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Éric Chédaille (Traducteur)
ISBN : 2267019817
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (07/05/2008)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Au lendemain d'une nuit pourtant bien calme, Saville Kent, cinq ans, disparaît. Sous le choc, les habitants de cette grande demeure du Wilthshire doivent faire face à deux évidences : l'enfant a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux. Aussitôt, les rumeurs vont bon train. La presse, alors en plein essor, s'en fait un large écho. L'ensemble de la nation se passionne pour l'affaire. L'enquête piétine jusqu'à ce que Jack Whicher, célèbre détective... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  08 juillet 2016
Inspiré d'un fait divers réel, le meurtre d'un petit garçon de 4 ans dans une famille bourgeoise anglaise, ce roman est également un excellent documentaire sur l'époque victorienne.
On y apprend comment se déroulait les enquêtes policières sans le recours à la science mais avec les débuts de la psychiatrie, comment les préjugés sur les différentes classes sociales empêchaient de seulement imaginer qu'un membre de la famille puisse être coupable du crime, comment l'assassin a finalement été mis sous les verrous bien plus tard, et ce qu'il est advenu de chacun des protagonistes au fil des années suivantes (les membres de la famille, les domestiques et les policiers).
Très documenté, ce roman en devient par moment un petit peu long, mais l'intérêt pour l'histoire reprend toujours le dessus.
Ce roman nous apprend aussi que ce meurtre odieux fut une source d'inspiration pour de nombreux écrivains, notamment Mary Elizabeth Braddon qui écrivit « le secret de Lady Audley » et Wilkie Collins qui s'inspira du personnage du policier dans « La dame en blanc ».
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Aline1102
  07 août 2016
Ce récit ne semble pas rencontrer le succès qu'il mérite...
Ce qu'on lui reproche en général, c'est sa longueur et les descriptions très détaillées de Kate Summerscale.
Il faut avouer que les références en tous genres ne manquent pas : Whicher est comparé à tous les enquêteurs réels ou fictifs possibles, de nombreux autres romans sont cités en référence, l'histoire de la famille et de Road Hill House sont exploités dans les moindres détails...
Et pourtant, je n'ai pas trouvé ces longueurs pénibles. Elles sont même plutôt logique dans un roman qui ne prétend pas être un polar, mais plutôt un documentaire sur une enquête ayant eu lieu au XIXe siècle.
La famille Kent est présentée, comme tout le reste, en détail par l'auteure et
ces gens, malgré le malheur qui les frappe, semblent très suspects dès les premières pages. du coup, même si on lit un documentaire, l'ambiance générale du récit devient vraiment très malsaine : on se sent tendu rien qu'à lire certains passages parlant des habitants de Road Hill House (famille ou domestiques), qui paraissent tous plus ou moins suspects. Plusieurs d'entre eux seront d'ailleurs inquiétés par la police...
Le passé de toutes ces personnes nous est d'ailleurs également révélé. Et certains détails obscurs de la vie de Samuel Kent, le père de Saville, font surface : sa première épouse était folle, dit-on, et est resté cloîtrée chez elle une bonne partie de sa vie. On doute toutefois bien vite de cette affirmation : est-elle vraie, ou Mrs Kent a-t-elle été "accusée" à tort, afin de justifier le remariage rapide de son mari (devenu très opportunément veuf) avec la nounou de ses enfants ? Saville, l'enfant né de ce second mariage, a-t-il été enlevé et assassiné par l'un de ses frères et soeurs qui n'a pas supporté le remariage de Mr Kent ? le mystère est épais !
La maison elle-même est très bien décrite, et ça c'est plutôt un avantage, puisque cela permet de mieux comprendre l'agencement des lieux. Je déplore souvent l'absence de carte dans les romans policiers (du genre de celle qu'Agatha Christie nous offre dans le crime de l'Orient-Express) : c'est le genre de détail qui permet tout de suite de mieux rentrer dans une intrigue.
Ici, tout est facilité par les descriptions et les photos des lieux et on repère tout de suite les endroits de la maison par où le(s) coupable(s) auraient pu passer avec Saville sans faire aucun bruit et, surtout, sans laisser aucune trace...
Même si la plume de Kate Summerscale n'a rien à voir avec celle de Truman Capote, j'ai trouvé ce récit aussi passionnant que In Cold Blood. On est réellement plongé dans les faits et c'est passionnant de suivre pas à pas une enquête qui a inspiré The Moonstone à William WIlkie Collins.
