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ISBN : 2864325446
Éditeur : Verdier (25/08/2008)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 28 notes)
Résumé :

Jérôme Alleyrat avait seize ans quand son père prit l'habitude de coucher avec lui, et lui avec son père. La mère a décidé de s'enfuir. Quand il arrive à Paris, un matin de septembre 1991, il a vingt ans. À cette date, l'épidémie de sida bat son plein. Peu concerné par cet événement, tout entier concentré sur la quête d'un plaisir qui frôle l'anéantissement de soi, J... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
KarmaBoomerang
  09 mars 2013
Comment aimer ceux qui vont mourir et comment guérir ceux qui restent?
La phrase d'accroche de ce livre aurait pu amener à tout autre chose. "Le père, de temps à autre, couchait avec le fils. ". Elle en aura peut-être refroidi certains, avec ses airs provocants, comme une rengaine aguicheuse qui miserait sur le trash, sur le buzz.
Mais ceux qui auront dépassé ce premier trouble verront que la surprise n'en est que plus grande, que la langue que Mathieu Riboulet délie est aussi riche que le sujet peut être cru, comme si l'un devait rattraper les excès de l'autre, les renverser. Car ce style enlevé ne peut fonctionner que parce qu'il est appesanti par l'aspect viscéral du livre, lui-même rendu acceptable par les tournures de phrases qui l'enveloppent. Cercle vertueux, Transcendance.
Et c'est sans doute de cela qu'il s'agit au long du roman, une transfiguration quasi christique. Jerôme se révélera en découvrant son voisin de palier à moitié mort dans l'escalier comme d'autre devant une apparition de la Vierge. Plutôt ironique pour une "fille perdue" qui n'en finit pas de chercher l'anéantissement.
On est bien loin finalement de la surenchère sordide de la quatrième de couverture -inceste, maladie, déchéance, mort- qui nous donnait l'impression d'en avoir déjà trop lu. Car oui, L'Amant des Morts nous conte Jerôme, garçon facile sur qui tout passe, le père, l'absence de la mère et la succession des amants. L'épidémie du sida -en pleine explosion dans les années 90- ne le touchera pas plus qu'une rumeur et c'est seulement quand la mort lui tombera dans les bras que la révélation aura lieu. Et on en était là, nous avec lui.
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meidosem72
  07 octobre 2018
C'est un scandale
 
SCANDALE n. m. Effet fâcheux, choquant, produit dans le public par des faits, des actes ou des propos considérés comme contraires à la morale, aux usages. (Le nouveau petit Robert)
Mathieu Riboulet tente de dire l'indicible du désir absolu, sans limite, qui, terriblement humain, va à l'encontre de ce qui constitue l'être social. Il retrace le cheminement de l'approbation de l'amour jusque dans la mort, rejouant l'éternel conflit d'Éros et Thanatos. On pense à Sade dont il nous est dit que la lecture est "pleine d'ivresse, de liberté et de fièvre."
Jérôme, le personnage de ce court récit, trouve la joie dans "l'infini silence d'une allégeance archaïque". Il est une "fille perdue, déshonorée par son père" qui semble dire à tous, dans un geste de profanation et de blasphème : « Prenez, car ceci est mon corps. » Il est dans une dépense de lui-même et une prodigalité extrême, loin de nos petites économies sociales.
L'autre scandale réside dans le fait que cette denrée inépuisable du plaisir nous est rapportée dans une langue d'un parfait classicisme aux phrases sinueuses et au vocabulaire foisonnant. Ce bonheur physique de la lecture confirme que Riboulet, mort en février dernier, est un des auteurs majeurs de ce début de siècle.
Benoît Pichaud

Lien : https://lesheuresbreves.com/
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melina1965
  01 septembre 2013
L'histoire violente et crue d'un jeune homme malmené par les siens et par la vie. Inceste, violence,… le sujet est difficile.
Et c'est tout l'art de Mathieu Riboulet d'en faire un roman initiatique à l'écriture particulièrement dense et juste, ponctuée de réflexions légères et touchantes sur la difficulté d'être au monde et de se construire.
Un petit roman remarquable porté par un vrai grand talent d'écrivain.
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
C'est bien écrit, très bien écrit même, mais je suis malgré tout resté assez indifférent à ce récit. C'est presque trop bien écrit, trop littéraire, au détriment du récit lui-même. Trop profond, peut-être.
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Charybde2
  31 janvier 2017
Une épiphanie à la beauté presque insoutenable, au corps-à-corps avec le sida qui se déployait alors.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/01/31/note-de-lecture-lamant-des-morts-mathieu-riboulet/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AymAym   13 février 2014
Le secret était sa condition première. C’est de l’avoir percé qu’Élisabeth avait été glacée d’horreur. La scène surprise dans l’entrebâillement d’une porte était à ce point impensable qu’elle garantissait à Jérôme l’irréversibilité du départ de sa mère. Et le père, tout entier immergé dans le travail insensé de ses désirs et de sa force, serait à jamais incapable de prendre la mesure de ces actes-là qu’il commettait sur son fils, incapacité que son regard aveugle exprimait parfaitement. Restait le fils, reste toujours le fils, ainsi, béant, aux frêles épaules sommées de soulever le monde, sans pensée pour grandir, jeté sur la terre pour le rachat des fautes commises par les deux tiers de cette trinité désarticulée par essence, l’unique chemin où engager son corps sans savoir où il mène, sinon à la perte.

