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Brigitte Diaz (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253161165
863 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Lorsqu'en 1847 George Sand, qui a déjà fait paraître ses plus grands romans, entreprend à quarante-trois ans son Histoire de ma vie, elle définit ainsi son futur livre°: "°C'est une série de souvenirs, de professions de foi et de méditations dans un cadre dont les détails auront quelque poésie et beaucoup de simplicité. Ce ne sera pourtant pas toute ma vie que je révélerai.°" Son modèle n'est pas Rousseau, ni d'ailleurs les Mémoires d'outre-tombe qui vont commencer ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Mimimelie
  27 mai 2013
Voilà achevée cette histoire de ma vie de l'édition "stock" de 2004. Dans ce volume-ci, on y trouve largement peinte, celle de son enfance, dominée par la formidable personnalité de sa grand-mère, fille du maréchal de Saxe, et à qui sa mère a confié l'éducation ; celle de son voyage en Espagne avec sa mère, en pleine guerre d'Espagne pour suivre son père, officier des armées de Napoléon jusqu'à Madrid. Une grande partie du livre relate ses années de couvent et nous renseigne admirablement sur ses sentiments religieux empreints de pitié et de charité humaine et où un moment elle se crut la vocation religieuse. Après ces 3 années qui n'ont pas transformé la sauvageonne en jeune fille du monde qu'espérait sa grand mère, c'est le mariage avec Dudevant et la naissance des enfants, juste évoquée, le divorce, à peine davantage et l'impérieuse nécessité de vivre indépendante pour laquelle elle s'installe à Paris où débutera sa carrière d'écrivain.
Par contre ce livre ne nous apprend rien, ou très peu, sur ses amours dont elle semble vouloir taire délibérément toute confidence et c'est en amis qu'elle les évoque ici, Musset, Chopin, ou en ami et confrère, Jules Sandeau...
Somme toute nous sommes ici davantage en présence d'un roman d'une vie que d'une biographie, mais où se mêlent vérité, sensibilité et poésie. Les dates sont largement absentes, les évènements sont comme choisis et racontés comme il lui plaît (mais cela me plaît) ; et j'en reste un peu sur ma faim car elle est bigrement attachante la George. Je vais donc satisfaire ma curiosité par la lecture des autres compilations de sa bio, car en plus l'époque le vaut bien.
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madameduberry
  26 novembre 2013
Je le confesse, je n'ai lu de George Sand que ce livre .Un comble si on regarde ma signature. Pourtant j'ai toujours eu une grande tendresse pour la Dame de Nohant, peut -être ai-je à mon insu été nourrie de ses morceaux choisis, ou imprégnée par la poésie de l'époque romantique?
Cette femme hardie a bien su choisir ses amis, c'est à dire ses anciens amants. Elle écrit ses souvenirs à l'âge mûr (du moins pour son époque) et du coup prend ses distances avec les sentiments.Une fois l'eau de rose évaporée, il reste un parfum plus tenace, l'odor di femina. Mais cette femme d'exception fut peut être aussi une mère difficile à supporter?Je relirai un jour son autobiographie avec cette question.
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patricelucquiaud
  28 septembre 2019
Ce que j'aurais dû lire dans ma jeunesse, à puiser dans les classiques incontournables de toute bonne littérature, pour construire mon jugement, m'éveiller à l'esthétisme et à la juste éthique et sans doute parfaire l'érudition qu'on attend de tous potaches studieux, c'est maintenant, dans ce dernier tiers temps, ou quart temps de la vie que je l'entreprends...
Pensez-en ce que vous voudrez mais, personnellement je trouve que c'est bien ainsi parce que le regard que l'on pose sur la vie, enrichi des expériences faites dans le temps, apporte un éclairage ô combien plus objectif et plus nuancé sur ce qu'on lit de chroniques, de romans ou de biographies de personnages célèbres ayant pris place dans l'histoire de notre humanité, qu'à cette époque d'insouciance et de dispersions fantasques propre à l'adolescence boutonneuse.

Considérez que mon livre de chevet du moment « Histoire de ma vie » par George Sand m'a procuré une immense joie tant il est riche de descriptions ne se limitant pas aux seuls récits d'anecdotes mais de ce qu'en tant qu'âme profondément humaine, l'auteure a révélé en quantité et qualité de réflexions sur l'existence, la sienne en miroir de tant d'autres, contemporaines et familières qu'elle peint non seulement dans leurs petits travers mais aussi dans ce qu'elles possèdent de noble, d'élevé et d'enrichissant.
