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EAN : 9791097515096
268 pages
LA TRACE (16/05/2019)
4.56/5   9 notes
Résumé :
Vaucluse, juin 1912.

Rosa Barloti 7 ans, disparaît dans un mystère absolu. On retrouvera seulement sa robe, ensanglantée, au pied d’un arbre. Sa famille a juré vengeance, peu importe le temps et la durée que cela prendra.
Une question d’honneur, au sein de ce clan Corse.

Vaucluse, septembre 2018.
Ange Barloti est lié par le sang à la petite Rosa. Il a juré de venger l’outrage fait aux siens il y a plus d’un siècle. Mis à p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Levant
  08 novembre 2019
"Comment pouvons-nous nous sentir plus réels dans ce que nous écrivons que dans ce que nous ressentons au fond de nous ?" C'est Romilda qui s'interroge en ces mots. Elle tente de s'extirper de la réalité. Profonde blessure que sa réalité. Son mari vient de l'abandonner. Pire que cela, il est parti avec l'autre amour de sa vie : sa complice, sa confidente, sa petite soeur.
Comment imaginer que ces paroles prêtées à Romilda pourraient ne pas s'appliquer pas à son auteure, Bénédicte Rousset. Tant filtre son implication de femme sensible dans ces lignes. En particulier dans les lettres qu'elle fera écrire à son héroïne, laquelle donne son nom à ce roman, fort réussi à mon goût.
J'ai fait connaissance avec cette auteure grâce à cet ouvrage. Mais pas seulement, elle me l'a dédicacé lors d'une rencontre en librairie. Le plaisir de l'échange s'est prolongé avec la lecture de celui-ci.
Un roman sur fonds d'enquête qui s'inscrit dans le genre policier. Étiquette que je serais tenté de contester, tant j'ai été séduit par l'autre genre qui colle à ces lignes. Dirais-je que c'est un roman d'amour qu'on l'affublerait ipso facto d'une couche de mièvrerie. Qu'il n'a pas. C'est un roman sensible dans ce qu'il touche le coeur, sensuel dans ce qu'il implique le corps. Un roman auquel il est difficile de mettre une étiquette justement. C'est un beau roman, c'est une belle histoire dit la chanson. Un roman qui restitue à l'amour ses lettres de noblesse quand il a été piétiné.
L'artifice de construction choisi par Bénédicte Rousset pour son ouvrage est très original. Il parvient à magnifier l'amour avec une étonnante force suggestive. Une force qui assujettit le lecteur. Romilda a découvert des lettres. Un paquet de lettres étiqueté "correspondance militaire". Elles datent de 1914 pour les premières. Les hommes sont partis s'engluer dans les tranchées. Les épouses, les fiancées livrées à l'attente angoissée. Des lettres pour relier les deux. Des mots simples pour se rappeler la vie ensemble. Douceur devenue souvenir et espoir d'avenir en même temps. Des lettres d'amour. Des lettres qui retracent des moments de vie. Des lettres qui figent sur le papier à l'encre bleue les confidences de gens simples. Ils se confient sous leur plume souvent beaucoup plus qu'ils ne l'ont jamais fait de vive voix. C'est la force de l'écrit que célèbre Bénédicte Rousset.
Ces lettres découvertes au hasard, Romilda se les approprie. Commence alors pour elle un sauvetage. Le sien accessoirement. Mais aussi et surtout celui de l'Amour.
Elle se les approprie au point de répondre à Félix. Il avait été mobilisé lui aussi, même s'il a échappé au cloaque des tranchées. Tant pis si elle prend la place de l'autre, la destinataire. Il y a prescription. Elle écrit des réponses aux lettres de Félix. Des lettres dans lesquelles elle se livre corps et âme, sans amertume. Avec la conviction de reconstruire quelque chose. Des lettres qui pourtant ne partiront pas, mais qu'importe. Des lettres qu'elle destine à elle-même finalement. Une correspondance audacieuse pour se dire qu'elle peut encore aimer. Des lettres pour réhabiliter l'amour. Lui redonner son statut dans la vie des hommes.
