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EAN : 9782070306459
416 pages
Éditeur : Gallimard (31/12/1999)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 682 notes)
Résumé :
Admirable reporter à travers le monde Joseph Kessel nous prouve ici qu'il peut l'être ici à travers l'histoire. Il nous fait visiter un continent inconnu qui ne s'appelle pas l'Asie ou l'Océanie, mais l'Allemagne nationale-socialiste. Et ce récit fantastique, c'est l'histoire, absolument authentique, du Dr Kersten.
Le Docteur Kersten, de nationalité hollandaise, s'était spécialisé avant la guerre dans le massage médical. Il avait suivi des cours à Londres et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (119) Voir plus Ajouter une critique
isajulia
  02 novembre 2014
Si il y a un auteur capable de susciter de nombreuses émotions chez moi, c'est bien Joseph Kessel ! J'ai connu l'ennui avec Une balle perdue, l'émerveillement avec le Lion et là avec Les mains du miracle j'ai eu un sacré coup de coeur. Quelle bonne idée à eu Folio de rééditer ce petit bijou il y a quelques mois, cela aurait été dommage de laisser un tel ouvrage en mode épuisé/introuvable.
Dans Les mains du miracle, Joseph Kessel nous plonge dans un épisode inconnu (du moins pour moi) de la seconde guerre mondiale avec cette biographie romancée du docteur Félix Kersten. Spécialiste des massages thérapeuthiques, il jouit d'une réputation honorable et d'une clientèle haut de gamme. Un jour, notre docteur va se trouver dans l'obligation de prodiguer des soins à un patient un peu particulier : Heinrich Himmler. Dans un premier temps révolté par cette obligation de soigner un homme qui ne lui provoque que dégoût, Felix Kersten, étant le seul qui arrive à soulager le redouté chef SS, va prendre peu à peu du pouvoir sur lui. Intervenant auprès du Reichsführer pour sauver des prisonniers internés dans les camps de concentration, détesté par l'entourage d'Himmler, Felix Kersten n'hésitera pas à risquer sans cesse sa vie pour en sauver des milliers d'autres...
Ce roman est court mais efficace. Kessel y accomplit la prouesse de rendre ce monstre d'Himmler presque humain. Tous les hommes ont leur talon d'Achille, y compris lui. Immobilisé la plupart du temps à cause de ses douleurs que seul le docteur Kersten arrivait à soulager, le plus cruel des soldats nazi était partagé entre son amitié pour le docteur, en qui il avait une confiance aveugle, et sa vénération pour Hitler qu'il n'aurait jamais trahi. D'un autre côté nous vivons l'histoire sous l'oeil de Kersten, qui vit sans cesse sur ses gardes et dont le seul but est d'arracher le plus de prisonniers des griffes des allemands. Ce livre est passionnant d'un bout à l'autre, plusieurs mois après en avoir achevé la lecture, j'en garde encore un souvenir précis. Bien écrit, détaillé, moi qui aime les livres historiques je peux dire qu'avec celui-ci j'ai été servie alors je le conseille à tous les lecteurs qui sont passionnés par le seconde guerre mondiale car c'est l'occasion de sortir des sentiers battus en lisant ce roman, vous ne serez pas déçus.
A lire et à découvrir!
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Jolap
  20 juin 2019
Félix Kersten est le personnage central de ce roman. Roman ? le docteur Kerstein a existé. « Ce gros homme, ce médecin débonnaire dont l'aspect tenait d'un bourgmestre des Flandres et d'un bouddha d'Occident, avait dominé Himmler au point de sauver des centaines de milliers de vies humaines ! Mais pourquoi ? Mais comment ? Par quel incroyable prodige ? Une curiosité sans bornes avait remplacé mon peu de foi »
Ainsi Joseph Kessel nous donne les raisons qui l'ont poussé à écrire ce roman-vérité. Nous imaginons aisément que les conversations privées, ce huis-clos entre Himmler, chef de la gestapo, et le docteur Kerstein, ont été imaginées par l'auteur. Kessel le romancier s'est chargé de cette partie de l'histoire. mais les mains de ce médecin ont bel et bien fait des miracles. Des milliers de juifs de nationalités diverses ont échappé au pire. La traque a reculé. « Himmler c'était un état dans l'état. Celui de la délation, de l'inquisition, de la géhenne, de la mort infiniment multipliée » écrira Kessel. Cette partie historique c'est Kessel le journaliste qui l'a développée.
