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Hélène Collon (Traducteur)
ISBN : 2226170065
Éditeur : Albin Michel (01/03/2006)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 259 notes)
Résumé :
" Tout a changé l'été où je suis partie en Angleterre passer quelque temps chez mes cousins. Un peu à cause de la guerre, qui a chamboulé pas mal de choses, évidemment, sauf que de toute façon, avant la guerre je ne me rappelle presque rien - pas de quoi écrire un livre, contrairement à ce qui va suivre. Non, si les choses ont changé c'est surtout à cause d'Edmond. Voilà ce qui s'est passé... " Ce premier roman de Meg Rosoff a bouleversé l'Angleterre et s'impose par... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
florencem
08 août 2015
Cela ne m'arrive pas très souvent, mais j'ai préféré le film au roman. Non pas que je n'ai pas aimé le roman, je lui ai d'ailleurs mis quatre étoiles, mais certains points du film ont eu plus d'impact sur moi, une autre émotion, plus forte, plus vibrante. J'ai retrouvé cela dans la deuxième partie du roman cependant, partie que j'ai beaucoup plus apprécié d'ailleurs. D'un côté parce qu'elle était différente du film et donc "nouvelle" pour moi, mais aussi parce que la maturité des personnages fait qu'il y avait plus à dire et à exprimer.
En ayant vu le film, je m'étais fait une idée des personnages. Daisy et Piper sont les mêmes et c'est avec joie que je les ai retrouvées. Là où les choses ont changé, c'est au niveau des garçons. Edmond a 16 ans dans le film, et le fait qu'il est deux ans de plus a rendu son personnage plus intéressant en un sens. Dans le roman, Daisy le compare d'emblée à un chiot demandant de l'attention. Rien de charismatique. le fait qu'il soit dénigré dès le départ ne lui a pas donné l'importance que j'avais apprécié. Il reste pour le coup un personnage en retrait. C'était assez étrange. L'auteur a pourtant essayé de lui donner un air cool, avec sa clope au bec, mais ça a eu tout l'effet inverse pour moi. le mystère n'était pas vraiment là. Isaac est son frère jumeau (dans le film il est le petit frère de 14 ans), et il a pour le coup eu plus d'importance à mes yeux, alors qu'au final il n'apparaît pratiquement pas. Ce décalage a été assez déroutant.
Mis à part ces détails, j'ai lu le roman d'une traite, ne pouvant pas le lâcher avant de connaître le dernier mot de l'histoire. Il faut dire que le roman est en fait le récit de Daisy et on est immergé continuellement dans la vie du personnage, dans sa jeunesse, ses expériences, ses pensées. C'est un discours jeune, drôle, naïf, très plaisant car plein d'émotions, et malgré le côté adolescente en rébellion, j'ai accroché tout de suite. Car le point très important, c'est que l'on voit Daisy évoluer. Si le narrateur avait été quelqu'un d'extérieur, je ne pense pas qu'il aurait été aussi intéressant. Pas aussi réaliste en quelque sorte. Et même avec le côté un peu "surnaturel" de ses cousins, il n'en reste pas moins qu'il y a cette part de réelle qui ne nous quitte pas.
La relation entre Daisy et Edmond ne m'a pas autant charmé que dans le film. Comme je l'explique au début, le fait de qualifier le jeune homme de chiot est déjà quelque peu rédhibitoire. Et j'ai trouvé qu'on l'effleurait plus qu'autre chose. C'est presque un détail au début du roman. On passe au final très vite dessus. Quant à la nature de cette relation, j'avoue ne pas avoir été choquée, ni trouvée cela dérangeant. L'auteur comme Daisy nous font ressentir qu'elle n'est pas normale. Mais avec les circonstances, cette guerre, le côté fictionnel du roman, la naïveté puis la profondeur de leurs sentiments... Je ne sais ce que les autres lecteurs ont ressenti et j'avoue aussi que l'auteur aurait pu choisir de faire autrement, mais voilà, j'ai trouvé cette relation belle et profonde.