Romilda se construit ainsi un amour intouchable. Personne ne lui volera plus. Et pour cause, Félix est mort depuis longtemps. Son amie Laura se moque d'elle. Romilda n'en a cure. Les lettres de Romilda sont une évasion du gouffre de l'abandon dans lequel elle a été précipitée depuis la trahison d'Adam, son mari.
"L'écriture c'est aussi donner la parole à nos émotions et leur accorder un sens à partager". Romilda écrit ce trop-plein d'amour qui bout en elle et qui vient d'être foulé aux pieds. Ses lettres soulagent son coeur, sèchent ses larmes. Romilda les nimbe du fantasme de l'amour célébré. Ambitieux, souverain. L'amour dans l'absence ne craint pas l'usure du quotidien. L'amour au féminin, intérieur. L'amour dans lequel la sensualité n'est pas une fin mais une manifestation, une preuve. Une preuve brûlante comme la main qui effleure la peau de l'être aimé. L'amour incarné.
L'amour se réalise, enfin. Promesse d'un avenir tendre, qui dure au-delà de la vie.
Alors roman policier ? Le croirez-vous après avoir lu ces lignes ? C'est pourtant écrit sur la couverture. Oui, il y a bien une enquête. Une enquête qui n'attend pas la dernière page pour dénouer l'énigme et dénoncer l'assassin. Parce que cette enquête, elle met à jour une autre facette de la nature humaine. Un autre sauvetage. Celui d'une grandeur de la nature humaine. Une fois n'est pas coutume. C'est tout sauf compassé, c'est bien construit. J'ai aimé votre roman Bénédicte Rousset. "L'heureux moment partagé" de votre dédicace en conclusion de notre brève rencontre s'est prolongé sous mes yeux avec Romilda.
J'ai aimé votre intelligence d'écriture pour dire l'amour. J'ai aimé que le roman prenne de la hauteur avec les références culturelles que votre compétence vous autorise. J'ai aimé que ce ne soit pas un ouvrage féministe, ni un plaidoyer larmoyant en faveur de la femme abandonnée. C'est un ouvrage sur la vie des Hommes, dans ce que cela englobe des deux sexes, confrontés à leur incompréhension réciproque dans ce qui les unit et finit par les séparer. Mystère insondable de l'amour. La naissance du désir qui porte les êtres l'un vers l'autre et les met en danger dans le même temps. Le danger de l'assouvissement. L'amour peut-il survivre à son assouvissement ?
La réponse c'est vous qui la donnez. Quand on lit ces mots de vous page 45. L'amour peut s'accomplir quand il débouche sur … "La famille, ce soupirail sur un monde enchanté".
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Tostaky61
  18 février 2020
Attention coup de coeur !!!
Romilda, un roman policier pour les amateurs du genre qui ont un coeur plus grand que leur poche revolver...
En regardant la couverture tout est dit.
J'ai su au premier regard.
J'ai su la poésie, j'ai su le mystère,  j'ai su l'émotion.
C'était jour de fête à Piolenc, en cet été 1912. Les Barloti étaient venus de Corse pour le mariage.
Ce sera jour de drame aussi. Rosa, la petite dernière de la famille a disparu.
On retrouve la robe de la fillette tachée de sang.
On ne retrouvera jamais le corps de l'enfant.
Chez ces gens-là,  on n'oublie pas, jamais,  de génération en génération on jure vengeance.
Plus d'un siècle plus tard, Ange, dernier descendant de la famille de la petite Rosa, propriétaire d'un domaine viticole qui fait sa fierté, jure de respecter le serment.
Romilda, elle, qui ne sait plus trop où elle en est dans sa vie, va trouver, au hasard d'une météo déchaînée et de la maison parentale inondée, un paquet qui contient des lettres.
Ce livre s'ouvre d'ailleurs sur l'une d'elles et.... que c'est beau.
Félix écrit à sa fiancée.
On est en pleine Première Guerre mondiale.
Naît alors un échange épistolaire dont je ne peux dévoiler la teneur, tout juste puis-je parler du romantisme qui s'en dégage entre deux êtres que bien plus qu'une guerre ne sépare.
Quand le passé remonte à la surface, peut-on changer le destin ?
Non, Romilda n'est pas un roman policier comme les autres.
