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ISBN : 2021101711
Éditeur : Seuil (06/02/2014)
Résumé :
« Chaque chemin qui part d’Auschwitz est un miracle individuel, à la différence du chemin vers Auschwitz, qui est un enfer collectif identique pour tous. L’itinéraire au départ du camp emprunte les trajectoires les plus variées, bifurque vers les destinations les plus imprévisibles et traverse les lieux les plus inattendus. Et de même que chacun de ces chemins au départ d’Auschwitz est une exception, chacun des êtres qui ont emprunté l’un d’entre eux constitue, lui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  10 septembre 2014
Et l'horizon ne veut toujours pas s'ouvrir
« Quels que soient les fragments d'un tel lieu – qui doivent bien être cachés quelque part, car aucun être humain ne vit sans de tels fragments -, quelqu'un ou quelque chose les a trop soigneusement écrasés et trop profondément enfouis, dans de trop vastes nappes d'obscurité »
La narration de Göran Rosenberg n'est pas linéaire. le temps est fragmenté, le passé se réfracte dans le futur, les présents sont abimés des autres temps, le futur rongé par le passé. Un Lieu comme commencement, comme reprise au milieu., comme début d'un peut-être après. Un Lieu imaginé avec un regard forcément spéculatif. L'homme, le futur père du narrateur. Il est éloigné d'elle, encore que la formule ne puisse convenir « quand le lieu de la séparation a été la rampe de sélection d'Auschwitz-Birkenau ». Un homme et un lieu. Un lieu et plus tard un homme et une femme, un enfant. Un lieu et la mémoire, théâtre du passé. Un enfant qui raconte, qui entend le mot juif « comme un courant d'air glacé », il n'en connait pas le(s) sens, « il sait que ça a un lien avec les ombres ».
Un lieu, un endroit précis où l'homme puis la femme « sont descendus du train après Auschwitz »
Mais avant de descendre du train en ce lieu, l'homme est monté dans un autre train… pour Auschwitz. Göran Rosenberg reconstitue à partir de fragments. « Au sujet des jours et des nuits dans les wagons à bestiaux fermés à destination d'Auschwitz, on en a déjà tant dit. Et si peu. Il n'est pas prévu que quiconque survive au transport pour en parler, et ceux qui y survivent ne savent pas quoi dire pour qu'on les croie ». Sobrement, l'auteur parle de celles et ceux acheminé-e-s à partir du ghetto de Lodz, « La plupart de ceux qui descendent du train en provenance du ghetto de Lodz ne sont pas comptabilisés officiellement, puisqu'ils sont aussitôt dirigés sur leur gauche en direction des vestiaires afin d'êtres assassinés dans les chambres à gaz, brulés dans les fours crématoires et éliminés sans laisse de trace ». L'industrialisation de la mort. Lodz, des noms, des vies, l'organisation des convois, le tri des condamné-e-s, la participation de dirigeant juifs… Auschwitz, le ghetto de Varsovie, et en contrepoint le début d'une nouvelle city, d'un lieu, la Suède dans les années vingt à quarante du siècle dernier. Un lieu, un canal, une ligne de chemin de fer, des constructions…
Hier et aujourd'hui, la vie du narrateur…
La route de l'enfer vers d'autres lieux, « Il n'est pas de chemin au départ d'Auschwitz qui ne soit invraisemblable », les voies empruntées, les silences, « Il faut que tu le saches, la route qui part d'Auschwitz est toute entière bordée de ces gens sans états d'âme qui prétendent n'avoir rien vu ni rien entendu puis, au bout de quelques années, s'être opposés à tout ce qu'ils n'avaient ni vu ni entendu », les cheminements et les frontières…
L'auteur mêle à sa narration des voyages plus tardifs, les camps de travail, « quelques mot sur Auschwitz », le national-socialisme, la RDA, la Suède, d'autres camps, des routes, des usines, des voies, du travail forcé, des « transports de la mort errante »…
Je laisse les lectrices et les lecteurs découvrir par elles/eux-mêmes le cours des temps proposé par l'auteur…
Un livre aussi sur les ombres, les passeports, les Bains de mer, « l'horizon qui tarde à s'ouvrir », les voix qui crient, les réfugié-e-s, les déplacé-e-s, les pensées inconcevables, la dette à payer, la vie et la mort, la bureaucratie des indemnisations, les lieux ouverts, les lieux fermés, les lieux d'une « brève halte après Auschwitz »…
Nous n'en avons pas fini avec les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre, les massacres, les tueries… « Je crois que, pour franchir le pas qui sépare la survie d'une vie continuée, il faut cette union apparemment paradoxale de refoulement individuel et de mémoire collective ».
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
dede   10 septembre 2014
Quels que soient les fragments d’un tel lieu – qui doivent bien être cachés quelque part, car aucun être humain ne vit sans de tels fragments -, quelqu’un ou quelque chose les a trop soigneusement écrasés et trop profondément enfouis, dans de trop vastes nappes d’obscurité
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dede   10 septembre 2014
La plupart de ceux qui descendent du train en provenance du ghetto de Lodz ne sont pas comptabilisés officiellement, puisqu’ils sont aussitôt dirigés sur leur gauche en direction des vestiaires afin d’êtres assassinés dans les chambres à gaz, brulés dans les fours crématoires et éliminés sans laisse de trace
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dede   10 septembre 2014
Il faut que tu le saches, la route qui part d’Auschwitz est toute entière bordée de ces gens sans états d’âme qui prétendent n’avoir rien vu ni rien entendu puis, au bout de quelques années, s’être opposés à tout ce qu’ils n’avaient ni vu ni entendu
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dede   10 septembre 2014
Je crois que, pour franchir le pas qui sépare la survie d’une vie continuée, il faut cette union apparemment paradoxale de refoulement individuel et de mémoire collective
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dede   10 septembre 2014
Il n’est pas de chemin au départ d’Auschwitz qui ne soit invraisemblable
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