Quant à cette fameuse guerre... Elle a une part immense dans le récit, mais au final on ne la comprend absolument pas. C'est une idée intéressante car d'une part, on la voit à travers les yeux d'une adolescente et donc de quelqu'un qui n'a pas connu de conflits et qui ne sait pas ce qu'est la guerre. On y gagne en réalisme. Les guerres sont aussi absurdes en soit. Qui peut comprendre qu'on décide de lancer une bombe nucléaire sur un peuple entier ? Cependant, le récit ne perd pas de son intelligence face à cette guerre. On ne sait pas pourquoi elle a été déclarée, mais les événements qui s'enchainent sont réalistes, ou du moins, plausibles. On sent petit à petit venir l'horreur, on voit la mentalité des gens évoluer, les situations déraper sans raison, les relations des gens changer, les comportements s'adapter. Bref, j'ai trouvé cela très réussi, d'autant plus que le récit des aventures de Daisy et Piper devient alors plus intéressant, plus riche. On sent l'adolescente évoluer vraiment, et dans le bon sens malgré les événements.
La fin, elle, diffère de ce que j'avais vu. C'est ma partie préférée du roman. le parcours de Daisy, son retour, sa vie, son évolution. Ils m'ont tous beaucoup touchée. La fin quant à elle n'est ni joyeuse, ni naïve, mais beaucoup plus adulte et douloureuse, et pourtant tournée vers un certain espoir. On reste dans le réalisme, l'horreur d'une guerre, les blessures psychologiques, le besoin de survivre, de reconstruire et d'oublier.
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Luna26275
30 juin 2015
Un magnifique roman, ce livre était sublime ! Je l'avais emprunté à la bibliothèque par un très heureux hasard : c'est en voulant lire "Ce que j'étais" du même auteur, que je l'ai aperçu. Bien sûr, je me suis dit que je n'allais pas le laisser filer d'autant que la quatrième de couverture était terriblement tentante. Bref, je me suis jetée dessus le plus vite possible ! Je l'ai fini en une journée : l'histoire était tellement bien, si prenante et parfaitement écrite que je me suis laissée emporter à une vitesse affolante. C'était l'héroïne, Daisy qui narrait l'histoire, je trouvais que le récit était plus écrit sous forme de journal intime et l'écriture ressemblait plus à celle d'une jeune adolescente. Cela rendait ce livre plus vivant et plus facile à lire, la lecture était ainsi fluide et très agréable.
J'ai passé un très bon moment en le lisant et je me replongerai avec joie dans une autre oeuvre de Meg Rosoff. C'est d'ailleurs un de ses livre que je lis en ce moment.
Il m'a tout bonnement bouleversé, et je n'ai pas pu retenir mes larmes, qui se sont déversées en torrent dévastateur sur tout ce qui possédait de la matière autour de moi. Pour un premier roman, c'est une absolue réussite de mon point de vue. Je trouve qu'il mérite largement et plus encore toutes les distinctions qu'il a remportées, celles-ci étant : le prix Luchs en Allemagne, le prix du Guardian en Angleterre, le prix Michael L. Printz aux États-Unis en plus d'avoir été adapté au cinéma et d'avoir fini finaliste des plus grands prix littéraires internationaux. La totale, ce livre en bouleversant l'Angleterre à non-seulement ému ma personne et déchiré mon petit coeur.