Parce que la plume (et je trouve ce mot tout à fait approprié au travail de la romancière) de Bénédicte Rousset donne à ce récit un style si particulier, l'émotion est au coeur de ce roman.
Un roman pas si policier que ça, donc, qui ravira en tout cas, tous les lecteurs amateurs de belle écriture.
Premier vrai gros coup de coeur en 2020.

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Rachelkaposi
  21 février 2021

Romilda, de Bénédicte Rousset, est un « roman policier » qui se démarque d'emblée de la catégorie des polars. En effet, si tout commence de façon plutôt « classique », le livre va nous entraîner dans des voies totalement inhabituelles et déroutantes.
L'intrigue repose tout d'abord sur un assassinat, celui de la petite Rosa, le jour où les Barloti, viticulteurs corses, s'apprêtaient à célébrer le mariage de leur fille à Piolenc dans le Vaucluse. L'enquête n'ayant pu aboutir, le père Barloti promet qu'il y aura vengeance pour laver l'honneur de la famille. Mission dont héritera Ange Barloti, son descendant.
Parallèlement, l'auteur nous conte l'histoire de Romilda, une traductrice littéraire qui fait la découverte dans la cave de la maison parentale d'un paquet de lettres anciennes. En proie à une profonde déception amoureuse, elle décide de répondre… un siècle plus tard, aux lettres que Félix, soldat mobilisé, avait envoyées en 1914 à sa fiancée.
Ces deux histoires paraissent si éloignées l'une de l'autre qu'on pourrait se demander comment l'auteur a pu les réunir dans un seul et même livre, et réussir ce grand écart entre une intrigue policière et une intrigue sentimentale, un désir de vengeance et un amour idéalisé.
Peut-être la réponse à cette question se trouve-t-elle d'emblée dans la couverture du roman ?
En effet, tout comme la fillette qui y est représentée, ruban aux cheveux, rose rouge dans les bras, Bénédicte Rousset nous fait basculer, tant dans l'intrigue policière que dans la romance amoureuse, dans une temporalité floue, où passé et présent inter réagissent et où le présent ne peut se lire qu'à la faveur du passé. L'auteur s'appuie sur les vertus de la communication inter-générationnelle ainsi que sur la nécessité de ne pas perdre de vue nos liens ancestraux. Car « qui sommes-nous, se demande-t-elle, sans mémoire, collective ou individuelle ? »
Pourtant, comment faut-il comprendre ce désir de basculement et d'enfermement dans le passé ? le présent serait-il à ce point insatisfaisant ? Les personnages seraient-ils malades de leurs excès ? Excès de vengeance, excès d'amour ?
L'auteur saura maintenir le suspens jusqu'aux dernières pages du roman.
Mais un autre thème, celui de la passion, paraît également essentiel dans la mesure où il permet aussi de lier les deux « intrigues » du livre. L'auteur n'écrit-elle pas « Toute vie qui ne suit pas un chemin passionné est une imposture » ?
L'honneur, la vengeance, le crime, l'amour total, le don absolu, sont des passions qu'il est possible d'opposer à la lâcheté, la peur, l'insatisfaction, l'inconstance.
Mais l'excès de passion, l'excès de nostalgie, conduisent à la mélancolie. Là se trouve sans doute la limite que Bénédicte Rousset parvient à fixer pour ne pas tomber dans le « bien-être immoral » de la vengeance et de la sublimation amoureuse.
Bien plus qu'un polar, « Romilda » soulève des questions que nous nous posons tous, et cela dans un style soutenu, des descriptions précises et détaillées, une construction sans faille.
Les lettres de Romilda, magnifiques, se doublent d'un arrière-plan historique, puisque celles de Félix ont bien été écrites par l'arrière arrière-arrière-grand-père de Bénédicte Rousset et constituent un précieux témoignage concernant la vie des soldats lors de la première guerre mondiale.
Alors, que vous aimiez ou non les polars, happés par les talents de romancière de l'auteur, cette lecture vous transportera dans un ailleurs spécialement revisité où la nostalgie n'a pas basculé dans la mélancolie. Suivant le cheminement de Romilda et d'Ange Barloti, vous comprendrez comment le réel peut revêtir la couleur des désirs et des rêves. Et de quelle façon la passion, à condition de lâcher un peu du lest, parvient à côtoyer la réalité sans toutefois perdre de sa puissance ni en être négativement affectée.