Le docteur Kerstein avait le don de comprendre l'origine des douleurs d'un malade en palpant avec ses doigts. Ensuite il soulageait avec ses massages.
Himmler souffrait de douleurs intenses à l'estomac. Il suppliait Kerstein de le soulager. Il l'à bien entendu mais en imposant ses conditions.
De 1939 à 1945 ce médecin hors norme, au destin exceptionnel, a réussi a dompter la folie criminelle d'un monstre en le manipulant de différentes façons.
« L'écriture n'est pas affaire de confort, de silence, ni de crayons bien taillés : c'est un flot intérieur prêt à déferler » écrit Kessel dans les colonnes d'un quotidien. Ce livre est conforme à cette idée. La tension monte au fil des pages. Les prises de risques sont de plus en plus grands. Un grain de sable suffirait à gripper la stratégie mise en place par le docteur Kerstein, vénéré par Himmler, haï par ses proches collaborateurs. Les enjeux sont inestimables, les risques sont incroyables.
Un livre sur la guerre et ses horreurs, sur le courage de certains mais aussi sur la lâcheté trop souvent constatée, sur la puissance du mot humanité, sur l'aveuglement qu'entraîne la confiance, sur les conséquences du fanatisme, sur l'espoir en toute circonstance, sur une lumière qui surgit alors que tout est plongé dans l'obscurité.
Un ouvrage puissant dont je n'avais jamais entendu parler lorsqu'une amie m'a dit : Tout le monde devrait lire ce livre.
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berni_29
  14 juin 2020
Joseph Kessel n'a pas son pareil pour nous plonger dans les affres de la Grande Histoire par des chemins insolites et tortueux.
Ici, dans ce récit, Les mains du miracle, c'est un témoignage particulier et très peu connu de la Seconde Guerre Mondiale, et sans doute ne figure-t-il pas dans les manuels scolaires. Pour ma part, je l'ai découvert par ce récit et j'en ai été ébahi...
C'est une véritable aventure humaine, comme Joseph Kessel aime nous les raconter.
Nous faisons connaissance ici avec un médecin, Felix Kersten, d'origine estonienne, de nationalité finlandaises, habitant la Hollande, tous ces détails ayant leur importance. Le docteur Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques, formé auprès d'un imminent professeur asiatique, le docteur Kô initié aux sciences de guérison chinoise et tibétaine, au travers de préceptes et traditions de la plus haute sagesse. Le docteur Kô va enseigner et transmettre sa discipline à Felix Kersten, de sorte qu'au final ce dernier saura utiliser ses doigts et les paumes de ses mains au service de l'humanité...
Tout se passe dans le meilleur des mondes pour le docteur Kersten, un homme affable et gourmand, très proche des siens, tandis que les États de l'Europe se préparent déjà à la montée du nazisme chez leur voisin allemand, ou peut-être ne s'y préparent-ils peut-être pas suffisamment...
C'est dans ce contexte que "notre" docteur va recevoir une sollicitation surprenante en la personne d'un certain Heinrich Himmler, numéro deux tout juste après Hitler, dans la hiérarchie de l'organisation du nazisme déjà bien installée au pouvoir dans l'Allemagne de 1938, la réputation du médecin ayant dépassé les frontières hollandaises... L'homme est en proie à d'horribles douleurs abdominales, à l'estomac... Aucun médecin ne sait résoudre son problème...
Nous voilà entrant avec Felix Kersten dans le grand quartier des S.S., au 8 de la Prinz Albert Strasse, où se côtoient officiers S.S., hauts policiers, agents secrets, dénonciateurs, suspects convoqués pour un interrogatoire... L'antre de l'horreur...
Sous ses dalles qu'il foule pour la première fois lorsqu'il pénètre en ce lieu, il ne sait peut-être pas encore que les tortionnaires de la Gestapo procèdent dans les caves à des interrogatoires sans merci.
Voilà l'antre de la bête, la folie et l'humain réduits à la dimension bestiale, l'arrière-salle au service d'un projet d'une horreur sans nom qui aura comme dessein l'extermination du peuple juif, qui va envoyer des millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans les camps de la mort... Cette tanière où d'ailleurs les loups entre eux se guettent, comme dans une jungle, se livrant sans arrêt à des intrigues et des contre-intrigues, recherchant chacun la prééminence sur l'autre...