Elizabeth, surnommée Daisy est envoyée dans la ferme de ses cousins en Angleterre, par son père. Celui-ci, veuf, souhaite passer plus de temps avec sa nouvelle femme " Davina la Diabolique". Quand elle arrive à l'aéroport, celui qui vient pour la chercher n'est autre qu'Edmond, son cousin. Elle va faire la connaissance de toute sa famille comprenant : Piper, la plus jeune de neuf ans; Isaac, le jumeaux d'Edmond, qui préfère s'exprimer avec les animaux qu'avec les humains; bien sûr, Edmond, celui qui semble le plus familier à Daisy; Osbert l'ainé, celui qui parait avoir toujours mieux à faire et tante Penn, la soeur, de sa mère donc... sa tante. Entre Edmond, Piper et elle, un vrai lien s'est créé et Daisy ne souhaite pour rien au monde être autre-part ailleurs. Ils vivent leur vies tranquillement, quand Edmond et elle se rapprochent de plus en plus, une histoire d'amour se crée donc entre les deux cousins. Mais elle ne va pas durer longtemps car la guerre va vite s'en mêler et séparer la famille. Au grand dam des concernés, Daisy et Piper se retrouvent donc seuls envoyés dans une maison d'accueil. Mais les jeunes ont bien d'autres ambitions et feront tout pour retrouver leurs cousins. Elles se lancent donc à l'aventure en tentant tant bien que mal, de survire sous les bombardements de la guerre.

Daisy et Piper sont des personnages très fortes, elle lutent malgré les situations invivables pour survivre. Je trouvais surtout que Piper, pour une petite fille de 9 ans, faisait preuve d'un grand courage, elle m'a impressionnée avec sa maturité et sa débrouillardise.

Dans ce livre, un des sujets principaux est la guerre et on sent que Meg Rosoff essaie de nous faire comprendre que c'est souvent dans des conditions inhumaines que nos vrais instincts sont dévoilés. On ressent par ce roman des tas d'émotions comme la peur, la joie, la colère, la haine, le dégout... et ça, l'auteur sait parfaitement le transmettre, ce qui donne tout son charme au récit. L'histoire est divisée en deux parties, bien que la première soit bien plus longue que la seconde. En premier on suit Daisy dans son voyage chez ses cousins et pendant la guerre. Puis des années plus tard, après la fin de la guerre.
À la fin de ce roman, j'ai senti cette sensation, qui me prend au coeur et qui me rend triste sans aucune raison, et j'ai su que je venais de finir un vrai coup de coeur.
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Syl
14 avril 2013
A notre époque ou dans un futur proche,
de New York à un coin de campagne anglaise

Elisabeth, appelée Daisy par ses proches, est une jeune fille de quinze ans. Son père veuf, voudrait reconstruire sa vie avec sa nouvelle femme, « Davina la Diabolique ». Il envoie, pour cela, Daisy dans sa famille maternelle en Angleterre, passer quelques vacances. Pour la jeune adolescente, le changement d'air ne peut lui être que bénéfique car elle souffre d'anorexie. Elle raconte…
A l'aéroport de Londres, elle rencontre pour la première fois son jeune cousin Edmond, venu l'accueillir et la conduire chez lui. Il a un regard étrange, doux et caressant.
« Il a tout l'air d'un chiot perdu – vous savez, celui qu'on trouve au chenil, tout gentil, tout plein d'espoir, adorable, du style à vous fourrer sa truffe dans la main avec une espèce de dignité, après quoi on sait qu'on va le ramener chez soi… »
Dans la ferme de sa tante, soeur aînée de sa mère, elle fait la connaissance de ses cousins, Pepper, Isaac et Osbert. Tous très chaleureux et contents de connaître cette cousine venue d'un autre continent, même si elle aborde un sourire crispé, distant, peu communicatif.
Le lendemain de son arrivée, Daisy voit par la fenêtre de sa chambre la brume se lever et laisser apparaître une campagne dans toute sa verdure. Cette journée s'annonce comme un défi, elle se sent coupée du monde, son portable ne passe pas.
La ferme est spacieuse, bien entretenue, bucolique et désuète. Il règne une liberté qui attire Daisy. Il semblerait que les enfants soient livrés à eux-mêmes, sans une autorité adulte qui les contraindrait. Sa tante Penn les encourage en ce sens, jusqu'à leur procurer une scolarité par correspondance et les responsabiliser très tôt aux travaux fermiers.
Avec les souvenirs et les vieilles photographies de Penn, Daisy retrouve sa mère morte à sa naissance. Sa tante lui témoigne l'amour qu'elle n'a jamais reçu ; une affection sincère et sans contre-partie. Ce séjour s'annonce finalement très agréable, la famille lui rend son équilibre.
