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Jean Guiloineau (Traducteur)
EAN : 9782259186674
328 pages
Éditeur : Plon (16/03/1998)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Résumé:
Omar Khayyam Shakil a trois mères, trois soeurs, qui manifestent en même temps les symptômes de la grossesse.
Dans l'éducation très étrange qu'elles vont lui donner avec le lait de leurs six seins, elles lui apprendront à ne jamais connaître la honte. Mais peut-on s'étonner de ces merveilles puisque cela se passe dans le Pakistan d'aujourd'hui (ou peut-être un Pakistan de fiction qui n'est pas tout à fait vrai lui non plus). Pourtant, Omar Kha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Calliope2017
  08 décembre 2019
Un roman complexe mais très original et intéressant, autant d'un point de vue historique, politique et littéraire.
La Honte est difficile à résumer, tant les personnages et les intrigues sont nombreux, mais je vais m'y essayer...
C'est avant tout l'histoire, déguisée, du Pakistan. Même si l'auteur a changé les noms et s'en défend avec beaucoup d'ironie, on reconnaît les deux dirigeants du pays dans les années 80, Bhutto et Zia, et toutes les intrigues politiques qui vont avec. C'est aussi l'histoire de familles, où l'on voit toute une génération grandir et une autre lui succéder, des mariages, des intrigues... C'est enfin l'histoire de la honte, sous tous ses aspects, et de ses conséquences (le mot ou un de ses dérivés revient fréquemment dans le roman). Celle que représente pour sa famille Sufiya Zinobia, la fille retardée de Raza Hyder (futur dictateur du pays), et qui accumule toute cette honte en elle jusqu'à la transformer en violence meurtrière. C'est aussi elle que ne ressentira jamais Omar Khayyam Shakil, qui respecte presque trop la mise en garde de ses "trois mères" : élevé sans contact avec le monde extérieur par trois soeurs dont il n'a jamais su laquelle était vraiment sa mère, elles lui ont dit de ne jamais avoir honte de sa situation. C'est celle des femmes, réduites à la passivité mais qui ont également leurs torts et leur passé, celle de la politique, lorsque Hyder renverse son ancien ami Iskander Harappa et le fait exécuter...
Salman Rushdie nous dépeint tout cela en nous immergeant dans l'atmosphère du Pakistan (et nous apprend ainsi énormément sur cette culture) et en nous livrant une réflexion profonde sur l'immigration, lui-même étant "doublement immigré" - ses parents ont fui d'Inde au Pakistan et lui-même est ensuite parti au Royaume-Uni.
Et il nous raconte cette histoire avec un style assez unique, et très intéressant, un "réalisme magique" dans lequel la réalité est souvent mêlée à des éléments de surnaturel, avec un narrateur qui s'arrête pour s'adresser au lecteur ou commenter l'avancée de son récit, les actions de ses personnages...
Ce n'est pas le style de roman que je lirais tous les jours, mais c'est une lecture véritablement enrichissante.
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Gine
  08 janvier 2012
Foisonnant, truculent et complètement "exotique". Intimement lié au sous-continent indien, à ses courants politiques, mais aussi imbriqué dans le quotidien du peuple. L'écritue de S. Rushdie est flamboyante et j'ai été sous le charme, dès les premières lignes du livre, malgré la multitude des personnages qui m'ont parfois induite en erreur et obligée à revenir sur leur entrée en scène. Au final, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette fable des temps modernes.
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Tagrawla
  13 avril 2013
La Honte, c'est l'histoire d'un personnage qui est incapable d'en éprouver. Comme souvent chez Rushdie, la saga familiale est le support à un long récit : traditions indiennes, place de la femme et nécessité de certaines émotions : un grand roman.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   10 mars 2019
Raza Hyder lui dit qu’ils iraient pêcher dans un torrent très célèbre dans la région à cause de la beauté du paysage et à cause de la légende qui disait que ses eaux étaient hantées par un poisson-fantôme d’une telle férocité à l’égard des poissons que les nombreuses truites qui passaient préféraient se précipiter sur l’hameçon de n’importe quel pêcheur qui se trouvait là, et cela quelle que soit sa compétence. Cependant, ce jour-là, ni Raza ni Omar Khayyam ne réussirent à attraper un seul poisson.
Pourquoi les truites ne mordaient-elles pas ? Qu’est-ce qui rendait les deux gentlemen distingués moins attirants que le poisson-fantôme ? Étant incapable d’entrer dans l’imagination d’une truite, je propose ma propre explication (qui se termine un peu en queue de poisson). Dans un hameçon, un poisson recherche une sorte de confiance, car l’hameçon transmet son caractère inévitable à ses lèvres. La pêche est un conflit entre deux intelligences ; les pensées du pêcheur descendent par la gaule et la ligne et sont devinées par les créatures à nageoires. Qui, en cette occasion, trouvèrent plus facile d’avaler les eaux hantées que les pensées horribles des pêcheurs… Croyez-moi ou non, mais les faits sont les faits. Toute une journée passée en cuissardes et, le soir, un panier vide. Le poisson rendit son jugement sur les hommes.
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NievaNieva   10 mars 2019
Il erra sans but, broyant du noir devant l’étroitesse des possibilités qui lui étaient offertes, quand le tremblement de terre commença.