Rachel
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fuji
  30 juin 2019
Piolenc juin 1912, Vittoria Barloti se marie.
Jour de fête qui finit en drame absolu, la petite Rosa, 7 ans disparaît dans un mystère opaque, seule sa jolie robe rose est retrouvée à quelques mètres de la maison, entachée de sang.
Dans cette famille corse, il y a un chromosome supplémentaire, le V de la vengeance. Peu importe le temps que cela prendra mais l'honneur sera lavé.
Piolenc septembre 2018, Ange Barloti, arrière petit-cousin qui gère le domaine familial, apprend par la télévision que le corps d'une enfant a été retrouvé. Il s'agit bien de celui de Rosa.
A l'époque l'enquête avait été entachée.
Berthier va enquêter et remonter l'affaire.
Je n'en dirai pas plus pour ne rien divulgâcher.
Je vais m'efforcer de communiquer mon enthousiasme pour ce roman à suspense.
Si les cinquante premières pages sont très denses, c'est que Bénédicte Rousset sème à tous vents des indices sur plusieurs générations.
Ensuite les portraits des protagonistes s'installent avec force, tous très incarnés, apportent l'épaisseur nécessaire à cette histoire forte.
Berthier est un enquêteur mais aussi un homme, avec sa vie, ses difficultés, ses espoirs et ses désespérances.
Romilda et Laura sont amies et de personnalités antagonistes. Laura c'est la modernité. Romilda, cuve une déception amoureuse et éternelle romantique, lorsqu'une inondation lui permet de trouver un trésor : les lettres de Félix soldat écrivant à sa fiancée, elle engage une correspondance qui comme le fil d'Ariane nous mène sur le chemin de la vérité.
« Elle aimait retrouver cet auteur, sa façon de flouter le lecteur par un jeu de miroirs biseautés, ne serait-ce que par la structure narrative de son discours. »
J'ai aimé être constamment promener de l'ombre à la lumière, par une écriture fluide et stylée.
La construction labyrinthique est totalement maitrisée.
Je ressors de ma lecture avec cette impression d'avoir été prisonnière de ce roman comme la proie d'un boa constricteur.
« le mensonge tue, la vérité fait disparaître. »
Un suspense incontournable, à vous de juger.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 30 juin 2019.
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koatiraleur
  12 mars 2020
J'ai aimé ce livre…. Sur la couverture on peut lire « roman policier »… bien sûr, on retrouve le Commissaire Adrian Berthier, mais ce livre est beaucoup plus qu'une simple enquête policière ! Cent-six ans se sont passés depuis le meurtre atroce de la petite Rosa Barloti dont le cadavre vient d'être retrouvé en 2018 !
C'est un résumé très réducteur, mais je ne veux surtout divulguer cette histoire toute en subtilité…. Un merveilleux échange épistolaire enflammé entre Romilda et ce soldat Felix, dont elle a retrouvé, par hasard lors d'une crue, les lettres écrites en 1914, missives destinées à sa fiancée, déclarations d'amour auxquelles elle a décidé de répondre ! J'ai aimé le style suranné de cette correspondance, des phrases merveilleusement rédigées, pleines d'ardeur et de désir… écrites par deux personnes dont l'érudition est indéniable !
Et puis, il y a la vie quotidienne, bien ancrée dans le présent avec le dénouement de ce drame, malgré le temps passé !
J'ai découvert Bénédicte Rousset avec Rue sombre, c'est le quatrième roman de cette auteure que je lis, avec toujours autant de plaisir !
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LevantLevant   10 novembre 2019
Félix, tu es devenu mon oublié des livres d'Histoire, mon héros extraordinaire, mythique, par ta douceur timide et ta détermination inflexible à causer malgré toi, mon bonheur.
C'est comme si les mots me permettaient de sortir tout entière de mon temps de ma condition.
Un sentiment indéfinissable, mais tellement palpable !
Aristote a si justement dit :"Les histoires ne deviennent vrais mythes qu'une fois faites tragédies".
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