La force d'un médecin est de pouvoir traiter un malade de la même manière qu'avec tout autre malade, les mêmes méthodes, le même comportement, les mêmes attitudes, tout malade quel qu'il soit à droit au même dévouement qu'un autre malade...
Et puis voilà qu'une porte s'ouvre, on l'invite à entrer dans un grand bureau, voici le tortionnaire qui souffre, ôtant ses habits, devenant nu, ce Reichsführer, ce général S.S., Heinrich Himmler, chef des S.S., maître de la Gestapo, l'homme le plus puissant du IIIème Reich après Hitler, réduit à l'état d'un patient, un homme maladif, chétif, qui souffre et attend d'être délivré de son mal et de sa douleur...
Et voilà que le médecin sous ses mains, sous ses doigts, le délivre de ses tourments !
Dès lors, Himmler éprouve reconnaissance, confiance et amitié entières pour Kersten.
Et comme ces douleurs sont récurrentes, le médecin est fortement incité à s'inscrire dans une sorte de pacte tacite avec son patient, et donc de revenir...
C'est alors qu'une autre relation va s'établir entre les deux hommes, un pacte étrange se tisse où se mêlent les confidences, les faveurs, l'éthique médicale, l'horreur, la folie totale, le désir de sauver le monde d'un apocalypse proche, où un pan de l'humanité en danger deviendra une sorte de monnaie d'échange pour les bons et loyaux services apportés par le médecin à l'égard de son malade...
Nous découvrons dans ce personnage complexe d'Himmler, et c'est là tout l'art de savoir peindre l'ombre et la nuit, et aussi ce qui s'en détache pour mieux discerner les ténèbres, une fidélité absolue et fanatique au-delà du raisonnable envers Hitler, une forteresse imprenable sur les faits, mais fragile sur le territoire des émotions... C'est sur ce terrain que Felix Kersten, en subtil connaisseur de l'âme humaine, saura avancer dans sa mission que lui confient les autorités finlandaises, mais bien au-delà dans son dessein humaniste, sauver des vies, sauver, sauver, sauver...
J'ai adoré ce récit, j'ai été emporté par sa sidération. Tout semble irréel, parce que terriblement horrible.
Joseph Kessel nous relate ici un fait véridique, prouvé plus tard par les experts et historiens, l'engagement d'un homme, ce médecin, le docteur Kessel, pour se servir de la relation de dépendance qu'il noue avec ce patient un peu atypique, relation de dépendance d'ailleurs dans les deux sens, de l'émotion de son patient aux fins de sauver, tout d'abord quelques victimes de la guerre ici et là, et puis le sauvetage sera massif, au péril de sa propre existence et celle des siens... Avec comme seules armes ses doigts et les paumes de ses mains...
Tout paraît si insensé dans ce récit ! Nous avançons dans l'intrigue qui se construit pas à pas sous nos yeux, avec pour décor lointain les bruits de la guerre, les déportations, ces silhouettes fragiles, perdues dans la nuit et le brouillard, qui ne reviendront jamais de là-bas, et ceux qui en reviendront pourront nous aider à dire plus tard de génération en génération : "plus jamais ça !"
Ce que j'ai aimé dans cette histoire, c'est ce thème vieux comme l'humanité, ce tiraillement entre l'éthique et l'horreur, peut-on, doit-on soigner un salaud, une canaille de la pire espèce, le numéro deux de la pire organisation politique qu'est connue notre humanité, au service d'une folie humaine qui portait un apocalypse à venir...?
Joseph Kessel, journaliste, romancier, s'avère ici un grand témoin de son temps... Bien sûr il y a mis son empreinte romanesque, mais ne s'éloignant jamais des faits implacables.
Lorsque je lisais ce récit incroyable, j'ai appris que Joseph Kessel venait enfin d'entrer dans la collection de la Pléiade. C'est largement mérité !
Mais qu'il est révoltant de découvrir que le docteur Kersten n'ait jamais été hissé au rang de Juste...!
