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EAN : 9782211305297
268 pages
L'Ecole des loisirs (05/02/2020)
4/5   50 notes
Résumé :
Sur la presqu'île de lurföll, les hommes partent en mer dès qu'ils en ont l'âge. A terre, les femmes gouvernent, exercent tous les métiers, et sont libres de vivre les amours qu'elles désirent.
C'est dans cette société sereine et joyeuse que grandit Albaan Blosseüm. Sereine ? Pas tant que cela. Les rêves qui assaillent Albaan sont porteurs de noirs présages. Une malédiction planerait-elle sur elle ?
Qui est cette femme au visage brûlé qui lui veut du m... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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FabtheFab
  25 mars 2021
Soriane Mergenstorm est née d'une étrangère et d'un père déjà engagé dans une autre vie de famille. A l'âge de 5 ans, elle a été chassée du village d'Ann-ville avec sa mère et à 11 ans, elle a perdu son père. Elle en a conçu une amertume et une colère immenses. Elle travaille en ville dans un laboratoire de génétique et elle manipule des embryons afin de favoriser l'eugénisme. Sa collègue, Nanna, originaire elle aussi de la presqu'île de Iurfoll, la supporte mais la folie de Soriane est de plus en plus terrifiante.
Sur la presqu'île de Iurfoll est née aussi à Ann-Ville, Albaan Blosseum, fille de Lana Blosseum et Iulians Formster. Elle a bientôt un petit frère, Yohann. Leur vie est douce, rythmée par la saison des pêches à la morue et les expéditions des hommes en mer. La vie du village est organisée par les femmes. Albaan s'échappe du village avec son amie, Lilijann, pour aller dans la forêt où vit la légendaire Walilu qui dévore les enfants. Cet Éden est menacé par l'arrivée d'une gourou, Sori-Mori qui jette l'anathème sur Albaan.
Cécile Roumiguière travaille à la fois pour le spectacle vivant et le cinéma. Elle écrit aussi des albums, des premières lectures et des romans pour la jeunesse.

Cécile Roumiguière s'est inspirée de la vie des femmes de l'île de Kihnu en Estonie mais aussi de celle des femmes Moso en Chine. Elle a lu Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Collet à La Découverte. Elle ancre son roman dans une société matriarcale. Son écriture décrit avec énormément de finesse les paysages de cette presqu'île perdue dans un pays imaginaire du Nord, les forêts et les lacs et bien sûr, la mer omniprésente. Elle cerne aussi avec une infinie justesse les émotions de ses personnages et le long cheminement de l'héroïne de son enfance à l'âge adulte. Elle suggère des images superbes, le port, la forêt, la chambre des bourgeons dans lesquelles les femmes invitent les femmes et les hommes qu'elles souhaitent à les aimer. Il s'agit bien d'un roman d'atmosphère, la recherche du vocabulaire est poétique. L'histoire se déroule lentement dans un temps de conte, loin des contingences habituelles du roman pour la jeunesse. Ce roman brille par cette originalité.
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LivresdAvril
  17 août 2021
Merci à l'Ecole des loisirs pour l'envoi de ce roman en SP.
C'est intriguée par cette Walïlü et la promesse d'un roman prenant place dans le grand Nord que j'ai ouvert ce roman. Et je n'ai pas été déçue : la nature et les éléments prennent une place importante dans l'histoire. J'ai aimé découvrir cette société matriarcale en pleine mutation, ce questionnement sur la préservation des traditions et l'ouverture à la modernité.
Il me semble que la vie quotidienne sur la presqu'île de Iurföll, entre absence des hommes partis pêcher de longs mois, passage à l'âge adulte de jeunes filles (quelle charmante idée que cette chambre des bourgeons !) et intrusions du reste du monde, se suffisait à elle-même.
L'apparition soudaine d'une étrangère et son utilisation des différentes superstitions était une idée intéressante, mais j'ai trouvé le personnage de Sori Morï caricatural et ses motivations tirées par les cheveux.
Restent les beaux portraits de femmes, fortes et investies dans leur communauté, croqués par Cécile Roumiguière.
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Omeann
  09 mars 2022
Il est des hasards qui ne s'inventent pas. Ce livre est reparti avec moi après le vide bibliothèque Babélio. Je l'avais choisi un peu par dépit car il ne restait pas grand chose, mais la quatrième de couverture m'a accrochée. Une histoire de sororité, de rites, de vengeance, dans un pays froid. Il n'en faut alors pas plus pour me décider. Il traine dans ma PAL depuis lors.
