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Pierre Guglielmina (Traducteur)
EAN : 9782253146650
380 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1999)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 53 notes)
Résumé :

A Middleton Hall, luxueuse maison de retraite, la riche Stella s?est prise d?affection pour son aide-soignante, Jenny. La confiance qui s?est installée entre elles incite cette dernière à lui révéler son secret : une passion extraconjugale.Alors, à son tour, la vieille dame se met à évoquer des souvenirs qui éclairent des zones obscures de sa personnalité : sa peur des voitures, le mystère de cette ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
nameless
  29 juillet 2015
Geneviève, 33 ans, a toujours vécu à Stoke Tharby, village sans charme à ses yeux : « les gens parlent de la campagne comme d’un endroit enchanté. Les gens qui n’y vivent pas bien sûr. Il y a quelque chose d’atroce, de sinistre, dans un village de l’est de l’Angleterre, un dimanche après-midi d’hiver. Le paysage est gris et enveloppé de brume. La rue du village est longue et droite, les maisons sont trapues, les arbres sont bas sous un ciel qui n’est qu’un immense couvercle, creusé et triste comme une coupe en étain. » (p.312). Geneviève est mariée à Mike, entrepreneur en bâtiment qu’elle a connu à l’école, puis épousé sans amour, un homme gentil et travailleur, peu enclin à la conversation, qui croit qu’elle passe le plus clair de son temps dans la cuisine, comme le font toutes les femmes. Il l’appelle « sa » cuisine », il refait « sa » cuisine, c’est sa façon à lui de lui montrer son amour, le seul cadeau qu’il soit capable de lui faire. Ils n’ont pas d’enfants.
 
Sans formation particulière, Geneviève est aide-soignante à Middleton Hall, une résidence pour personnes âgées mais surtout riches. « Une des meilleures résidences, un manoir avec un parc magnifique, des parterres de fleurs en forme de cœur et de diamant au milieu des pelouses, des haies de cyprès et d’ifs, un étang à nénuphars et de grandes allées de vieux marronniers » (p.13). Ici, la gentry est bien soignée, des labradors et des chats l'entourent, la nourriture est acceptable, on peut même servir à la demande, des cocktails . Mais il n'empêche que ces personnes vieillissantes ont de la peine à faire admettre qu'elles sont toujours compos mentis et que ce n'est pas parce qu'elles avancent en âge qu'elles retombent systématiquement en enfance.
 
Parmi d’autres pensionnaires, Geneviève s’occupe de Stella, âgée de 72 ans, veuve, mère de deux enfants aimés et aimants. Stella est atteinte d’un cancer du poumon, elle s’affaiblit lentement consciente de sa mort imminente, ce qui ne l’empêche pas de continuer à fumer en cachette, puisque, selon elle, « mettre un terme à l’ignoble habitude qui l’a tuée à petit feu, serait aussi logique que d’installer une alarme incendie dans une maison qui a déjà brûlé ». Dans toute la mesure de son possible désormais borné par la grande faucheuse, elle essaie de soigner son apparence, de toujours, rester digne.

Une relation de confiance puis d’affection réciproque s’installe rapidement entre les deux femmes, qui malgré leur différence d’âge et d'extraction sociale, se découvrent des points communs. Toutes deux ont dans leur vie, une face cachée, un secret qu’elles ne peuvent partager avec personne. Stella, sentant sa vie s’enfuir, souhaite se délivrer du sien avant sa mort.  Très rapidement, elle apprend à Geneviève qu’elle est propriétaire d’une maison, Moluques, une propriété libre de toute hypothèque, achetée en cachette de son mari et de sa famille, avec l'héritage de son père, et inoccupée depuis plus de 20 ans. Elle apprend également à Geneviève qu’elle a choisi Middleton Hall parce qu’elle peut voir le toit rouge de sa maison carrée, par la fenêtre du grenier de l’établissement.
 
Enhardie et mise en confiance par les confidences de Stella, Geneviève lui révèle à son tour sa liaison adultère avec Ned, un producteur de télévision, qui la supplie de partager sa vie, avant que la maison qu’elle partage avec Mike devienne « une petite prison bien agréable avec ses deux prisonniers et ses deux gardiens » (p.276).
Ce n'est là que le point de départ de ce roman psychologiquement foisonnant, qui va se dérouler au rythme lent et hypnotique habituel de Ruth Rendell jusqu'à la page 381. Toutes les questions évidentes qui se posent sont : que va devenir la relation de Geneviève avec Ned, que s'est-il passé à Moluques, plus de 20 ans auparavant, pourquoi Stella a-t-elle jeté son dévolu sur Geneviève pour en faire la récipiendaire de son secret ? C'est déjà beaucoup mais ce n'est rien car c'est Ruth Rendell qui a imaginé cette histoire diabolique, qui comme elle y a habitué ses lecteurs, connaîtra un magistral rebondissement dans ses dernières pages.