Avec sa sensibilité de femme, elle décrit ses états d'âmes sans jamais fondre dans des excès de sensiblerie. Faisant preuve d'une saine objectivité face à ses propres sentiments, aptitudes, et comportements, Georges Sand n'a de concession envers elle-même allant jusqu'à se décrire comme paresseuse, indolente, rebelle, capricieuse, souvent curieuse, sachant néanmoins se montrer réceptive à toutes impressions émanant du beau et du vrai. C'est d'ailleurs cette insatiable soif d'apprendre et de découvrir qui suscite son immense intérêt pour les autres et parmi ceux là, tous ces artistes qui ont brillamment auréolé ce XIX siècle matérialiste de leurs pensées les plus élevées, d'oeuvres d'art les plus interrogatives et romanesques à la fois, dans les domaines de la littérature, de la poésie, de la musique et de la peinture... George Sand a fait, puis tenu sa place, dans cette pépinière d'auteurs créateurs, composée en majorité d'hommes et pas des moindres...
Personnage nanti d'autant de dispositions contradictoires, Georges Sand pénètre la société de son temps avec une lucidité implacable sur les desseins de ceux qui gravitent dans les hautes sphères du pouvoir mais aussi d'une propension à la rêverie qui la fait entrer en parfaite communion avec les êtres les plus pourvus d'imaginations autant qu'avec les éléments de la prodigieuse Nature qui, à travers son oeuvre, semblent lui confier quelques de leurs étonnants secrets.
Femme du monde, investissant sans vergogne les salons de causeries littéraires, amie des arts et belles lettres, mécène prodiguant critiques savoureuses et acerbes, esthète à contre-courant des modes imposées, esprit indépendant ne pratiquant pas la langue de bois, George Sand affiche sans retenue ce qu'il y a de plus masculin dans sa féminité et de plus féminin dans son aptitude à se lier corps et âme à ceux dont elle s'éprend jusqu'à en être intensément amoureuse sans jamais se départir d'une candeur juvénile et une foi aveugle en l'autre qui confine parfois au mysticisme.

Elle ne voulait pas briller mais être... tout simplement être... et elle fut bel et bien !...

Cette femme est enthousiasmante au-delà de toute séduction tenant à son charme naturel, elle vous transporte dans ses réflexions les plus intimes mais aussi les plus profondes, réflexions qu'aujourd'hui encore on peut considérer comme avant-gardistes méritant qu'on s'y attarde pour les méditer et en tirer la quintessence rigoureusement humaniste et la vocation disposant à l'action humanitaire…
Tombant sur ce passage je ne peux faire autrement que le faire paraître ici : un ensemble de quatre pages à lire attentivement et à méditer. Là, se situe l'extraordinaire perception de cette âme à vif qui scrute le monde dans ses moindres recoins physiques et métaphysiques, pénétrant de son esprit affranchi et ouvert, les arcanes de l'existence terrestre.

En fait, que nous révèle-t-elle dans ces lignes … la nature même de notre égocentrisme se faisant mousser face au marasme tenant aux événements douloureux, scandaleux et aux bassesses du genre humain. Y aurait-il une réelle félicité à se trouver juste et bon au milieu de ces monstruosités dont sont capables les hommes ? George Sand se moque de ces « pauvres coeurs » affligés, des natures bien pensantes et bienfaisantes qui perçoivent ce mal outrancier mais n'y font rien qu'à le subir et le dénoncer.
Comment se satisfaire d'un tel état de choses quand le mal dont on se défend d'être atteint nourrit la moindre de nos conversations sitôt que se trouvent réunies deux personnes ?