Jusqu'au jour où…
Penn doit partir à Oslo et charge les enfants de garder la maison.
« Maintenant on est Responsables, et drôlement contents de l'être ; cela dit, rétrospectivement je me rends compte que c'est exactement à ce moment-là qu'on a tous commencé à déraper vers la crise, comme l'assassinat de l'archiduc Ferdinand qui a déclenché la Première Guerre mondiale… »
Et une bombe tombe. Télévision, radio, les nouvelles sont alarmantes, une guerre se prépare, des attentats sont commis, les frontières sont fermées.
Les enfants échafaudent des dispositifs, fabriquent un abri dans une grange en retrait, Osbert joue à l'espion en récoltant des informations au village, Edmond et Isaac organisent les vivres pour une éventuelle autarcie et Daisy veille sur la douce et petite Peper.
Ils sont prêts…
Maintenant, c'est ma vie… Une affirmation, une prise de conscience qui bouleversera l'existence de Daisy et celle de ses cousins.
Ce livre a la saveur de l'innocence, de la jeunesse. L'auteur nous présente des enfants épris de liberté et indépendants. Leur autonomie est sage, ces adolescents sont responsables et respectables. Déjà adultes dans leurs comportements, ils ont parfois la douceur et la naïveté de leur âge. L'histoire débute comme une partie de campagne insouciante et joyeuse, puis la gravité de la trame échoit brutalement. Une guerre. Laquelle ? Elle fait peur car elle semble si proche et si lointaine, si actuelle et si vieille.
Un style agréable à lire, une pertinence toute adolescente et une belle histoire d'amour.
Un beau livre pour les jeunes collégiens.
« Ce premier roman a bouleversé l'Angleterre et s'impose partout dans le monde comme un texte majeur de la littérature de jeunesse. »
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jimetdalva
01 septembre 2012
"Maintenant, c'est ma vie" est un roman pour adolescent de Meg Rosoff. Ce roman ayant reçu de nombreux prix en Allemagne, aux USA et en Angleterre, les critiques étant unanimes, je me demande pourquoi la magie n'a pas opéré sur moi.
Les ados aiment les histoires d'amour...Ici,le personnage principal est Daisy qui tombe amoureuse pendant ses vacances de son cousin Edmund.
Les ados aiment les histoires de famille foireuses...Daisy quitte son père et sa belle-mère enceinte qu'elle déteste!
Les ados n'aiment pas l 'injustice: pourquoi le père ne soutient-il pas sa fille face à la belle-mère ?
Le contexte de l'histoire est celui d'une guerre qui rend le retour de Daisy dans sa famille impossible , ainsi que de celui de sa tante partie en laissant les adolescents à la ferme. Ce sera pour eux l'occasion d'apprendre la débrouille, de connaître la faim, le retour à des techniques anciennes...sans électricité, il faut activer les bras !
Beaucoup d'ados, mêmes lecteurs, se moquent du style...et là, j'ai cru que c'était vraiment un premier roman de gamine tant les tics de langage comme une utilisation massive des numéraires "centaines, milliers ,millions ..." sont nombreux !
Même si le flou de l'histoire est voulu, cela m'a exaspéré. Tant qu'à parler de problèmes , de troisième guerre mondiale, de terrorisme, il faut ouvrir les consciences et ne pas se limiter à parler "des Bons et des Méchants" '( avec majuscules comme s'il s'agissait d'une nationalité!). Qui sont les Bons et les Méchants ? Pourquoi y a t-il des Bons et des Méchants ? Personne n'est nommé, pourtant, l'allusion aux millions de morts tués lors d'un attentat à la bombe dans une gare anglaise n'est pas sans rappeler ceux perpétrés par des musulmans intégristes! L'auteur évoque mais ne cite pas ! Lâcheté ou peur de perdre un lectorat ?