Tout d’abord il se trompa et le prit pour un frisson, mais un coup qu’il reçut à la joue, causé par un éclat tranchant, chassa la brume de devant les yeux du prétendu poète. « Il pleut du verre », se dit-il surpris, en jetant rapidement un coup d’œil aux ruelles du bazaar des voleurs où ses pieds l’avaient conduit sans qu’il s’en rende compte ; les ruelles bordées de petites boutiques dans lesquelles son prétendu frisson faisait un beau désordre : des melons éclataient à ses pieds, des pantoufles tombaient des étagères tremblantes, des pierres précieuses, des brocarts, des poteries, des peignes tombaient pêle-mêle dans les allées recouvertes de débris. Il restait stupidement immobile, sous une pluie de verre brisé, incapable de se défaire du sentiment d’avoir imposé son trouble intérieur au monde qui l’entourait, tout en résistant à l’impulsion insensée de saisir quelqu’un, n’importe qui dans la foule paniquée des pickpockets et des marchands, pour s’excuser des problèmes qu’il avait causés.
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NievaNieva   27 février 2019
On sait que le terme Pakistan, un acronyme, fut mis au point en Angleterre par un groupe d’intellectuels musulmans. P. comme Punjabis, A. comme Afghans, K. comme Kashmiris (habitants du Cachemire), S. comme Sind, et le « tan », disent-ils, pour Baloutchistan. (Aucune mention, vous avez remarqué, à la partie orientale ; le Bangladesh n’a jamais eu son nom dans Pakistan ; il finit par comprendre l’insinuation et fit sécession des sécessionnistes. Imaginez ce qu’une double sécession fait aux gens !) Ainsi c’est un mot né en exil qui s’en alla en Orient, qui fut conduit et traduit, et qui s’imposa à l’histoire ; un migrant de retour s’installant sur une terre ayant subi la partition, formant un palimpseste sur le passé. Un palimpseste cache ce qui est en dessous. Pour construire le Pakistan il fut nécessaire de recouvrir l’histoire de l’Inde, de nier que des siècles d’Inde sont juste sous la surface du Pakistan moderne. Le passé a été réécrit ; il n’y avait rien d’autre à faire.
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NievaNieva   10 mars 2019
Au Pakistan, le prétendu « fondamentalisme » islamique n’est pas né du peuple. On le lui a imposé d’en haut. Des régimes autocratiques ont trouvé utile d’épouser la rhétorique de la foi, parce que c’est un langage que le peuple respecte, car il hésite à s’y opposer. C’est ainsi que les religions soutiennent les dictateurs ; en les enfermant dans le langage du pouvoir, un langage que le peuple ne veut pas voir discrédité, dévalué, ridiculisé.
Mais ce qu’on vous enfonce de force dans la gorge n’en existe pas moins. À la fin, vous en êtes malade, vous perdez la foi dans la foi, sinon en tant que foi, au moins en tant que fondement d’un État. Et alors le dictateur tombe, et on découvre qu’il a entraîné Dieu dans sa chute, que le mythe justificateur de la nation s’est brisé.
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NievaNieva   27 février 2019
Cependant, commençons par le commencement : le corps de Rosette, exhibé de façon provocante dans un sari vert porté dangereusement bas sur les hanches, comme les femmes du Pakistan oriental ; des boucles d’oreilles d’argent et de diamant en forme de croissant-et-d’étoile ; et sur des épaules irrésistiblement vulnérables un châle léger, dont les broderies miraculeuses ne pouvaient être que le produit des brodeuses légendaires d’Aansu, parce que parmi les minuscules arabesques on avait représenté mille et une histoires en fils d’or, et de façon si vivante qu’on aurait cru que les tout petits cavaliers galopaient vraiment sur ses clavicules, tandis que des oiseaux semblaient voler, volaient vraiment sur la gracieuse courbe de sa colonne vertébrale…
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Videos de Salman Rushdie (72) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Salman Rushdie
Les hanches de Marilyn Monroe, le décolleté de Jayne Mansfield, les lèvres de Pamela Anderson… Eh bien, non, Playboy, ce n’est pas que ça. Le magazine créé par Hugh Hefner à l’aube des années 1950 est bien plus qu’une simple revue de charme.
Fer de lance de la révolution sexuelle dans une Amérique traumatisée par le maccarthysme puritain, le magazine se fait le lieu d’expression d’une autre culture, au fil d’entretiens au long cours avec ceux qui ont marqué les décennies suivantes.
Politique, cinéma, littérature, musique, sport, faits divers : à travers un demi-siècle de rencontres "Playboy", c’est un panorama éclairé et décalé que nous vous proposons d’explorer. Avec, en filigrane, les remous des combats des droits civiques, le choc de la guerre du Vietnam, les relents de la guerre froide, l’évolution de la sexualité, la lutte pour l’émancipation des femmes – jusqu’à l’importance de la bière chez Paul Newman.
Bref, le magazine offre un autre regard, à l’avant-garde des changements sociaux. L’entretien de Donald Trump en 1990 en est l’illustration, et nous rappelle combien la réalité a parfois du retard sur la montre du lapin rose.
Pour en savoir plus : https://bit.ly/2B3l31c
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