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Levant
  22 décembre 2020
Amis Babeliotes, il va vous falloir faire un effort d'imagination non pas surhumain, mais bien inhumain.
Imaginez avoir devant vous, allongé sur une table de massage, attendant de vous l'apaisement d'un mal qui le tourmente … le mal ab-so-lu. La haine incarnée dans un corps malingre. Celui qui fait sans sourciller couler sang et larmes, disloquer corps et esprits, broyer les chairs, transformer les êtres humains en fagots décharnés empilés pêle-mêle à la gueule des fours crématoires.
Imaginez devoir avancer les mains vers ce corps délicat à la peau blanche et lui apporter le soulagement qu'il attend de votre compétence. Car celui qui vous demande ce bienfait en votre pouvoir, c'est ni plus ni moins qu'Heinrich Himmler. L'homme le plus puissant, le plus pervers, le plus glaçant du régime nazi, après Hitler bien entendu. L'homme qui de sa petite vie minable, de son petit corps rabougri n'est capable, lorsqu'il est sanglé dans son uniforme noir frappé de la double rune SS, que d'une chose : tuer. Tuer encore et toujours. Tuer des millions de fois.
Allez-y posez les mains sur ce corps. Faîtes-lui tout le bien que vous savez faire avec le don de guérison dont vous êtes pourvu.
Oui je sais, je vous mets à rude épreuve, j'y vais un peu fort. Mais ce que je vous suggère en fiction de dégoût, c'est ce qu'a vécu Félix Kersten. Il était médecin, finlandais, initié aux techniques réparatrices des corps par maître Kô, un grand maître chinois, ayant fait de lui l'Européen doté des Mains du miracle.
Cette épreuve à laquelle je vous soumets par l'imagination est une histoire vécue. Joseph Kessel a rencontré ce magicien, il a bénéficié de ses soins. Kersten a posé ses mains sur lui, celles qu'il avait posées quelques années auparavant et durant cinq ans sur le corps du reichsführer Himmler. Je vous sens frémir de répugnance.
Mais ne le blâmez pas. Ne détestez pas ce praticien zélé. Kersten a usé de sa position privilégiée, si l'on peut dire, de l'emprise qu'il a eue sur le monstre, de la dépendance dans laquelle il a su le tenir , du fait de sa capacité à le soulager de son mal, pour sauver des centaines de milliers de personnes. Ni plus ni moins. Force nous est alors de saluer son courage à surmonter la peur et la répulsion. de saluer ce qu'on apprend au fil des pages de cet ouvrage : l'intelligence, le maîtrise psychologique, la ténacité, la patience pour supporter l'épreuve qui dura tout le temps de la guerre et parvenir à extirper des griffes de la bête immonde par la confiance dont il a su se faire rétribuer des centaines de milliers de vies humaines. Cette histoire vraie contée par Kessel dans son ouvrage Les mains du Miracle est tout simplement incroyable. Je suis surpris qu'on n'en parle pas plus chaque fois que l'histoire se penche sur cet épisode noir de l'histoire de l'humanité.
Kersten a réussi, entre autres, à empêcher la déportation de la population hollandaise, faire détourner un train de Juifs vers la Suisse plutôt que vers les camps de la mort, empêcher le dynamitage des camps à l'arrivée des alliés ainsi que l'avait ordonné Hitler, sans parler des centaines de personnes qu'il a arrachées à la machine à tuer durant toutes les années de la guerre. Tout ça à force d'habiles négociations, de détermination, de patience. Tout ça en échappant à "l'honneur" que lui proposa le reichsführer en récompense de ses soins : porter l'uniforme SS avec le grade de colonel. Tout ça en échappant surtout à la rage assassine d'un Kaltenbrünner, chef de la gestapo, qui s'était promis de l'abattre.
Formidable ouvrage de Kessel qui m'a littéralement englouti dans cette histoire hors du commun en une nuit, tellement je voulais savoir comment Kersten allait réussir à se sortir de ce nid de frelons, lui, sa femme et ses trois enfants qu'Himmler s'ingéniait à conserver sous sa main pour le cas où. Il lui clamait sa confiance certes, mais n'en était pas nazi pour autant, et quelques otages étaient toujours une garantie.
Un ouvrage écrit d'après le témoignage et le journal que s'est obligé à tenir Félix Kersten. Un document étonnant sur l'homme qui soulagé de son mal le reichsführer Himmler pour soulager l'humanité de sa frénésie de tuer.