Ce matin, à la radio, une bibliothécaire disait que les jeunes recherchaient des histoires sexuelles dans les romans ados .Là-aussi, il y a un flou dès le début du roman( ils l'ont fait ou pas ?) pour basculer plus loin dans des expressions clichés comme celle de la sueur sur leurs corps embrasés, des corps emboîtés etc...
Ce titre pourrait être un mélange de "2 ans de vacances " de Jules Verne et de "la route " de McCarthy....en moins bien évidemment !
je lis souvent des romans jeunesse et j'avoue que pour moi, celui-ci est un des plus mauvais : jeunes lecteurs, inutile de vous conseiller Twilight que vous connaissez déjà ( et dont je déplore aussi les clichés) mais essayez plutôt des auteurs comme Johan Heliot , Nathalie le Gendre ou Scott Westerfeld !
Et je ne vous parle pas de sa couverture avec ses papillons d'argent ....qui induira en erreur de nombreuses jeunes lectrices !
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maevedefrance
29 janvier 2017
Traduit par Hélène Collon
Daisy, une ado new-yorkaise, est envoyée par son père passer quelques jours dans la campagne anglaise, chez ses cousins. Dès la sortie de l'avion, elle est intriguée par Edmond, son cousin, venue la chercher à l'aéroport. 14 ans, la clope au bec, il conduit sans permis et surtout a un air de chiot perdu. Ce n'est que le début des surprises. Elle découvre le reste de la famille : Isaac, Piper, Osbert, une chèvre, des chats et des chiens, un mouton, forment le singulier mais sympathique comité d'accueil de Daisy. Tante Penn, qui aurait dû venir la chercher à sa descente de l'avion, est absente du tableau. La première impression qu'on a, c'est que les gamins ont l'air de vivre et de se gérer seuls, dans cette ferme où règne un joyeux bazar.
Peu à peu on découvre que le monde est en crise, en proie à un terrorisme de niveau mondial. Pourtant, le coin de campagne où vivent les cousins de Daisy ressemble à un Eden. On sent une menace latente. le silence avant la tempête. Jusqu'au jour où une bombe explose au plein milieu d'une gare de Londres, faisant "quelque chose comme sept mille ou soixante dix-sept mille tués". Alors tout dérape vraiment. Les aéroports ferment, "on parle partout de pénurie de produits alimentaires, d'arrêter les transports publics, de rappeler tous les hommes en âge de se mettre au service de la patrie", "les types de la radio demand[ent] d'un ton solennel à tous les gens qu'ils alpagu[en]t dans la rue si "ça v[eu]t dire que c'[es]t la guerre", sur quoi il fa[u]t fader des experts tout aussi solennels qui f[on]t semblant d'en savoir plus que le commun des mortels". le monde devient dingue. Tante Penn, qui travaille pour les hautes sphères de négociation de la paix, partie la veille à Oslo, ne peut revenir sur le territoire britannique puisque les aéroports du pays son fermés. Les gamins vont devoir se débrouiller seuls, mais finalement, ce n'est pas si important puisqu'ils se débrouillaient déjà seuls. Quand ils reçoivent un message disant que les habitants doivent évacuer la zone, ils décident de ne pas quitter les lieux et d'aller se cacher pour vivre dans la grange. Malgré tout, ils finissent embraqués de force par les forces du pays et sont séparés. Daisy et Pipper se retrouvent en famille d'accueil, dont elles s'échappent. Elles vont devoir apprendre à survivre et nous les suivons dans cette fuite folle.
Juste avant que tout dérape, Daisy et Edmond sont tombés amoureux. Daisy a fait une promesse, elle fera tout pour la tenir. Cela va la transformer et changer sa vie.
Daisy est un personnage blessée depuis sa naissance : elle se considère comme quelqu'un qui apporte le malheur partout où elle va : sa mère est morte en lui donnant vie. En arrivant en Angleterre, elle pensait avoir laissé les attentats sur le sol américain et voilà que le monde part en vrille. Avant la guerre, elle était anorexique, ou du moins avait des périodes où elle refusait de manger. Pendant la guerre elle va devoir trouver à manger pour ne pas mourir. Pourtant, comme elle le dit en prélude du roman, si la guerre a chamboulé pas mal de choses pour elle, en soit, les changements qui se sont opérés sont surtout dus à... Edmond.