C'est bien là, le plus grand mal qu'à tant vouloir l'évincer pour soi, on s'en pétrit finalement jusqu'à l'insérer dans la moindre de nos réflexions…
Aux portes des religions et des croyances, la divinité ne nous est d'aucune aide pour nous déchainer de telles obsessions… « Si la foi triomphe de ses propres doutes, l'âme navrée sent les bornes de sa puissance se resserrer étroitement sur elle et enchainer son dévouement dans un si petit espace que l'orgueil s'en va pour jamais et que la tristesse demeure. »
Un peu plus loin on lit : « le seul égoïsme permis, c'est celui du découragement qui ne veut se communiquer à personne et qui, en s'épuisant dans la contemplation de ses propres causes, finit par céder au besoin de vivre, à la grâce intérieure peut-être ! »
Plus avant, George Sand avait écrit : « On se fatigue vite à se contempler soi-même… Nous n'arrivons à nous comprendre qu'en nous oubliant, pour ainsi dire en nous perdant dans la grande conscience de l'humanité » Une définition primordiale de la raison d'être et du bonheur à être qui nous mène hors de nous, nous poussant à vivre libéré de ce « quant à soi » égocentrique ; non pas "vivre pour être heureux" mais "être heureux de vivre". Toute quête du bonheur est vaine, le seul vrai bonheur consiste à vivre de ce qui émane de notre environnement : êtres et choses, de la conscience que nous avons de leur devenir devant bien plus nous préoccuper que notre propre devenir… mais, quelque lignes plus loin, elle rajoute : « C'est alors qu'à côté de certaines joies et de certaines gloires dont le reflet nous grandit et nous transfigure, nous sommes saisi tout à coup d'un invincible effroi et de poignants remords en regardant les maux, les crimes, les folies, les injustices, les stupidités, les hontes de cette nation qui couvre le globe et qui s'appelle l'homme. » retour sur la pseudo racine du mal « l'enfer c'est les autres » Bien avant Jean-Paul Sartre, George Sand l'ayant, ici, formulé autrement, souligne que la conscience du mal et des souffrances qu'il entraine, nous vient de ce que nous percevons à l'extérieur car cette conscience nous ne l'avons pas forcément de manière innée par une introspection qui nous fait plonger en nous-mêmes. le « connais-toi toi-même » passe nécessairement par le « qu'est-ce que les autres t'apprennent de toi »
Ne trouvons-nous pas là, 150 ans plus tôt, une brulante question en phase également avec les mentalités de notre temps présent où l'image que nous renvoient les autres de nous-mêmes a pris une importance extrême, où la connaissance de soi s'émousse au profit d'un narcissisme larvé, tant nous aspirons à être ce que par nature nous ne sommes pas en nous obligeant à nous couler dans le moule des conformités qui suivent modes ou tendances du moment.
Mais voilà, la connaissance de soi passe en grande partie par l'appréciation qu'ont les autres autour de nous, proches, moins proches et étrangers aussi…
La question est moins de savoir si je suis bête ou beau parce qu'untel et tel autre me l'ont dit que de savoir pourquoi ils me l'ont dit. Qu'est-ce qui fait qu'ils me jugent ainsi ?...

Pour se connaître, nous avons besoin de ces reflets ; si le miroir nous renvoi l'image de notre visage, l'âme, elle, aurait à se mirer dans d'autres âmes pour se découvrir et apprendre à se connaitre… Dans quels boudoirs de ce XIXe siècle romantique ne trouve-ton pas de psyché ?…
S'étant entouré d'âmes fortes et d'esprits talentueux, George Sand est, à n'en pas douter, l'un des plus sublimes reflets de son époque où, au matérialisme naissant et proliférant, s'oppose la quête de sa propre humanité à découvrir à travers les rapports entretenus avec quelques des plus brillants esprits de son temps...

Lien : http://www.mirebalais.net/20..
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Lichan
  14 novembre 2010
Il en vient un jour, où on ne peut explorer les oeuvres d'un auteur que si on a en main sa vie. C'est en cela que je me suis mise à lire Histoire de ma vie, sans prétention.
Tout autant l'auteur ne veut parler d'Histoire, tout autant elle en fut bien obligée. Je conseille ce livre à ceux qui n'ont peur ni de la réflexion, ni des divagations d'esprits. Il se peut que peu de gens l'aiment, elle n'était pas tout à fait facile à vivre et à lire, mais personnellement, je me complais énormément dans ses souvenirs tout en essayant de réfléchir avec elle dans ses longues divagations. Ne vous attendez pas à une oeuvre auto - biographique dans l'art et la manière, ce n'est pas du Chateaubriant et il n'y aura aucun drapés pour entourer les syntaxes mais il y a de la rêverie, de l'amour et beaucoup d'esprit.
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afadeau
  22 octobre 2019
Edition établie, présentée et annotée par Brigitte DIAZ, édition 2004.
A 42 ans, en 1847, George Sand commence "Histoire de ma vie" dont la rédaction prendra huit ans. Cette version élaguée vous évitera d'avoir à lire..., les quelques vingt volumes de l’édition complète originale !... Et cela me semble la meilleure façon d’aborder cette auteure majeure, les romans ayant plutôt mal vieillis... Sauf si on cherche à imager l’ambiance particulière du Berry au XIXème siècle, ce qui est mon cas, le berceau de ma famille se situant dans l’Indre avant que mon arrière-grand-père ne « s’expatrie » en Touraine.