Et, deuxième hasard, c'est ce livre qui m'a accompagné dans l'avion pour l'Islande. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que l'autrice s'était en partie inspirée de paysages et du folklore islandais pour tendre la toile de fond de son récit !
La péninsule de Iurföll a des airs d'Islande, de Norvège, de Finlande, pays que j'ai déjà pu visiter. C'est pour cela que j'ai beaucoup aimé ce roman. Les descriptions ont résonné en moi, car je connais ces paysages, il m'était donc très facile de m'imaginer aux cotés d'Albaan et de son amie à arpenter les forêts enneigées où règne la Walïlü. Elles y découvrent leurs sentiments, leurs corps, sans tabous.
Ce roman, porté par la plume cristalline de Cécile Roumiguière, est un roman d'apprentissage particulièrement juste et touchant. On y suit une petite fille grandissant dans une communauté principalement composée de femmes, elles sont fortes, libres, ouvertes d'esprit. A leur puberté, on offre aux jeunes filles la clef de leur chambre aux bourgeons, pièce qu'elles décoreront à leur goût pour y accueillir amants et amantes. J'ai beaucoup aimé cette tradition à la fois moderne et ancestrale.
Ce qui m'a particulièrement plus aussi, c'est le fait que les quelques personnages masculins ne soient pas démonisés. Souvent dans les romans féministes, l'homme c'est le mal. Ici, le mal est bien une femme, ravagée par la haine et la vengeance, qui se moque bien de l'esprit de sororité.
Il m'a fait pensé aux romans Les Graciées, de Kiran Millwood Hargrave et L'année de grâce, de Kim Liggett qui portent le même genre d'ambiance.
Un joli roman dont on se délecte comme d'un flocon sur le bout de la langue. A mettre en toutes les mains.

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ElsieDansLesLivres
  29 juillet 2022
Voilà un livre que j'ai dévoré !
J'aime beaucoup l'ambiance du livre. J'ai passé de long moment à imaginer les décors, la forêt, la neige, les sons, les odeurs… J'ai passé un très agréable moment lors de ma lecture.
Le lieu de l'histoire est la ville d'Ann-Ville, un endroit régi par les femmes. C'était intéressant à découvrir ! Surtout lorsque je me suis aperçue que ce lieu est comme figé dans le temps et est coincé entre progression et conservation. Ce sont des sujets auxquels je suis sensible. Cet éternel combat entre les traditions et le progrès… Bref, j'ai adoré suivre la progression de l'intrigue dans cette ambiance !
Ma seule petite déception est le fait que l'histoire n'est pas aussi « fantastique » que le laissait penser le résumé. Je m'attendais à ce que le coté fantastique soit très présent dans l'histoire mais finalement, ce n'est pas le cas. Cela dit, ce n'est pas une immense déception car le récit reste très passionnant ! C'est une histoire plutôt centrée sur les rapports humains.
Tout dans l'histoire est une question de relation : les habitants par rapport aux étrangers, les traditions et la progression, l'identité de la ville par rapport au monde extérieur, le passé et le présent, la colère et la vengeance… Tout ceci est porté par des personnages plus qu'attachants ! J'aime particulièrement le caractère d'Albaan, que le récit suit de son enfance à son adolescence. L'histoire fait beaucoup de saut dans le temps pour les besoins de son intrigue mais cela ne complique pas du tout la lecture.
Cette intrigue est assez prévisible (personnellement, je n'ai eu presque aucune surprise, sauf à la toute fin), il n'y a pas d'énorme mystère. Malgré tout, le récit est passionnant car c'est une histoire de vengeance ! Justifiée ou non, c'est au lecteur de décider. de mon point de vue, les motifs sont valables, ce qui donne une étrange saveur à cette histoire. Jusqu'où la colère peut-elle nous mener ? Y a-t-il un retour en arrière possible ? Voilà ce qui rend l'histoire palpitante !
En bref, c'est un roman contemplatif et particulièrement intéressant !

Lien : https://elsiedansleslivres.w..
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Anarya
  19 mars 2020
La sublime couverture réalisée par Joanna Concejo retranscrit parfaitement l'ambiance du nouveau roman de Cécile Roumiguière : un univers entre le sel de l'eau et les bruits froissés ou inquiétants de la forêt, teinté d'une magie que l'on devine dans ce paysage aussi beau que mystérieux. Si la presqu'île de Iurföll est une invention, le roman s'inscrit pourtant dans notre monde actuel, et vient piocher dans des sociétés de femmes existantes de par le monde pour créer celle dans laquelle vit et grandit Albaan. Une société matriarcale absolument passionnante, coincée entre ses traditions tenaces et sa volonté de modernité, qui met hommes et femmes sur le même pied d'égalité mais qui se construit, il est vrai, sur la femme, la seule présente sur la terre ferme tandis que les hommes partent pêcher sur de longues durées. Et malgré la relative tranquillité dans laquelle vit tout ce petit monde, l'arrivée d'une femme étrange va bouleverser toute la communauté pourtant très soudée.
