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ISBN : 2213710104
Éditeur : Fayard (24/10/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :
J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss. Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914. Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle j'ai souvent rêvé.
Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d'amour de son petit-fils.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Filox
  15 novembre 2018

Robert Badinter raconte simplement l'histoire de sa famille. Sa grand mère Idiss, juive, russe de Bessarabie, terre de pogroms, en est la figure centrale. L'ensemble constitue un très beau témoignage rendu à des personnes chères et éclaire concrètement le contexte historique, géopolitique dans lequel ils vivent et évoluent et nous raconte plus en détail les conditions dans lesquelles les réfugiés yiddish de l'Europe centrale ont pu rebondir et s'intégrer dans la république française.
La mère De Robert, Chifra, fille d'Idiss, se prénommera ensuite Charlotte, n'aura de cesse de franciser la famille, l'école de la république reçoit dans ce livre un très bel hommage et est le symbole d'une république française « plus hospitalière dans ses lois que dans les coeurs « écrit Badinter. C'est aussi une belle description de Paris, terre d'accueil vue du prisme des émigrés du Yiddishland.
Le nazisme lui prendra ses parents et Idiss emportée par la maladie cette même année 1942 aura une fin de vie bien aggravée, une forme de retour à l'extrême misère qu'elle avait connu dans son enfance.
Merci pour ce texte très accessible, pudique, et également sensible à la fois sobre et précis, instructif aussi pour ceux qui ne connaissent pas de l'intérieur la « culture »juive et qui nous restera très nécessaire pour lutter contre l' oubli, et l'ignorance qui restent des écueils très puissants à la transmission de la mémoire des tragédies insensées de notre civilisation.
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Puszi
  11 novembre 2018
"J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss". Tels sont les mots de Robert Badinter repris sur la 4ème de couverture. Et quel hommage. En 212 pages, il retrace la vie de cette dernière, de sa Bessarabie natale (région méridionale au bord de la mer Noire) à Paris. A travers son histoire personnelle, j'ai eu l'impression de lire un cours d'histoire sur les persécutions dont les juifs ont été victimes des années 1910 à 1942, leur vie quotidienne, leurs rites, leurs croyances, leurs doutes et leurs espoirs. J'ai beaucoup apprécié le style. J'ai été touchée par l'amour qui unit les membres de sa famille. J'ai senti la force des sentiments qui liaient Robert Badinter à sa grand-mère. En peu de mots, il exprime tellement de choses. « Valises bouclées, restait le plus douloureux : dire au revoir - en réalité adieu - à notre grand-mère. Ce moment-là, je l'appréhendais plus que tout autre. Je savais que ses jours étaient comptés. Sa vie allait s'achever et je ne la reverrais jamais. Cette pensée, je la repoussais de toutes mes forces. Mais elle était la vérité. » Je vous souhaite autant de plaisir à le lire que moi.
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aquatintienne
  06 novembre 2018
Pour moi R. Badinter est un tribun opiniâtre qui a permis l'abolition de la peine de mort. Il est l'image de la rigueur et de la justice.
Rien ne transpirait jamais de sa vie privée.
Et puis il y eut La Grande Librairie : cet homme de 90 ans, un peu rigide, retient avec peine un sanglot lorsqu'il évoque le Kaddish qu'il a récité à Sobibor où est mort son père . Son émotion d'enfant de père déporté est intacte.
Il était venu parler de sa grand mère Idiss.
Son livre est un hommage à sa grand mère maternelle et de sa famille. Née en Bessarabie, dans le Yddishland, elle connaît avec son mari et ses trois enfants les pogroms antisémites. La famille décide alors de partir en France : République de culture, de justice .
R. Badinter décrit de façon simple et minutieuse l'installation, le travail, l'ascension sociale de la famille. LA fille d'Idiss a épousé Simon , juif comme eux tous, ils ont deux fils : Claude et Robert dont la mission est d'être excellents à l'école. Ils sont proches de leur grand mère illettrée, qui s'exprime dans un mélange de russe, de yiddish et de français et partagent sa complicité.
Peu à peu, elle profite de sa vie parisienne, entourée de ses enfants et petits enfants.
Mais Hitler accède au pouvoir, l'antisémitisme se répand, les lois anti juives se multiples. Idiss est rattrapée par le malheur.
Pour la 1ère fois le sort de ces Juifs d'Europe centrale est clairement décrit : la nécessité de trouver une place, l'inquiétude toujours en arrière-plan et le désir d'intégration et puis le retour du malheur : la fuite, les arrestations, la déportation.
Un livre simple et sobre qui remet les faits en place et en perspective.