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Woland
  26 février 2009

L'Affaire de Road Hill House
The Suspicions of Mr Whicher
Traduction : Eric Chédaille
Au centre de cet ouvrage, sous-titré "L'Assassinat du Petit Saville Kent", deux grands thèmes : une affaire criminelle aussi sordide qu'énigmatique et l'étude du phénomène social représenté par l'apparition, sous les Victoriens, du personnage de l'enquêteur de police. Un personnage qui aura bien du mal à s'imposer et qui, on le verra plus de vingt années après, avec les meurtres de Jack l'Eventreur, restera désarmé tant que la science n'aura pas mis un peu d'ordre dans les méthodes d'investigation alors en vigueur.
Cette hybridation est parfois ressentie comme pénible car le lecteur a l'impression d'un discours qui part dans toutes les directions. En outre, Kate Summerscale n'a pas cet art du conteur quasi inné et que l'on peut cependant rencontrer dans des livres relatant une enquête policière, les deux étant loin d'être incompatibles. Mais passons puisque, en dépit de ces quelques critiques, "L'Affaire de Road Hill House" se laisse lire.
Les amateurs d'Histoire littéraire y apprécieront les nombreuses références aux grands auteurs du temps, s'engouffrant dans la voie royale mais ténébreuse ouverte par Edgar Allan Poe avec son chevalier Dupin. Au milieu de noms aujourd'hui oubliés, se distinguent encore Wilkie Collins avec sa "Pierre de Lune" et sa "Dame en Blanc" et, bien entendu, Charles Dickens pour "Bleak House" et plus encore pour l'inachevé "Mystère d'Edwin Drood."
Dickens d'ailleurs avait, sur l'affaire Saville Kent, des idées bien arrêtées, qu'on pardonnera à un romancier aussi exceptionnel : ce maître du roman-feuilleton en tenait en effet pour l'hypothèse d'un enfant étouffé par la nurse cruelle après qu'il eut assisté sans le vouloir aux ébats de ladite gouvernante et de son père. Toute la fascination horrifiée que le sexe et ses manifestations les plus innocentes inspiraient aux sujets de la reine Victoria sont contenues dans cette théorie dickensienne - que le romancier ne pouvait d'ailleurs pas mettre en scène dans ses propres textes sous peine de perdre son public.
L'Affaire Saville Kent débute par l'un des meurtres les plus ignobles qui se puissent commettre : celui d'un enfant. Les faits sont les suivants :
Au matin du 30 juin 1960, le corps du petit Saville, le fils que Samuel Kent, sous-inspecteur des manufactures pour le compte du Gouvernement, a eu de sa seconde épouse, Mary Pratt, est retrouvé dans les latrines du jardin. Selon l'autopsie, l'enfant est mort étouffé, quelques heures plus tôt. Selon l'enquête - sur ce point, les enquêteurs locaux comme ceux de Londres tomberont d'accord - le ou les meurtriers étaient issus de la maison.
Il faudra à peu près cinq ans pour qu'une personne revendique la responsabilité du meurtre. Mais avec la meilleure volonté du monde et bien qu'ils aient servi à obtenir une condamnation, ces aveux ne sauraient satisfaire l'observateur attentif. Ici, l'étude policière rejoint la dissection un peu brouillonne d'une société engoncée dans des principes rigides et incapable de concevoir une explication rationnelle pour des pulsions qui, un siècle plus tôt, auraient été encore imputées à une influence démoniaque.
Le tableau est d'autant plus étouffant que ce que nous considérons aujourd'hui comme la police n'en était encore à cette époque qu'à ses tout débuts, que l'idée d'un meurtrier appartenant aux classes élevées de la population tenait du sacrilège et que les détectives marchaient en conséquence sur des oeufs en émettant leurs hypothèses, y compris les plus logiques. Sans oublier que tout ce qui se rapportait à la sexualité était passé sous silence, voire carrément occulté et que, s'il y avait déficience mentale dans une famille, elle ne pouvait être le fruit que du sang maternel mais jamais, au grand jamais d'une syphilis récoltée par le mari ou le frère ou l'amant dans les maisons closes ou sur les trottoirs.