On retrouve dans « histoire de ma vie » un condensé de leçon d’histoire de la fin du XVIIIe siècle et du début XIXe siècle... Selon George Sand « l’oubli est un monstre stupide qui a dévoré trop de générations ».
Dans cette version très élaguée du texte d’origine, le chapitre II a été totalement diminué du passage sur la généalogie de l’auteur. Qu’à cela ne tienne on peut retrouver ces pages admirables sur Gallica et c’est tant mieux pour l’espoir de lutter contre l’oubli en utilisant les outils nouveaux à notre portée immédiate.
On retrouve, ou découvre pour certains, le caractère bien trempé de George Sand, par exemple concernant le roi de Pologne, son ancêtre, « ce n’est pas un honneur bien rare d’avoir un peu de son sang dans les veines, car il eut, dit-on plusieurs centaines de bâtards ».
La généalogie de George Sand (Aurore Dupin de son vrai nom) est effectivement tout à fait étonnante et racontée de la plus belle des façons dans ce livre :
Marie-Aurore de Saxe est la grand-mère de George Sand. Elle est la fille de Maurice de Saxe, lui-même fils du roi de Pologne.
Une grand-mère qui a veillé à l’éducation de sa petite fille trop tôt orpheline de son père et dont la mère, n’appartenant pas à ce monde (fille de troupe de théâtre, une des plus basses « castes » de l’époque) a été vite rejetée et vaincue par les difficultés. Une grand-mère qui est décrite : « royaliste sans l’être », on ne renie pas ses origines si facilement !
Toute l’enfance d’Aurore est marquée par cette Marie-Aurore de Saxe, grande dame-aristocrate-croyante qui a fréquenté la société des lumières dont Buffon, dont Voltaire et qui se remaria avec Louis-Claude Dupin de Francueil (32 ans plus âgé).
"M. Dupin de Francueil, le même que Jean-Jacques Rousseau, dans ses Mémoires, et Mme d’Epinay, dans sa Correspondance, désignent sous le nom de Francueil seulement, était l’homme charmant par excellence, comme on l’entendait au siècle dernier."
Marie-Aurore avait déjà rencontré le grand Jean-Jacques chez Mme Louise Dupin nommée par l'auteure de Chenonceau (en fait elle a vécu à Chenonceau et n'a jamais porté ce nom), seconde épouse de son beau-père. Difficile de s’y retrouver, mais le plus important est de comprendre sur quel terreau fertile a poussé le génie de la future George Sand.
"Une autre preuve irrécusable que ma grand-mère eût pu revendiquer devant l’opinion publique, c’est la ressemblance avérée qu’elle avait avec le maréchal de Saxe, et l’espèce d’adoption que fit d’elle la Dauphine, fille du roi Auguste, nièce du maréchal, mère de Charles X et de Louis XVIII. Cette princesse la plaça à Saint-Cyr et se chargea de son éducation et de son mariage, lui intimant défense de voir et fréquenter sa mère."
George Sand (Aurore Dupin) a donc une branche de sa famille du côté du roi de Pologne et l’autre vers de grands argentiers, son arrière grand-père Claude Dupin ayant été un des hommes les plus riches de son temps – il avait ainsi pu acquérir de nombreuses propriétés dont le château de Chenonceau.
« ...Les généalogies plébéiennes ne peuvent lutter contre celle des riches et des puissants de ce monde. »
Ses fulgurances aident à comprendre, hier et encore aujourd’hui, le réel : « ...il y a, dans la vie des pauvres, des entraînements, des malheurs et des fatalités que les riches ne comprennent jamais et qu’ils jugent comme les aveugles les couleurs. »
C’est ça George Sand, un talent d’écrire et de comprendre car elle connaît l’un et l’autre monde. On la croit quand elle dit ne pas aimer la parole, elle qui a tant écrit dans sa vie.
Parlant de Balzac : « Son commerce était fort agréable, un peu fatiguant de paroles pour moi qui ne sais pas assez répondre pour varier les sujets de conversation ».
Une note de bas de page indique notamment que la correspondance de George Sand a été admirablement éditée par Georges Lubin (classique Garnier, 1964-1991, 25 volumes.....). Les écrits de George Sand se sont avant tout sa vie exceptionnelle, avec sa correspondance énorme, ses récits de voyage et ses romans.