Mais il arrive que certaines choses changent, même si les principales demeurent. Jérôme avait en deux ans opéré une transformation assez radicale, entièrement dictée par les impératifs catégoriques d'un accomplissement sexuel enraciné dans l'interdit et le secret, dont le déroulement n'aurait pu s'effectuer sur les terres froides, isolées, désertées par les hommes où sa mère avait enfanté. Faute de trouver là un Rodolphe qu'il eût supplié de l'enlever, moins encore un brave garçon de passage qui eût accepté de l'emmener à Bordeaux, Lyon ou Montpellier, sans parler d'un garçon de ferme qui eût accepté de lui faire une petite place à ses côtés, fût-ce dans la paille, il fit comme tout le monde autour de lui, prétexta des études à finir pour quitter à la fois la violence paternelle et l'inertie locale qui auraient eu raison de lui en moins d'une décennie.
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Charybde2Charybde2   31 janvier 2017
Le père, de temps à autre, couchait avec le fils. La mère ne voyait pas. Il fallait en finir avec les lois de la besogne, mais ça recommençait toujours. Chaque fois, pourtant, s’annonçait comme la dernière, mais invariablement le petit jour le cueillait, aveuglé, avec au creux du ventre la chaleur qui contracte les muscles, le déposait dans les bois plein d’une rage informe à son endroit qu’il s’entendait à dissiper dans la plainte continue des tronçonneuses et le fracas des arbres entaillés. Il allait donc falloir recommencer.
Le fils, de temps à autre, couchait avec le père. La mère ne voyait rien. Il fallait bien répondre, et ça ne cessait pas. Les élans adultes, brusques du père avaient éveillé au creux du fils un écho aussi obscur qu’ancien d’animalité, un besoin de sueur séchée, de salive et de sperme venu du fond des temps. C’était effrayant, mais souverain. Ils étaient au désert, cernés par la nuit, le vent des solitudes. On s’occupait de pulsions ataviques, on sculptait le revers invisible des jours industrieux et mornes.
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Charybde2Charybde2   31 janvier 2017
On le voit, un immeuble de tantes. Constance songea tout aussitôt avec un pincement au cœur à la possibilité, hélas des plus tangibles, qu’il finisse en immeuble de veuves, tous ces hommes accédant au fil des mois à ce statut, jusqu’ici apanage des femmes, dont le sida leur ouvrait grand les portes, avec une préférence marquée pour les trentenaires dont l’élan splendide était brutalement interrompu par ce brusque afflux de solitude et de mort. Mais elle chassa l’image. Alix et elle devaient depuis maintenant quelques années refaire chaque mois de janvier leur carnet d’adresses pour éviter d’y laisser s’empiler les cadavres et d’en avoir plein les doigts à chaque fois qu’elles cherchaient un numéro de téléphone. Elles faisaient pour cela, grâce à leur voisin Luc qui les y avait incitées, de beaux efforts financiers en direction de la recherche médicale.
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Charybde2Charybde2   31 janvier 2017
On en était là, certains en surplomb. Jérôme, sans formuler le moindre embryon de pensée, avait vu que tout cela – l’escalier, le môme ouvert, secrétions, douleur et désarroi – était pour lui une simple mais impitoyable répétition de l’enfance dévastée : un désert pierreux, l’indifférence en héritage, son corps suintant d’adolescent abandonné de sa mère comme de Dieu. Il en était là, il ne serait jamais ailleurs que là. Il avait eu beau partir, s’emplir d’hommes, des mots creux des échanges, le théâtre à l’intrigue cadenassée avant même qu’il n’entre en scène déroulait inlassablement son propos cruel et monotone. Il n’y avait pas lieu de fuir.
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EferyEfery   29 septembre 2012
N'être rien d'autre qu'une fille perdue, déshonorée par son père, qu'on prend et puis qu'on jette, l'être avec la joie et la force qu'on puise dans la violence des abandons, ne pas s'en laisser conter par le remords ni la morale. N'être rien, en être là. Jérôme en serait là pendant longtemps.
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littérature, littérature française, Mathieu Riboulet, Jouhandeau, Guéret, Rencontres de Chaminadour, lecture
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