Comme toujours, l'auteur par le truchement d'un roman, se place du côté des opprimés, des pauvres, des laissés pour compte, des enfants maltraités, de ceux qui n'ont accès ni à l'écriture ou à la lecture et encore bien moins à la culture, ou aux études. En l'occurrence, dans Noces de feu, elle prend le parti des femmes, de celles qui ont connu le poids d'une éducation étouffante, d'une religion débilitante. Elle donne la parole, sans retenue, à celles qui après des mariages arrangés ou “allant-de-soi”, ont croisé sur leur route un homme pour lequel elles ont éprouvé une passion dévorante et réciproque, mais inavouable. Avec sa plume directement plongée dans le cerveau féminin, Ruth Rendell décrit leurs douleurs, leurs attentes, leurs frustrations, leurs déceptions mais aussi leurs joies, leurs sentiments de libération du carcan historique. Elle donne la parole à celles qui ne pouvaient rompre un mariage, qui n'avaient pas accès à une contraception, entraînant des drames dans la filiation de leurs bâtards, qui devaient supporter les “favorites” de leur mari sans moufter : “Ils avaient entendu (…) dire que la loi sur le divorce allait être profondément modifiée ; tout le monde en parlait déjà. Les désaccords irréparables deviendraient des motifs de divorce, après une séparation de deux ans, en cas de consentement mutuel, et de cinq ans, sans consentement. Et la loi a fini par passer. (…) C'est une loi de 1973 qui a pour nom le “Matrimonial Causes Act”. A mon sens, elle aurait dû s'appeler le “Divorce Causes act” (p.229). 1973, c'était, à mon sens, hier...

Bref, je ne sais comment vous inciter à lire Ruth Rendell. Peut-être en vous disant que lorsque j'entre dans l'une de ses histoires, c'est comme si je plongeais mes deux pieds dans un seau de colle, impossible d'en sortir...
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melissardine
  18 septembre 2015
Très bon roman de Ruth Rendell avec une intrigue passionnante et des personnages à la psychologie recherchée. Plus encore que le dénouement final (bien que très réussi), ce que j'apprécie dans Noces de feu et dans les autres Ruth Rendell que j'ai lus (en particulier Jeux de mains que je recommande vivement), c'est la tension qui se ressent tout au long de la lecture et la justesse de l'analyse psychologique.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   29 juillet 2015
Quand quelqu'un vous parle du monde de l'automobile, vous pensez à Los Angeles, à un enchevêtrement d'autoroutes, à un entrelacs d'échangeurs et à des limousines impeccables traversant des ponts suspendus. Mais le véritable monde de l'automobile, c'est ici, la campagne anglaise, où il est impossible de se déplacer sans voiture, où le car ne passe qu'une fois par semaine, où le train a disparu.

Page 313 - Le Livre de poche
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namelessnameless   27 juillet 2015
Janis lui avait dit de ne plus porter de mini-jupes, qu'elle avait passé l'âge. Et quand maman avait répliqué qu'elle n'avait que cinquante-trois ans et ses jambes trente de moins, Janis avait ajouté : "Il ne s'agit pas de tes jambes mais de ton visage."

Page 58 - Le Livre de poche
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namelessnameless   28 juillet 2015
Rex était mon mari, il m'entretenait, prenait soin des enfants, veillait à ce qu'ils fussent nourris, habillés et éduqués. C'était ainsi que je voyais les choses à ce moment-là. C'était ainsi que les épouses qui ne gagnaient pas leur vie voyaient les choses. Certaines, j'imagine, continuent de le faire.

Page 202 - Le Livre de poche
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namelessnameless   27 juillet 2015
C'est très courant, avec les personnes âgées, quand vous arrivez à soixante-dix ans, qui que vous soyez et quel que soit l'esprit qui vous reste, d'être traité comme un enfant. Particulièrement dans ces résidences. On ne vous parle plus comme à un être raisonnable, on vous cajole, on vous malmène et on vous ment.

Page 52 - Le Livre de poche
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namelessnameless   26 juillet 2015
Les gens ne se rendent pas compte du travail qu'exigent une maison, une enfant dont il faut s'occuper et les amis du mari qu'il faut recevoir (...). Tous les quinze jours au moins, il fallait que j'organise, sans aide, un dîner. Personne, hormis une épouse, ne ferait un travail pareil sans être payée.

Page 119 - Le Livre de poche
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Pedro Almodovar - "En chair et en os"
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