Ce récit de sa vie depuis l’enfance est une première pour une femme !
Années riches d’émotions du couvent des anglaises de 14 à 16 ans, avec les diables, les sages et les bêtes... Devinez ! Elle sera très vite chef de file des diables... Avant une période mystique due à sa sensibilité hypertrophiée. Mais Jésus ne lui suffit pas, elle crée sa divinité qu’elle nomme « Corambar ».
Le seul voyage évoqué (les voyages à cette époque étaient plus compliqués et donc rares) est un « voyage aux Pyrénées ». À la vitesse du pas du cheval, ce n’est pas rien, et curieusement la première ville évoquée est Cauterets (c’est une ville où j’ai de superbes souvenirs de vacances, et encore je ne savais pas que j’étais sur les pas de George Sand !), cela donne sous « la plume » de George :
« Les blocs se penchent et surplombent. Le précipice se creuse, le gave s’enfonce et gronde... ».
On a une impression visuelle à travers les mots, ce que j’avais déjà éprouvé dans « le voyage à Majorque ». Les conditions même des voyages à cette époque devaient rendre le vécu plus dense, indépendamment du caractère de feu d’Aurore Dupin et de son jeune âge qui, déjà mariée depuis 3 ans, n’a pas 21 ans...
Cinq années après, elle rencontre au cours d’un séjour à paris où elle se rend de plus en plus souvent, Jules Sandeau, qui sera à l’origine de son pseudonyme.
J’ai aussi beaucoup apprécié le récit du début ou de la suite de liaisons qui sortiront définitivement Aurore du cercle des liens aristocratiques qu’elle avait commencé avec son premier mari, Casimir Dudevant (et dernier mari car Aurore sera une femme libre et vivra dorénavant sa vie au gré des rencontres artistiques et ses amours auront la seule particule qui vaille à ses yeux, le talent, que ce soit dans la peinture, la littérature, la musique, voire la politique mais version diable contre l’injustice et les sages de l’autorité).
« Ceux-là, en me connaissant, ne se sont plus étonnés du contraste d’un esprit si porté à s’assombrir et si avide de s’égayer ; je devrais dire d’une âme si impossible à contenter avec ce qui intéresse la plupart des hommes, et si facile à charmer avec ce qu’ils jugent puéril et illusoire ».
Vous pouvez lire les autres articles de "mes livres essentiels" sur le blog "Bibliofeel" ou "clesbibliofeel". A bientôt !

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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   01 décembre 2013
Je n'approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l'incrédulité viennent bien assez vite, et d'elles-mêmes ; je me rappelle fort bien la première année où le doute m'est venu, sur l'existence réelle du père Noël. J'avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j'éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche. J'ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu'à minuit. Comme moi, il n'y réussissait point, et comme moi, il trouvait au jour le gâteau merveilleux pétri dans les cuisines du paradis. Mais pour lui aussi la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme. Il faut servir aux enfants les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu'ils ont besoin de merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s'en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l'erreur et d'entraver le progrès naturel de leur raison.
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PiatkaPiatka   30 novembre 2013
Que ce soit éducation, insufflation ou prédisposition, il est certain que l'amour du roman s'empara de moi passionnément avant que j'eusse fini d'apprendre à lire. Voici comment : je ne comprenais pas encore la lecture des contes de fées, les mots imprimés, même dans le style le plus élémentaire, ne m'offraient pas grand sens, et c'est par le récit que j'arrivais à comprendre ce qu'on m'avait fait lire. De mon propre mouvement, je ne lisais pas, j'étais paresseuse par nature et n'ai pu me vaincre qu'avec de grands efforts. Je ne cherchais dans les livres que les images ; mais tout ce que j'apprenais par les yeux et par les oreilles entrait en ébullition dans ma petite tête, et j'y rêvais au point de perdre souvent la notion de la réalité et du milieu où je me trouvais.
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MoonBearMoonBear   15 décembre 2018
Je vis enfin, pour la première fois depuis notre séparation décisive, le soleil entrer dans cette chambre déserte où j'avais tant pleuré. Les arbres étaient en fleur, les rossignols chantaient et j'entendais au loin la classique et solennelle cantilène des laboureurs, qui résume et caractérise toute la poésie claire et tranquille du Berry. Mon réveil fut pourtant un indicible mélange de joie et de douleur. Il était déjà neuf heures du matin. Pour la première fois depuis trois ans, j'avais dormi la grasse matinée, sans entendre la cloche de l'angélus et la voix criarde de Marie-Josèphe m'arracher aux douceurs des derniers rêves. Je pouvais encore paresser une heure sans encourir aucune pénitence. Échapper à la règle, entrer dans la liberté, c'est une crise sans pareille dont ne jouissent pas à demi les âmes éprises de rêverie et de recueillement.