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Nastie92
  02 juin 2019
Ce livre est extraordinaire et sa lecture fait un bien fou.
Le contexte historique n'est pourtant pas rose : la seconde guerre mondiale et l'horreur de la Shoah. Mais Joseph Kessel a choisi de mettre en avant un épisode méconnu de cette période effroyable et de nous raconter la vie d'un être exceptionnel.
Chaque être humain a son point faible.
Chaque homme a son talon d'Achille.
Heinrich Himmler n'échappait pas à la règle. Lui, l'insensible, le rigide, l'inhumain.
Son talon d'Achille, c'était son ventre.
L'intraitable Reichsführer souffrait de maux chroniques atroces. Jusqu'à ce qu'il fasse venir Felix Kersten à son service.
Le docteur Kersten est spécialiste des massages. Il a suivi une formation poussée et arrive à soulager même les douleurs les plus rebelles.
Il manipule physiquement le maître des SS et le déleste de ses souffrances, mais il le manipule également psychologiquement. Il tire profit de l'emprise qu'il exerce sur son malade pour obtenir des vies sauves.
Felix Kersten sait quand il peut demander, et jusqu'où il peu aller, en fonction de l'intensité des douleurs et de la réponse qu'il peut y apporter.
Il agit avec beaucoup de doigté.
En prenant des risques inouïs.
Car si la moindre de ses actions avait été révélée au grand jour, c'en aurait été fini de lui, d'autant plus que nombreux sont ceux, dans l'entourage de Himmler, qui se méfiaient de ce docteur qu'ils jugeaient trop influent.
Cette histoire paraît incroyable, et pourtant, tout est vrai. Lorsqu'un ami lui en a relaté les différents éléments, Joseph Kessel s'est dit qu'il fallait raconter au monde entier ces faits stupéfiants.
L'écrivain a dit lui-même que ce qu'avait vécu le docteur Kersten pendant la seconde guerre mondiale était une "aventure unique dans l'histoire humaine". Il a su nous la raconter avec beaucoup de finesse et de talent dans un roman historique passionnant, dont je m'étonne qu'il n'ait jamais été adapté au cinéma.
L'après-guerre ne sera pas facile pour le docteur Kersten, qui aurait pourtant dû goûter un repos amplement mérité.
Alors qu'il avait arraché des mains du bourreau des milliers de vies, sa proximité avec Himmler le rendit suspect et il fut accusé de complicité avec le troisième Reich.
Il fallut dix ans à des experts et des historiens pour faire admettre la vérité.
Felix Kersten a été fait Grand Officier de l'Ordre d'Orange-Nassau au Pays-Bas, Chevalier de la Légion d'honneur en France, mais il n'a jamais été reconnu "Juste parmi les nations" par l'État d'Israël, comme l'a été par exemple Oskar Schindler.
Felix Kersten a été toute sa vie un homme discret et Joseph Kessel a bien fait de le sortir des oubliettes de l'Histoire.
La lecture de ce livre fait vraiment du bien ! Elle apporte un rayon de soleil dans cette horrible période, un peu d'espoir en l'Homme, en sa capacité à faire le bien et à agir malgré les obstacles, à résister à la barbarie.
Felix Kersten a sauvé des milliers de vie au péril de la sienne.
Merci à Joseph Kessel d'avoir écrit ce livre pour faire connaître cet homme profondément bon.
Une lecture extraordinaire que je vous recommande !
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critiques presse (3)
LeFigaro   01 mars 2021
Après Joseph Kessel qui lui consacra un livre célèbre, François Kersaudy retrace le destin de Felix Kersten, qui usa de son influence pour sauver des milliers de vies.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   25 février 2021
Après Joseph Kessel qui lui consacra un livre célèbre, François Kersaudy retrace le destin de Felix Kersten, médecin de Himmler, qui usa de son influence pour sauver des milliers de vies.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   28 septembre 2018
Joseph Kessel, dans un style alerte, sûr, puissant, lumineux, fait l’éloge du don de soi, de l’intelligence qui, au cœur du pire du pire, sauve et ne se résigne pas devant la cruauté absolue.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
FleurDuBienFleurDuBien   02 mai 2021
Il y a trois catégories d'êtres : celles des hommes, celles des bêtes et celles des Juifs. Et ces derniers doivent être détruits pour que les deux autres puissent exister.