Cécile Roumiguière nous subjugue par son écriture envoûtante, dépaysante, poétique et délicate, qui nous plonge dans un univers à la lisière du fantastique et nous fait rencontrer des personnages remarquablement construits, intrigants et inoubliables. Vous vous en doutez, le roman est profondément féministe et aborde ainsi de nombreuses questions sur le rapport au corps, sur la sexualité, mais il est également l'écho de bien d'autres questionnements, plus écologiques ou éthiques. Mais c'est aussi et surtout le récit d'une vengeance, d'une famille, de l'intime et du parcours d'une jeune fille alors qu'elle grandit. Un roman ambitieux, magique, qui nous enchante comme un conte et nous passionne comme un magnifique récit de vie. L'un des plus beaux romans de cette rentrée d'hiver.
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
SioSio   01 mars 2020
Derrière un rideau d'arbres, au fond de la forêt, un lac noir sous le ciel noir. Et le froid. Un chuintement, une plainte. Un cri de douleur qui signe la fin de la nuit. Lentement, le noir du ciel se griffe d'or et d'argent, le cobalt fond sous l'indigo. Le gémissement, à nouveau, résonne sans que personne ne soit là pour l'entendre. Un trait, un éclair nacré dans le blanc de la glace, et un soupir, le dernier, un son à lacérer le cœur quand la plaque se scinde en deux. Le morceau de glace hésite, il tangue en suivant le clapot des eaux du lac. Le vent tombe, la plaque dérive.
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FabtheFabFabtheFab   25 mars 2021
"Albaan glisse dans les paysages de cette presqu'île recroquevillée sur l'océan, une terre mangée de brumes, de neige, de lacs et de forêts, un pays isolé du monde où la plus grande des villes est un simple port de pêche aux maisons de bois bariolées. Albaan s'endort dans la peur de perdre pied. Elle sent la présence de l'océan, là, tout autour d'elle. Et sur cet océan, son père, ce géant, n'est qu'un minuscule point, elle le sait. Un point qui flotte et peut sombrer." pg 24
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LivresdAvrilLivresdAvril   16 août 2021
C’est nouveau sur la presqu’île, les touristes. Ils achètent des granges et de vieilles fermes de bois au bord des lacs, ils les font repeindre de couleurs fringantes et y viennent l’été, quand les jours sont si longs. Ce sont des habitants en pointillé, on n’a pas le temps de leur trouver des défauts ou de s’attacher à eux qu’ils sont déjà repartis. Mais ils ont de l’argent, ils font vivre pas mal de gens. Alors, qu’ils soient étrangers n’est plus si important, tout compte fait. (p.159)
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NadaelNadael   21 avril 2020
« – Il y a le temps des tanières et celui de la lumière ; la vie est un déferlement de vagues qui font rouler les galets… Jusque là, j’avais besoin de forêt et de solitude. Demain, je ne sais pas. Ne t’en fait pas, j’ai les épaules solides. – Prends soin de toi, Nanna. Même les galets peuvent être brisés quand la houle est trop forte. »
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MMChretienMMChretien   15 avril 2021
Toutes les guerres sont sales, mais la Première Guerre mondiale a pourri même le fond des océans : obus, grenades, cartouches... Le passé laisse toujours des traces insoupçonnées ; les eaux du Nord dégorgent de munitions qui n'attendent qu'une rencontre favorable pour exploser. p. 51
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Videos de Cécile Roumiguière (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cécile Roumiguière
Présenté par Carole Saturno.
Du jeu en littérature jeunesse.
Avec l'illustratrice Carole Chaix, l'autrice Cécile Roumiguière (Cric-Crac, sors l'histoire de sa boîte, un jeu imaginé pour la CAF-93) et l'éditrice Marianne Zuzula(La Ville brûle).
Pleins feux sur la création et la littérature jeunesse.
Rubriques journalières : "À Suivre…" avec Sylvain Pattieu (Terrain frère, l'école des loisirs)."Jour de marché" avec Yassine de Vos, L'Articho.
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