J'allai ouvrir ma fenêtre et retournai me mettre au lit. La senteur des plantes, la jeunesse, la vie, l'indépendance m'arrivaient par bouffées ; mais aussi le sentiment de l'avenir inconnu qui s'ouvrait devant moi m'accablait d'une inquiétude et d'une tristesse profondes. Je ne saurais à quoi attribuer cette désespérance maladive de l'esprit, si peu en rapport avec la fraîcheur des idées et la santé physique de l'adolescence. Je l'éprouvai si poignante que le souvenir très net m'en est resté après tant d'années, sans que je puisse retrouver clairement par quelle liaison d'idées, quels souvenirs de la veille, quelles appréhensions du lendemain,j'arrivai à répandre des larmes amères, en un moment où j'aurais dû reprendre avec transport possession du foyer paternel et de moi-même.

Que de petits bonheurs cependant, pour une pensionnaire hors de cage ! Au lieu du triste uniforme de serge amarante, une jolie femme de chambre m'apportait une fraîche robe de guingan rose. J'étais libre d'arranger mes cheveux à ma guise sans que madame Eugénie ne vînt observer qu'il était indécent de se découvrir les tempes. Le déjeuner était relevé de toutes les friandises que ma grand'mère aimait et me prodiguait. Le jardin était un immense bouquet. Tous les domestiques, tous les paysans venaient me faire fête. J'embrassais toutes les bonnes femmes de l'endroit, qui me trouvaient fort embellie parce que j'étais devenue plus grossière, c'est-à-dire, dans leur langage, que j'avais pris de l'embonpoint. Le parler berrichon sonnait à mon oreille comme une musique aimée, et j'étais tout émerveillée qu'on ne m'adressât pas la parole avec le blaisement et le sifflement britanniques. Les grands chiens, mes vieux amis, qui m'avaient grondée la veille au soir, me reconnaissaient et m'accablaient de caresses avec ces airs intelligents et naïfs qui semblent vous demander pardon d'avoir un instant manqué de mémoire.
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MimimelieMimimelie   27 mai 2013
Un soir que nous avions dîné chez Balzac d'une manière étrange, … il alla endosser une belle robe de chambre toute neuve, pour nous la montrer avec une joie de petite fille, et voulut sortir ainsi costumé, un bougeoir à la main, pour nous reconduire jusqu'à la grille du Luxembourg. Il était tard, l'endroit désert, et je lui observais qu'il se ferait assassiner en rentrant chez lui. « Du tout, me dit-il ; si je rencontre des voleurs, ils me prendront pour un fou, et ils auront peur de moi, ou pour un prince, et ils me respecteront ». Il faisait une belle nuit calme. Il nous accompagna ainsi, portant sa bougie allumée dans un joli flambeau de vermeil ciselé, parlant des quatre chevaux arabes qu'il n'avait pas encore, qu'il aurait bientôt, qu'il n'a jamais eus, et qu'il a cru fermement avoir pendant quelque temps. Il nous eût reconduits jusqu'à l'autre bout de Paris, si nous l'avions laissé faire.
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MimimelieMimimelie   22 mai 2013
Tous mes souvenirs d'enfance sont bien puérils, comme l'on voit, mais si chacun de mes lecteurs fait un retour sur lui-même en me lisant, s'il se retrace avec plaisir les premières émotions de sa vie, s'il se sent redevenir enfant pendant une heure, ni lui ni moi n'aurons perdu notre temps ; car l'enfance est bonne, candide, et les meilleurs êtres sont ceux qui gardent le plus ou qui perdent le moins de cette candeur et de cette sensibilité primitives.
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Vidéo de George Sand
Professeure émérite d'histoire contemporaine, elle avait commencé sa carrière avec une thèse sur les grèves ouvrières au XIXe siècle et s'est peu à peu orientée vers l'histoire des femmes dont elle est une des pionnières. Son dernier essai George Sand à Nohant (Seuil, 2019), au croisement de l'histoire et de la littérature, illustre à lui tout seul l'élégance d'écriture, l'érudition et la curiosité d'une magnifique historienne.
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George Sand est un pseudonyme pour :

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