Commenter  J’apprécie          53
lafilledepassagelafilledepassage   28 mai 2019
Dans le très haut personnel du régime, Himmler était le seul qui disposât de Kersten comme de son médecin permanent et privé. Mais d’autres grands dignitaires se faisaient à l’occasion traiter par lui.
Le premier fut Ribbentrop. Kersten détestait le ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich pour sa vanité, sa jactance, son arrogance et pour une bêtise qu’il estimait confondante à un poste capital. Ces sentiments, le docteur les traduisit en demandant à Ribbentrop des honoraires si considérables que le ministre arrêta sa cure.
Puis vint Rudolph Hess. À son égard, Kersten n’éprouva pas la même animosité. Le déséquilibre mental de Hess était évident. Mais à la mesure des fous et demi-fous qui dirigeaient le IIIe Reich et dont la démence avait un tour répugnant et dangereux – mégalomanie, fanatisme, sadisme, racisme – le délire de Hess semblait anodin. Il vivait dans un état d’exaltation puérile. Il adorait les romans de Jules Verne et ceux de Fenimore Cooper sur les Indiens des prairies américaines du XIXe siècle. Quand il voyait dans la rue une jeune fille au bras d’un soldat, il sanglotait d’attendrissement : « Quelle pureté et quelle virilité réunies », disait-il.
Très religieux, mystique effréné, il avait résolu, après la guerre dont il déplorait les ravages, de se retirer dans un désert pour y vivre en ascète. En attendant, il rêvait et parlait sans cesse d’accomplir un acte grandiose qui laisserait son nom dans la mémoire des hommes, un acte qui servirait l’Allemagne et le monde ; la guerre et la paix – il ne savait trop. En même temps, il était désespéré de ne pouvoir participer au combat, lui, excellent pilote, dans une escadrille. Hitler, qui l’aimait beaucoup, le lui avait défendu expressément.
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fanfanouche24fanfanouche24   14 octobre 2014
A partir de ce jour, les masseurs attachés à l'hôpital, qui traitaient les soldats blessés, commencèrent à instruire Kersten. Et un mois ne s'était pas écoulé que les soldats préféraient, à tous les professionnels, le sous-lieutenant étudiant. Et lui, il découvrait avec un étonnement presque craintif, avec un étrange bonheur, le pouvoir qu'avaient ses mains de rendre au corps souffrant des hommes la souplesse, la paix et la santé. (p.25)
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LadybirdyLadybirdy   19 janvier 2021
–Le Führer est décidé, après la victoire du IIIe Reich à supprimer le christianisme dans toute la grande Allemagne c’est-à-dire l’Europe, et à établir, sur ses ruines, la foi germanique. Elle conservera la notion de Dieu, mais très vague, très confuse. Et le Führer prendra la place du Christ comme sauveur de l’humanité. Ainsi des millions et des millions d’hommes invoqueront, dans leurs prières, le seul nom de Hitler et, cent ans plus tard, on ne connaîtra plus que la religion nouvelle qui durera des siècles et des siècles.
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litolfflitolff   04 janvier 2011
Pour échapper au paysage des rails et des bâtiments ferroviaires, Kersten se promenait dans la campagne. Pour échapper à l’oisiveté, il se mit à tenir un journal. Enfin, pour passer le temps, il eut recours à la petite bibliothèque personnelle que Himmler avait amenée et qu’il mit avec empressement à la disposition de son médecin.
Alors Kersten fit une découverte qui le stupéfia. Tous les livres du maître des S. S. et de la Gestapo se rapportaient à la religion. Il y avait là, outre les grandes illuminations prophétiques, comme les Védas, la Bible, l’Évangile, le Coran, il y avait, soit d’origine allemande, soit traduits du français, de l’anglais, du latin, du grec ou de l’hébreu, des exégèses et des commentaires, des traités de théologie, des textes mystiques, des ouvrages sur la juridiction de l’Église à toutes les époques.
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Rencontre en direct avec Philippe Baudorre à l'occasion de la sortie exceptionnelle en pléiade de "Joseph Kessel - Romans et récits" aux éditions Gallimard.
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