A lire donc et, éventuellement, à approfondir avec un autre volume consacré à la même affaire. ;o)
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AgatheDumaurier
  19 janvier 2016
L'horrible énigme du meurtre du petit Saville Kent, 3 ans et 10 mois, en juin 1860, suscita en Angleterre une émotion intense. C'était les "débuts" de la police métropolitaine, et les débuts de la presse de masse et de la littérature policière.
Kate Summerscale tente de montrer les liens obscurs qui se nouent entre le meurtre réel de l'enfant, la police, la presse et la littérature. Presse et littérature boivent littéralement le sang de la famille Kent et des enquêteurs, jugeant la compétence des uns et le comportement des autres, s'inspirant éhontément de la situation de la famille pour produire, pour notre plus grand plaisir inavouable , quelques chefs-d'oeuvres : La dame en blanc (qui paraît en même temps que l'affaire), La pierre de lune, de Wilkie Collins, le mystère d'Edwin Drood (Dickens), le tour d'écrou (James), le secret de Lady Audley (M-E Braddon), j'en passe... Cette étude est intéressante.
Mais le plus fascinant est ce qui apparaît de cette famille anglaise victorienne mise à nue par la presse et la police, ou plutôt ce qui n'en apparaît pas. Car, si le meurtre est résolu, si la presse a multiplié les articles et la police les rapports, d'immenses zones d'ombres demeurent, les êtres gardent leurs secrets et surtout d'étranges silhouettes encore plus fortes que la fiction se dessinent : une épouse folle -ou pas, une (très méchante ?) gouvernante, un père tyran, satyre ? Des enfants maltraités ? Des enfants favorisés ? Des domestiques complices ? ou menteurs ? Qui a tué les femmes du patriarche ? Pourquoi donc a-t-on assassiné le petit Saville ? Vraiment vraiment intriguant, tout cela, toute cette violence feutrée puis éclatante entre deux tasses de thé...
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Titine75
  10 juillet 2013
Le 30 juin 1860, la maison de Samuel Kent à Road dans le Wiltshire, est en émoi. Saville, âgé de quatre ans, a disparu de sa chambre. La nurse , qui dormait dans la même pièce que l'enfant, pensait que Mrs Kent était venu le chercher après l'avoir entendu pleurer. Après de longues recherches, le corps de Saville est retrouvé dans la fausse des toilettes à l'arrière du jardin. Il a été poignardé et égorgé. La maison avait été entièrement fermée la veille au soir, personne ne pouvait y pénétrer de l'extérieur. L'assassin habite donc obligatoirement Road Hill House.
Kate Summerscale reconstitue de manière minutieuse ce fait divers qui marqua les esprits et fut à l'origine de plusieurs oeuvres littéraires notamment "La pierre de lune" de Wilkie Collins. le meurtre de Saville eut un écho retentissant dans la presse pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'enquête fut menée par un célèbre détective de Scotland Yard, Jack Whicher. Une unité de détectives en civil avait été fondée peu de temps auparavant en 1852. La figure du détective naît à cette époque et est rapidement transposée en littérature. Edgar Alan Poe fut le précurseur avec Dupin bien avant les anglais. C'est véritablement la naissance du corps d'élite londonien qui donne vie au détective intuitif, observateur, à l'affût du moindre détail et avec un sens élevé de la déduction. Cet archétype se retrouve dans "La maison d'Apre-vent" de Dickens avec l'inspecteur Buchet et bien entendu dans "La pierre de lune" où le personnage de Cuff est directement inspiré par Jack Whicher.
Ensuite la famille Kent semble au-dessus de tout soupçon. Il s'agit de la haute bourgeoisie issue de l'industrialisation. Comme pour l'affaire de l'assassinat de Mr Briggs dans un train de première classe, ce qui fascine c'est que les classes élevées soient vulnérables et touchées par le crime. L'intimité des Kent est rapidement mise à nu, la maison et les affaires personnelles de chacun sont fouillées. Cette recherche poussée est choquante à l'époque victorienne. La maison est un havre de paix, de repos qui doit être inviolable. Bien entendu la famille Kent se révèle plus complexe et moins lisse qu'il n'y paraissait. Saville, ainsi que deux autres enfants, est issu du second mariage de Samuel Kent. Quatre enfants du premier lit habitent également la maison. La deuxième Mrs Kent était la nurse des enfants et la première Mrs Kent était considérée comme folle. Les secrets de famille sont exposés aux yeux de tous et feront le sel des romanciers comme Mary Elizabeth Braddon dans "Le secret de Lady Audley". "L'histoire familiale que Whicher reconstitua à Road Hill House donnait à penser que la mort de Saville s'inscrivait dans un tissu de tromperie et de dissimulation. Les romans policiers que l'affaire inspira, à commencer par "La pierre de lune" en 1868, retinrent la leçon. Tous les suspects d'une énigme criminelle classique ont leur secret et, pour le garder, ils mentent, dissimulent, éludent les questions de l'enquêteur. Chacun a l'air coupable parce que chacun a quelque chose à cacher."