J'ai beaucoup aimé les personnages principaux du roman, cette famille d'ados livrés à eux-mêmes, abandonnés par les adultes, qui sont tous des personnages négatifs. Tante Penn est bien trop occupée à négocier la paix pour s'occuper d'eux ; le père de Daisy se contente d'un coup de fil après la bombe pour savoir si elle est toujours en vie mais l'obligera à retourner à New York quand elle a décidera que sa vie est maintenant ailleurs. Les gamins sont brutalisés par les forces armés du pays. Bref, le monde des adultes est vraiment sombre. Parsemé de cadavres, de maisons dévastées.
Pourtant, dans cet univers de désolation, Daisy court après l'amour, incarné ici par Edmond. Cependant Meg Rosoff ne fait pas de ce roman une bluette sentimentale avec des violons et des trémolos, des machins bien "cul-cul-la-praline". A travers ce thème amoureux, elle explore les ravages de la guerre, un monde vide et vidé de son sens, un monde où il faut explorer les cadavres pour retrouver ceux qui vous sont chers, où il faut compter sur la générosité de la nature pour survivre.
(J'ai particulièrement aimé le passage sur la cueillette des champignons et leurs conséquences ! :) )
L'écrivain parvient à insuffler de la poésie dans cet univers apocalyptique, par la luxuriance de la nature qui reprend ses droits et qu'elle s'attache à décrire. On suit avec bonheur Daisy et sa petite cousine Piper dans leur cavalcade pédestre à travers la campagne anglaise.
Ne pas s'attendre à des dialogues, l'écrivain n'utilise pas le discours direct libre pour faire parler ses personnages à travers l'histoire que raconte Daisy. Ou si peu.
C'est premier roman que je lis de Meg Rosoff, publié en 2004 et, depuis, adapté au cinéma. Un beau roman young adult, à la fois palpitant, angoissant et émouvant. Un roman d'apprentissage original et paradoxal.
Il a d'ailleurs remporté de nombreux prix.
J'ai aussi visionné le film qui en a été tiré : dommage qu'une partie de la fin du roman soit complètement omis, que certains personnages meurent alors que ce n'est pas le cas dans le roman, ce qui change un peu la donne. le personnage de Daisy est complètement agressif dans le film, ce qui n'est pas le cas dans le roman. La Daisy du roman ne fait pas de caprices de merdeuse du genre qu'on a envie de remettre direct dans l'avion et elle n'assassine personne. Edmond s'appelle Edmond et n'est jamais nommé par le diminutif "Eddy", comme à l'écran. Pas d'histoire bombe nucléaire, pas de neige en plein été...
