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Jean Courrier (Préfacier, etc.)
ISBN : 2706112301
Éditeur : Presses Universitaires de Grenoble (01/06/2004)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Deux ans après son périple de 1861 en Savoie, pour rendre visite à François Buloz, le directeur de la Revue des Deux Mondes, George Sand écrit Mademoiselle La Quintinie. L'anticléricalisme du roman contribuera à la mise à l'Index, le 15 décembre 1863, de l'ensemble de l'œuvre de George Sand. Mais le débat d'idées qui oppose religion et philosophie s'incarne dans un beau roman d'amour entre Lucie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
SZRAMOWO
  04 janvier 2018
A propos des Charmettes, se termine ainsi :
"Voyageurs, allez aux Charmettes, n'écrivez rien sur le livret, cueillez un brin de pervenche, et ne voyez là que les ombres de Jean-Jacques et de la belle Louise, se promenant tête à tête dans un des plus beaux pays du monde, ne songeant plus guère à Claude Anet, ne songeant pas encore à Vintzenried, enfin ne prévoyant ni Thérèse, ni la gloire, ni la misère, ni la persécution, ni les curieux, ni les ingrats, ni les insulteurs."
Cet article est paru dans la revue des deux mondes en 1863, à une époque ou les auteurs d'articles pouvaient s'appeler Georges Sand et non pas Pauline Camille...suivez mon regard...
La célèbre berrichonne, y confesse avoir gardé pour Jean-Jacques Rousseau un attachement sans faille : "fidèle comme au père qui m'a engendré, car s'il ne m'a pas légué son génie, il m'a transmis, comme à tous les artistes de mon temps, l'amour de la nature, l'enthousiasme du vrai, le mépris de la vie factice et le dégoût des vanités du monde."
C'est en effet aux Charmettes, au coeur de la campagne, sur les hauteurs de Chambéry, que le jeune Jean-Jacques Rousseau vit auprès de Madame de Warens, entre 1736 et 1742.
Pour faire son pélerinage, ignorant tout de l'usage du GPS, George Sand n'hésite pas à faire maints détours : "Entre plusieurs raisons qui de Toulon me faisaient revenir à Nohant par Chambéry, — ce qui n'est pas précisément la route, — le désir de faire mon pèlerinage à cette illustre maisonnette avait pesé beaucoup dans ma résolution, et pourtant j'approchais du sanctuaire avec un peu de souci. Je ne savais pas si je retrouverais là ce que j'y venais chercher..."
Trouvera-t-elle ce qu'elle venait chercher ? Oui et non serait-on tenté de répondre bien qu'elle ne soit pas Normande :
"ce qui n'a pas changé, c'est le soudain mouvement de la colline qu'il faut gravir...c'est le caractère doucement mystérieux de cette région couverte et enfermée qui semble inviter aux plaisirs de la rêverie et aux charmes de l'intimité."
Elle perçoit déjà au loin le promeneur solitaire tout à ses rêves, elle le hèle, elle lui fait un signe de la main ! Va-t-il répondre ?
"C'était le 31 mai 1861, par une chaleur tropicale (...) j'avais oublié Jean-Jacques, et, jouissant du monde extérieur pour mon propre compte, (...)"
Elle ne retrouve pas Jean-Jacques mais, "la même pervenche que lui fit observer Mme de Warens pour la première fois vit toujours le long du chemin"
Hélas, la visite de George Sand est polluée par la présence de M****, un catholique furieux l'interpelle, qui reproche à Rousseau de manquer à ses "devoirs de la paternité par exemple. Je suis curieux, je l'avoue, de voir comment votre philosophie disculpera M. Rousseau sur ce point."
Elle réagit, mais ses arguments sont plus rationnels que moraux :
" A votre tour, monsieur, vous plaidez avec chaleur, et moi je ne fais pas de réserves en vous donnant raison. Si Rousseau n'a pas cru être le père des enfans de Thérèse, il a été presque aussi coupable de ne pas le dire qu'il l'eût été en les abandonnant sans cette excuse."
Sur le chemin du retour George Sand glose sur la culpabilité de Rousseau et le souvenir qu'en gardera la postérité. Elle est soudain très loin des rêveries du promeneur solitaire rattrappé par la vrai vie. Mais son amour du philosophe la coudira à excuser l'homme au détriment de la femme :
"Acceptons donc Mme de Warens et n'acceptons pas Thérèse. Retirons notre pardon à celle qui rendit le philosophe ridicule et odieux en apparence; accordons-le tout entier à celle qui lui fit de si belles années et qui ne le trompa jamais."
Un article très contemporain sur la philosophie et la vie au détour d'une visite des Charmettes...
Lecture à recommander.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   04 janvier 2018
À propos de Charmettes, Revue des Deux Mondes T.48, 1863

Un excellent ami que j’ai perdu m’avait fait autrefois en quelques lignes la description des Charmettes. Ces lignes, et ma réponse à ce fragment de sa lettre, ont été publiées il y a déjà longtemps. Je n’ai pas la fatuité de croire que l’on s’en souvienne; aussi résumerai-je en peu de mots les réflexions du Malgache et les miennes.

— Que de douces et tristes pensées, me disait mon ami en revenant des Charmettes, évoqué la vue de ces chaumières! Leur histoire est celle de nos plus beaux jours.

— Oui, sans doute, lui répondais-je, Rousseau nous a fait vivre de sa vie à l’âge où nous étions poètes et où nous ne raisonnions pas. Nous lui passions tout, nous l’aimions en dépit de tout. L’aimons-nous encore?

Après avoir posé cette question à mon ami, je me hâtais de répondre : — Oui! Quant à moi je lui reste fidèle, — et j’aurais pu ajouter fidèle comme au père qui m’a engendré, car s’il ne m’a pas légué son génie, il m’a transmis, comme à tous les artistes de mon temps, l’amour de la nature, l’enthousiasme du vrai, le mépris de la vie factice et le dégoût des vanités du monde. N’est-ce pas là le seul bonheur que l’homme puisse réaliser par le seul fait de sa volonté, et n’est-ce pas là le bienfait inappréciable que nous devons à Rousseau? Que d’autres, après lui, soient venus chanter magnifiquement les charmes de la campagne, les beautés de la création et les délices de la rêverie, il n’en est pas moins vrai que le premier, après des siècles d’oubli et d’ingratitude, il ramena l’homme au sentiment du vrai et au culte de la simplicité. La littérature, qui est l’expression de la vie intellectuelle des masses, était devenue pompeuse ou maniérée; il la fit sincère et sublime. Les plus vigoureux génies comme les plus doux talens de notre époque auraient beau le nier, ils lui doivent leur principale initiation. Quant à ceux qui se contentent d’aimer et de goûter les lettres, pour peu qu’ils se soient sentis vivre, ils lui doivent la notion de la vraie beauté des choses de Dieu, et, par l’effet du prodige d’éternelle fécondité qui caractérise le génie, Rousseau étendra à jamais son influence, même sur ceux qui ne l’auront pas lu, puisque tout ce qui a été écrit après lui sur la nature n’est qu’un reflet plus ou moins modifié de son rayonnement.
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Videos de George Sand (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Sand
"Les artistes ne peuvent pas être du côté de la domination." Alors que 1400 artistes viennent de publier une tribune en soutien aux Gilets jaunes, Danièle Sallenave, membre de l'Académie française dénonce le mépris de classe à l'égard du mouvement. Elle rappelle le rôle qu'ont joué Victor Hugo et George Sand au XIXe siècle.
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