers actes d'Ursula sont d'aller faire couper sa longue chevelure, de se débarrasser des vêtements du défunt, de reprendre son nom de jeune fille, d'accepter un modeste emploi de baby-sitter à l'Hôtel des Dunes, et de mettre en vente Lundy View House, c'est dire la sensation de libération ressentie.

De son côté, Sarah est ensevelie sous le nombre de démarches, rendez-vous, rencontres avec des témoins survivants, pour tenter de dêméler l'écheveau inextricable de la vie de son père. En dehors des preuves indéniables qu'elle collecte, elle comprend lentement que c'est dans ses romans que se trouvent les réponses aux questions qu'elle se pose. Sous couvert de fiction, Gerald s'est en effet inspiré de la réalité, filtrée, modifiée, transformée, expurgée, pour raconter la vie de sa famille biologique et la sienne. Par goût du jeu peut-être, il a semé dans ses ouvrages d'innombrables petits cailloux blancs, jusqu'à cette phalène stylisée qui orne chacune des couvertures de ses romans, sa marque de fabrique. Tout fait sens pour qui sait interpréter les énigmes et les symboles.

Coutumière du fait, Ruth Rendell livre un grand roman dans lequel on retrouve ses thèmes de prédilection. Une fois encore, elle démontre que le sang est plus épais que l'eau, que ce sont souvent les familles qui hébergent les pires et les plus douloureux secrets, de ceux qui bouleversent définitivement des vies et détruisent pour toujours des hommes et des femmes. Une fois encore, elle raconte le destin, sans marge de manoeuvre possible, de personnages broyés par la morale, les convenances, la bienséance, d'une société confite dans l'hypocrisie, qui à travers des lois d'un autre âge ou mêmes indignes, refuse d'évoluer.

Je ne peux en dire plus sans spolier, mais ça me paraît déjà pas mal pour donner envie aux lecteurs intéressés l'envie de découvrir ce roman...
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bilodoh
  24 novembre 2018
Ce n'est pas un polar, mais roman psychologique que madame Rendell a publié en anglais sous le pseudonyme de Barbara Vine.

Avec l'auteure Ruth Rendell, je m'attendais à un roman policier, mais il s'agit plutôt d'une intrigue de secrets de famille. Un homme est mort d'une crise cardiaque, c'est un auteur célèbre, adulé par ses deux filles. À la demande de l'éditeur, l'une décide d'écrire la biographie de son père. Elle entreprend des recherches pour découvrir que l'homme n'est pas tout à fait ce qu'on croyait.