Le film se regarde, surtout si on n'a pas lu le roman, mais le réalisateur a pris des libertés. Donc je vous conseille plutôt de lire d'abord le roman et ensuite de regarder le film (d'ailleurs je ne fais que rarement l'inverse, car dans ce cas-là, je ne lis pas le roman parce que je sais que je vais être agacée ;) )

Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Les critiques presse (1)
Lecturejeune01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - « Avant la guerre je ne me rappelle presque rien — pas de quoi écrire un livre, contrairement à ce qui va suivre. » Avant que la troisième guerre mondiale n’éclate, Daisy est une adolescente ordinaire qui fait payer à son père son remariage en maigrissant à vue d’oeil. Désemparé, celui-ci confie Daisy à sa tante Penn. Dans la campagne anglaise, la new-yorkaise apprend à aimer cette tante maternelle et ces cousins qu’elle ne connaissait pas. Penn s’envole pour une conférence à Oslo. Livrés à eux-mêmes, tout à leur joie de prendre possession librement de la ferme, les cinq enfants ne voient pas le temps passer. Ils ne s’inquiètent pas de l’absence prolongée de Penn, ils ignorent tout du conflit qui gronde. Mais des bruits les rattrapent : des bombes ont éclaté à Londres, des terroristes ont pris possession de l’Angleterre, désormais isolée du reste du monde. Isolés, les enfants souhaiteraient le rester, blottis dans le petit cocon qu’ils se sont créé. D’autant que Daisy et Edmond ont noué une relation sensuelle et fusionnelle. Mais la ferme est réquisitionnée et les cousins sont séparés : Daisy et la petite Piper sont attendues dans une lointaine famille d’accueil tandis qu’Edmond, Isaac et Osbert sont pris en charge par des voisins. Ils jurent de se retrouver. Meg Rosoff signe un premier roman bouleversant. Nous sommes dans la tête de Daisy lorsqu’elle traverse ce rêve ouaté, puis le cauchemar assourdissant de la guerre. Son monologue intérieur, les discours qu’elle rapporte au style indirect libre rendent comptent de la confusion qui règne. Cette guerre la plonge dans le flou, elle n’y comprend rien, elle ne sait que le bonheur d’avoir, un jour, trouvé une véritable famille. Nous faisons corps avec cette adolescente libre, ironique, et plus forte qu’elle n’y paraît. Auprès de Piper, elle assume un rôle presque maternel. Et pour regagner son paradis perdu, elle bravera tous les dangers. _ Gaëlle Glin Ce roman de Meg Rosoff a eu un écho retentissant en Angleterre et aux Etats-Unis, où il a notamment décroché les prix Guardian et Michael L. Printz.ndlr
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
florencemflorencem07 août 2015
Ce soir-là le soleil a attendu plus longtemps que d’habitude pour se coucher, on remettait sans cesse le moment de s’en aller ; les garçons et les chiens sont repartis à l’eau et on a fini par rentrer presque dans le noir, crevés et trop heureux pour parler. Il devait bien y avoir une guerre qui se déroulait quelque part dans le monde mais en tout cas nous, elle ne nous atteignait pas.
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MyaRosaMyaRosa21 mars 2010
J'avais les boules contre toutes les séries d'espionnage où on voit des types avec un bandeau sur les yeux se faire jeter à l'arrière d'une bagnole et réussir quand même à retrouver leur chemin à cause d'un gloussement de poule par-ci ou de deux bosses sur la route par-là, quand ce n'est pas un chien qui aboie en clef de sol, car je suis bien placée pour vous dire maintenant que ce sont des conneries, surprise, surprise.
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LaLoLaLo27 décembre 2010
Là où j'étais le plus heureuse, c'était quand il venait juste s'allonger à côté de moi et que je sentais presque le poids de son corps contre le mien. Sa présence faisait taire ne serait-ce que quelques secondes le crépitement de l'angoisse qui faisait grincer mon sang contre mes os et l'espace d'un instant je me sentais fondre, comme si j'étais toute molle.
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joey7lindleyjoey7lindley14 novembre 2010
On a reçu avec nos colis de nourriture des dépliants qui recommendaient de faire systématiquement bouillir l'eau et ça disait aussi Prenez des précautions particulières quand vous manipulez des couteaux, des outils ou des armes à feu car les blessures légères peuvent s'infecter et entraîner la mort. Ce que j'ai trouvé très marrant vu qu'on est prétendument en pleine guerre, et que ça a souvent le même effet.
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Lea0409Lea040928 juillet 2011
Mais je commençais à croire que certaines choses arrivent qu'on le veuille ou non et qu'une fois qu'elles sont lancées, on n'a plus qu'à s'accrocher, fermer les yeux et attendre de voir où on va atterir quand ça va s'arrêter.
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Videos de Meg Rosoff (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Meg Rosoff
Montreuil 2014 - Meg Rosoff .A l?occasion du salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, rencontre avec Meg Rosoff auteur de l?ouvrage « Au Bout du Voyage » aux éditions Albin Michel Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/rosoff-meg-bout-voyage-9782226257925.html Musique : ® Vavrek - Journeys End - http://vavrek.com/
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