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jpryf
  31 octobre 2018
La première fois que j'ai vu Robert Badinter c'était en 1974. J'avais participé à l'équipe de Madame Lazerges lors de son agrégation et à la suite de l'épreuve nous nous étions retrouvé, si ma mémoire est bonne, au cabinet de Robert Badinter et Jean Denis Bredin. Puis j'ai suivi de loin sa carrière d'avocat,sa carrière politique et j'ai lu ses livres, notamment "L'abolition" et " L'exécution"deux ouvrages magnifiques sur son combat contre la peine de mort. Autant dire que j'ai une immense admiration pour cet homme et ses combats.
Robert Badinter vient de publier aux Editions Fayard Idiss un livre d'hommage a sa grand mère maternelle et voilà que ,grâce a ce livre, j'entre dans l'intimité de cet homme. L'histoire intime ,mêlée à la grande et tragique histoire, nous fait découvrir un monde oublié, celui d'une partie des juifs d'Europe centrale ,obligés de fuit leur pays (ici la Bessarabie ) en raison d'un antisémitisme d'Etat et en raison des persécutions et des pogroms. Tout cette partie ,tragique , de la vie de sa grand mère Idiss est très bien racontée avec, au milieu des difficultés, ses joies et ,notamment son mariage d'amour et la naissance de ses enfants : deux fils et une fille, Charlotte, la mère de Robert Badinter.
Puis vient le grand départ et l'arrivée à Paris de cette famille pauvre. On mesure les difficultés mais , aussi, le répit car s'il existe , a cette époque un antisémitisme en France, ce n'est rien par rapport a celui que cette famille a fui.
S'ouvre alors une période heureuse , seulement marquée pour Idiss par la mort de son mari adoré, et où la famille prend peu à peu sa place, travaille et il y a de belles pages sur l'enseignement, sur l'instituteur M.Martin (Le monsieur Germain de Camus) sur le lycée et les prix reçus par Robert et son frère Claude.
Puis, de nouveau le drame de la guerre, les vexations de l'odieux régime de Vichy et le départ vers la zone libre. Ce départ donne lieu a des pages bouleversantes, la mère de Robert Badinter étant déchirée à l'idée de devoir quitter sa mère atteinte d'un cancer pour rejoindre, avec ses fils, son mari en zone libre. Et le livre se termine par la mort d'Idiss dans son appartement à Paris, entouré de son seul fils.
Voilà qu'avec ce livre il me semble connaître un peu mieux Robert Badinter et la sensibilité qu'il y montre, me le fait admirer, encore un peu plus, si cela est possible.

Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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vero35
  18 novembre 2018
Le mérite de ce livre, est à partir du destin d'une famille, de dresser l'historique de toute une communauté : celle des juifs d'Europe centrale au début du XX° siècle, habitant dans des shtetls, souvent dans un état d'extrême pauvreté, et victimes de pogroms. Robert Badinter retrace donc l'histoire d'Idiss, fuyant avec mari et enfants un petit village proche de Kichinev ( actuellement capitale de la Moldavie), vers Paris, perçu comme un havre de tolérance et de paix. Sa fille, Chifra, devenue Charlotte, après un mariage avec le beau Simon, va ancrer la famille dans la bourgeoisie française, famille qui n'échappera pas aux rafles de la seconde guerre mondiale.
Le style est sobre, empreint d'affection et de nostalgie, mais n'évite pas les répétitions. Un témoignage précieux.
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critiques presse (1)
Liberation   05 novembre 2018
Idiss est un geste d’adieu, adieu à «un monde mort», le «Yiddishland» d’où venaient parents et grands-parents, adieu au passé. «Mon enfance a pris fin le 10 mai 1940», écrit l’ancien ministre de la Justice.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
celinefabre27celinefabre27   18 novembre 2018
Depuis 1791, les juifs français étaient en principe des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits et soumis aux mêmes lois.première nation européenne accorder aux juifs une totale égalité de droits, le pays autorisait les citoyens français de confession israélite , comme on les dénommait officiellement, à devenir fonctionnaires, magistrats ou officiers et à exercer toutes les professions libérales. cette parfaite égalité faisait la gloire de la France dans le Yiddishland. S'y ajoutait l'éclat d'une langue reconnue comme celle d'une élite dans toute l'Europe.
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celinefabre27celinefabre27   18 novembre 2018
Vienne réunissait toutes les passions et les angoisses du monde ashkénaze, Vienne où un peintre autrichien raté nourrissait une haine fanatique des juifs.
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celinefabre27celinefabre27   18 novembre 2018
L'hospitalité est la richesse des pauvres.
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PusziPuszi   11 novembre 2018
Valises bouclées, restait le plus douloureux : dire au revoir - en réalité adieu - à notre grand-mère. Ce moment-là, je l'appréhendais plus que tout autre. Je savais que ses jours étaient comptés. Sa vie allait s'achever et je ne la reverrais jamais. Cette pensée, je la repoussais de toutes mes forces. Mais elle était la vérité. p.206 et 207
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PusziPuszi   11 novembre 2018
Depuis 1791, les juifs français étaient en principe des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits et soumis aux mêmes lois. Première nation européenne à accorder aux juifs une totale égalité de droits, le pays autorisait les citoyens français "de confession israélite", comme on les dénommait officiellement, à devenir fonctionnaires, magistrats ou officiers, et à exercer toutes les professions libérales. Cette parfaite égalité faisait la gloire de la France dans le Yiddishland. S'y ajoutait l'éclat d'une langue reconnue comme celle de l'élite dans toute l'Europe. L'Alliance israélite universelle veillait à l'enseigner aux jeunes juifs dans le bassin méditerranéen. Ainsi rayonnait la République française dans les communautés juives, et Paris exerçait sa fascination aussi bien sur les intellectuels et les artistes juifs que sur le prolétariat du Yiddishland. p.54
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Videos de Robert Badinter (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Badinter
L'ancien Garde des Sceaux, auteur de la loi de 1981 sur l'abolition de la peine de mort, est venu donner la leçon inaugurale du Collège universitaire de Sciences Po aux étudiants de 1ere année. Interview en fin de conférence par Etienne Barraud.
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