La quête du passé comporte un certain suspense et l'importance des relations père-fille est exacerbée dans cette famille dysfonctionnelle. Aussi, le thème du processus d'écriture et de son inspiration dans la vie également est un aspect intéressant du roman.
Par contre, certains éléments m'ont agacée, comme le « jeu des ciseaux » qui me parait un peu trop enfantin pour être crédible ainsi que la personnalité « limite » de la mère et des filles.
Un avis mitigé, un roman avec des forces et des faiblesses.
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Rebus
  24 mars 2020
Dans jeux de mains, Ruth Rendell nous parle de secret de famille : Gerald Candless est un auteur reconnu, marié depuis de nombreuses années à Ursula, avec qui il a eu 2 filles, Sarah et Hope, qu'il adore. Il meurt soudainement. Son éditeur demande à sa fille Sarah d'écrire la biographie de son père.
C'est là que les choses se compliquent : très vite, elle découvre que Gerald Candless n'est pas le vrai nom de son père. Dès lors, qui est-il ? D'où vient-il ? Pourquoi a-t-il changé d'identité ?
Ruth Rendell nous dépeint avec force cette famille pas tout à fait comme les autres : elle brosse une ambiance à la fois oppressante, par la voix des filles de Gerald, et une libération, par la voix de sa veuve Ursula. le personnage de Gerald se dévoile petit à petit, entre souvenirs et enquête sur le terrain. Jusqu'à la révélation finale, un poil trop mélodramatique, mais pas surprenante (Rendell distille quelques indices au fil de la lecture).
Une lecture intéressante, même si je préfère les romans policiers de l'auteure.
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sevm57
  28 septembre 2018
A la mort du célèbre écrivain Gérald Candless, l'une de ses filles est sollicitée pour écrire sa biographie. Mais elle va découvrir que son père n'était pas celui qu'elle croyait.
L'idée de départ de ce roman me semblait prometteuse et j'aime toujours les histoires de secrets de famille, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans.
J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs et j'aurais aimé que l'intrigue progresse plus vite pour me donner envie de reprendre le livre pour en lire plus que quelques pages à la fois.
Je dois reconnaître que le travail de l'auteur sur la psychologie des personnages est assez remarquable (même si Sarah et Hope sont plutôt antipathiques), mais cela n'a pas suffi à maintenir mon intérêt pour le livre.
C'était le premier livre de cette auteur que je lisais, donc je ne sais pas si c'est son style habituel et s'il faut en tirer une généralité, mais en tout cas Jeux de mains restera pour moi une lecture relativement laborieuse sur un sujet qui avait pourtant du potentiel.
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Crunches
  11 avril 2012
Deuxième lecture de ce roman. Il m'avait largement plus plu la première fois. Cette fois-ci j'ai trouvé qu'il met longtemps avant de démarer et qu'il y a des passages qui ne nous apportent rien, limite je dirais qu'ils nous freinent dans notre lecture.
Mais (oui parce qu'il y a toujours un "mais"), l'histoire reste tout de même original. Non seulement au niveau du sujet : une fille qui fait la biographie de son père et s'aperçoit qu'il leur a menti sur une des chose les plus essentielles : son nom ; mais aussi au niveau du type de narration : on découvre les éléments en suivant Sarah mais aussi Ursula. Et puis, de temps en temps, on voit les choses avec le point de vue d'un personnage plutôt secondaire, mais qui nous apporte une lumière différente sur les événements. Par contre, des fois c'est un peu déroutant, vu qu'on ne sait pas tout de suite qui est "elle" ou qui est "il".... ni si les événements font partie du présent ou du passé ! Bon en règle générale on n'est pas perdu !
Les personnages sont bien travaillés : Ursula me fait à la fois pitié et en même temps je comprends ses décisions qui collent avec l'éducation qu'elle a eue. Par contre, Hope je la trouve totalement pourrie gatée ! Quant à Sarah, elle me parait légèrement plus mûre, mais elle ne sait pas non plus ce qu'elle veut. Autre détail ces deux filles sont des pochtronnes ! Comptez une fois le nombre de verres qu'elles s'enfilent ! c'est peut être un détail comme ça, mais moi ça me choque ! Une personne qui a déjà bu deux carafes de vins pendant le repas et qui prend encore un verre de cognac en digestif, je trouve ça énorme...
Et puis notre cher ami Gérald !! Qu'il aime les enfants je trouve ça tout à fait correct, mais il se les accapare carrément ! Il les coupe totalement de leur mère, ne lui prêtant aucune attention, même un meuble est plus important pour lui que sa femme. Et notre découverte finale ne l'excuse en rien... Je le trouve quand même très snob, et très arrogant. Il aime se moquer des gens, en les faisant passer pour des idiots, et d'un autre côté il prend un plaisir malsain à entretenir l'adoration que lui portent ses deux filles... C'est presque un gourou !
Mais, il s'agit quand même d'un écrivain à succès qui a fait d'énormes sacrifices, et qui a vécu une expérience assez traumatisante.
Je ne qualifie pas ce roman de lecture indispensable, mais il nous permet d'avoir un aperçu, à travers la vie d'Ursula et de Gérald (que je ne peux décidément pas qualifier de couple) de la façon de voir des années 50, aussi bien dans tout ce qui "convenances", comment se comporter dignement en société, mais aussi ce qui était accepté et ce qui ne l'était pas ! On peut réellement constater que la société a évolué... et, dans certains cas, je dirais heureusement !!!
Lien : http://plaisirsdelire.blogsp..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   15 février 2016
Les invités partis, Peter déclara, citant Goethe ou quelque autre célébrité : "Ces gens sont plutôt agréables, mais eussent-ils été des livres, je ne les aurais pas lus".

Page 55
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namelessnameless   16 février 2016
Lorsque nous croyons que notre interlocuteur nous écoute, en fait, il est peut-être tout simplement en train de réfléchir à ce qu'il va dire ensuite.

Page 249
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bilodohbilodoh   24 novembre 2018
Je crois qu’on ne s’intéresse pas vraiment à ceux qui nous inondent de leur amour. Car l’intérêt qu’ils nous portent occupe alors tout notre temps, et remplit pour ainsi dire tout notre espace. Nous étions pour papa une source d’émerveillement, et cette fascination nous comblait, nous n’éprouvions nul besoin de nous soucier de, disons, de celui qui le dispensait.

(Calman-Lévy, p.228)
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bilodohbilodoh   10 octobre 2018
… papier et encre ont toujours l’air inoffensif. Il n’existe rien au monde de plus perfide. Pensez à ce qu’un texte imprimé peut déclencher…

(Calman-Lévy, p.391)
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namelessnameless   13 février 2016
Peu de gens rechignent à déclarer qu'ils ont une mauvaise mémoire, mais personne ne voudra jamais admettre qu'il a mauvais goût.

Page 128
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