Les enquêteurs et les journalistes vont faire leur miel des révélations sur la première Mrs Kent et sa soi-disant folie. La médecine aliéniste est en plein développement et tend à enfermer toute personne un peu fragile. Ses dérives sont pourtant connues et Wilkie Collins en avait fait le coeur de "La dame en blanc". Mrs Kent était-elle vraiment folle ou a-t-elle été abusivement cloitrée chez elle ? Les révélations sur la vie antérieur de Samuel Kent sont bien évidemment le centre de l'affaire.
Tous les détails de ce fait divers concouraient à marquer les esprits et à attiser la curiosité morbide du public. Kate Summerscale retranscrit cette histoire et son contexte historique avec rigueur et précision. le livre est extrêmement bien documenté et est aussi captivant qu'un roman policier.
Lien : http://plaisirsacultiver.wor..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
WolandWoland   26 février 2009
Un meurtre tel que celui-ci pouvait révéler ce qui avait pris forme à l'intérieur du foyer claquemuré de la classe moyenne. Il apparaissait que la famille cloîtrée, tant vantée par la société victorienne, pouvait entretenir un refoulement nocif et nauséabond des affects, un miasme tant sexuel qu'émotionnel. Peut-être l'intimité était-elle une source du péché, la condition qui amenait le doux tableau domestique à pourrir de l'intérieur. Plus le foyer était clos, plus son univers intérieur était susceptible de se corrompre.
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WolandWoland   26 février 2009
Jack Whicher [qui enquêtera sur l'affaire] était l'un des huit premiers policiers de Scotland Yard. Au cours des dix-huit ans d'existence de cette unité, ces hommes étaient devenus des figures aussi mystérieuses que prestigieuses, d'énigmatiques petits dieux londoniens à qui rien n'échappait. Charles Dickens les élevait au rang de modèles de la modernité. Ils étaient aussi prodigieux et scientifiques que les autres merveilles des années 1840 et 1850 - l'appareil photographique, le télégraphe électrique et le train. Le détective paraissait, à l'instar du télégraphe et du train, capable de franchir le temps et l'espace ; comme la photo, il semblait capable de les figer. Dickens rapporte que, "d'un coup d'oeil", un détective "fait immédiatement l'inventaire du mobilier" d'une pièce et "dresse un portrait fidèle" de ses occupants. Les investigations d'un détective, écrit le romancier, sont "une partie d'échecs jouée avec des pièces vivantes" et dont "on ne lit nulle part la chronique."
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WolandWoland   26 février 2009
L'énigme de l'affaire tenait à la combinaison particulière de frénésie et de froideur, de préméditation et de passion, dont avait fait preuve le meurtrier. La personne qui avait assassiné, mutilé et dégradé Saville Kent devait être terriblement dérangée et possédée de sentiments d'une force anormale ; pourtant, en restant jusque là dans l'ombre, cette personne avait fait montre d'une étonnante maîtrise de soi. Whicher voyait, dans le calme impassible de [X*], un indice de sa culpabilité.
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Sophie_BazarSophie_Bazar   05 juin 2010
Rien ne révèle peut-être plus fidèlement l'histoire et les dessous d'une famille que la mine et les attitudes de ses enfants. Sur leur figure, dans leur comportement et leur tempérament, dans leurs défauts et jusque dans leurs expressions, se trouve écrite l'histoire de leur famille.
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NikozNikoz   26 août 2014
La personne qui avait assassiné, mutilé et dégradé Saville Kent devait être terriblement dérangée et possédée de sentiments d'une force anormale ; pourtant, en restant jusque là dans l'ombre, cette personne avait fait montre d'une étonnante maîtrise de soi.
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